XVIIIe siècle.

1700

Début du siècle – naissance à Chartres de Pierre Hardy, professeur au collège Mazarin à Paris auteur d’un livre fort curieux consacré à un Essai physique sur l’heure des marées dans la mer Rouge, comparé avec l’heure du passage des Hébreux. Il mourut curé à La Loupe.

# Aux environs de cette date, mise en oeuvre de bornes de pierre d’un mètre de haut environ disposées dans un champ attenant à un chemin débouchant de nos jours sur la RD327 en face de Théléville. Sur une face a été sculptée une chemisette dite  » chemisette de la Vierge  » et au dos un écu ou une armoirie. Mises en place suite à un accord entre le duc de Noailles et le chapitre de Chartres délimitant la propriété des évêques de la cité beauceronne connues, de nos jours, sous le nom de  » bornes de l’évêque  ». Dans les années 2000, six bornes restantes que l’agriculture a épargnées, étaient encore visibles.

# – Mise en oeuvre des bornes dites de l’évêque délimitant les possessions de l’évêché notamment à Bouglainval. Ces pierres ornées d’une sculpture représentant  » la chemise de la Vierge  » sur une face, et de l’autre face un écu ou des armoiries, restent encore présentes de nos jours, du moins pour de rares pierres qui auraient pu être préservées des atteintes de l’agriculture par un classement régional.

# La famille Le Guée se rend célèbre dans les poteries, faïences et terres vernissées produites à Brou, Bonnétable et Beaumont-les-Autels, renommée qui va se pérenniser jusqu’aux années 1900 –

# La famille Laugoubault se rend très célèbre à Anet où la corporation des maîtres-verriers est très en pointe à cette époque.

Prestrière était le nom donné par le Chapitre de Chartres à diverses portions de ses immeubles de son domaine, bénéficiant souvent des droits seigneuriaux. Ces biens étaient adjugés par bail et aux enchères à un des chanoines, lequel pouvait en jouir, sa vie durant, en ayant soin de remplir les charges portées à son bail.-

# La tradition paysanne, issue des années passées, voulait que de nombreuses familles des environs de Chartres soient affublées de sobriquets connus sous le nom de une grade. Ce sobriquet était transmis ipso facto de père en fils, usage qui s’est perdu au début du XIXe siècle. –

# Le droit de havage s’exerçe à Chartres, sous forme d’un privilège sur les grains amenés au marché, à raison d’une cuillerée (13 décilitres) pour chaque septier ou setier de grains (156 litres) exposés en vente, par les vendeurs non résidents à Chartres ou dans la banlieue de cette ville.  » le havage de chascun sestier de ble vendue en la ville de Chartres hors franchise, se cil qui le veut, l’a acheté, il doit un Havagiau ; se il a cru en sa terre, ou son gaaignage, il doit dou sestier demy Havagiau et de tout grain autressi, fors que d’avoine, et l »avoine paie au double  ». A Dreux, Nonancourt, Vernon, et autres lieux de Normandie, le havage se substitue au Minage, Mesurage et Estalage. On mange du pain jaunet fabriqué de deux 2/3 de froment et d’1/3 de seigle, la miche, du pain broyé, de très bonne qualité, pain bis de moindre qualité. Le prix du pain est fixé suivant le bled nouveau le jour du marché qui suit la moisson. Pour ceux qui ont un four à pain très présent un peu partout, la possibilité de faire son pain est alors un avantage que compense la cherté du bled (blé) –

# Au début de ce siècle, Chartres compte 16000 h environ , Nogent le Rotrou (- de 7000), Châteaudun (+ de 5000) et Dreux ( – de 5000) –

#, Charles Robbe de profession tapissier et marchand de meubles à Chartres, passe pour être un fin rimeur beauceron, doué d’un esprit satirique. Il fait alors le bonheur de la famille des imagiers Allabre* lorsqu’il s’agit de commenter l’image allégorique notamment dans Le Diable dArgent. Satisfait, Allabre lui commande un cantique associé à un miracle. Hélas, son esprit caustique l’emporte. Se maîtrisant difficilement, il ne trouve rien de mieux  d’exprimer ce miracle à son façon qui n’eut pas l’heur de plaire à celui qui l’avait commandé. Voici les quatre derniers vers sur l’air de Damou et Henriette :

Avec du bon bouillon

Et faisant sa neuvaine

Il trouva guérison

La chose est bien certaine.

# A une époque où la connaissance médicale en matière d’accouchements condamnait beaucoup de naissances à une mort certaine, la parturiente payant également de sa vie, une sage-femme-jurée, Madame de Lunel vivant à Chartres au milieu de ce siècle, se signala par la prudence avec laquelle elle exerçait sa profession. Elle se permit également de rédiger des observations sur l’extraction des placentas enkystés.

#– Naissance à Chartres de Léonor-Jean-Christine Soulas d’Allainval, abbé et poète comique. S’étant installé à Paris, il y mène une vie misérable, au point d’être réduit à passer ses nuits dans les chaises à porteurs qui sont stationnées devant les demeures des nobles. A son actif, un grand nombre de pièces de théâtre comme l’Embarras des richesses – l’Ecole des Bourgeois – La Fée Marotte, etc. A 53 ans, il s’éteint dans la capitale.

# – Graveur chartrain, Nicolas Le Roux, exerce son art en la cité beauceronne.

1700/1710 – période pendant laquelle il y eut d’innombrables cas de rage. Le curé de Bonneval nous raconte l’histoire suivante.  » La femme de Louis le Secq, tourneur en bois (à Bonneval) eut le malheur d’être mordue par son chien qui était enragé. Elle négligea si fort cette morsure qu’elle ne fit aucun remède et fut peu de temps après attaquée de ce même mal. La maladie étant sans remède, ses parents prirent le parti de l’étouffer dans son lit, et l’y étouffèrent effectivement en la couvrant de plusieurs lits de plumes après l’avoir tellement garrotée dans son lit qu’elle ne put se délivrer de ce poids mortel. Les officiers de la justice restèrent tranquilles sur cette mort qui est un crime selon moi. La rage est une maladie mortelle dont on ne guérit jamais;ainsi fallait-il prendre toutes les précautions nécessaires pour mettre cette pauvre femme hors d’état de faire du mal à qui que ce soit et ne pas précipiter sa destruction qui devant Dieu et devant les hommes n’en excuse pas les auteurs de parricide et d’homicide. D’ailleurs cette barbare action est un mauvais exemple dans la société civile, les enfants ennuyés de la vie de leurs pères et mères ne pourraient-ils pas aussi,pour s’en défaire, leur imputer ce mal. »

Nuit du mardy 20 et mercredy 21juillet 1700 – Fontaine-Simon – l’orage a faict du tort sur les grains et fruits en cette paroisse.

1701

# – Claude Estienne, chanoine de la cathédrale de Chartres doit sa célébrité en faisant mettre en place, un clou enfoncé dans une dalle grise disposée en biais par rapport à un verre incolore laissant passer un trait de lumière à partir de l’angle formé par le transept sud avec le bas côté de la nef. En fait, un dispositif mis en place pour vérifier la marche des horloges de la cathédrale. Depuis, une sorte de foi intense semble animer curieux et religieux chaque 24 juin du moins lorsque le soleil est présent pour aller darder le point précis quelques minutes avant 14 heures en cette fête de la saint Jean-Baptiste. La foi, la croyance permettent à tous ces témoins de faire passer leur ferveur dans cette sorte de miracle qui appartient plus à la technique qu’à une forme de manifestation divine. A chacun ses croyances, l’insolite l’emporte sur la raison.

# Le Journal des Savants accorde les honneurs à un certain R.P.Bruneau, prêtre au diocèse de Chartres, philosophe et astronome. Il aurait passé une partie de sa vie en Martinique, et à cet égard, il fit de nombreuses observations sur les tremblements de terre, les cycles lunaires, les éclipses annulaires du soleil.

1702

# – Apparition à Chartres de la corporation des maîtres-cartiers qui se rendra célèbre jusqu’à la Révolution, date de sa disparition progressive dans la cité beauceronne. Depuis le XVIe siècle, le valet de trèfle porte dans un écusson le nom du cartier, revêtu du paraphe du lieutenant de police, et sur la marge de l’épreuve un sceau en cire rouge. Les cartes à jouer s’impriment au fronton comme les images, et leur fabrication, tout en restant pour l’État un monopole. Ce commerce bénéficie alors à l’industrie privée. Guillaume Chesneau, papetier et cartier, figure parmi ces artisans. Etienne Rouilly (décès 8 juin 1741 à 41 ans) est un autre maître-cartier et papetier, proche de la famillMocquet* par son mariage avec Marguerite Mocquet (décès 1739). Un autre maître-cartier se distingue en la personne de Pierre Hoyau, puis Jean Chaponnet (1730/1808).

– Villevillon – L’église fait l’objet d’un sacrilège « La nuit du mardy au mercredi 8 aout, des brigands sont entrés dans l’église par le vitrage au dessus de l’escalier de la chaire, ont forcé le tabernacle, la porte de la sacristie et les armoires, et ont volé le ciboire, le soleil, le calice, la patène et une petite custode, le tout étoit d’argent du prix de 500 L » Testu, curé

1703

– Démolition de l’église Saint-Nicolas à Chartres connue à sa construction au IVe siècle sous le nom de Saint-Serge et Saint-Bacche. Bâtie dans la cour de l’évêché, elle était jusqu’àlors considérée comme l’une des plus anciennes églises de France, construite en 375 sous le règne de Valentinien 1er.

# Décès à Chartres de Gilles Julien, originaire de Paris où il naquit en 1650. En 1668, alors qu’il n’a que dix-huit ans, il obtient la place d’organiste de la cathédrale de Chartres qu’il assumera jusqu’à sa mort en la présente année. Il fut également un compositeur de talent avec quatre-vingt fugues, préludes., notamment d’un motet à trois voies.

1704

– Naissance à Anet de Pierre Lenfant, artiste-peintre. Elève de Charles Parrocel, graveur et peintre de batailles, il est reçu à l’Académie en 1745. Spécialiste des scènes de batailles et de paysages présentés par ses soins à plusieurs salons en 1741 et 1771. Quatre de ses tableaux sont visibles au musée de Versailles : Prise de Menin – Siège de Fribourg – Siège de Tournai et Siège de Mons. Un tableau peint au dessus du maître-autel de l’église de Dreux représentant saint Pierre dans sa prison lui est attribué. Il meurt à Paris le 23 juin 1787.

# Louis XIV accorde à Madame de Maintenon l’autorisation de canaliser l’Eure jusqu’à son confluent avec la Seine. Un projet ambitieux accompagne des subsides financières. Un premier port est envisagé à Chartres, extra-muros. Le 17 août 1705, la première est posée. Les portes de bateaux et les chemins de halage sont réaménagés. Mais voilà, les guerres interrompent de nouveau les travaux , ce qui fait dire que l’Eure et est maudite.

1705

# La première pierre d’un futur port à Chartres, place Drouaise, se fait à la faveur d’une cérémonie traçant un axe commercial important. Il n’y aura qu’une pierre, pas plus, les travaux n’ayant jamais été entrepris, faute d’argent et d’une situation incertaine dans le royaume.

1706

18 juin – Neuvy-en-Dunois – A quatre heures du matin, on eut ici une facheuse alarme. On saisit et fit prisonniers Pierre Delatouche, propriétaire de la ferme située à Neuvy, dont les murs de la cloture de la vigne règnent le long de la ruelle qui conduit à Jonville, André Dolléans, notaire et sergent, qu’on nommoit Chicane, et Mathurin Girard, boucher. On les emmena bien chargé de fers dans les prisons de Bonneval. On les accusoit d’ avoir assassiné Alexandre Prieur, laboureur, à Augonville, qui fut trouvé mort dans les fossés ‘ancien château de Bonneval. On les soupçonna de ce crime parce qu’il avoient passé la soirée avec ledit Prieur à boire dans un cabaret de Bonneval, pour faire le marché d’une mine de terre que Latouche vouloit avoir de luy pour des champs carrés. Il étoit près de minuit quand ils se séparérent : Prieur qui étoit ivre ne put s’en retourner chez luy,et vraisemblablement il se jetta luy même dans l’endroit ou on le trouva mort.. L’ignorance des chirurgiens donna lieu aux poursuites qu’on fit contre les quatre habitants de ma paroisse : Jacques Dolléans, propriétaire de la terre de Morsans, étoit le quatrième ; il eut l’adresse de ne pas se laisser prendre parce qu’il fut averti à Temps. Il st certain qu’on ne voyoit aucune blessure mortelle sur le cadavre et qu’il y avoit nulle apparence d’assassinat : cet homme étoit tombé dans l’eau, ou il a périsans qu’on est contribué à sa mort. Cependant, ces pauvres gens furent long temps en prison : ils obtinrent un arrest de deffense et injonction au greffier de porter les charges et informations au Parlement, après quoy on les transféra dans les prisons de Chartres ou ils restèrent deux mois. La Tournelle ordonna un plus amplement informé pendant six mois avec élargissement des prisonniers sous leur caution jutoire. Ils n’ont plus été inquiétés depuis. Il est certain qu’ils n’étoient pas coupable.

8 août  – Chartres – Naissance de Jacques Etienne Gueau de Reverseaux qui, au lieu de succéder à son père comme conseiller au présidial et de lieutenant civil et criminel au bailliage de Chartres, préfère embrasser la carrière d’avocat au Parlement de Paris. Il se taille une solide réputation d’orateur et de pourfendeur des causes perdues dont il triomphe avec habileté et doigté . A son actif, de nombreux écrits comme Mémoire pour les curés et marguilliers de la paroisse de Saint-Germain-l’Auxerrois ( 1741), véritable réquisitoire contre les abus. – Mémoire pour le marquis de la Ferté contre Mademoiselle Ch.Virginie de Sainte-Maixance ( 1747) où l’auteur explique l’origine des registres publics des naissances et décès. – La famille Gueau de Reverseaux a été possesseur des fiefs de Sainville et de Fontenay, entre autres. Ses armes : Ecartelé aux 1 et 4 d’azur, à la croix de Jérusalem or ; au chef cousu de gueules, chargé d’un gland feuillé du second, la tige en haut ; aux 2 et 3 d’azur au chevron d’or accompagné de trois croissants d’argent.

1707

– Bien que le vin ne soit pas de grande qualité, il n’en demeure pas moins que des vignes sont exploitées un peu partout dans la région. Antérieurement, afin de tourner en dérision les rapports plus que tendus entre l’église et les vignerons, une chanson satirique circula, comparant la robe du vin clairet au rouge de la nouvelle robe des chanoines de Notre-Dame-de-Chartres. Le vin à Saint Germain proche Saint Maurice, à 3 sols(0,93 euro environ) la pinte, et la mesure spécifique à La Loupe, à 4 sols 8 deniers. (1,40 euros environ) –

11 janvier – naissance à Chartres de Michel-Philippe Bouvart, médecin et professeur de médecine, menant une vie simple de praticien alors installé à Paris. Une anecdote le singularise et mérite qu’elle soit contée. Appelé , un jour, auprès d’un banquier qui souffrait d’une maladie à l’origine inexplicable, il devine que l’affection dont souffre son client n’est guère d’ordre médical, sinon qu’il s’agit d’un désordre moral ayant pour origine des ennuis financiers. Un billet de 30.000 f. déposé à la tête du lit fut sa seule ordonnance avec ce petit mot en guise d’accompagnement ‘’ Cette fois, je suis sûr d’avoir trouvé le remède ‘’ . –

17 avril – Civry– Le tonnerre est tombé sur le clocher, à une heure après midy, l’incendie dura trois heures entières ; le clocher a esté diminué de 18 pieds .

# 25 avril. Intense émotion à Chartres en ce jour de Pâques. A peine le jour levé, on trouve le corps ensanglanté du premier échevin de la ville, Etienne Duflot. Une plaie mortelle au couteau a eu raison de cet important magistrat de la ville. Etienne Duflot est une personne fort respectée, apprécié par la population. Une enquête est diligentée, et le coupable est rapidement identifié. Il s’agit d’un potier d’étain, un certain Jean Aubry, 25 ans., exerçant rue de la Clouterie. On apprend très vite qu’amoureux de la fille de l’échevin éconduit par ce dernier qui trouvait la demoiselle trop jeune pour se marier, la suspicion à l’égard du jeune homme le désigne comme assassin. Un  » énorme rouleau compresseur  » en dépit des dénégations du jeune homme va l’entrainer en prison à subir la question, et tous les interrogatoires qui s’en suivent. Le jeune Aubry clame son innocence, mais une blessure faite malencontreusement avec un couteau, le relaie avec le crime. La justice déclare qu’il soit subir le châtiment suprême,, lorsque le fils de la victime produit une lettre. Son père s’est suicidé en raison d’une maladie des intestins affectant gravement l’échevin l’a conduit à ce geste, des faits connus de son entourage. Le jeune Aubry fut libéré, et tout se termina sur un mariage avec Louise Duflot.

#13, 14 et 15 juillet – Neuvy-en-Dunois – Et particulièrement, le 13 juillet, la chaleur étoit si excessive et si violente, presque dans toutes les paroisses des environs, on trouvoit dans la campagne des moissonneurs qui n’avoient pas pu supporter la violence du soleil. André Dolléans, sergent et notaire, qui s’estoit loué chez Claude Fillon, pour ammasser la disme dont ce dernier estoit fermier, parloit en goutant avec les autres domestiques, de la mort de M.Poirier, curé de Bullainville, âgé de 28 ans, qu’on attribuoit à la véhémence de la chaleur, et leur disoit que deux ou trois verres de vin lui donneroient assez de force pour surmonter toutte l’ardeur du soleil. Il les but et alla ensuite avec son petit harnois recueillir la disme. Il s’en revenoit chargé, et estoit entre Neuvy et Ligaudry, auprès de la pierre qu’on appelle la Croix Rouge, lorsqu’on aperçoit qu’il chanceloit ; il fut mort aussistot.

mardy 19 juillet – Fontaine-Simon – Chaleur excessive, en sorte que plusieurs ont été malades, et un faucheur proche Nogent le Rotrou estouffa ; plusieurs chevaux en route étouffez ; 4 paniers de beurre fondus, 4 veaux étouffez dans la charrette allant à Paris à Pierre Boutry, et six paniers d’œufs perdus qui furent jettez en la rivière.

1708

#– Naissance à Toury de Mithouflet dit Thomin. Etudes à Paris puis au petit séminaire d’Orléans. Devenu professeur, il part enseigner les lettres classiques en grec et latin au collège de Meaux. La découverte de la science optique va conditionner son avenir. Il étudie une grande partie des traités d’optique, entretenant de nombreux échanges avec les savants. Il rencontre un Anglais aussi féru que lui en la matière et décidèrent d’unir leurs connaissances dans l’optique, si bien que sa réputation atteint la cour. Remarqué et protégé de Henri François d’Aguesseau, chancelier de Louis XV, cette reconnaissance lui procure alors la clientèle de l’Académie royale des Sciences. En découle la consécration. Reçu ingénieur d’optique de la Société des Arts, il publie un Traité d’optique mécanique qu’il dédie au chancelier Aguesseau qui reçut cet hommage avec déférence. La reine Marie Leczinska dont la vue est faible, le convoque pour un examen, alors même qu’il a reçu la lettre suivante du premier médecin de la reine. Un insigne honneur pour cet homme, humble et savant à la fois ‘’ La reine me donne ordre de vous mander qu’elle vous a choisi pour faire tous les instruments d’optique dont Sa Majesté aura besoin et qu’elle vous permet, en conséquence, de prendre le titre de son ingénieur en optiques ’’. Alors que sa faveur allait crescendo à la cour, une maladie maligne l’emporte en quelques mois, laissant un grand vide.(1753).

Mai – Neuvy-en-Dunois – Le feu prit dans la grange de la métairie qu’on appelle Monguérin, scituée à Jonville, par l’imprudence d’une femme qui jetta dans la cour des cendres de chaume, ou autrement comme ils disent : « des ouves », qui enbrasèrent d’abord la paille qui étoit répandue dans la cour, ensuite la grange et les autres batilens, excepté la maison. La principale maison de Jonville qui appartient à présent à M.Beauhaire et qui joint Monguérin, fut aussi entièrement embrasée ; heureusement il n’y avoit point de bled dans les granges.

En cette même année, le bleds(blé) meteil ne valoit que 40 sols le septier, et le poinçon de vin de Varennes à Châteaudun ne valoit que 7 ou 8 livres. La misère étoit grande à la campagne ; les laboureurs ne pouvoient payer la taille qui étoit forte. La laine et autres denrées étoient à si vil prix qu’on pouvoit faire d’ argent.

1709

– Une grande année de famine et de disettes (notamment dans le Perche) – la température avoisine les -30° – le pain et le vin voient leur prix augmenter d’une façon vertigineuse. La misère est tellement épouvantable que des gens meurt par centaines. –

# A Chapelle-Royale, les bleds et vignes ont gelé. Le blé vaut à Brou, 80 livres (environ 138€) le septier au mois de Juillet. L’orge, au temps des semences : 40 livres (environ 69€) le septier. Le vin, 100 (environ 175€) livres le poinçon . Le cidre, 30 livres (environ 52€) –

Miermagne – le grand hyver commença la nuit du 5 au 6 janvier. Le bled fut universellement gelé y en avoit icy environ 12 douzaines de dime, ce qui étoit bien éloigné de 200 douzaines de l’an d’auparavant. La plus grande partie des arbres fruitiers furent gelés et moururent presque tous. Ceux qui ne moururent pas fleurirent pendant deux ou trois ans,ils n’apportoient presque point de fruits et ces fruits étoient tous véreux : les noiers (noyers) moururent presque tous, et furent encore plus accablez que les autres. On entendoit les chènes se fendre ; on trouvoit les oiseaux gelés ; on ne voioit presque plus de merles en ce pais (pays). A la façon suivante des bleds, le semence de bled nouveau valoit jusqu’à 80 livres le septier à Illiers ; à la façon suivante deés mars, l’orge valoit jusqu’à 50 livres (environ 87€) le septier, encore n’en pouvoit-on avoir. Il survint des arrêts du Parlement pour rendre les marchés libres, que la populace troubloit, voulant empescher l’enlévement du bled et orge. Cet hyver causa trois ou quatre années chères. A la récolte de 1709, l’orge fut en abondance, de sorte qu’on disoit que quand on l’auroit semée sur les chemins qu’elle seroit venue comme dans la meilleure terre . – # A la dévastation s’ajoute le recouvrement de la capitation, nouvel impôt pour subvenir aux besoins qu’engendre la guerre d’Espagne. La population chartraine se montre réticente face à cette charge alors qu’elle crie famine. Aussi l’intendant des finances mandaté à cet effet, se réclamant, entre autres, de la généralité d’Orléans, se voit contraint en haut-lieu d’envoyer un détachement de dragons pour obtenir par la force ce qu’il ne peut imposer. Les chroniqueurs précisent que le représentant du Roi aurait souhaité une autre forme de recouvrement que ce recours à l’armée. Il est certain qu’à cette époque les différentes taxes accablent la Beauce comme le Perche, comme ailleurs au demeurant. Des moments très difficilement vécus eu égard à une certaine forme d’anarchie dès lors que certains arrivent à se soustraire à l’impôt. Notamment celle du sel où les abus des revendeurs notamment ceux que l’on dénomme des regrattiers (vendeurs de comestibles) se remplissent les poches à loisir. De fait, ces accapareurs vont voir leur exercice supprimé.

# – L’hiver qui suit, fut si rude, la gelée si forte et les faux dégels si fréquents que les bleds, les vignes, les arbres furent gelés jusqu‘à la racine et perdus entièrement. Cette désolation générale précipite une cherté excessive du pain et du vin, la livre de pain valant à Paris 6 sols et le septier de blé froment 70 livres. Ce climat économique malsain cause une misère épouvantable et une famine générale suivie, l’année suivante, de maladies contagieuses qui vont emporter beaucoup de personnes et  » donnèrent trop d’exercice aux curés  ». Il mourut au Gault en Beauce 30 grandes personnes, sans compter les enfants et les pauvres étrangers. Les trois quarts de la paroisse furent malades de maladies contagieusesPré-Saint-Evroult – on a vu tout à la fois dans ce royaume de France particulièrement en ce pais, la disette dans l’abondance et l’abondance dans la disette ; pendant l’hiver une si rude et si longue gelée qu’aiant abondamment de quoi vivre des années précédentes, il n’y avoit pas moien d’avoir des farines, tous les moulins estant arrestés ; laquelle gelée a gasté entièrement la semance des bleds et gelé de toutes parts les arbres. Pendant l’automne, dans l’extrème famine, on a recueilli par une bénédiction toute particulière et extraordinaire de la divine Providence (miracle?), si grande abondance d’orge que, dans un septier de terre, pour une mine de grain, on a veu rapporter jusqu’à deux muids et davantage Jugez quelles furent les peines et les exercices du curé, alors seul et sans vicaire. Romilly-sur-Aigre – Les bleds gelairent entièrement avec tous les noiers et quantités d’autres arbres dans tout le pays de la Beause. Le bled valut jusqu’à 40 livre(70€) le septier, mesure de Chasteaudun, l’orge 25 livres(44€) le septier, à laditte mesure ; mais les orges furent en si grande abondance qu’elles suffirent au défaut du bled. Il y eut des personnes qui récoltèrent jusqu’à 30 septiers d’orge par septier de terre ; l’on peut dire que ce fut un miracle. Nota : dans les textes d’époque, le mot franc remplace parfois la dénomination livre. On pense que la nostalgie du franc reste ancrée dans les esprits.-

# Cette même année meurt à Chartres, Paul Godet des Marais, né à Talcy près de Blois en 1648, confesseur et directeur spirituel de Madame de Maintenon à la Maison de Saint-Cyr qui dépend alors du diocèse de Chartres dont il est évêque nommé par le roi Louis XIV en 1694. Cette même année, il initie la fondation du petit séminaire de Chartres dans une maison offerte par un chanoine de la cathédrale. Adversaire du quiétisme, il signe la célèbre  » Declaratio  » avec Bossuet. En 1698, il publie plusieurs lettres pastorales contre les théories pseudo-mystiques de Fénelon et de Madame Guyon., épouse de Jeanne-Marie Bouvier de la Motte-Guyon, un mystique Son zèle comme son orthodoxie seront l’objet d’une oraison funèbre de son successeur Monstiers de Mérinville, évêque de Chartres.

28 juillet  – Tempête épouvantable sur l’ensemble de la Beauce qui anéantit la moitié de la récolte à venir alors que les grains sont pratiquement mûrs.

13 décembre . décès de Louis de Verjus, comte de Crécy, originaire de Paris où il vit le jour en 1709. Homme politique et diplomate, membre de l’Académie française (1679), ministre plénipotentiaire de Louis XIV au congrès de Ryswick, et à la Diète de Ratisbonne (1695) en raison de ses connaissances germaniques. Il est inhumé dans le chœur de l’église de Crécy-Couvé. Il semblerait que ce soit son fils Louis-Alexandre qui ait hérité du domaine familial de Crécy-Couvé, qu’il vendit à Madame de Pompadour.

Entre 1709 et 1790Chartres voit sa population se régresser passant de 15712 habitants à 13121. Certaines professions ont cessé leur activité, notamment celle de la serge comme du gros drap, la préférence allant pour des tissus plus fins. Heureusement, la cathédrale sauve la mise, et les pèlerins restent nombreux, d’autant que les fréquentes allées et venues royales sont particulièrement prisées. Autant de motivations pour véhiculer de nombreux visiteurs, surtout en raison de la position du roi de droit divin, et assurer certains commerces chartrains qui profitent de l’aubaine pour assurer leurs ventes.

1710

# – Naissance à Chartres d’Antoine-Simon Maillard qui fut un missionnaire. Après ses études à Paris, il décide de partir au Canada pour étudier le peuple des Micmacs. Devenue vicaire général de l’évêque de Québec, il a alors 30 ans. Il se trouve alors plongé dans la guerre anglo-française. Il est capturé par les Anglais et renvoyé en France. Que cela ne tienne, en 1746, il retourne au sein de l’espédition d’Anville chargée de reprendre aux Anglais ce que les Français ont dû céder. Trois ans plus tard, il ‘ pose ses valises  » à Hallifax, et implante une mission se rapprochant de fait avec les Micmacs, en se mettant au service des Anglais. Un traité de paix est signé, mais il ne pourra guère profiter de cette situation. Il tombe gravement malade et meurt le 12 août 1762.

Printemps – Châteaudun – Les bleds gelèrent au printemps. On fist de orges ou es bleds avoient manqué. On en recueillit en si grande abondance que cela empescha la continuation de la cherté. On ne recueillit poit de vin, car on fut obligé de coupper les vignes au pied. La mortalité suivit : comme la disette estoit généralle, la mortalité le fut aussi. Signé : Dalbert, desservant .

26 avril – Décès à Aunay-sous-Crécy de Charles de la Rivière. Chevalier, sieur de Milouet et de Silly, capitaine au régiment de la Marine. Venu s’installer en Eure et Loir, il y meurt et inhumé en l’église.

28 juillet – Neuvy-en-Dunois – Il s’éleva un vent si violent que les bleds qui étoient meurs furent égrenés considérablement. Depuis plusieurs années on n’avoit pas espéré une plus abondante récolte, mais cet accident la diminu beaucoup : la terre étoit toute recouverte de bled, particulièrement dans les champs qui avoient été ensemencés de bled nouveau. Cependant cette perte n’empècha pas que le grain ne diminuat beaucoup le prix quoiqu’il fut fort cher avant la récolte par la gelée de l’année précédente. La quantité d’ orge qu’on avoit semé faute de bled contribua beaucoup à la diminution du prix du bled. On désigne cette année par l’année des bleds foudrés : elle fut facheuse par les maladies pourpreuses qui régnèrent pendant tout l’été et qui fit mourir beaucoup de monde. La perception des impôts est mal venue, d’autant que le prix du blé été multiplié par 12.Graces au Seigneur.

11 septembre – Montboissier – a été enterré dans l’église du Houssay messire Claude Mallier, seigneur patron et fondateur de cette paroisse, âgé d’environ 50 ans, mort sur les dix heures du soir et enterré le même jour environ à minuit, à cause de la mauvaise odeur qu’il avoit après sa mort et du mauvais air qui causa cette année quantité de maladis contagieuses.Signé: J Ruork,O’Bryen, Bourgarel, curé du Houssay.

22 septembre – Château de Denonville (Auneau) – Décès de Jacques René de Brisay, marquis de Denonville, grand commis de l’Etat sous le règne de Louis XIV. Une carrière prestigieuse pour cet homme qui a été colonel et général de brigade des Dragons de la Reine. Nommé gouverneur et lieutenant général de la Nouvelle France et Pays du Canada, il fut destitué de sa fonction par le Roi le trouvant trop modéré face à l’agitation notamment des Iroquois. A son retour, il le félicitera néanmoins pour ce qu’il avait assumé auparavant, lui reconnaissant des qualités; lui accordant toute sa confiance. C’est dire l’estime qu’ils avaient l’un pour l’autre. Sur la fin de sa vie, il se retire en son château sur lequel il entreprend une rénovation qu’il ne pourra achever. Il a été inhumé dans la crypte du château. Il avait 60 ans.Pour mieux connaître en détail son parcours prestigieux, se rendre sur un site dédié : biographie.ca/fr/bio/brisay_de_denonville.

10 décembre – Gault-en-Beauce (Gault-Saint-Denis) – S’éleva une si furieuse tempête, foudre et orage, depuis huit heures du matin jusqu’à trois heures après midy, que les maisons, les granges, les clochers, les cheminées et les personnes qui marchoient tombèrent par terre et furent renversés, avec une perte considérable et danger de vie. On s’imaginoit que c’étoit la fin du monde, tant la terreur étoit grande. A fulgure et tempestate libera nos, Domine.

31 décembre – Jour de marché au blé à Chartres. Il est midi sonnant à la grosse horloge de la cathédrale, lorsque Gilles Buisson dit Panier est pendu par Lubin Jouanne, exécuteur des arrêts criminels du Bailliage de Chartres, le lieu d’exécution étant situé à l’entrée de la rue des Lisses. Condamné à mort pour avoir empoisonné sa femme Gervaise, retrouvée morte après avoir mangé une soupe blanche, dite soupe à l’œuf, il avoua avant l’exécution de la sentence alors qu’il avait toujours prétendu être innocent. Dés que son corps fut dépendu pour être ensuite brûlé, la tradition populaire voulait que l’on récupère quelques fragments de la corde qui avait servi à l’exécuter, sous prétexte que sa renommée passait pour donner chance à son possesseur .

1711

# – Tremblay-le-Vicomte. Naissance de Jean Grugé qui est signalé comme artiste-peintre vitrier de talent. Décès à Chartres le 6 janvier 1793.

1712

 – Ouverture de la sainte chasse contenant la  » Chemise de la Vierge  », en réalité une pièce d’étoffe de soie écrue ,enveloppée dans une écharpe, unie, large entre les deux, lisières de 0,46 cm, et longue de 5,35 m. La chasse a toujours été considérée comme miraculeuse, protégeant contre le mauvais sort.

20 février – Baptême de Maurice Dobet à Chartres en l’église de Saint-Hilaire de Chartres ce qui suppose qu’il est né le même jour. Cette venue au monde annonce un grande famille d’organiste d’abord sur Chartres puis sur Châteaudun. Une dynastie qui s’éteindra en 1829. Sept ans plus tard, le voilà enfants de choeur d’une palette (maîtrise). Le Chapitre de Chartres a mis en oeuvre ce que l’on dénomme les  » heuriers matiniers  » composés de vingt quatre chantres signifiant qui chantent dans un service religieux. S’ajoutent un organiste souvent dénommé  » serpent  » qui désigne un instrument à vent, des musiciens, et dix enfants de choeur. Les usuriers sont tous clercs, c’est-à-dire qu’ils portent la tonsure, celle du crâne associée à l’auréole des saints, fondée sous l’autorité de Saint-Pierre.L’enseignement des enfants de choeur – dénommés enfants d’aube  », celle de Maurice Dobet en particulier, porte sur la lecture, l’écriture, latin, le liturgique et la culture musicale. Ces enfants sont pris en charge financièrement par le Chapitre, et ont entre 7 ans (Maurice Dobet) et 19 ans. Ce dernier devient organiste, et restera peu de temps à Chartres. On le retrouve vers 1748 à Châteaudun, épicier (!) et organiste profane. Il fait un riche mariage, a des enfants, et plus particulièrement une fille, Marie-Louise qui meurt en 1829, après une carrière d’organiste précoce dès l’âge de quinze ans, et se faisant une renommée durant trente deux années. Maurice Dobet, son père, meurt en 1762.

1714

10 mai– Naissance à Châteauneuf-en-Thymerais de Jean-François Dreux du Radier, avocat, historien et poète. Il adopta parfois le pseudonyme de Thémizéray. Son œuvre est aussi importante que diversifiée, le plus souvent sur le plan historique, comme Mémoires historiques, critiques, anecdotiques des reines et régentes de France ( 1763). Il meurt à Trou Saint-Eliph (La Loupe) en 1780. –

12 juillet – Mort à Garnay, de Louis de Sanlecque, originaire de Paris (1649). très proche du Père Lachaise, confesseur de Louis XIV, il reçut le prieuré-cure de Garnay. Il aurait pu prétendre à une chaire plus importante s’il n’avait cru versifier à l’endroit de ses supérieurs alors qu’il postulait pour l’évêché de Bethléem. Son œuvre principale, Les Poésies héroïques, morales et satiriques révèle un poète de grand talent. Sa disparition fut unanimement regrettée par ses fidèles.

# Cette même année, première fête de juillet à Châteaudun qui prend le nom de Fête de Juillet soit le premier jeudi du mois pour une durée de huit jours. On y vend alors plusieurs tonnes de toisons de laine. En raison d’une mauvaise qualité des tontes venant de Beauce, pénalisées également par les maladies des bêtes, la fête pourtant très prisée, subit le contrecoup, entraînant sa suppression. Cette fête sera reprise en 1995, et dénommée Foire aux Laines. –

# Achèvement du chœur de la cathédrale de Chartres en pierres ciselées par des centaines de tailleurs et sculpteurs de la pierre –

# Décès à Garnay de Jacques de Losme de Monchesnay, surnommé  » le poète de Chartres  », et considéré comme l’un des grands dramaturges de son époque. Il est auteur de satires.

1715

– Il y a eu en cette paroisse 510 communians, savoir 140 à Neuvy, 110 à Morsans, 57 à Ligaudry, 28 à Allonville en 10 ménages ; il n’y a 3 ménages à Touville. Mgr de Pré, gentilhomme de Saint Evroul ; a laissé périr les batimens de la petite ferme qui étoit vis à vis la proincipale ferme de Touville : les terres quie n dépendoient sont présentement cultivées par le fermier de Reimbert. Il n’y a que 9 communians dans ce petit hameau, 75 à Melleville, 38 à Jonville, et le reste dans les métairies détachées et dans les trois moulins. Morsans et Allonville sont tout à fait délabrés ; on n’y voit que des masures. Le premier, suivant la tradition, étoit le meilleur de cette paroisse ; il est présentement le plus pauvre. Ce qui donne lieu à sa ruine, c’est que ses habitans étoient autrefois presque tous propriétaires des maisons et des terres qui en dépendoient. Il a fallu dans la suite partager entre plusieurs ce qui n’étoit possédé par un seul ; les terres se sont vendues peu à peu aux gens de Villars et de Bessay. Les vignes qui faisoient la plus grande richesse de ce hameau ont été arrachées ; il en est si peu resté que, dans les meilleures années, la disme de vin ne m’a produit que 2 poinçons et quelques pintes au delà ; on dit qu’autrefois elle produisoit jusqu’à 15 à 16 pièces de vin. Messire Jean Regnault, curé, a tiré de sa disme jusqu ‘ à 24 poinçons ; cela est diminué si considérablement que, dans la plus grand abondance du vin, je n’en ai recueilli que 5 pièces. Neuvy est présentement le mieux planté en vigne et produit autant de vin que le reste de la paroisse ; personne n’y mendie son pain ; quoiqu’il ait beaucoup de ce que l’on appelle petits ménages. Mélesville, Ligaudry et Jonville se soutiennent fort bien ; on n’y voit pas de maisons délabrées.  »- 

# Naissance à Chartres de Pierre Jean Mahon. Médecin, il publia de très nombreux ouvrages, dont certains traitent du magnétisme animal. (mort en 1799).

# Naissance à Ouarville de Jean Le Renard (ou Renard), hobereau, à savoir gentilhomme de petite noblesse. On le considère comme l’un des tout premiers initiateurs d’une bande criminelle qui sera connue sous le nom de bande d’Orgères. Il sera arrêté et rompu en 1755.

1716

– Naissance en Pays chartrain d’Henri Roland de Turpin de Crissé et Sanzay. Marquis et général français. Inspecteur général de la cavalerie et des dragons en 1759, maréchal de camp en 1761, lieutenant général en 1780, il émigre en 1792. Auteur de Essai sur l’art de la guerre ( 2 vol. 1754 ) – Commentaires sur les Mémoires de Montecuccoli ( 3 vol.1769) – les ‘’ Commentaires de César ‘’ ( 3 vol. 1785). Il meurt en Allemagne v.1795. –

# Comme tant d’années la précédant, une année mal vécue par la population en raison d’une sécheresse très présente, ayant pour conséquence une mauvaise récolte de foin comme de grains, de même un manque notoire de fruits.

1717

# 11 janvier – Naissance à Chartres de Michel-Philippe Bouvart, descendant d’une famille de praticiens, de père médecin et lui-même a embrassé cette carrière. Après avoir obtenu son diplôme, il exerce avec son père, et vient s’installer à Paris. Il occupera une chaire de médecine au Collège de France. Malade, il ne put accepter un poste de premier médecin de Louis XV, c’est dire sa renommée. Anobli en 1768. Il s’éteint à Paris me 19 janvier 1787.

février – Un édit décide que les bardages au long de l’Eure seront vendus à des particuliers qui bordent la rivière ce qui réduit à néant tout espoir que l’Eure soit rendu navigable.

5 août  – Jean-François Janvier de Flainville voit le jour à Chartres. Une brève carrière d’avocat, suivie d’ue nomination d’inspecteur à l’Ecole Royale militaire. Il devra quitter ses fonctions en raison d’un caractère irascible, et jugé trop sévère. Il fut le second maire de Chartres après 1788. Auteur de nombreux ouvrages dont une Histoire ecclésiastique, civile, naturelle et littéraire des villes et duché de Chartres, Beauce et pays chartrain avec des plans et figures en taille douce et pièces justificatives. ( 1755). Il meurt dans sa ville natale en 1791.

1718

26 janvier – Naissance à Chartres de Louis Lonqueue, conventionnel. Fils d’un boulanger, il fut député suppléant d’Eure et Loir où il fut appelé le 14 juillet 1793 à la place de Pétion, mis hors-la-loi. Il a été membre du Comité de l’instruction publique. Toutefois son activité est restée très discrète. Il meurt à Paris le 2 décembre 1794.

1719

# De la présente année jusqu’en 1785, le château des Comtes, situé place Billard, propriété de la ville de Chartres, est désormais utilisé comme abattoir.

18 mai – Décès en l’abbaye de Thiron de Pierre Vaullegeard, religieux d’origine normande, qui vint enseigner la réthorique au collège . En cette abbaye, il fit représenter par les élèves deux pièces qu’il avait composées, deux tragédies, Clitandre le 26 février 1688, et Les Princes grecs, le 2 août 1713.

10 septembre  – Décès à Chartres de Louis Barbier de la Rivière qui fut confronté à de nombreux épisodes de la Fronde, alors même qu’il était secrétaire de Gaston de France, duc d’Orléans. Mais lorsque le vent tourne, il choisit de se rapprocher de Mazarin à qui révèle les intrigues du trop faible Gaston. De fait, il profite des largesses de son bienfaiteur initial, pour devenir un important propriétaire terrien, immobilier également dont plusieurs abbayes, comme celle de Saint-Père-en-Vallée. Il sera par la suite élevé au rang d’évêque de Langres, du même coup duc et pair ce qui déplut à l’opinion publique, notamment à Boileau qui versifia à son propos : ….Le sort burlesque, en ce siècle de fer D’un pédant, quand il veut, sait faire un duc et pair. Tout laisse penser qu’il se retira à Chartres, publiant dans la cité beauceronne plusieurs ouvrages religieux.

1720

– Chartres : le château des comtes devient un abattoir et par la suite, transformé en prison avant de tomber en ruines.

1721

Lundi 10 février – Soizé nous consigne dans ses registres paroissiaux le père Henri Gillot, prêtre, parut une lumière entre le soleil couchant et le soleil levant, semblable au jour naissant, accompagnée de rayons lumineux et parallèles ; lesdits rayons cessèrent à 9 heures du soir, et la lumière dura depuis 7 heures du soir jusqu’au matin du mardy suivant. La nuit du samedi au dimanche entre le 2 et le 3 mars, il parut la même lumière, bien plus en feu, et fit lever à l’effroy quantité de monde. Le curé de Saint Lubin fut à l’église faire des prières pour fléchir la colère de Dieu. – Le phénomène inexpliqué se renouvela mais sans les rayons en mars 1723, toujours au nord jusqu’à trois fois de suite. Trois ans plus tard, le 20 octobre 1726, parut la même lumière, depuis le Sauce jusqu’aux Chateigners, en tournant par le nord, avec un brouillard épais lequel paraissoit prendre feu en forme de tourbillon dont le centre était sur ma cour : la consternation fut grande, de même le 4 décembre 1728, une même lumière à l’église et au nord.

31 mai – naissance à Chartres de Louis Jacques Triboullet du Gord, dernier magistrat municipal de Chartres avant l’élection du maire Jean-François Janvier de Flainville. –

Septembre – Le Journal de Paris nous apprend que l’abbé de Prunelay, diacre et chanoine de Chartres, descendant d’une famille noble chartraine, a enlevé d’un couvent de la cité beauceronne, mademoiselle de Laigle, passant pour être belle comme le jour. Les autorités ecclésiastiques comme la maréchaussée mène une enquête sans pour autant découvrir la façon dont s’est déroulé l’enlèvement. L’effet de surprise a été total. Les deux tourtereaux sont partis rejoindre Calais,. Ils passent en Angleterre , changent de religion et se marient publiquement dans une église de Londres. L’ex-abbé Prunelay est devenu pasteur. Pour assurer l’intendance du couple, il parvient à être nommé maître d’école quelques mois. Le couple a la nostalgie du pays, et revient en France, s’installant à Paris. Une autre version prétend que la jeune mariée n’est guère heureuse mais reste mariée, et parvient à devenir dame d’honneur de la duchesse de Bourbon. Quant à l’abbé en raison du geste qu’il l’a conduit à enlever une femme de rang, il se trouve dans une situation précaire car il ne peut plus prétendre à quoique ce soit découlant de sa situation antérieure. Il embrasse la carrière théâtrale du côté du quartier du Luxembourg, cherchant un moyen de s’en sortir. Là s’arrête leur histoire.

1722

–Naissance à Anet de l’ingénieur des parcs et jardins, Nicolas Michaux, à l’origine de l’aménagement de nombreux châteaux en France, notamment celui de Valençay où il meurt en 1790.

# Fils d’une modeste famille d’agriculteurs beauceronsBenoit de Martange voit le jour quelque part en Beauce, sans plus de précisions. Des études brillantes vont le mener à une chaire de philosophie à la Sorbonne. Ecouté par Lowendahl, maréchal de France, présent à un colloque, ce dernier lui lance  » ‘’ En vérité, monsieur, un uniforme vous irait mieux que la robe et le bonnet carré.’’ Au grand désespoir de parents qui le voyaient entreprendre une carrière prestigieuse à Paris, il s’engage dans l’armée royale, accomplit plusieurs campagnes, sous les ordres notamment du maréchal de Saxe. La suite de sa carrière ne sera qu’une suite d’anicroches, mais habile manouvrier dans les couloirs du pouvoir royal, son dévouement envers la royauté le sauvent de situations où sa cause sème le doute. L’exécution de Louis XVI et Marie-Antoinette l’ayant mortifié, il se fixe en Angleterre où il meurt en 1806.-

# Depuis 700 ans, première ouverture solennelle à Chartres de la chasse contenant  » La Chemise de la Vierge  » offerte par le roi Charles le Chauve. 16 août.

# La municpalité de Chartres interdit de tenir des jeux, de même certaines manifestations champêtres où la population a l’habitude d’exprimer sa joie à l’aide de balladoires (danses)

Brou, inhumation de François Fauquet, âgé d’environ 30ans, décédé de la morsure d’un loup(ou chien) enragé –

1 septembre – Fretigny – Maistre Pierre Chalopin, cy-devant curé de cette paroisse, après avoir régi ladite paroisse environ 35 ans et avoir manifesté son zèle et sa charité par de fréquentes exortations qu’il a faites, comme l’ordonne saint Paul à temps et à contretemps, en public et en particulier, sans rougir devant les grands de la terre et sans rechercher l’estime du monde .Après avoir aidé les pauvres dans tous leurs besoins et nécessitez, en donnant à boire à ceux qui avoient soif, à manger à ceux qui avoient faim, et des habits à ceux qui etoient nuds ; enfin après avoir protégé tous ceux que le seigneur lui avoit confiez, comme la poule fait ses poussins, les avoir instruits par ses parolles plus douces que du miel et par ses exemples plus purs que l’or et le topase, comme un véritable père fait ses enfans, les avoir éclairés comme un flambeau sur le chandelier de l’église et leur avoir toujours inspiré de voler vers le Ciel, comme l’aigle fait à ses petits, fut inhumé dans le choeur de cette église. Signé : Debray ; G. Guillotin. –

9 août – Naissance à Chartres de Paul Berny de Nogent connu sous le nom de chevalier de Berny. D’abord militaire avec plusieurs campagnes à son actif, il change radicalement de métier, et devient maitre-écrivain se spécialisant dans la calligraphie. Il doit sa notoriété à de nombreux portraits à la plume, et obtint la protection de Benjamin Franklin. Entre ces deux carrières, le flou restera entretenu. Il meurt à Strasbourg en 1799.

1723

20 au 22 juin – Incendie de Châteaudun, détruit aux 3/4, dû à l’imprudence d’enfants qui ont allumé un feu. La ville entière sera à reconstruire, soit 1022 habitations. De nombreux résidents viendront se réfugier dans les grottes du Foulon. L’incendie détruisit complètement l’Hôtel-de-Ville et la plus grande partie des titres qui y étaient conservées Et ce n’est pas là une simple hypothèse : la preuve se trouve dans un certificat «les maires et échevins donné en 1750 et constatant que la plupart des papiers et des titres ont été anéantis lors de l’incendie de 1723 L’architecte Hardouin (aide royale) reconstruit la ville en 1724. Cet épisode a valu à la ville une devise  »Extincta revivisco  » Je renais de mes cendres  » –

# Ce même 20 juin – Chartres – A une heure après midi , le feu prit chez un vigneron de la rue de l’Eguillerie , et se communiqua à toutes les maisons de la même rue , gaigna celles du Chandé d’un costé brusla l’église de Saint Valérien et toutes les maisons du Marché au Bestail , et de l’autre toutes celles de la Porte Chartraine , et enfin toutes les maisons du faubourg , brusla l’Hostel de Ville , l’église de Saint André , l’Election , l’église de Saint Pierre ,les Prisons , le Grenier à Sel , toutes les maisons de la paroisse de Saint Pierre , excepté sept , et toutes les maisons de celle de La Magdelaine excepté une vingtaine ou environ , excepté le Château et les galeries. La seule paroisse de Saint Lubin dans la ville n’a point été endommagée par le feu .Misericordia Domini quia non sumus consumpti .Signé : Hasteau , curé de Saint Lubin .

1724

#  – Chartres – La Compagnie des Arbalétriers (voir 1437) prend le nom d’Oiseau royal, se composant d’un capitaine, d’un lieutenant, d’un sous-lieutenant, d’un enseigne, d’un guidon, de deux sergents et de chevaliers ayant pour le moins 21 ans.

1725

# – Gault-en-Beauce (Gault-Saint-Denis) – il y eut de si furieux vens et orages que les moulins à vent furent renversés en beaucoup d’endroits, et surtout de Plancheville. – dimanche 18 novembre – Cloyes – mourut messire Jean Eléonord de Baudry, escuyer, sieur de La Galloire, et le lendemain, quand le corps arriva à l’église, les parents firent déposer le corps dans une fosse faite par leurs ordres à la porte de l’église qu’ils disoient estre un cimetière, ce que je n’ay jamais connu, ledict petit lieu prétendu cimetière étant abandonné ou interdit ou pollué depuis longtemps, joint que ledict lieu n’est clos de tous cotés, mais seulement par un portail ouvert et un petit reste de muraille ; pour quoy l’ayant fait enterrer eux mèmes, avons fait le procès verbal de la manière scandaleuse avec laquelle les sieurs de La Blandinière et de La Dornière, qui sont les plus proches se sont conduits : les curés qui étoient présents se sont retirés et ont refusé à ladicte inhumation. Mais, à cause du tumulte, en voyant que les personnes interessées par les parens du deffunct suscitoient une sédition et prèts à mettre main basse sur nous, et nous menassant et disant que nous ne serions pas en seurté et qu’on alloit rompre nos vitres, avons prié M M les curés de Fontaine Raoul, de Saint Georges  de Cloye et Me Gorteau, notre vicaire, d’aller faire les prières sur la fosse. Signé : Oger.

#Retiré dans la cité beauceronne dès 1719 ou 1720 sans plus de précisions, la seule référence de son existence se situant la présente année lorsqu’il publie Les Illustres françaises, décès à Chartres de Grégoire de Chasles (ou Challes), originaire de Paris où il vit le jour en 1659. Ecrivain de marine, il navigua la plupart du temps de sa vie, visitant le Canada, le Levant, les Indes orientales. Il subit les inconvénients puisqu’il est prisonnier des Anglais au Canada, puis en Turquie. Son retour à Paris lui occasionnant tellement de tourments dont on ne connait guère le contenu, l’obligea à aller se réfugier à Chartres où il vécut retiré de la vie mondaine, se contentant d’écrire en quelque sorte ses mémoires, notamment le Journal d’un voyage fait aux Indes orientales au sein de l’escadre de Duquesne (1690/1691).

# 1 avril – Naissance à Chartres de François Bainville, organiste qui révéla des dispositions étonnantes pour la musique dès sa jeunesse. Il sera un temps organiste de l’abbaye de Saint-père en Vallée, puis quitte Chartres pour aller se marier à Paris, et ensuite organiste en la cathédrale d’Angers. A publié plusieurs pièces d’orgue.

1725/1726 – disette céréalière

1726

#  – Gaspard Tascher de la Pagerie, 21 ans, quitte son domaine du Romphaye (Châteauneuf-en-Thymerais) pour aller rejoindre la Martinique où il s’installe définitivement. Sa descendance donnera naissance à Joséphine future Joséphine de Beauharnais, première épouse de Napoléon I. –

# Naissance à Chartres d’Etienne-François d’Aligre, qui fut président à mortier (1768), à savoir l’une des plus hautes charges de la justice française. En 1788, en désaccord avec Necker, directeur général des finances, il renonce à ses fonctions lors de la convocation des Etats Généraux, et part se réfugier à l’étranger. Il avait été sauvé par ses serviteurs qui l’ont soustrait à la vindicte populaire. Il reviendra quelque temps après, mais déclaré suspect à la Révolution française, il émigre pour l’Allemagne. Meurt à Brunswick en 1798(ou 1799). A noter qu’il était propriétaire du château de Baronvilliers (Béville-le-Comte) qu’il fit restaurer à grands frais. A sa mort, il a laissé une fortune évaluée à 4 millions ( soit 124.000.000 euros).

27 septembre – Naissance à Dreux de François-André Danican dit Philidor dit Le Grand, appartenant à cette grande famille de musiciens, aussi grand compositeur qu’il fut l’un des plus grands joueurs d’échecs en Europe. Diderot écrira à son propos  » Paris est l’endroit du monde et le Café de la Régence est l’endroit à Paris où l’on joue le mieux à ce jeu ( échecs). C’est chez Rey que font assaut Legal le profond, Philidot le subtil, le solide Mayot…  ». Il se révéle également comme un maître à jouer la flûte, , et à cet égard se voit gratifié d’une pension par Louis XV. Parcourant toutes les cours d’Europe, il confirme ses divers talents, et donna son nom au jeu d’échecs  » La défense Philidor », comme il publia en 1748 une Analyse du jeu d’échecs, une référence en la matière. Le 4 mars 1790, les yeux bandés, il a raison de trois adversaires jouant contre lui en simultané. Le jeu étant un plaisir, il lui faut composer pour assurer ses finances ce qu’il fit à brio. A son actif de nombreux opéra-comique, se faisant remarquer par la qualité de son orchestration. Emigré à la Révolution tout en se montrant favorable aux idées révolutionnaires, il meurt à Londres en 1795. De nos jours, ses différentes compositions restent une référence. Le musée de Dreux l’honore d’une exposition permanente.

30 octobre. Chartres. Naissance de Jean-Louis Accart, faiseur d’images en sa ville de naissance entre les années 1751 et 1779.

1727

27 novembre  – Naissance à Chartres de Marie-Prudence Plisson, femme de lettres et auteur de nombreux ouvrages de poésie et de morale comme : – Odes sur la vie champêtre qu’elle composa très jeune qui lui permit de gagner l’anémone aux jeux floraux de 1751. – Stances à propos de la naissance des ducs de Bourgogne et d’Aquitaine. – Odes à l’occasion de pluies survenues l’année dernière – 1754 – Projet d’une société pour soulager les pauvres de la campagne ( 1758) .

1728

– Plus d’1 million d’hectolitres de blé récoltés dans le seul pays chartrain.

# Naissance à Chartres de Pierre-Augustin Salmon fut un potier détain très en vogue dans sa cité, auteur d’un ouvrage ‘’ L’Art du potier d’étain (1788). Profession qui s’éteint au tout début du XXe siècle. Le dernier nom figurant au Registre de la Corporation des Potiers d’étain à Chartres, serait celui d’Abraham Auberquerry.

28 décembre – Petit neveu de Pierre Nicole, naît à Chartres Jean Dussaulx. Après une brève carrière d’avocat, puis de commissaire des guerres, sa rencontre avec Stanislas 1er Leczcynki, beau-père de Louis XV va être déterminante. Après avoir été secrétaire du duc d’Orléans, il s’oriente vers la carrière de poète. Versificateur de qualité, son esprit, ses connaissances lui permettent de côtoyer des philosophes comme Jean-Jacques Rousseau, et Voltaire. Député, il vote l’emprisonnement de Louis XVI, ce qui déplut au Comité de Salut Public. L’intervention de Marat le sauve de la guillotine, le dépeignant comme un vieux fou. Lors d’un dîner, Jean-Jacques Rousseau qui l’avait invité, parut agacé par une remarque de Dussaulx, et qu’il estima désobligeante à son endroit  » Ne soyez point fâché de ce que je ne vous ai point invité à dîner avec moi. Je suis si odieux au public que, si par hasard vous vous fussiez trouvé mal à table, on n’eût pas manqué de dire : Rousseau est un empoisonneur !.  » Dussaulx meurt en 1799 à Paris.

1729

10 janvier – Naissance au Boullay-Thierry de Guillaume Doyen, avocat et arpenteur (ancêtre du géomètre), passionné d’histoire, et spécialiste des lois féodales. Auteur d’Histoire de Chartres, du pays chartrain et de la Beauce (1786 – 2 vol), une référence dans le domaine régional.

8 février – Naissance à Saint-Léger-des-Aubées de Louis Maitz de Gompy, médecin et astronome. Il est l’un des fondateurs de la Faculté de Marine. –

14 juillet. – Naissance à Chartres de Philippe Philippe, gendre de Pierre Brissot, maître des Postes à Chartres, dont il épousa successivement deux filles Il se déclarait maître-pâtissier, puis Officier commensal de la maison du roi Louis XVI. Il serait à l’origine du pâté de Chartres. Il meurt à Chartres le 7 novembre 1797.

# Décès à Chartres à l’âge de 70 ans où Grégoire de Chasles avait été exilé pour avoir publié des écrits satiriques envers la Cour de France. Ecrivain de marine, on lui doit de nombreuses publications ayant trait à ses nombreux voyages aux Indes, en Turquie et au Canada, entre autres.

1730

#  Naissance à Châteaudun de Jean-René Guillou, curé des Essarts-le-Roi. Le 27 février 1776, il prononce l’oraison funèbre, composée par ses soins, lors des funérailles de Louis de France, fils ainé de Louis XV, mort de tuberculose.

# 3 octobre  – Décès à Châteaudun de Jacques Costé, bailli et gouverneur de Châteaudun. Il a laissé un journal manuscrit des faits principaux s’étant déroulés au dix-septième siècle à Châeaudun, et publié en 1867 sous le titre, Notes pour servir l’histoire de Châteaudun.

# Décès à Dreux dans le courant de l’année d’André Danican, dit Philidor l’Ainé compositeur d’opéras-ballets, et instrumentiste de la Grande ecurie, de la Chapelle et la Chambre du roi Louis XIV. On lui doit également des mascarades de cour faisant jouer des personnages masqués ou divisés, très prisés. Le roi lui confia la mission de rassembler des pièces instrumentales anciennes, devenue Collection Philidor. (Nota – Dès l’âge de 12 ans, il fut titularisé comme Tambour de la Grande Ecurie)

1731

19 avril – Le Conseil de la ville de Chartres décide d’enlever le pont-levis de la tour de la Basse-cour située au flanc de la Porte Guillaume, et remplacer le tout par un pont. L’année précédente, démolition de la bastillette ( petit ouvrage de défense) reposant sur le fossé avec deux tours. L’ensemble des travaux pour le pont va durer trois ans. Pour la petite histoire, rappelons que la porte Guillaume fut dénommée Porte Guillaume Tell à la Révolution.

23 décembre  – Naissance à Anet de Robert Périer, second maire de sa ville . En 1790, il est commandant de la Garde Nationale, et président de la Société des Amis de la Liberté et de l’Égalité.

1732

27 mai  – Marie Leczinska, reine de France, épouse de Louis XV, connue pour sa grande piété, vient à Chartres faire des offrandes à Notre-Dame. –

Chartres – Chanoine de l’église Saint-André, professeur de rhétorique au collège de Chartres, dont le talent d’orateur fut unanimement apprécié. Guy Leboucq publie, en 1767, quatre discours sur la préférence à donner ces quatre biens : les talents, les richesses, la santé, un mari, et plus tard plusieurs panégyriques et oraisons funèbres. Sous son professorat, il eut comme élève Brissot de Warville. Il meurt dans sa ville natale en 1799. –

Chartres, naissance de Joseph Tasset, flûtiste de grand talent qui quitta très jeune sa ville natale. Très doué dès son plus jeune âge, à 6 ans, il donne des cours de flûte, à 11 ans, et déjà célèbre. Il séjourne quelque temps temps en Angleterre et fait la connaissance d’Haendel qui voulait l’entendre. Outre ses talents de musicien, il est inventeur d’une flûte à dix-huit clefs, d’une autre à 3,4 et 5 clefs où il put exprimer tous les tons possibles. De retour en France, en pleine tourmente révolutionnaire, il se réfugie à Nantes jusqu’à sa mort en 1801. Chartres – Chanoine de l’église Saint-André, professeur de rhétorique au collège de Chartres, dont le talent d’orateur fut unanimement apprécié. Guy Leboucq publie, en 1767, quatre discours sur la préférence à donner ces quatre biens : les talents, les richesses, la santé, un mari, et plus tard plusieurs panégyriques et oraisons funèbres. Sous son professorat, il eut comme élève Brissot de Warville. Il meurt dans sa ville natale en 1799.# Chartres, naissance de Joseph Tasset, flûtiste de grand talent qui quitta très jeune sa ville natale. Très doué dès son plus jeune âge, à 6 ans, il donne des cours de flûte, à 11 ans, et déjà célèbre. Il séjourne quelque temps temps en Angleterre et fait la connaissance d’Haendel qui voulait l’entendre. Outre ses talents de musicien, il est inventeur d’une flûte à dix-huit clefs, d’une autre à 3,4 et 5 clefs où il put exprimer tous les tons possibles. De retour en France, en pleine tourmente révolutionnaire, il se réfugie à Nantes jusqu’à sa mort en 1801.

# Vers cette présente année, naissance d’André Danican, dit Philidor l’Ainé compositeur d’opéras-ballets, et instrumentiste de la Grande ecurie, de la Chapelle et la Chambre du roi Louis XIV. On lui doit également des mascarades de cour faisant jouer des personnages masqués ou divisés, très prisés

29 avril – naissance à Vauventrier (Champhol) de Gérard Dudoyer de Gastel, dramaturge, auteur de deux comédies Laurette – Adélaïdeou l’Antipathie par amouret un drame: le Vindicatif. Il décède Paris en 1798.

20 juin – Dreux – naissance à Dreux de Alexandre-François Hureau de Senarmont, général de division. Mis à la retraite en 1793, il meurt à Morancez le 25 septembre 1805. Il s’était illustré pendant la Guerre de Sept ans. Amaigri par une fièvre contractée lors d’une expédition aux Indes, il rentre en sa ville de naissance. En juillet 1789, il obtient une concession de grains, et put faire face à la disette dont était victime la population drouaise. Par la suite, il reprendra du service, et sera grièvement blessé à Valmy, et élevé au grade général de division.-

12 octobre – Janville – naissance de Charles-Pierre Colardeau – Magistrat à contre-coeur, et se pliant à contre-coeur à l’autorité parentale , une seule idée en tête : composer.  Il écrit pour le théâtre à ses heures perdus, notamment Astarbé qu’il présente à la Comédie française. C’est le succès. Tout va s’enchaîner avec des hauts et des bas. Il opte finalement pour la tragédie. Il écrira plus tard ‘’ La critique me fait tant de mal que je n’aurai jamais la cruauté de l’exercer contre personne.’’ Heureusement sa famille a enfin compris, et l’encourage. Auteur d’épîtres comme celle intitulée Epitre à M.Duhamel de Denainvilliers qui a été comparée aux meilleures épîtres de Nicolas Boileau( 1636/1711) . Toutes les beautés de sa campagne natale et d’adoption sont finement reproduites où mélancolie, enchantement, repos, calme de l’âme, dégagent une qualité poétique remarquable. Hélas un état de santé précaire l’oblige à quitter Paris, et rejoindre sa famille désormais installée à Pithiviers (Loiret). Quelques jours avant sa mort survenue le 7 avril 1776, il est enfin reçu à l’Académie française, malgré les polémiques de La Harpe qui espérait prendre sa place.

1733

# Erection d’un cénotaphe au Mesnil Saint-Simon, mausolée qui honore la mort d’un mort sans que ses restes n’y figurent, ceci en la mémoire de Nicolas Malebranche, décédé en 1715, qui fut un célèbre philosophe, oratorien et théologien fort controversé du fait de ses querelles avec de nombreux contemporains. Situé à proximité du cimetière, ce rappel à cet homme provient du fait non de sa naissance – qui eut lieu à Paris – mais parce que son père fit l’acquisition d’une propriété en cette commune. Il y fut enterré avec son épouse. La pierre tombale connut les affres de la Révolution, fut réhabilitée au XIXe siècle et classée aux monuments historiques en 1963. Rappelons par la petite histoire que Nicolas Malebranche dont les années de naissance et de mort correspondent à celles de Louis XIV, fut surnommé le Grand rêveur de l’oratoire. On disait à son propos  » Lui qui voit tout en Dieu n’y voit pas qu’il est fou  »

15 juillet – Romilly-sur-Aigre – sur les quatre heures après midi, il fit à Romilly une pluye très forte et très abondante, en sorte que la ravine qui passe dans le parc déborda extrèmement, et l’eau courant toujours vers sa pente naturelle de porta avec impétuosité contre le mur des fossés du Jonchet et le renversa ; ce qui fut cause que tous les fossés de touttes parts furent remplis, de sorte que l’eau passoit sur tous les parapets, et pour trouver une issue plus aisée elle abattit aussi le parapet du fossé du coté du jardin proche la bonde : ce qui fit que, s’étant étendue au large, elle se précipita avec force dans le jardin qui répond devant la demeure ordinaire des jardiniers, et gata extrèmement de pierres tous les endroits ou cette abondance d’eau passa. Il yeut près de 35 toises de murs entièrement ruinés autour de ces fossés du coté du midi, et du coté du jardin aux murs desdits fossés 20 toises environ du parapet et autant du mur du jardin. Tout cela fut fait en moins d’un quart d’heure. Comme les fossés furent tous remplis, cela fit que tous les bas du château furent aussi remplis, en sorte que cela jetta une grande consternation et une grande frayeur dans toute la maison de Monsieur et Madame, qui furent témois oculaires de touttes choses. Leur jardinier pensa périr dans les eaux en allant couper les cordes de ses vaches, qui étoient attachées dans une petite écurie (sic )qui est en dessous de la maison ordinaire des jardiniers. Il n’eut pas le temps de coupper la corde d’une troisième vache qui nourrissoit un veau depuis trois ou quatre jours. Cette vache et ce veau périrent. Les eaux baissèrent en quart d’heure environ. – samedy au dimanche 13e jour de septembre Romilly-sur-Aigre – l’église de cette paroisse fut vollée. Les volleurs entrèrent par le panneau du bas de la troisième croisée du cœur, du coté de du collombier. Ils otèrent le panneau tout entier, qu’ils jettèrent à bas en dehors. Au lieu d’échelle, ils se servirent d‘un ratelier qu’ils prirent dans la cour de la maison ou demeure Louis Collin, dans le bourg. Ils passèrent ce ratelier en dedans de l’église par l’ouverture faitte. Entrés dans l’église, ils forcèrent avec un coutre de charrue la serrure du tronc et deux autres au banc de Maurelle, et prirent la monnoye qu’ils y trouvèrent, qui peut bien monter à une vingtaine de livres. Ils prirent une nappe de toille de Hollande qui couvroit l’autel de la sainte Vierge, et ils ne touchèrent pas à autre chose.

1734

# – Naissance à Dreux de Louis-Guillaume Leveillard, ecuyer et doyen des gentilshommes de la chambre du roi Louis XVI. Il se lie intimement avec Benjamin Franklin qui vint à Versailles négocier l’alliance française qui devint effective en 1778. En 1772, le prince de Condé lui avait accordé la concession de la source sulfureuse des eaux d’Enghien, alors qu’il était déjà exploitant des eaux de Passy. En 1781, il fait édifier un nouveau bassin en pierre, puis initie une sorte de prêt ou location de voitures à trente sols(soit environ 12€ de nos jours) par place pour ceux qui ne disposent pas de carrosses. Tout ceci augmente un fort volume de clientèle pour Enghien qui n’est, à l’époque, qu’un petit hameau rassemblant quelques chaumières. Il est connu également pour avoir été le premier maire de Passy (1790) Jugé suspect en raison de ses relations avec le parti des Hébertistes et avoir servi Capet, il fut arrêté, condamné à mort et guillotiné (1794). On lui doit plusieurs ouvrages dont : – un Eloge historique de Franklin – plusieurs Mémoires de chimie .

# La princesse de La Roche-sur-Yon, Philippine de Montéspedon, veuve de Charles de Bourbon, propriétaire de la terre de Senonches, propose à la municipalité chartraine. de rendre navigable l’Eure jusqu’à Chartres, pour faciliter l’exploitation des forêts. Les propriétaires riverains craignant pour leur propre commerce, s’opposent au projet. Une nouvelle fois, l’Eure connait un échec pour la rendre navigable.

1735

Vraisemblablement cette année – Rouvray-Saint-Florentin, naissance de Philippe Isaac Gueau de Reverseaux. Marquis en 1771 et comte de Miermaigne en 1775. Puissant personnage, président du grand Conseil, intendant du Bourbonnais, puis d’Aunis et de Saintonge. Le roi lui confia une mission très délicate : convaincre les Etats de Bretagne, qui se refusaient à voter les subsides. Après le 10 aout 1792, sentant venir l’orage, il mit d’abord sa femme et ses enfants en sûreté ; mandé lui même à Chartres pour répondre pour une fausse accusation fausse, il se disculpe complètement se croyant alors à l’abri de tout danger. Il n’en était rien : suite à une dénonciation, il fut arrêté le 9 août 1793, à Chartres puis transféré à Paris le 28 janvier suivant. Défendu par Chauveau-Lagarde, il crut à un acquittement ; mais l’arrêt était rendu à l’avance . Condamné à mort, il fut livré à l’échafaud le13 février 1794. –

Octobre – Châteaudun – Venue au monde de Jean-Nicolas-Marcelin Guerineau de Saint-Peravy. Poète. Issu d’une famille noble, détentrice de la charge de secrétaire du roi. Son père rêvant pour lui d’une carrière dans la magistrature, l’envoie à Paris, mais ilsèche les cours, préférant fréquenter les lieux littéraires, avec une préférence pour l’art poétique. Une indolence irréductible, la nostalgie de sa campagne natale le conduisent dans de nombreuses bibliothèques où il se penche sur la flore ainsi que l’économie rurale. En 1763, il publie un conte facétieux – l’Optique ou le Chinois à Memphis. Alors qu’il en attendait un succès personnel, la malchance voulut que l’on attribue ce conte à Voltaire et il eût beaucoup de mal à justifier qu’il soit de sa main. En 1764, parution d’un Traité de la culture de différentes fleurs . et , d’autre part quelques petites pièces fugitives régalant un public toujours à la recherche de ces courtes pièces fustigeant les amours ou ridiculisant un mari trompé. En 1778, une sombre affaire d’honneur dont l’enjeu semble être une femme, le force à éviter la police qui le recherche activement. Il quitte la France pour ne plus y revenir, et s’installe à Liège. Il vivra très modestement avec la rente accordée, regrettant la France et sa reconnaissance littéraire même si elle fut modeste à son égard. Il meurt à Liège en 1789

1736

# Décès à Chartres de Pierre-Robert Leprevost, à l’âge de 61 ans, prédicateur, originaire de Rouen, qui se tailla une réputation majeure.

# Intéressons-nous à François-André Danican Philidor, 10 ans, alors Page de la Musique à Versailles, attend l’heure de la messe quotidienne à La Chapelle Royale. pour tromper le temps, il accepte qu’un musicien lui donne une leçon d’échecs. Ce fut alors une surprise extraordinaire. Ce dernier pensait donner une leçon à l’enfant, ce fut le contraire. Doué de nature avec une maitrise extraordinaire du jeu, le jeune François-André triompha par un échec et mat retentissant. Plus jamais, ce joueur d’échecs hors du commun, ne sera battu.

3 mai – Romilly-sur-Aigre – sur les dix heures et demie du soir, le feu fut mis malicieusement à la maison de Burette, ou demeuroit François Gassot,garde chasse de Me de Pleurre La nuit du jeudy au vendredy 18 may, furent pris en leur maison à Bouchedègre Georges Dufoix et sa femme, et furent conduits aux prisons de Châteaudun, comme soupçonnés d’ètre en partie les auteurs de l’incendie de Burette. Depuis cette capture, le nommé Jean Moreau, jardinier du sieur David, a délogé sans trompette et a pris la fuite ; ce qui démontre clairement qu’il ne se sent pas net sur l’article de ce même incendie.

5 juillet – Audollent figure comme l’un des présidents de la Bazoche du bailliage de Chartres. Lors de la réception de M.d’Armenonville comme gouverneur de cette ville, il prononce une harangue qui restera fameuse dans les annales chartraines. La Bazoche était une corporation importante regroupant les clercs du palais instituée par Philippe le Bel. Les bazochiens avaient leurs armoiries, leur bannière, et occupaient une place d’honneur dans toutes les cérémonies.. Chaque année, ils élisaient leur président qui était chargé de porter la parole en leur nom, prenant le nom de roi de la bazoche, portant comme insigne de sa fonction, une toque royale. Ce dernier tenait ses audiences au Palais, et présidait à une procession générale de ses membres dans les premiers jours de mai. La bazoche fut interdite par Henri III, mais elle survécut, en réalité, jusqu’à la Révolution. Par prudence, les bazochiens s’étaient faits certes plus discrets mais néanmoins présents dans des fêtes, voire des saturnales, avec le prince des sots.

Châteaudun, naissance de Louis-Nicolas Barbereau, avocat au bailliage de Courtalain où il s’était installé avec son épouse puis procureur-fiscal de la chatellerie. La mort de sa femme le 29 juillet 1789, l’horreur que lui inspirait les idées révolutionnaires l’incitèrent à devenir ecclésiastique dés 1794 jusqu’à sa mort. On lui doit un manuscrit intitulé Henriette et Louis ou les Époux amants, sous une forme de lettres mi-prose, mi-vers où il raconte le bonheur qu’il éprouve avec sa femme, le malheur de l’avoir perdue, et sa conversion vers Dieu. La première lettre est datée du 15 juin 1767, la dernière du 1 mars 1793.

1737

De la présentée année jusqu’en 1740. Période de grande disette céréalière qui se poursuivra jusqu’en 1741.L’année 1739 peut être mise au nombre des années les plus malheureuses et les plus difficiles à supporter. Le blé, est plus haut prix, a été à 30 livres (environ 90 euros) le septier, mesure de Brou, l’orge 24 livres (environ 72 euros). Depuis que le monde est monde, les charités n’ont jamais été plus abondantes, les seigneurs du Royaume, surtout ceux de la Cour de France, se sont signalés par leurs abondantes aumônes qu’ils ont répandues dans le sein des pauvres, surtout en faveur du Perche, province de la. France la plus affligée et la plus accablée de misère. Il a été distribué du riz avec abondance. Monseigneur le duc d’Orléans a fait des largesses surprenantes en tout l’Orléanais. Charles de Monstiers de Mérinville, évêque de Chartres, a vendu tous ses effets mobiliers, sauf sa bibliothèque, pour la subsistance des pauvres personnes. Au point d’altérer considérablement ses revenus jugés considérables pour les secourir. Luy même a parcouru la plus grande partie du Perche, à cheval, accompagné de son valet de chambre, pour porter des secours aux misérables. Me l’abbé de Bouville, l’un de ses grands vicaires, a aussi beaucoup travaillé par l’ordre de sa Grandeur. (…) Quoique cette année ait été malheureuse, il n’y a pas eu cependant de voleurs, ni étrangers, ni domiciliés. Peu de personnes en cette paroisse ont souffert de faim ; les personnes les plus à leur aise ont abondamment fait l’aumône, joint que les pauvres ont eu du secours de l’Evèché, du supérieur du séminaire de Saint Charles de Chartres, deMM les curés de Versailles et du Roy.Il n’y avait cette année aucune légumes dans les jardins .Le recouvrement des impots a été retardés de six mois par ordre de S.M.,à cause de la misère presque universelle dans tout le Royaume. Le Roy a fourni des orges pour ensemencer les terres qui seraient restées en friche.

# La disette est une chose, les projets économiques en sont une autre. Ainsi, un certain Joubert de Villeneuve, difficile à situer par rapport à ses fonctions, obtient des lettres patentes de Louis XV pour créer un canal de jonction entre le Loir et l’Eure avec une connexion envisageable avec la Seine. Comme d’habitude, une simple ébauche dispendieuse qui tient plus du rêve, même si elle est dictée par l’évolution économique du moment. Le commerce devient plus important, les routes ne se suffisent pas à elles-mêmes, et la logique initie des desseins qui n’ont que la valeur d’études ambitieuses sans lendemains réels.

1738

# Naissance à Dreux de Louis-Guillaume Le Veillard, docteur en médecine comme l’un de ses aïeux. Il devint conseiller procureur du roi au bailliage de Dreux qu’il quitta étant appelé à une fonction de prestige, celle de gentilhomme ordinaire de la maison du roi. Lors de la visite de Benjamin Franklin, les deux hommes se rendirent une sympathie réciproque. Homme acquis aux idées libérales, de même ses travaux en matière de chimie attirèrent l’intérêt de son ami américain. Il lui consacra un éloge historique. En 1790, il devient maire de Passy, puis administrateur de la Seine. Bien que se faisant une idée plus calme de l’idéal révolutionnaire, il eut du mal à accepter les excès des leaders révolutionnaires quelle que soit leur appartenance comme il tenta de s’opposer aux revendications extrêmes, notamment lors de la journée du 10 août 1792. Cela lui valut d’être arrêté, et il fut condamné à mort et exécuté en juin 1794.

# La condition de la femme à tous échelons notamment à l’échelon de l’appartenance nobiliaire a mené à la mise en oeuvre d’une dignité de lieutenant des maréchaux de France dont Chartres a bénéficié. Ainsi une dame de la Roche Bousseau – habitant vraisemblablement de Saint-Avit-les-Guespières – vient se plaindre au nom du  » point d’honneur  » devant cette juridiction  » s’estimant profondément déshonorée lorsque son voisin pêche dans une rivière qui lui appartient d’un  »  ». Mais à cette époque, la femme doit se défendre  » bec et ongles  » pour faire valoir son bon droit, surtout que l’on est de condition pauvre tout en appartenant à la noblesse. ( Nota. La dignité de maréchal de France fut créée par Philippe-Auguste. Grand officier de la Couronne, le maréchal devint le premier dignitaire après la suppression du connétable en 1626. Après les interdictions de duel, Louis XIV institua un Tribunal des maréchaux de France ou Tribunal du point d’honneur, qui connaissait, sans appel, de tous les différends nés entre gentilshommes pour des questions d’honneur. Des édits créèrent dans chaque bailliage ou sénéchaussée un lieutenant des maréchaux de France, qui y exerçait la même juridiction que le tribunal des maréchaux à Paris. En 1791, le nombre des maréchaux fut réduit à six, il fut spécifié que les maréchaux ne pourraient plus avoir que des fonctions militaires. Cette dignité fut complètement supprimée par la Convention en 1793.( texte emprunté à la Bibliothèque de France)

1739

janvier  – Saint-Eliph – Il survint un vent si violent qu’il abattit la pointe du clocher de cette église et la croix neuve que j’y avais fait mettre il y a 10 ou 12 ans, arracha les tuiles et ardoises. Il a fallu faire couvrir à neuf autour de la nef : c’est la seconde latte qu’on met sur l’église, la première étoit en chataîgner. On a rogné la pointe du clocher, remit la croix, et dans l’église ou les pluyes avoient pourry un tirant au dessus du clocher, on en a remis un neuf.  : Signé Pintart, curé. –

# Naissance à Châteaudun de Pierre Toufaire, un nom prédestiné pour celui qui embrassait la carrière d’architecte. On lui doit l’Hôtel de Ville de Châteaudun, et bien d’autres réalisations en France.

25 juin – La culture de la vigne à Dreux est presque ravagée en raison des conditions météorologiques de cette journée néfaste à bien des égards. Champs, vergers et vignobles sont gravement endommagés par la grêle au point qu’on dut réduire au minimum les réjouissances publiques prévues le dimanche suivant. Elles avaient été prévues pour célébrer la paix qui venait de mettre fin à la guerre de succession de Pologne. Pour le corps municipal, il ne paraissait pas sage de « vouloir exciter à la joie des peuples qui étaient dans la plus grande tristesse », ni d’exiger d’eux une dépense inutile « dans la misère où sont réduits les habitants tant par la cherté du pain pendant cette année que par les pertes qu’ils ont faites par l’orage ».

1739 a été stérile, en sorte que la misère a obligé plusieurs habitants à quitter la paroisse, et plusieurs morceaux de terre sont restés en friche. Le blé valoit 30 livres le septier. Une année remplie de misère. La récolte de l’aoust précédent en 1738, surtout pour les bleds, ne fut presque que de de moitié des années ordinaires, car les bleds ayant été faits par un temps et incommode à cause des pluyes fréquentes et que les guérests étoient par conséquent remplis de friches, qui n’étoient point péris à cause des pluyes continuelles pendant la façon des bleds, qui faisoient racines audits friches, à la récolte de 1738. On recueillit peu de gerbes, et le peu de gerbes rendoit si peu au minot que les laboureurs, après avoir leurs semences, n’avoient pas de quoi vivre. Les maitres restèrent à payer ; on ne faisoit point travailler : la populace fut réduite à une si grande misère qu’on ne trouvoit que très peu de fermiers qui pussent faire l’aumône. Le Roy fut obligé de faire distribuer en France, par les diocèses, quantité de ris avec de modiques sommes d’argent ; lequel ris on faisoit cuire dans des grands chaudrons pour donner et soulager la faim des pauvres. Le Roy aussy fit faire des travaux sur les chemins aux environs de Chateaudun et en plusieurs autres pais, ou tout le monde étoit receu, les hiommes, femmes et les enfans, et chacun étoit payé à proportion de son travail.. Mgr l’évesque de Chartres envoya mes mandemens par toutes les paroisses ; par les quels il otoit toutes les festes depuis le 1er may, jusqu’à la Toussaint exclusivement, afin qu’on put travailler ces jours là, mesmeexcepté les festees de Vierge et du Saint Sacrement, pour cette année seulement. Le bled valloit près de 29 livres le septier, mesure de Chateaudun, l’orge 14 livres 10 sols le septier, en sorte que le peuple et les laboureurs eurent bien de la peine à gagner l’aoust, et s’il n’estoit pas venu à Orléans sur le port de l’avoine des pais étrangers, les fermiers n’auroientpu faire labourer leurs terres. Ils en empruntèrent et payèrent après la récolte de l’aoust 1739, parce que cette récolte-làfut bonne en bled, et le bled se vendoit encore assez bien l’année suivante, à scavoir 19 livres le septier après la récolte et 8 à 9 livres dans le courant de l’année : ce qui fit que les fermiers payèrent leurs arrérages de l’année précédente et l’avoine qu’ils avoient empruntés des marchands d’ Orléans.. On disoit même que dans plusieurs pais les pauvres mangoient de l’herbe des prairies, surtout dans le Perche.

5 mai – naissance à Chartres d’Alexandre-Claude Bellier-Duchesnay. La famille Bellier, originaire d’Illiers, se divisa en deux branches, l’une se fixa à Châteaudun, l’autre à Chartres. Lieutenant des maréchaux de France, greffier du point d’honneur, censeur royal, et maire de la ville de Chartres (1780/1784). Député à l’assemblée législative, il figure au rang des fondateurs de la bibliothèque de Chartres, tout en collaborant avec Dussieux (se dénommant aussi de son propre chef d’Ussieux), son gendre à la Bibliothèque des Dames. Il conçut le premier l’idée de la Collection des Mémoires particuliers relatifs à l’Histoire de France, ayant publié 66 premiers volumes. Comme censeur royal, il prit part à une grande controverse qui, pendant plusieurs années, occupa les esprits à Chartres. Il dénonça au corps municipal de Chartres les Institutions Philosophiae ad usum seminarii Tullensis (1789 -5v.in-12°) alors adoptées par le collège de Chartres, Bellier du Chesnay l’accusant de favoriser l’athéisme, le déisme et l’immortalité. Comme chanoine de la cathédrale, auteur d’hymnes pour l’office de la Saint-André qui furent chantés régulièrement dans cette collégiale jusqu’à la Révolution. Il s’éteint à Chartres le 24 octobre 1810.

1740

#– La bande de Breton le Mignon sème la terreur en Beauce, forte de cinquante cinq membres, hommes et femmes, complétés de mercenaires, qui va sévir jusqu’au début de la Révolution avant d’être éradiquée.

# Décès à Chartres de Jacques Côme de Monchesnay à l’âge de 74 ans, avocat qui a publié des vers, épitres, satires et épigrammes – ami de Boileau. Oeuvre majeure : La Boleana. –

#Mauvaise récolte à cause des eauxet gelées qui avoient tellement endommâgé les terres que les bleds étoient fort clairsemés ; ce qui fit que la terre produisit quantité d’herbes appelée « achées », et qu’après la récolte les laboureurs, surtout dans la Beauce, faisoient couper avec des faux et des bèches lesdites achées pour servir de fourrage parce que les empaillemens étoient fort rares et fort chers. Un peu avant la récolte, il se répandit encore une rouille presque universel sur les bleds, qui empescha que le bled ne devint en sa maturité, et comme ils n’étoient venus qu’à force, à cause de la longueur de l’hivert, la récolte ne commença qu’ a la mi-aoust et ne finit qu’a la fin de septembre. Comme les fermiers à bled n’auroient pu vivre en payant leurs fermages à bled et sur le pied de leurs baux, attendu que le bled valloit 20 livres le septier et le vieil jusqu’à 25 livres, le Roy rendit une déclaration que les fermiers à bled ne payeroient pas toutes leurs fermes à bled, mais qu’il seroit payé à proportion de la quantité de bled qui avoit été recueuilly en chaque pais, lesquels pais étoient réglés par chaque présidial oe siège royal, en sorte que par le règlement qui fait en Parlement, sur les avis des officiers royaux de chaque sénéchaussée royalle, dans la juridiction de Blois, on payoit moitié à bled et moitié en argent, sur l’estimation que le bled valloit au premier marché de janvier 1740 : dans l’étendue de la juridiction de Blois, dans le Perche, on payoit tout en argent sur le mesme pied, attendu que la récolte avait été plus mauvaise ; dans la juridiction de Chartres et d’Orléans on payoit un tiers en nature et deux tiers en argent sur mesure estimation que dessus, et ainsy des sénéchaussées à proportion et eu égard aux récoltes. Arrou, La Fontenelle, Unverre, Le Poislé,Chatillon et autres, toute laBeauce fut inondée de mendians qui contraignoient de donner ; ce qui fit que le Parlement rendit un arrest pour contraindre chaque pauvre de se retirer dans sa paroisse, sous peine d’emprisonnement et de galères pour récidive, et du fouet et de carcan pour les femmes et enfans, et ordre aux paroisses de faire un roole ou on imposoit les habitans et propriétaires pour fournir chaque semaine telle quantité de pain ou argent qu’il étoit néccessaire pour les pauvres de chaque paroisse.Grace à Dieu dans cette paroisse de Villampuy, il n’y avoit pas beaucoup de mendians, ce qui fit qu’on en étoit quitte pour environ une vingtaine de pains par semaine.

# Les loups ou assimilés font parler d’eux tout début janvier dans les environs de Mainvilliers puisqu’ils sont soupçonnés d’avoir attaqué trois personnes qui ont été gravement blessés.

2 janvier – Châteaudun. Naissance de Jean Lecesne qui fut avant 1789 fermier général de la commanderie d’Arville. Ensuite, on le perd de vue du moins au niveau de ce qu’il accomplit dans la vie, à part d’avoir été administrateur un court moment du département du Loir et Cher.. Par contre, on sait qu’il meurt à la Bazoche-Gouet le 18 juin 1805.

8 janvier – le  »loup de Gasville  » tue trois personnes en cette paroisse. Une affaire qui marqua des esprits qui finirent par suspecter les causes réelles. cette recrudescence d’attaques, conduit des représentants de la population qui se rend à Chartres pour saisir la Généralité de la cité. Décision est prise de saisir le roi, Louis XV, qui délègue le Grand Louvetier de France, en la personne d’Antonin-Armand de Belzunce. Des battues importantes sont organisées, surtout au. nord de Chartres, là où les loups sévissent le plus, à savoir la zone Saint-Prest, Gasville, Coltainville, Houville, Nogent-le-Phaye et Sours. Point ne fut connu le résultat.

# 26 janvier. Nogent-le-Phaye. L’aventure du ménétrier (violoniste qui accompagne les noces) chartrain Jacques Septier qui, son animation accomplie, ayant reçu son dû, mérite que l’on s’y attarde, car il ne dût la vie qu’à un heureux concours de circonstances. N’ayant pas voulu être raccompagné, il crut bon s’en aller seul. Que rencontra-t-il ? Bien entendu un loup ou quelque chien enragé. . Il tenta de l’amadouer, récita la Patenôtre du Loup, réputé faire fuit les loups. Le loup n’en eut cure. Alors que le ménétrier avait emporté un gâteau de noces, il en jeta un morceau, mais la bête appréciant cette nourriture bienfaitrice, voulut le reste. Le violoniste n’eut que le recours d’un arbre qu’il grimpa aussi vite que possible pour se mettre hors de portée. Mais le loup se montrant toujours aussi agressif, il lui joua quelques notes, tout en criant  » Au secours  ». Heureusement des voituriers se montrèrent, charriant du bois. Sur le moment, ils crurent qu’ils avaient à faire à un fou, mais reconnurent bien vite la situation délicate de la victime.

18 juin – Naissance à Dreux de Ferdinand-Camille Duchemin de la Chenaye, lieutenant civil et criminel de Mortagne-au-Perche. Il fut également écrivain, membre de l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen et d’Alençon. Auteur d’épitres, fables et pièces fugitives. Par ailleurs, il a collaboré au Grand Vocabulaire français, édité en1767 par l’éditeur parisien Charles Panckoucke.

6 octobre – Mgr l’évêque de Chartres décide qu’il sera payé à l’avenir 6 livres pour l’ouverture des fosses des grandes personnes et 3 livres pour l’ouverture des fosses des enfants, et qu’elles seront réparées aux frais de la fabrique.

1741

 – Une ordonnance défend d’affaucheter (couper) et d’enlever les avoines avant qu’elles aient été suffisamment ondainnées.( mot difficile à déterminer quant à sa signification que l’on pourrait associer à une mesure d’assèchement de cette céréale avant qu’elle ne soit rentrée).

# – L’idée d’un canal de jonction entre le Loir et l’Eure refait surface. A qui revient cette initiative, l’histoire le tait. Toujours est-il que Pierre Pajot de Nozereau, intendant de la Généralité de l’Orléanais, donc qui a en mains les finances régionales, nomme les ingénieurs Lafond et Guillois d’étudier la question. De fait, nantis de cette mission, et des fonds inhérents, lèvent des plans, établissent un devis qui s’élève à la somme de un million de livres qui est loin d’entrer dans le budget de la région. Pensez donc, si on convertit en euros actuels, le montant de ce projet se situerait au bas à plus de onze millions. Autant dire que le projet fit  » chou blanc  ». Décidément ce n’est pas l’heure de penser à une telle initiative qui connait une succession d’échecs. Ce qui ne va pas empêcher de voir surgir par la suite bien d’autres initiatives.

29 janvier  – Naissance à Cintray (près de Chartres) de Louis Moisset, ingénieur-géographique, qui très jeune, part étudier à Orléans, puis durant quatorze ans travaille aux cartes de Cassini. Par la suite sous-ingénieur des Ponts et Chaussées dans les Hautes-Pyrénées où il achève sa carrière. Décès : 1827. –

18 juin – suppression du jeu de l’Oiseau ou papegay ou papegai, papegaut également en Eure et Loir par décision de M.d’Argenson, intendant. Organisé par des confréries ou des compagnies de tir sous le nom de fête des corps, avec des prix à la clé ce qui en faisait des jeux très prisés, de même par a population Ce terme de jeu militaire fut utilisé pour désigner une cible faite d’un oiseau de bois, placé en haut d’une perche qu’il s’agit de faire tomber par des arbalétriers ou des archers, plus rarement par tir à l’arquebuse. Le vainqueur recevait le titre de Roy ou plus souvent d’Empereur. Une lettre patente royale (XVe siècle) régentait cette pratique, disparue pour de bon avec l’Ancien Régime. Ce dispositif était également associé au Prix de l’Arquebuse destiné à rechercher des tireurs capables d’intégrer les unités d’élites qui constituaient les hommes d’armes dans les villes. Des jeux militaires très prisés. De nombreux ouvrages sont parus sur ce sujet, notamment Histoire Urbaine en 2002 nous permettant de découvrir toutes ces compétitions séculaires et populaires.

1742

#– naissance à Bonneval de Jean-Rémy de Tarragon, qui comme officier, a combattu lors de la guerre d’indépendance aux Etats-Unis. Suspecté d’avoir des attaches royalistes, un soldat qu’il a eu sous ses ordres, faisant partie du Comité de salut public à Châteaudun le sauve miraculeusement du couperet. Il meurt dans la cité dunoise en 1804. –

2 janvier – Naissance à Chartres de Nicolas Jean René Texier, chapelain de la reine Marie Leczinka, chanoine de Notre-Dame de Chartres. Lors de l’Assemblée nationale de 1789, il représente le clergé au titre du bailliage de Châteauneuf-en-Thymerais. –

26 avril – Naissance à Brou de Pierre-Louis Jolly-Deshayes, conseiller au Présidial, et royaliste dans l’âme. Il fut également pour un an maire de Chartres(1792), et arrêté(1794) sous la Révolution avec Vincent Chevard, et relâché faute de preuves. Retiré à Chartres, il s’éteint le 6 mai 1810.

1744

#  – Naissance à Chartres d’Antoine Desrues, empoisonneur, exécuté en 1777 à Paris. Installé comme honorable épicier, un homme se présente à lui en vue d’association, celui-ci étant fortuné, et cherchant à bien placer son argent. Le futur associé disparaît sans laisser de traces. Personne ne saurait suspecter ce commerçant allant à la messe tous les dimanches. En vue de l’acquisition d’une propriété, il décide de s’en prendre à toute la famille du vendeur, pour s’arroger le bien sans bourse déliée. Il est finalement arrêté, jugé et roué en place de Grève. Madame Desrues, née Marie Louise Nicolas, serait convaincue d’être complice, fouettée, marquée au fer rouge de la lettre V (voleuse) sur les deux épaules, et condamnée à être internée à perpétuité. En 1792, elle est assassinée par les révolutionnaires lors des journées de septembre.. (Note macabreQuinze jours après que Desrues eut été exécuté,un bruit se répandit dans Paris. Des témoins avaient rapporté que le condamné revenait chaque nuit en cette place de Grève, lieu où il fit mis à mort. Parmi ceux-ci, certains plus hardis s’étaient approchés de cette ombre mystérieuse, pour se rendre compte qu’il s’agissait d’un homme en robe de chambre, tenant un crucifix à la main, faisant le tour de l’espace de mie à mort, tout en criant d’une voix saisissante  » Je viens chercher ma chair et mes os  ». Alertée, la police, la peur au ventre, n’osa s’aventurer vers cette étrange apparition. Il faudra finalement l’intervention d’un intrépide qui osa se saisir ce qui semblait être une sorte de spectre qu’il traîna à un poste de garde.On s’apercevra que ce soit-disant revenant n’était en réalité que le frère de Desrues, établi aubergiste à Senlis, qui venait clamer son désespoir et la douleur qu’il ressentait pour cette disparition.  » )

24 janvierSainville. décès de Marie Poussepin à l’âge de 91 ans. Fondatrice d’un Tiers ordre dominicain venant en aide aux gens de basse condition, elle essaimera en Eure et Loir, notamment à Auneau, puis Sainville où elle crée une école pour jeunes filles démunies ou des orphelines. A sa mort, elle dirigeait plus de vingt communautés au delà également de l’Eure et Loir. Déclarée Bienheureuse en 1994.

15 mai – naissance à Chartres de Marin Allabre, célèbre imagier chartrain de même ses deux frères Guillaume et Louis. Huitième d’une famille de neuf enfants, il entre jeune en atelier d’imagerie (Barc) comme garçon-dominotier à une époque où imagiers, dominotiers et papetiers sont actifs depuis le XVIe siècle. Ces images sont aussi bien des images pieuses, des cartes à jouer, des complaintes populaires, des calendriers (comme Le Bon Jardinier dont l’origine remonte vers 1750) voire des papiers de tenture lesquels datent seulement de 1780. Sans oublier les papiers peints dits papier indienne prévus pour couvrir des boites, des brochures, des cahiers de chansons, etc.. Marié en 1774, il est veuf deux ans plus tard, et se remarie en 1778. La dot apportée par cette seconde femme, Marie-Jeanne-Charlotte Leporc, motive ses ambitions pour devenir patron dans ce métier florissant particulièrement populaire à Chartres. A la fin de 1782, il s’installe comme artisan à l’angle de la rue de la Fromagerie (rue de l’Hôtel de Ville) et du marché au blé avec l’aide de ses deux frères Guillaume (décédé le 25 mai 1807 à 61 ans) et Louis. Un autre frère, François, part s’installer à Paris comme ouvrier typographe . Une maison chartraine rapidement célèbre, sombre à l’intérieur en raison de sa conception bas de plafond, avec la présence de nombreuses marchandises qui masquent la lumière extérieure. Rendez-vous de tous les amateurs d’imagerie, les gravures du maître font le bonheur de nombreux collectionneurs à la recherche de : La Règle et Manière du Jeu de l’Oye – Le Juif errant – La Bête d’Orléans,et tant d’autres. Marin Allabre se fit un spécialiste de l’imagerie religieuse : Christs, Vierges en renom pour les pèlerinages, scènes empruntées à l’Ancien et le Nouveau Testament, Saints et Saintes les plus célèbres. Sans oublier l’imagerie royale reproduisant Louis XVI et Marie-Antoinette, ainsi que Princes et Princesses. Il ajoute à son catalogue de nombreuses images de tradition populaire où l’humour et des scènes plus sérieuses se côtoyaient, et étaient fort recherchées par sa clientèle. Avec la Révolution, alors que ce métier constitue un gagne-pain qui lui permet de gagner sa vie aisément, il lui faut rechercher de nouveaux débouchés en raison des troubles et des incertitudes qui pèsent sur le quotidien. Heureusement, en 1792, le Conseil général de la commune de Chartres décide d’émettre des bons patriotiques, et alloue à Marin Allabre 100 livres pour les réaliser. 8 000 feuilles sont prévues à cet effet. Une commande bienvenue dés lors que tout ce qui pouvait reproduire images religieuses et royales était interdit. Heureusement, bien vu dans la cité, et en raison de sa démarche prouvant sa bonne volonté face à l’enjeu politique de l’époque, les administrateurs chartrains pris de sentiments de commisération, compensèrent sa perte de commerce en le nommant portier de la Porte Guillaume. A moindre mal, en acceptant, il sauve sa famille de la misère. En échange, il doit détruire les planches gravées ce qu’il fit en partie. L’agitation révolutionnaire occupée à d’autres obligations ne se préoccupa guère de cet engagement ce qui permit de sauver une grande partie du matériel et des gravures. Enfoui dans quelque cave, tout ce commerce va ressurgir, comme par enchantement après les événements, et Allabre reprend son commerce

Après le décès de Marin (1805), la famille, sous le nom commercial de Garnier-Allabrecontinue l’œuvre entreprise sous la férule de Jacques Pierre Garnier ( Versailles – 8 août 1782/Chartres – 7 juillet 1834) ), qui adosse son nom à celui de Marin Allabre, ayant épousé la fille de ce dernier, Désirée. Au moment de cette union, il est commis chez un M.Basset, marchand d’estampes à Paris. Pourquoi vient-il à Chartres, c’est le mystère, peut-être l’amour ou tout simplement a-t-il voulu se mêler à l’imagerie chartraine attiré par le prestige de cet artisanat. Il y a réussira avec bonheur.

Ainsi Garnier-Allabre prend la suite de son beau-père et gère l’entreprise familiale pendant plus de vingt ans. La période napoléonienne est l’occasion de nouvelles réalisations fort prisées, comme celles consacrées au sacre de l’Empereur et de Joséphine. L’imagerie chartraine s’en donne à cœur joie pour reproduire les vêtements du sacre du 2 décembre 1804. Les batailles, les exploits des grognards furent autant d’occasions pour satisfaire un public toujours preneur. Puis, la demande s’amenuisant, le commerçant envisage d’autres débouchés en devenant un petit débit de papeterie, puis de papiers peints, ensuite de librairie, enfin photographie, reléguant l’artisan-imagier au rang de personnage de moindre importance, l’image étant moins recherchée, même si elle avait ses curieux comme ses acheteurs inconditionnels. La photographie suscite de plus en plus de curiosité, effaçant du même coup et d’une façon presque définitive une page économique particulière de la cité beauceronne. Pourtant, dans les premiers mois de l’Empire, fut gravée l’une des images les plus célèbres de cet artisan  » La Bête féroce qui ravage les alentours d’Orléans  », et copiée par un autre imagier d’Orléans, à moins que cela ne soit le contraire. La propriété artistique n’existait pas encore. Il est vrai que la cité orléanaise est en concurrence sérieuse avec celle de Chartres, se prétendant plus ancienne que celle de sa rivale chartraine, à l’instar d’un des imagiers majeurs comme Feuillâtre, voire Sevestre et bien d’autres. Un succès énorme, chaque acheteur étant persuadé que l’imagier avait identifié la bête. Puis la tension retomba, et chacun vécut ce moment d’intense émotion à sa façon, la montagne ayant certainement accouché d’une souris, malgré la terreur que suscita cette bête mi-loup, mi-homme ou mi-canard pour certains, à moins d’être une hyène comme la Bête du Gevaudan. Une femme fut néanmoins tuée, sinon dévorée un soir de Noël sans que l’on susse qui en état l’auteur. Ce fut du pain béni pour l’imagier qui tira plusieurs centaines reproductions de cette image. Mais en fait l’imagerie puise dans le quotidien.. Témoin ce crime du 13 janvier 1811, lorsqu’une jeune femme de 23 ans a tué son père, sa mère, et ses deux sœurs dans une ferme de l’Allier. Preuve s’il en est, ce crime comme l’exécution de la meurtrière captèrent l’attention des Beaucerons qui se jetèrent sur cette série d’images, avides d’un fait divers qui capta l’attention des Français et des Chartrains en particulier. A noter que l’imagerie d’Epinal, représentée par la célèbre maison Pellerin & Cie supplanta Chartres.

Dans la seconde partie du XIXe siècle, la librairie qui avait pris définitivement la place de l’imagier se fondit avec la maison voisine pour devenir une maison d’habitation. D’Allabre, Garnier, il n’y eut plus que des descendants qui, à leur façon, vont relayer le flambeau familial, délaissant quelque peu ce qui en fit la fierté : l’imagerie.

1745

L’année 1745a été malheureuse en ce que la récolte de l’aoust fut si maltraitée des pluyes que les bleds furent presque pourris sur terre. Les pluyes commencèrent le 16 aoust et continuèrent tous les jours : les aoutrons ne laissoient pas de coupper toujours, et les bleds restoient en javelles sans les pouvoir lier. S’il venoit une heure de moins mauvais temps, on tournoit les javelles et on atteloit les chevaux : on commençoit à engerber et la pluye abondante survenoit : on emmenoit quelque demi chartée toute mouillée et dégoutante d’eau ; une pariie germoit dans les tas et tout dans les chamaps, de sorte que les bleds de cette année furent de très mauvaise qualité. Les maitres ne vouloient point de ces bleds là ; les fermiers restoient en arrérages, et on sema beaucoup de ces mauvais bleds qui levoient fort clairs, on étoit forcé de surcharger de semence les terres. Il n’y eut que les bleds qui furent couppés avant la mi-aoust qui ne fuent point mouillés, mais on n’avoit commencé à coupper que huit jours devant la mi-aoust, encore on n’avoit couppé les moindres, réservant toujours sur la fin pour faire des semences, ce qui trompe tous les fermiers. La populace pour une partie avoit presque enlevé leurs bleds avant la pluie, n’en ayant guère à coupper. Les maitres les plus raisonnables recevoient moitié mouillé et moitié point mouillé : ces bleds mouillés ne valoient que 3 livres le septier de Chateaudun, et les autres 10 sols le septier. Ces pluyes durèrent bien six semaines : les tailles étoient considérables ; le dixième denier qu’on payoit, les miliciens qu’on fournissoit tous les ans à cause de la guerre contre la reine de Hongrie, tout cela répandit une grande misère.. Plusieurs fermiers ruinés et obérés virent leurs ventes faire l’année suivante ; les maistres eux mesmes se trouvèrent fort embarrassés ; leurs fermes leur restèrent sur les bras, quelques uns obligés de les faire valoir eux mesmes, exposés aux tailles ; ce qui occasionna encore des procès pour lesdites tailles, parce que quelques uns se prétendoient exempts ; les autres empruntoient ou prestoient des noms supposés pour faire valoir : il n’y avoit que les sergens et les huissiers qui faisoient leurs affaires. Le vin qui l’année de suite ne fut pas en abondance eut par sa cherté un effet plus puyssant en lui même que tous les plus beaux et les plus éloquents sermons, pour éloigner de luy les gens des campagnes : l’ivrognerie cessa, et les cabaretiers des bouchons eurent le temps de planter des choux ou d’ètre aux abois,débitans quelque poinçon par cy par là, qu’ils devoient aux marchands.

12 mai – Naissance à Chartres d’Henri-Simon-Thibaut Poullin de Fleins, écrivain, auteur de nombreux ouvrages au rang desquels on citera Pièces intéressantes pour servir l’histoire des grands hommes de notre siècle. Il meurt dans sa ville de naissance le 14 septembre 1823.

1746

# – Louis Joubert de Villemarest que l’on pourrait qualifier d’investisseur de nos jours, fonde une Compagnie financière pour le creusement d’un canal reliant l’Eure et le Loir. Cette voie d’eau est prévue entre Pont-Tranchefêtu (La Taye) et Saint-Cormain des Alluyes, sur une distance de vingt kilomètres. Coût prévu 1.600.000 livres, soit 18 000 000 euros environ. Un projet faramineux qui ne prend guère en compte les échecs précédents, et la réticence des responsables techniques estimant ces entreprises non viables. Pourtant le porteur de cette entreprise persiste, mais il engloutit sa fortune, doit vendre ses biens pour payer ses créanciers. Il y avait cru, persuadé qu’il s’agissait de la meilleure façon de désenclaver le Loir et Cher et plus précisément la ville de Vendôme. Il s’était trompé à ses dépens. L’idée va ressurgir néanmoins. On persiste et signe…notamment dans la dernière décennie du présent siècle.

21 mai– achat par Madame de Pompadour du domaine de Crécy-Couvé, grâce à la manne financière (650 000 livres tournois soit environ 877 500 euros) consentie par Louis XV. L’année suivante, elle acquiert le manoir d’Aunay et le moulin de la Bellassière (140 000 livres tournois, soit 189 000 euros). Cette faveur royale ne doit pas faire oublier le rôle essentiel de Charles Collin, son intendant, et bien en vue à la Cour de France. Elle veut faire de son  » cher petit Crécy  » un petit Versailles, avec pour objectif d’en faire l’une des plus belles propriétés du royaume. Le moulin à blé cachant la vue, l’architecte Lassurance trouve le moyen de cacher ce bâtiment en l’habillant d’un mur en trompe-l’oeil. L’exploitation du blé s’arrêtera et la favorite en fera sa buanderie. Quand Louis XV vient rendre visite à son amante, plus de 300 personnes accompagnent le roi. En maîtresse de maison, elle se fait un point d’honneur à tout organiser pour l’accueil et le séjour. Crécy-Coucé ne connaîtra pas l’existence d’une propriété de rêve, n’étant qu’un caprice. Madame de Pompadour aura séjourné très ponctuellement. De nos jours, le château a disparu, seul témoin : le moulin, et quelques menus vestiges. –

# La récolte de la présente année n’a pas été très abondante en bled à cause de la grande quantité de chardon et que les gerbes ne rendoient pas au minot. Les ventes des fermiers ont continué de se faire, et plusieurs métairies abandonnées.#

1747

– nouvelle disette céréalière. On n’en finit plus de ses répercussions climatiques qui ravagent la Beauce, hypothèquent les récoltes, trop souvent à l’origine de profits outranciers. La population de base en souffre, meurt aussi, survit tant bien que mal. Les autorités avouent leur impuissance à endiguer ceux qui profitent pour ‘’ se remplir les poches ‘’, trop souvent en toute impunité.

12 septembre  – naissance à Montigny-le-Grand ( Montigny-le-Gannelon) de Pierre Silly, général de brigade sous la Révolution qui perdit une jambe lors de la campagne d’Egypte aux côtés de Bonaparte. Il meurt à Cloyes en 1809.

1748

3 février naissance au Boullay-Thierry de Vincent Chevard qui sera maire de Chartres entre 1800 et 1802. Dans les débuts de la Révolution, fondateur avec ses amis chartrains Pétion et Brissot de la Société des Amis de la Convention.

21 février – Mort à Paris l’âge de 77 ans, Antoine Danchet, éminent membre de l’Académie française. Auteur d’opéras mis en musique par Campra, son lien avec Chartres se réfère à la chaire de réthorique qu’il occupa plusieurs années.

16 décembre – naissance à Chartres  de Claude André Semen, ferblantier, et député du Tiers-Etat. Il meurt dans sa ville de naissance le 15 novembre 1808. –

# Durant sa mandature, l’évêque de Chartres, Bernardin de Rosset fit reconstruire le palais épiscopal. Connu pour avoir été un évêque fort mondain, ses relations pour le moins équivoques, en firent un personnage religieux remarqué au sein de la société beauceronne. Lors d’un voyage à Paris, il meurt le 13 janvier 1780 au palais des Tuileries.

1749

# – Naissance à Chartres de Bernard-Marie Lesage. D’abord avocat dans sa ville natale, il rejoint Paris. Son éloquence le fit remarquer de ses pairs sous le nom Lesage d’Eure et Loir . Au moment de la Révolution française, ses convictions politiques l’amènent à être élu à la Convention nationaleet il vote la mort avec sursis du roi Louis XVI. Proche tour à tour des Girondins et des Montagnards, suspecté, il est décrété d’arrestation sur ordre de Robespierre. S’étant caché jusqu’à la chute de l’Incorruptible, triomphant, il marque son retour à la Convention. En 1795, sous le Directoire, il devient membre du conseil des Cinq-Cents, corps législatif avec le Conseil des Anciens jusqu’en 1799.

# Parution à Londres d’un ouvrage L’Analyse des Echecs, dont l’auteur est François-André Danican Philidor, maître es échecs hors pair. Il fut édité grâce à un généreux souscripteur et protecteur en la personne du duc de Cumberland , et dont le premier exemplaire lui fut dédicacé. Un succès exceptionnel dans toutes les cours d’Europe. pour ce Français et Drouais, aussi à l’aise dans les échecs que dans la composition musicale. Le livre connaîtra 163 éditions, réparties en dix langues, ceci jusqu’en 1988 !. Qui dit mieux en ce domaine !

27 janvier – naissance à Chartres de Nicolas Delacroix-Frainville, jurisconsulte et législateur, et spécialiste de la législation particulière des provinces de France. –

#  L’ordonnance pour la paix avec la Grande Bretagne et l’Impératrice fut solennellement publiée à Châteaudun , le jeudy 20 février 1749 , sur les deux heures après midy , en pleine place , dans la cour du château et dans les carrefours de la ville et faubourgs , par M M les maire , échevins , et autres officiers de la Maison de Ville , tous en robbes et à cheval , précédez des tambours , trompette , héros d’armes , partie des hoctons ouvrant , et autre partie fermant la marche. A l’occasion de la paix , il fut chanté solennellement u Te Deum général dans l’église de La Magdeleine le dimanche 2 mars , et il en fut chanté ensuite dans chacune des paroisses de la ville .Nous chantâmes le nôtre le 14 mars , jour et fête ed Saint Lubin notre patron , immédiatement après le panégyriques du saint .Nos habitans y assistèrent sous les armes .A l’issue de quoy , nous allâmes , croix levée et tout le clergé en chappe , allumer et bénir un feu de bois qu’ils avoient préparé au milieu du carrefour Châtry .On revint à l’église , dans le même ordre que l’on en étoit sorti , terminer la cérémonie par le salut et la bénédiction du Saint Sacrement .Je fis porter deux flambeaux au feu de bois qui fut allumé par le prêtre célébrant et par le capitaine de la troupe en armes .Signé : Boisganier .

24 mars – naissance à Chartres de Bernard Jumentier, compositeur et maître de chapelle. –

14 mai – naissance à Nogent-le-Rotrou de Jacques Charles Giroust.Avocat, il fut nommé juge dans sa ville natale en 1790, ensuite député à l’Assemblée législative en 1792 .Il ne fit partie d’aucun parti, ni montagnard, ni girondin , et à cette époque on disait de ces gens n’ayant aucune appartenance qu’ils étaient la plaine ou le marais. Le 17 janvier 1793, au sein de la Convention,alors qu’il est plutôt un membre réservé, ne prenant guère la parole, il se prononça pour le bannissement et le sursis du roi ‘’ Louis était sur le trône, les armées étrangères s’avançaient pour le soutenir, lorsque je ne craignis point de demander sa déchéance, mais alors je votais comme législateur. Je ne puis prononcer aujourd’hui qu’en la même qualité. Je vote pour la réclusion pendant la guerre et le bannissement à la paix et pour le sursis à l’exécution de Louis Capet ‘’. Il était à ce point discret qu’il invitait le peuple à en faire autant , avec son expression favorite : ‘’ Peuple, paie, marche et tais-toi. ‘’Son vote va le faire suspecter d’appartenir au parti girondin, c’est tout du moins ce qu’il croit. Il se sent menacé, ce qui s’avérera faux car son nom ne fut jamais mentionné comme étant de ceux qui seront arrêtés durant les journées des 31 mai, 1 et 2 juin. Mais le doute s’inscrit. Il préfère s’éclipser de Paris, part dans l’ouest de la France, prend un faux passeport, change son nom, errant de cache en cache. Après avoir été arrêté, mis en prison, on ne s’occupa plus de son sort, le Comité de Salut Public le laissant croupir en prison. Le 9-Thermidor avec la chute de Robespierre le sauva définitivement du couperet. La Convention rappela en son sein tous ceux qui avaient professé leur foi dans la tourmente, qui avaient été mis à l’écart ou arrêtés. Giroust fut de ceux-ci Il sera représentant du peuple en 1794 et ensuite nommé commissaire près des armées entre Meuse et Rhin , mission dont il s’acquitta avec tout le soin qui le caractérisait. En l’an IV, il est nommé au conseil des Cinq-Cents et en même temps député des colonies où il siégea jusqu’an l’an VII ( 1799). Il revint à Nogent-le-Rotrou Bonaparte l’ayant nommé le 4 mars 1800, président du tribunal civil. En 1810, il fut cependant destitué, nommé simple juge et réintégré dans sa fonction qui était la sienne en 1815. En 1807, il devient membre de l’Athénée de la langue française. Il s’agissait d’un établissement où se réunissaient littérateurs et savants dans le but de donner des cours et conférences publiques. Il est l’auteur de bon nombre d’ouvrages, entre autres sur le droit et la jurisprudence, et par ailleurs faisant prévue d’une grande culture en histoire naturelle, en géographie, en astronomie, en histoire universelle, le faisant unanimement reconnaître, ainsi que quelques écrits politiques écrits à la hâte pour exprimer son ressentiment à l’instant T..- Une erreur, ou mille erreurs, évitables ou inévitables, de mille et mille historiens, écrivains, discoureurs, sur des chiliades de notes éparses ou entassées au travers des millions de fiévreux révolutionnaires ou de politiques en convalescence – Essai sur l’Histoire de la Bourbonnaise de Margon, près Nogent-le-Rotrou, ou plutôt de Nogent-le-Rotrou, ci-devant le républicain.Il meurt le 29 avril 1836 dans sa ville de naissance.

#17 juin – visite de Louis XV au château d’Anet pour y rencontrer sa tante la duchesse du Maine

# – 2 octobreNogent-le-Rotrou. Naissance de Jacques Guillier de Souancé, conseiller du roi et auditeur de la Chambre des comptes de Paris.. En 1808, dépuité d’Eure et Loir au corps législatif. Il meurt à Souancé-au-Perche le 16 février 1812.

16 décembre – naissance à Bessay, commune de Villeau, de François Pierre Huet, général de division sous la Révolution puis aux côtés de Bonaparte. Retiré dans sa ville de naissance, il y meurt le 21 novembre 1810.

1750

Châteauneuf en Thymerais. Naissance de Jean-François Loiseau qui embrassa tout d’abord le métier d’aubergiste. A la révolution, il vota la mort du roi, puis fut chargé d’assurer les subsistances dans Paris. Au terme de ce mandat, il fut nommé commissaire du pouvoir exécutif du département. Après la Révolution, il cesse ses activités après le 18 Brumaire, et mort à Paris en 1822.

Milieu XVIIIe siècle – naissance à Châteaudun de Jean-René Nesle ou Neslé. Ferronier d’art, il se spécialise sur les grilles de choeur d’église notamment à Ymonville (1762), en la chapelle de Châteaudun, dans l’ancienne abbaye bénédictine de Beaumont-les-Tours, transférée en 1806 dans les bâtiments de la Préfecture pour en fermer la cour sur ordre du préfet de Pommereul. D’où une querelle avec l’archevêque de Tours qui souhaitait cette grille pour fermer le chœur de la cathédrale.

5 février – Décès à Chartres de Firmin Gontier, originaire d’Amiens, docteur en théologie. Très connu pour son éloquence, il fit partie du Chapitre chartrain, qu’il quitte pour Vendôme (1724), revient à Chartres. Il est auteur de nombreuses oraisons.

20 MarsCourtalain. Décès du marquis Léon de Montmorency-Fosseux à l’âge respectable de 86 ans. Dans sa jeunesse il fut page en la chambre du roi, et plus tard, deviendra lieutenant général du pays chartrain.

# 29 mars – Nogent-le-Rotrou, naissance de Pierre-Pascal Vasseur, maréchal-des logis dans la gendarmerie, en fait la maréchaussée à l’époque. Il s’illustra une première fois avec l’arrestation d’une bande dans la forêt de Senonches. Ayant eu connaissance de ses capacités en matière d’investigation criminelle, le juge de paix Fougeron, appartenant au district d’Orgères, lui confère les moyens pour procéder à l’arrestation de bandits de grand chemin, ce qui deviendra la célèbre affaire de la bande d’Orgères. En moins de huit mois en 1798, grâce à sa perspicacité, et sa chance également, il va procéder à l’arrestation de la presque totalité de la bande. Ce succès lui vaudra d’être promu lieutenant puis capitaine, et sera décoré de la Légion d’honneur.

18 juin – Lettre de l’Intendant de la généralité d’Orléans pour recommander de faciliter le travail de Monsieur de Cassini, chargé de faire une carte générale de la France –.

27 octobre – naissance à Chartres (??) d’Alexandre Bénard ou Bernard dit Fleury qui pourrait être, en réalité, originaire de Lunéville (Vosges). Acteur, il a été considéré comme l’un des grands interprètes de Marivaux. 

L’année 1750 a été très abondante en bled et mars, les méchantes terres ont rapporté presque autant que les bonnes. Les bleds ne faisoient à la vérité que la mine du nombre, mais il y en avait en si grande quantité que l’année a valu presque deuxLes premiers mois de l’année, il y a eu ordre de la Cour pour prendre les mendians, en sorte que les brigades d’archers se promenoient par les campagnes et saisissoient les gueusans, les emmenoient dans les prisons pour les emmener dans les isles.

1751

1751/1752 – disette céréalière. Preuve que les années se suivent quand il s’agit de mauvaise récolte, et plus espacées lorsque les blés produisent abondamment, ce qui entre dans la logique céréalière. –

L’année 1751 a été remarquable par un vent et une foudre violente arrivée dans la nuit du 14 au 15 mars. La force la plus terrible fut environ les six heures du matin. Plusieurs moulins à vent furent renversés celuy de Tournoisy, celuy de Saulmery et plusieurs autres ; beaucoup de maisons, granges furent emportées, surtout des couvertures ; peu de cheminées restèrent entières et intactes. Cet ouragan fut universel, et on entendit parler de ses effets partout : une montagne proche de la ville de Tarbes en Gascongne fut renversée et combla sa vallée ; plusieurs personnes y périrent. Sur mer, plusieurs vaisseaux périrent aussy, avec une grande quantité de personnes, surtout dans les pays du Nord. L’ann’e fut presque sans gelée : il ne vint qu’une continuation d’eaux froides. Il ne gela presque trois ou quatre jours encore ce ne fut qu’au mois de mars, en sorte que ces trainées de pluyes froides empeschèrent les bleds d’vancer, ce qui les rendit petits et jaunes. Il y eut une très mauvaise récolte pour les bleds ; les bonnes terres ne produisirent pas davantage que les méchantes ; à l’arrest elles ne dépouilloient que 4 à 5 nombres au septier. Quand les laboureurs eurent semé, il ne leur restoit que peu de bled, point d’empaillemens : on fut fort embarassé des bestiaux, surtout des moutons et des brebis. Cette disette de bled étoit universelle ; dans tout le pais la récolte étoir presqu’égalle, surtout en France, ce qui causa bien de la misère. Presque tout le monde cherchoit sa vie ; beaucoup voloient, perçoient les maisons et demandoient du pain la nuit n’osant en demander au jour : le bled cependant n’étoit pas encoire à un prix excessifny le pain ; il ne valut que 14 à 15 francs le septier de Chateaudun, parceqi’il y avoit beaucoup de bled vieil de l’année précédente qui avoit été abondante ; d’ailleurs il arriva beaucoup de bled par batteau sur La Loire, qui venoit d’ Auvergne, qui étoit presque la seule province de France qui fut bonne en bled.. Ce qui faisoit tant de pauvres c’est qu’il n’y avoit point de travaux, point à battre, les plus laborieux étoient obligés de mandier, et peu de fermiers étoient en état de donner surtout en ce pais. On rematqua que, le carnaval suivant, jamais ne s’étoit fait autant de mariages, ce qui ne diminuat pas le nombre de mendians.

# Chartres.Un édit supprime le droit d’exercer un métier au sein de la cité beauceronne aux ouvriers-imagiers qualifiés d’hommes de peine ne sachant même pas écrire, les invitant à faire un autre métier plus qualifiant s’ils voulaient rester en ville.

23 janvier – Naissance à Châteauneuf-en-Thymerais de Jean-François Loiseau, aubergiste et maître de poste qui, favorable aux idées de la Révolution, monta à Paris. Porté comme juré au tribunal révolutionnaire, il ne montra aucune indulgence. Il vote la mort de Louis XVI sans appel (au peuple) ni sursis. Il s’éteint dans sa ville de naissance le 4 septembre 1809.

30 juillet – naissance à Chartres de François Doublet de Boisthibault, médecin, et devenu par la suite inspecteur général des hôpitaux de France .

9 octobre – naissance à Chartres d’Antoine-François Sergent plus connu sous le nom de Sergent-Marceau, beau-frère du général Marceau. Il est le sauveur de la cathédrale de la pioche face aux démolisseurs révolutionnaires.

1752

L’année 1752 a été des plus extraordinaires. Les mars furent faits par une sécheresse qui prit sans pluye jusqu’à la Saint Jean Baptiste, en sorte qu’il n’y avoit les premiers mars qui levèrent ; tous les autres qui étoient en bleu plus grande quantité n’étoient point levés qu’à la Saint Pierre, temps ou on désespéroit d’avoir de mars pour cette année. Il y avoit même dans les premiers quantité de chardons, qui auroient sans doute étouffé tous ces mars sans un coup du Ciel. Il tomba comme une nuée de papillons rouges qui engendrèrent une si grande quantité de chenilles noires que ces chenilles se répandirent sur toute la terre, mangèrent tous les plantes de chardons, ne laisant que des croutons secs, après quoy, ces chenilles couvrirent toute la surface de la terre, remplissoient les chemins de manière qu’on ne pouvoit en mettre les pieds sans marcher dessus. Ensuite il survint une abondance de pluyes qui fit mourir toutes ces chenilles, lever les mars : à la vérité que ces mars ne levèrent que les uns après les autres,et par conséquent, dans une pièce de terre, un coin, une rive, un autre endroit était meur, l’autre verd ; il falloit faucher les champs à plusieurs reprises, et assez tard, ce qui fit traisner la récolte jusqu’à la Saint Rémy. Les avoines vinrent hautes et échaudées, ne rendoient pas au minot. La récolte de bled fut médiocreet rendoit bien : les bleds ensuite ne levèrent qu’à Noel ; quantité de mottes que l’on cassoit à la journée.

# Joseph Marie Vien, Premier peintre du roi Louis XV, apporte son concours avec la mise en oeuvre du retable de l’église de Couvé, en l’ornant de peintures s’inspirant d’un néo-classissime primitif, une initiative considérée comme l’une des toutes premières en France.

16 janvier  – naissance à Chartres de Nicolas François Guillard, poète dramatique et lyrique. Remarqué dans les salons littéraires parisiens, Voltaire le surnomma  »Son cher ami Greluchon  ». et ami proche de Collin d’Harleville, de Brissot de Warville également. Ses tragédies, comédies sont fort nombreuses.

6 avril – Naissance à Chartres de Paul Auguste Olivier Mahon dit Houssaye. Médecin. Il collabore à l’Encyclopédie et publie de nombreux ouvrages :- Histoire de la médecine clinique depuis son origine jusqu’à nos jours. ( 1 vol) – Médecine légale et police médicale ( ouvrage posthume – 3 vol). A Paris, membre de la société de médecine, et médecin chef de l’hôpital des vénériens. Polyglotte, il a traduit les Observations de Black sur la petite vérole.

# 7 août – Naissance à Chartres de Louis René Marceau dit Houdouanne qui connut une vie assez tumultueuse. Tour à tour clerc de procureur, soldat, moine franciscain, on le retrouve installé comme un bourgeois aisé à Beaumon-les-Autels. Ce n’était qu’apparence car son train de vie démesuré, lui vaut plein de créances non honorées. De fait, ruiné sans avoir été riche, il est emprisonné pour dettes à Béllême (Orne) et meurt dans sa cellule le 10 mars 1787.

1753

– naissance à Chartres de Pierre Nicolas Tabourier, curé et historien (décès en 1806)

# Naissance à Auneau de Jean-Baptiste Dossonville. Espion pour le compte de Louis XVI, on le retrouve par la suite inspecteur général de la police Agitateur, condamné au bagne (1797)il en revient pour devenir espion pour le compte de Bonaparte, puis commissaire de police sous Louis XVIII. Personnage très ambigu.

Chartres – naissance de Michel Chasles. Pas très en odeur de sainteté dans le milieu chartrain pour avoir attaqué Rousseau et Voltaire, il s’exile à Tours. A la Révolution, il revient, et fonde avec son frère, curé à Chartres, le journal le Correspondant d’Eure et Loir, avec des idées monarchiques. Par la suite, changeant quelque peu de  » casquette  » il devient maire de Nogent-le-Rotrou, tout en démontrant son admiration pour Robespierre. Au procès de Louis XVI, il vote la mort de Capet. Investi par la Convention pour organiser la levée en masse en Eure et Loir, il échoue partiellement. Malgré son engagement dans les rangs des Montagnards, il passe le 9-Thermidor sans encombre. Amnistié, une pension militaire confortable lui est allouée, en raison de sa position de commissaire des Armées du Nord, et blessé.-

25 février – Naissance à Chartres de Nicolas Bourgeois, fils de chirurgien, médecin à Châteaudun, et député d’Eure et Loir à la Convention nationale. Il feignit d’être malade pour ne point participer au vote sur le jugement du roi Louis XVI, bien qu’il l’eut déclaré coupable au préalable. En 1795, il demanda la libération de toutes les personnes qui étaient détenues pour délits révolutionnaires, et défendit les membres du comité de salut public, reprochant trop de passion à leur encontre pour les poursuivre dans leurs méfaits Il jura durant sa vie une haine envers la royauté. En mars 1797, il se retira du Conseil des anciens, et se retira à Châteaudun n’exerçant plus aucune fonction publique, et meurt à Brou le 14 octobre 1803.

9 Juin – Naissance à Chartres de Michel Chasles, conventionnel, dont on dit qu’il fût un révolutionnaire très adroit. Fils d’un menuisier, il embrassa la vie ecclésiastique, et au début de la Convention, il collabora au journal l’Ami du Roi, à partir de 1790, fondé par un abbé. Il prêta serment à la Constitution civile du clergé, puis élu député d’Eure et Loir à la Convention, siégeant sur les bancs de la Montagne, se montrant un adversaire farouche des Girondins,. Lors du procès du roi, il vota la mort. En septembre 1793, envoyé comme observateur de l’Armée du Nord, il est blessé à la bataille d’Hondschoote (Dunkerque). profitant de sa présence dans le département, il s’allie avec les révolutionnaires les plus acharnés, et sera suspecté d’excès. Comme par miracle, il se sort d’une situation fâcheuse, échappant à toute arrestation, si bien qu’il retrouve la mouvance après le Directoire. Il se positionne comme adversaire de Tallien et de Sieyès. Il est alors décrété d’arrestation le 1 avril 1795, enfermé au fort de Ham, et libéré par la loi d’amnistie. Cerise sur le gâteau, il se voit gratifié d’une pension de général de brigade qu’il n’a pu être, compte tenu de ses blessures. Dès lors il crut bon se retirer. Il meurt à Paris le 22 juin 1826.

lundy 20 juin – entre cinq et six heures du soir, il fit un orage violent. Le tonnerre tomba sur le clocher de Saint Avit-les-Guespières qui étoit la plus belle flèche, et la dépouilla totallement. Le couvreur travailloit pour lors à réparer l’ardoise dont il étoit couvert ; il y avoit peut être demie heure qu’il en étoit descendu. Le feu étoit sur le plat de forme de la tour ; on envoya chercher les seaux et les crochets à Illiers. Pendant ce tems, les habitants vinrent à bout de l’éteindre : plusieurs personnes montèrent juqu’au coq pour voir si il n’y avait point encore de feu ; elles ne virent plus rien. Un quart d’heure après cet accident, un second coup de tonnerre aussi violent que le premier se fit entendre : on apperçut pour lors de la fumée qui sortoit du bout de la flèche ; le feu parut ensuite. Je conseillai d’abattre dix ou quinze pieds du clocher, afin de sauver le reste et les cloches et de couper chemin au feu ; on ne voulut pas me croire ; le feu augmenta, gaigna peu à peu le gros de la flèche, mais ils s’y prirent trop tard ; le feu et le plomp fondu tomboit sur eux ; Ils se firent peur, descendirent promptement et abandonnèrent le tout aux flammes, qui fondirent les deux cloches, réduisirent tout le clocher en cendre dans l’espace de douse heures. Le feu avoit déjà gagné les lambris de l’église et se communiquoit dans plusieurs endroits ; on enfonça les croisées afin de pouvoir y entrer ; on y porta de l’eau, et à force de secours on fut assez heureux pour l’éteindre, de sorte qu’on sauva, contre toute espérance, l’église et le presbytère des flammes.

15 juin 1753/ 21 novembre 1754 – réfection du clocher vieux de la cathédrale

7 décembre – naissance à Châteaudun de Jean-Michel de Laforge, qui fut avocat au bailliage de Blois, et député du Tiers-Etat aux Etats-Généraux. Malgré son talent d’orateur, il se montra très discret, n’intervenant jamais à la tribune.Le 14 juin 1801 il devient conseiller général d’Eure et Loir. Il s’éteint dans sa ville de naissance le 6 avril 1830. Son ils sera juge de paix à Bonneval.

# Quarante huit piles de l’aqueduc de Maintenon sont en partie détruites, et vont servir à agrandir le château de Crécy.

1754

– naissance à Chartres de Marie Marceau, soeur du général, qui prendra le prénom d’Emira (anagramme).Elle se marie en 1796 avec Antoine-François Sergent, dit Sergent-Marceau, dessinateur et graveur. De leur rencontre naquit une passion qualifiée de platonique. La rumeur affirmait qu’ Emira ne pouvait satisfaire son mari en raison d’une malformation physiologique. Antoine-François aurait confirmé la véracité de ces propos. Eu égard au respect qu’il avait pour son beau-frère, il accole à son nom, celui de son épouse. Lors de l’attentat de du 24 décembre 1800 rue Saint-Nicaise à Paris contre Napoléon-Bonaparte, le couple fut soupçonné de complicité, et dut partir en Suisse, ne revenant que beaucoup plus tard en France pour s’installer à Nice. Auparavant en 1797, Emira avait été rendue destinataire d’une partie des cendres de son frère. Elle fut enterrée aux côtés de celles-ci. En 1889 un député chartrain obtint d’extraire les cendres du général pour les faire transférer au Panthéon.

 – naissance à Bonneval d’Anne-Claude de Tarragon, officier royaliste qui partit combattre avec son frère Jean-Rémy, aux côtés de Lafayette durant la guerre d’indépendance aux Etats-Unis. Lors de la Révolution, suspecté d’avoir comploté avec des proches du roi, il sera guillotiné à Paris en 1793.-

# Naissance à Chartres de Jacques Pierre Brissot de Warville, grand adversaire de Robespierre, une rivalité qui se termina par l’exécution du chef des Brissotins au sein des Girondins en octobre 1793. Anglophile et journaliste, son principal handicap, son manque d’envergure pour se comporter en véritable tribun pour s’opposer aux Montagnards. A l’origine du journal Le Patriote Français, a été considéré comme le meilleur journal de la Révolution, à l’origine du journalisme moderne avec l’aide précieuse de celui qui fut son rédacteur-en-chef, en la personne de Girey-Dupré.. Américanophile, il visita la Nouvelle Amérique. Hélas pour lui, il ne sut pas négocier sa propre vision de l’avenir du pouvoir royal. Il pensait à une monarchie constitutionnelle. Ses opposants ne lui laissèrent guère le temps. Il fût arrêté avec ses complices, jugé et exécuté (voir plus loin). –

20 mai – Saint-Lubin de la Haye – naissance de Louis Pelletier. Engagé dans l’armée en 1771, il gravit tous les échelons pour arriver au grade de général de brigade. Couvert de gloire, il a été considéré comme un fin stratège sachant se sortir habilement de situations difficiles Décès à Montpellier en 1843. membre de la Légion d’Honneur. Il finira sa carrière comme commandant militaire de département Gard et Hérault.

9 août – Anet – Naissance de Pierre-Charles L’Enfant, ingénieur militaire. Parti avec Lafayette aux Etats-Unis, il y resta définitivement, s’installant comme architecte. Il conçoit moult projets notamment au sein de la ville de New-York, et dressa les plans de la ville de Washington.. Hélas pour lui, son caractère irascible va lui causer de nombreux problèmes. Il perd alors la confiance que lui témoignaient ses commanditaires. Une telle attitude négative vis-à-vis de ces travaux le rend fou de rage. Comble de malchance, le Congrès ne le rémunère pascomme il l’espère. Il tente par tous les moyens d’obtenir gain de cause, en vain. En compensation, un poste de professeur en université lui est proposé, il le refuse, et meurt dans la pauvreté en 1825. C’est sa disparition qui le fait reconnaître au niveau de son génie de constructeur puisque finalement on admet un réel talent. Sa dépouille sera transférée au cimetière d’Arlington (1909), première homme ni militaire ni politique à y faire son entrée.

– 14 août – Châteaudun – sur les 5 heures du matin , on s’apperceut que notre église avoit été volée .Le tronc du côté de l’Epitre se trouva ouvert et les ferrures de dessus cassée , les riveures des clous cassez de même , la fenêtre ( l’armoire )du banc d’œuvre ouverte de même , la serrure forcée , ôtée et redressée dans ladite armoire .Tout l’argent qui s’est trouvé dans ces deux endroits a été enlevé , à l’exception de 5 livres qu’on a laissées dans le tronc cy dessus .La perte va , selon les apparences , à 7 ou 8 livres , sans y comprendre le raccommodage des choses cassées et forcées .

1755

# – Naissance à Germignonville de Simon Lavo, chirurgien major au sein de l’expédition Lapérouse.

# Naissance à Dreux d’Amédée Hureau de Senarmont, frère du général, maire de Broué et président du Conseil Général. Mort en 1852.

Chartres. Venue au monde de Pierre-Nicolas Doublet qui fut avocat au bailliage de Chartres, puis à la Révolution, accusateur public près le tribunal criminel de Blois. Après la Terreur, il se réinstalla Chartres, et devient avoué et juge suppléant près la cour criminelle d’Eure et Loir, puis procureur impérial de cette même cour.Il meurt dans sa ville natale le 16 mai 1831.

30 mai – naissance à Mévoisins (Maintenon) de Jean-François Collin d’Harleville, auteur dramatique, auteur, entre autres, de l’Inconstant, de Châteaux en Espagne, de poésies fugitives. Un succès mitigé pour certaines de ses œuvres pourtant nombreuses mais de qualité inégale, du moins dans un premier temps. Perclus de dettes, l’aide familiale, notamment une parente, va lui permettre de vivre décemment après la vente de ses propres biens. Il sera son locataire. Une rencontre avec Madame Campan, proche de la reine Marie-Antoinette, l’aide enfin à accéder à la reconnaissance de son oeuvre. Il meurt à Paris le 24 février 1806.

1756

# – naissance à Chartres de Chauveau-Lagarde, avocat. Il se rendit célèbre en défendant des causes perdues d’avance comme celle Charlotte Corday, de Marie-Antoinette. Il clamait  » Rien ne saurait égaler l’apparente gravité de l’accusation, si ce n’est peut-être la ridicule nullité des preuves.  » Sitôt la sentence de mort prononcée envers la Reine, il fut immédiatement arrêté à la fin de l’audience , le président Herman le soupçonnant de détenir des secrets confiés par Marie-Antoinette  lors de son procès. Placé en prison, il est relâché faute d’éléments, surtout qu’être avocat n’est pas une sinécure. Aucune reconnaissance envers les défenseurs qui sont contraints de se taire. Retiré à Chartres , il est arrêté à nouveau en 1794 et rendu à la liberté après le 9-Thermidor. Chauveau-Lagarde reprendra son métier d’avocat à Paris. La chute de Robespierre le sauva du couperet fatal. Royaliste, il le restera. –

# Cette même année, venue au monde à Chartres de Jérôme Pétion de Villeneuve. D’abord député au baillage de Chartres, il se fait connaître par son talent d’orateur. Il fut proche de Brissot de Warville, malgré quelques divergences. Pétion devient maire de Paris pour une petite année, suspendu en juillet 1792. Député à la Convention, il soutint l’action des Girondins que Robespierre avait combattu. Partisan d’une monarchie constitutionnelle, il ne put arriver à ses fins. Il subit le sort de ces derniers, décrété d’arrestation, il s’enfuit rejoignant Bordeaux, ayant été déclaré traître à la Patrie, et finit par se suicider à Saint-Emilion le 18 juin 1793 –

18 juin – Après le coucher de soleil, une violente averse de grêle s’abat aux abords de la Beauce, dans le Thymerais saccageant de nombreux bâtiments, de même les récoltes à venir, provoquant un grand désordre. –

19 Juin – Marie-Prudence Plisson compose une chanson sur l’air de Lisette est faite pour Colin pour la venue Louis de France, considéré alors comme dauphin et sa mère, Marie Leszcynska en la ville de Chartres.

Muse, puisque de nouveaux Dieux,

Viennent sur ce rivage

Cherche des sons mélodieux

Pour offrir ton hommage ;

Ou plutôt, grand Dieu de Déslos,

Prends toi-même ta lyre

Pour chanter de jeunes Héros,

12 juillet- Naissance à Chartres de Jean-Baptiste Connard, ancien concierge de la société populaire chartraine,aborda bien des métiers, notamment celui d’éditeur de gazettes de son département. Une anecdote le concernant mérite d’être citée. Mariée à une jolie femme, ses désirs intimes incessants le poussent à vouloir la rejoindre toujours et encore dans n’importe quelle pièce de leur logis. Un jour de 1812, il voulut forcer la porte de la chambre de son épouse entrain de s’habiller, et essaya de la distinguer à travers une vitre de la porte. Celle-ci, fort coléreuse, et pour punir son mari de sa curiosité, lui envoya de rage une paire de ciseaux qui brisa la vitre, pour se planter dans l’oeil gauche dont il perdit la vue.Si cette agression pesa sur les relations du couple, néanmoins l’oreiller les fit se réconcilier pour procréer de nouveaux enfants. Jean-Baptiste reprend son métier de libraire ce qui lui occasionne une seconde mésaventure. Le sachant, orgueilleux et vaniteux, certains Chartrains eurent l’idée de lui dresser son portrait qui eut l’heur de l’humilier alors qu’il croyait pouvoir tirer un bénéfice en le vendant. Une silhouette vêtue d’accessoires et attributs révolutionnaires devenant la risée de la population chartraine, un ridicule qui l’acheva pour de bon. Ce dernier demanda au libraire Garnier-Allabre d’occulter par deux bandes noires le côté affligeant de son personnage, si bien que ce tirage connut un succès dépassant ses espérances. Au bout du compte, l’image devint très rare du fait d’une édition limitée. Affaibli tant par la maladie que par une certaine pauvreté, il mourut misérablement à l’hôpital de Lèves en 1832.

1757

– Année à la fois malheureuse et heureuse : malheureuse par les brigandages et meutres qui s’y sont excercés, surtout pendant les mois d’ avril et may. Des fripons s’attroupoient, perçoient les maisons de nuit, surtout chez les personnes qui avoient la réputation pécunieuse, faisoient griller les personnes à petit feu pour leur faire déclarer leur argent : ils en vouloient plus aux curés qu’aux autres. Monsieur le curé de Chapelle Guillaume au Perche fut roti auprès d’un grand feu et réduit en tel état qu’il mourut deux jours après. Plusieurs particuliers en différentes paroisses, essuyèrent le mesme sort, comme aux villages des Raffaux, de La Chevardière, en la paroisse encore d’ Ozoir le Marché, un marchand et sa femme furent traités de mesme. Dans cette paroisse mesme de Villampuy, on avertissoit par ls villages que plusieurs bandits étoient logés en mesme nuit, sçavoir 4 à Pareau, 5 à Beauverger, autant à Lislebou : ce qui faisoit qu’on passoit la nuict sous les armes. Ses mesmes brigands restèrent quelques jours et nuits dans les bois de Villevesque. On veillot de mesme dans les paroissesde Tournoizy, La Chapelle Onzerain, Vileneuve sur Conie, etc…On prétendoit que ces brigandages étoient excercés par des déserteurs d’un régiment qui avoit été fprmé par un appelé Fichers de tous les scélérats qu’il avoit pu ramasser.  Ils étoient, disoit-on, engarnison de Tours et désertoent les uns après les autres et pilloient les campagnes. Quoique les brigades de maréchaussée se mirent en campagne, elles voient peine à les saisir : cela fut jusqu’aux oreilles de la Cour. A la fin pourtant cela se disippa, mais on avoit peine à se rassurer. Cette année fut aussy heureuse en ce que la récolte fut abbondante, en sorte que les bleds rendoient beaucoup à la gerbe et au minot, et le bled se vendoit assz bien, c’est à dire 9 livres ou environ le septier de Chateaudun, ce qui remit un peu l’abbondance. Les mars ne rendoient pas si bien au minot, ce qui faisoit que l’avoine rouloit sur le pied de 5 livres le septier de Chateaudun. – Les vitraux du haut choeur de la cathédrale de Chartres étant considérés comme occultants la lumière à l’intérieur de l’édifice, on fait sauter les bordures pour apporter plus de lumière dans le choeur. – Louis de Bourbon, duc de Penthièvre achète Crécy à Madame de Pompadour, château qu’il va conserver dix-huit ans. Il était également propriétaire de la Ferté-Vidame et Anet.

# Naissance à Chartres de Jean-Baptiste Maury qui participa au sein de la marine à plusieurs expéditions. Il eut cette particularité de déposer une pétition réclamant sa part de prise soit 600 livres (à peu près 7000 euros) à l’occasion de l’arraisonnement de douze navires marchands anglais. Aurait-il connu une réponse favorable. Nul ne le sait. Il fut mis en congé militaire en 1783.

Chartres. Stanislas Boutrouë voit le jour. député de la Sarthe à la Convention, il siégea dans le parti de la Montagne. Dans le procès du roi, il vota contre l’appel au peuple, pour la peine de mort et contre le sursis. il meurt à La Ferté-Vidame-Bernard le 28 février 1816.

1758

# – Né à ChartresJacques Girouard, en pleine Révolution, est alors imprimeur de la Gazette de Paris, organe des royalistes. Suspecté de faire circuler des documents traduisant sans aucune ambiguïté son opposition aux idées de l’époque, il sait qu’il risque sa tête.Une dame Feuchère, travaillant pour son compte est alors traduite le 8 janvier 1794 devant devant le Tribunal révolutionnaire, comme étant la personne chargée au sein de cette gazette de recevoir les abonnements. Girouard appelé à l’audience, est arrêté sur le champ, et mis en jugement sur l’acte d’accusation conjointement avec d’autres personnes supposées ses complices. A l’évidence, ses accusateurs connaissaient à l’avance ce dont ils allaient l’accuser, puisqu’il lui était reproché d’avoir imprimé des ouvrages contre-révolutionnaires, et des ouvrages d’aristocratie manifeste. Il s’en défendit en pure perte, reconnaissant tout de même d’avoir imprimé un livre de Sade : Justine ou les malheurs de la vertu, et travaillant sur l’impression d’Aline et Valcour ou le Roman philosophique du même auteur. On alla durant l’audience saisir de nombreux ouvrages sans grande conséquence sur la ligne révolutionnaire, mais ses juges n’en furent pas moins des accusateurs vilipendant un accusé bien au dessus des contingences des idées de l’époque. On lui reproche également d’avoir contribué à un portrait du roi Louis XVI, imprimé par ses soins toujours pour le compte de Durosoi, journaliste et homme de lettres, exécuté deux ans auparavant, comportant cette inscription : Ô Louis, Ô mon roi.  » Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage  ». Il fut condamné à mort sans pouvoir se défendre, et formuler un recours puisque cet appel était interdit. Il est exécuté le 8 janvier 1794 –

# Né à ChartresMichel-Louis Brulard, fut un prêtre et carme déchaussé, prieur de l’église Saint-Eman de sa ville. Ayant refusé de prêter serment, il est conduit au bagne de Rochefort, puis à l’île d’Aix qu’il ne rejoindra pas, étant mort en mer le 25 juillet 1794.

# Naissance à Châteaudun de Gabriel-Nicolas Boisguyon, adjudant-général, qui fut guillotiné fin 1793 à Paris en raison de son appartenance à la Société des Jacobins.

26 mai – Chartres – Un gigantesque incendie se déclare aux alentours de 8 heures du soir rue du Grand Faubourg dans une maison située à Nicochet. Près de 60 maisons seront ainsi détruites. Un chant  » Le chant des incendiés  » fut composé à cette occasion ainsi que  » Couplets des Pélerines à Monseigneur  ». L’évêque de l’époque Pierre de Rosset de Fleury intervint pour que des aumônes soient distribuées aux sinistrés. En remerciement, le 27 août de la même année, Philippe, le célèbre pâtissier près des Cordeliers, fut chargé de réaliser une pâtisserie composée de sucreries représentant avant et après la partie incendiée, ce qui produisit le plus grand effet, étant donné la précision de cette oeuvre. Elle représentait les pompes, les seaux, l’évêque et les hommes chargés de combattre l’incendie, alors que l’autre partie montre les gens du bâtiment entrain de reconstruire les maisons détruites.–

# Fondation à Chartres de la manufacture royale des bonnets de Tunis qui apprête et teint les bonnets d’un très grand nombre de femmes dans le pays chartrain.

1759

#  – mise en chantier de la route de Châteaudun à Chartres.

1760

# Aux alentours de cette date, apparition de la Franc-Maçonnerie au travers de loges dans les villes de ChartresDreux et Châteaudun.

1# – Chartres – agrandissement de l’évêché datant du XIIe siècle par Monseigneur de Fleury –

10 février – naissance à Auneau de Louis Gastineau ou Gatineau capitaine, avec plusieurs campagnes à son actif lors de la Révolution. Présent à Austerlitz , il est gravement blessé à la tête par un coup de lance. Mis en congé de l’armée deux mois après. Il meurt en septembre 1840 à Dôle (Jura). –

Entre le 27 et 28 février – Saint-Cloud-en-Dunois – le tonnerre tombe à minuit sur le clocher de 60 pieds de flèche provoquant un incendie important. Les cloches sont tombées par morceaux. De nombreux bâtiments endommagés également. –

20 avril – Naissance à Chartres de Jean-Alexandre Léger-Boutroue. Engagé comme simple soldat dans les armées de la Révolution, on le retrouve comme lieutenant aux côtés de Napoléon et affecté au 33ème régiment d’infanterie. Après de nombreuses campagnes,le voilà en Italie. Il est alors colonel. Bien que deux versions s’opposent à propos de son décès, il semblerait qu’il ait perdu une jambe le jour de la bataille de Coldiers dite de Vérone (18 octobre), et meurt des suites de sa blessure le 5 décembre 1805.

2 août – arrestation à Chartres de l’imprimeur Michel Hammerville, accusé d’avoir imprimé le livre licencieux  » La Pucelle » dont l’auteur est supposé être Voltaire. A l’origine, le lieutenant de police de Paris qui a délégué des officiers pour saisir ce commerçant, et conduit à la Maison du Petit-Châtelet à Paris, il sera relâché en septembre.

1761

#  – Dénombrement des habitants de la paroisse de Vitray en Beauce  : garçons de 10 ans et au dessous, 19 à Vitray et 10 à Beauvoir ; depuis 10 ans jusqu’au mariage, 26 à Vitray et 11 à Beauvoir ; hommes mariés, 27 à Vitray et 15 à Beauvoir ; hommes veufs 7 à Vitray et 1 à Beauvoir ; filles de 10 ans et au dessous, 26 à Vitray et 12 à Beauvoir ; depuis 10 ans jusqu’au mariage 28 à Vitray et 11 à Beauvoir ; femmes mariées 28 à Vitray et 15 à Beauvoir ; femmes veuves 9 à Vitray et 3 à Beauvoir : total :240 habitants –

# 8 mai – Naissance à Ivry-la-Bataille (Eure) de Jacques Fremanger , huissier à Senonches, et élu procureur syndic du district de Dreux, en sa qualité de lien avec l’exécutif. Il devient député d’Eure et Loir à la Convention en août 1792. Il vota au procès de Louis XVI, la mort pour le roi. Il meurt à Versailles en 1806.

5 juin.Naissance à Maintenon d’Etienne-Chérubin Leconte qui fut l’un des architectes les plus importants du Second Empire, d’abord à la Révolution au cours de laquelle il est inspecteur principal des travaux. Par la suite, aussi bien la construction que la réhabilitation de châteaux et hôtels de prestige. Il fut architecte-en-chef du palais des Tuileries en 1799/1800. Il a une conception nouvelle de l’aménagement où la créativité impulse une nouvelle façon d’adapter certains endroits à la modernité d’un siècle en pleine évolution, avec en point de mire la décoration qu’il considère comme un tout. Certes ses rapports avec Bonaparte puis Napoléon ne furent pas toujours du  » miel des Vosges  ». . Qu’importe, il a un talent reconnu qui va lui permettre de travailler en Italie notamment pour le compte de Murat, avec de nombreuses améliorations de résidences. Il s’éteint à Paris le 24 décembre 1818.

1 juillet – Chartres – naissance du marquis César de Courtavel, page de Marie-Antoinette, et émigré. A son retour en France, élevé au rang de colonel par Louis XVIII, commandant des gardes nationales à Châteaudun. Député d’Eure et Loir (1816) .Il était un ardent défenseur des intérêts de Ella religion, des droits de la couronne et des libertés légales du pays. Décès en 1849.

1762

#  – naissance à Vieuvicq de François Gabriel Forestier, agronome, garde général des forêts, rédacteur du code des Eaux et Forêts, et d’ouvrages de vulgarisation sur le forêt. Il meurt à Chartres en 1832 où il s’était retiré.

Dreux. Création de la première loge maçonnique en Eure et Loir sous le nom de Saint-Augustin affiliée Grande Loge de France.

# 7 février – Décès vraisemblement à Maillebois de Jean-Baptiste Des Marest, maréchal de France, et pacificateur de la Corse.

# Dimanche 23 mars – Il fit un orage violent et une pluye si forte et si longue que , de mémoire d’homme , dans Châteaudun , il ne s’en étoit vu une telle .Cette pluye dura aussi violente depuis quatre heures du soir jusqu’à sept heures , sans compter son commencement et sa fin qui furent modérez .L’orage ne fit pas grand mal dans la ville ; mais la pluye renversa le mur qui servoit de clôture du jardin des Scholars du côté des jardins des fossez de la ville et un cabinet qui y étoit élevé –

23 mai – La grêle tombe sur Bazoches-en-Dunois – et ravage toute la paroisse : il y eut 1,250 livres de diminution sur les tailles.

Juillet – Un médecin jugeur d’urines exerçait à Bonneval au mois de juillet 1762. Voici comment l’abbé de la paroisse de l’époque nous le décrit. Vient s’établir dans ma paroisse un homme qui de tisserand était devenu médecin consultant les urines; Je ne sait pas si sa science était aussi réelle que sa réputation. Tout ce que je puis dire, c’est qu’on venait chez lui en foule de tous les côtés et de sa prétendue science à juger les urines il se faisait un gros revenu quoique cette science dont certains se flattent est très incertaine. Il rencontrait parfois la vérité, je m’en vais vous en citer deux exemples. Ce charlatan étant devenu veuf dans ma paroisse voulut épouser sa domestique qui avait une conduite suspecte. Lorsqu’il me parla de ce mariage, je fis tous mes efforts pour l’en détourner. Il me dit naïvement qu’il savait bien tout ce que je lui disait et qu’il était obligé de l’épouser quoiqu’il sût bien par le moyen de ses urines qu’il avait jugées le matin qu’il n’avait pas un mois à vivre. Il mourut vingt jours après m’avoir fait cet aveu. Un laboureur de la paroisse de Saint-Martin du Péan qui s’était ruiné le tempérament à boire, se trouvant fort près de mal, envoya de ses urines à ce savant docteur. A leur inspection seulement, il s’écria « le pauvre B. a fait comme moi, il a trop bu, il n’y a plus de remède pour lui et nous nous suivrons de près au tombeau! » La chose arriva comme il l’avait annoncée. En rapportant ces deux faits, je ne veux pas – dit en l’occurrence l’homme d’église – pour cela préconiser son art auquel les gens sensés ne se fient pas et auquel personne ne devrait mettre sa confiance.-

15 juillet – naissance à Châteaudun d’Henri Denis Macé, capitaine au sein de l’armée napoléonienne.Il accomplit les campagnes du Nord, du Haut-Rhin, de Hollande, d’Italie, d’Autriche, de Prusse, de Pologne, d’Espagne et du Portugal Par la suite, il participe au sein de la Grande Armée à la campagne de Russie, combat à la bataille de Mojaïsk où il est blessé. Il servit 32 ans dans le même régiment, décoré de la Légion d’honneur par l’Empereur. Il s’éteint à Orléans en 1834.

26 octobre – naissance à Chartres de Charles-Claude Hérisson, biographe et bibliographe, sauveur de nombreux documents que les révolutionnaires allaient détruire. Il décède dans sa ville natale le 27 juillet 1840 –

Novembre. – Dès la Saint-Martin, un rude hiver s’abat sur la Beauce et alentours, et ce pendant quatre mois mal vécu par la population.

1763

# – Destruction du jubé de la cathédrale qui, selon les textes de l’époque, tombait en ruines,ainsi que  huit statues d’apôtres adossées aux colonnes de la nef. Par sécurité, le choeur fut alors fermé de grilles.

7 janvier – Naissance à Chartres de Claude Julien Maras, fils d’un marchand faïencier. Suppléant à la Convention au titre du département d’Eure et Loir, le 12 janvier 1794, il est appelé à prendre le siège de Brissot de Warville. Il finira sa vie dans le corps législatif jusqu’en 1803, se retire dans sa ville de naissance où il meurt le 1 mars 1831.

# Dans la nuit du 19 février , la communauté de Vernouillet est sens dessus dessous par un vol d’importance qui s’est déroulé en l’ église St-Sulpice de Vernouillet. Les voleurs ont crevé le toist de la sacristie et son plafond et sont entrés dedans ; ils ont voulu forcer la serrure de la porte de laditte sacristie, et comme ils n’ont pu le faire, ils sont sortis par les mêmes trous qu’ils avoient fait, emportant avec eux toutes les ceintures et les aubes des clers, avec lesquelles ils ont fait une espèce d’échelle qu’ils ont attachée à une barre de fer de la fenestre de la chapelle de la Vierge du côté de l’autel ; ils ont ensuite enfoncé un panneau de laditte vitre et sont descendus dans laditte chapelle, et de là, sans toucher à rien, il paroît qu’ils ont été au banc-d’œuvre des marguillers ; ils en ont renversé le dessus et ont pris l’argent qu’il y avoit dans le tiroir dudit banc-d’œuvre. Il pouvoit y avoir, en liards et pièces de deux sols, environ 19 livres. Ils ont cassé le haut de la croix dudit banc-d’œuvre et forcé un des chandeliers : après quoy, ils ont levé la serrure de la grande parte, par où ils sont sortis. »

#28 juin – Civry – le tonnerre est tombé à la Sigogne sur les dix heures du matin ; l’incendie a duré jusqu’à huit heures du soir, et a consumé tous les batiments, à la réserve des granges. – Pendant les mois de juin et de juillet jusqu’au 7 aoust , les pluies ont été continuelles et journalières. A Chartres, on a exposé la châsse de Saint Piat, et à Dreux celle de sainte Eve. De mémoire d’hommes on n’a point vu d’année où les orages et la gresle ayent tant causé de dommages qu’en cette année. » La moisson de 1763 a été abondante en toutes sortes de grains : les foins et les premiers grains ont été engrangez humidement. La canicule n’a commencé à se faire sentir que le 16 aoust, et la chaleur est devenue excessive.  L’ouverture de la vendange s’est faite le mardi 4 octobre 1763. Les 8 premiers jours ont été pluvieux. L’arpent de vigne a produit communément 8 poinçons. A la saint Martin, le vin nouveau , quoique sans qualité, a été vendu 20 écus la queue, et le vieux 40 écus ; le pain blanc 11 sols et 6 deniers ; le plus beau blé nouveau 14 livres 10 sols, et l’avoine 22 sols. » –

5 juillet – Naissance à Châteaudun de Valère Clément, baron d’Empire et maréchal-de-camp, qui accomplit de nombreuses campagnes napoléoniennes jusqu’en 1807. Mis à la retraite en raison de nombreuses blessures. Retiré à Montargis, il y meurt en 1839. –

19 septembre – naissance à Chartres de Jérôme Guillard dit Guillard-Maisons. Beau-frère de Marceau, il avait épousé Joséphine, sœur de ce dernier. Il occupa des postes dans l’administration municipale, puis nommé accusateur public au Tribunal criminel, ensuite député des Cinq-Cents. A la mort du général, il connut un grave différend avec Emira la sœur de ce dernier, plaidant l’un contre l’autre. Il finit sa carrière comme procureur impérial. Décès à Chartres en 1808. –

21 juin  Jean-Joseph de Laborde (1724/1794), négociant et banquier, devient propriétaire du château de la Ferté-Vidame, qui appartenait aux Saint-Simon et le revendra vingt ans plus tard. Il va engloutir 14 millions de livres pour le rénover et l’agrandir le portant à 167 pièces –

5 juillet – survient brusquement des bois de Moléans un loup enragé qui, pendant plusieurs jours mordit dix à douze personnes qui peu de temps après enragèrent. Malgré les remèdes qu’elles firent il n’y eu que deux qui guérirent. –

30 juillet – Dreux – : « à 11 heures ¾, il est tombé tout à coup une prodigieuse quantité de grêle dont les grains étaient gros comme des noix et qui a ravagé totalement les grains et les vignes, cassé et brisé les vitres dans la ville, et les arbres… ». Et le même document ajoute : « les vignerons sont d’autant plus à plaindre qu’avant cette grêle ils avaient l’espérance de faire une assez belle récolte de petites fèves qui, après les vignes, sont leur plus grande richesse et qu’ils s’en voient encore dépouillés… quant au blé, nous croyons qu’ils sont aux trois quart et demie perdus…les épis sont encore droits et qui nous paraissaient avoir été conservés, ne le sont qu’en apparence; ils sont entièrement vidés et égrenés, ayant été battus de la grêle et du vent beaucoup mieux qu’ils ne l’auraient été dans la grange… » – Le même jour, à 6 heures du soir, il a encore paru un orage meslé d’affreux coups de tonnerre et d’éclairs et de gresle, qui a encore fait plus de ravage depuis Crécy jusqu’à Saint-Denis et Paris 

30 août – Toujours à Dreux , les eaux ont été grosses plus que l’on ne les avoit vues depuis bien des années, et ont ravagé les prairies et les riens (regains autrement dit les herbes). –

7 septembre – Naissance à Montigny-le-Gannelon d’Isaac-Benedict Prevost – à qui on doit l’invention du panorama en peinture. On lui doit nombreuses perspectives de villes européennes. Il meurt à Paris en 1823- .

# Mercredi 26 décembre , – Dreux – Il est tombé, comme le raconte un chroniqueur, un verglas qui a duré jusqu’au 31, tel qu’on n’en a point vu de mémoire d’hommes et qu’on ne pouvoit aller ni à pied, ni à cheval, ni en voiture.

1764

# Décès à Bonneval d’André-Louis Beaupère, issu d’une famille de cultivateurs beaucerons, deviendra curé de l’église Saint-Sauveur de Bonneval. Auteur d’une Histoire (manuscrite) de l’abbaye de Bonneval où il accuse les religieux d’oeuvrer pour le jansénisme.

28 mars – Décès à Chartres à l’âge de 59 ans, de Jean Morin, physicien, membre de l’Académie des Sciences, originaire de Leung-sur-Loire (Loiret)

17 décembre– naissance à Chartres de Michel Jean-François Ozeray, historien et juge de paix, auteur, entre autres, d’un Précis sur l’histoire Notre-Dame de Chartres. Il meurt à Bouillon (?) cité en Eure et Loir, en 1859.

1765

30 septembre – naissance à Bonneval de Jean-François Pouillon-Desgranges, qui travaillera durant trente ans sur une grammaire sanskrite de plus de 1000 pages. Auteur des recherches sur les us et coutumes de sa ville de naissance notamment à propos du langage populaire.

1765/1770 – disette céréalière. –

# La petite vérole (variole) s’est installée en 1766 comme en 1748 à Dreux et alentours. La mortalité est grande, et face à cette pandémie, les moyens de l’époque sont dérisoires pour lutter avec efficacité. –

lundi 13 octobre  Dreux – le pain blanc a été taxé à 16 sols 6 deniers les 8 livres. Disette de blé en Angleterre, Pologne, à Naples, Rome, Malte entre autres lieux.  –

4 novembre – Naissance à Chartres de Nicolas Billard. Maire de Chartres pendant trente ans. Il siégea à la chambre introuvable (expression de Louis XVIII se satisfaisant de la composition des élus) en 1815. Après 1830, il renonça aux emplois publics, et retiré à Paris, y meurt le 30 octobre 1731. –

7 décembre – A Châteaudun que Casimir Girard voit le jour. Engagé comme simple volontaire à l’armée, Il participa à de fort nombreuses campagnes napoléoniennes, blessé de nombreuses fois .Elevé au rang de colonel d’état-major, il estdécoré de l’une des toutes premières Légions d’honneur (1808). Au terme de trente années d’armée, il se retire à Toulon dont il deviendra le maire, et reconduit à quatre reprises.

1766

– Maître-menuisier et sculpteur, Jean Riollet, originaire de la Ferté-Vidame, se taille une belle réputation dès lors qu’il est commandité par le marquis de Laborde pour embellir le châeau sis dans la même commune et dont il a fait l’acquisition. On disait de ce maître d’œuvre qu’il savait ‘’ pétrir la chair ‘’ en faisant vivre l’argile, et lui donner grâce et expression.

# – 4 novembre. Chartres. Naissance de Nicolas-Pierre Dominique Billard, descendant d’une vieille famille chartraine. Il fut Maire de Chartres (1815/1816), puis député d’Eure et Loir. Décédé à Paris en 1831.

1767

# – naissance à Tillay-le-Péneux d’Armand François Fougeron, juge de paix (l’ancêtre du juge d’instruction) d’Orgères-en-Beauce qui a procédé à l’interrogatoire en son château de Villeprevost des membres de la bande d’Orgères.

#– Le pont de la Courtille (le pont-qui-tremble) à Chartres est remplacé par un pont de pierre.

2 avril (ou un an plus tard), naissance d’Ange Pitou à Valainville près de Châteaudun. Comme journaliste, il a couvert de nombreux procès, notamment celui de Marie-Antoinette. Bravant le danger exercé par les partisans de la Terreur, il clame ses chansons satiriques en attaquant la Révolution, n’hésitant en rien à proclamer son attachement à la monarchie. Arrêté, déporté en Guyane, et relâché, il rejoint les Etats-Unis, et gracié définitivement en 1803 à sonretour en France. Alexandre Dumas lui a consacré un roman éponyme.

26 juin – Naissance à Authon-du-Perche de Samuel Castaing. Fils de chirurgien, il fut tout d’abord négociant dans l’Orne. Elu député suppléant dans ce département, il siégea à partir du 2 décembre en remplacement du député girondin Dufrische-Valazé, guillotiné. Député fort effacé, on le retrouve au Conseil des Cinq-Cents, où il s’occupe de législation forestière. Il siégea également au Sénat jusqu’en 1803, et termina sa carrière comme inspecteur général des Eaux et Forêts. Il s’éteint le 30 décembre 1844 à Mamers (Sarthe)

# Durant cet Hiver 1767 – fortes gelées dans le Thymerais.

1768

9 janvier  – décès à Châteaudun de Pierre-Alexandre d’Alès du Corbet, 53 ans, officier de marine puis lieutenant des maréchaux de France, et originaire de Corbet dans le Loir & Cher. Après avoir abandonné cette lieutenance, il se consacra à des activités agricoles et économiques

# Durant ce mois, distribution de pain en raison du gel qui paralyse le cours de l’Eure empêchant les moulins de tourner.

# Interdiction est prononcée à Chartres de pratiquer le charivari, pratique qui consiste à se manifester bruyamment en bande ou non.

6 mai – jour auquel Mézières, Charpont, Le Boullai-Tierri et autres paroisses ont esté greslées, il a oragé, tonné et plu presque tous les jours jusqu’au lundi 26 septembre.

samedy 14 may – Dreux – nous avons fait la bénédiction, sous l’invocation de Saint-Louis, roy de France, d’une chapelle nouvellement construite dans la maison de renfermement des pauvres mandiants, située rue d’Horisson, ladite chapelle située au dessus d’un portail de ladite maison qui donne sur un endroit qu’on nomme la Bonde 

25 novembre – naissance à Lamblore de Louis Plaideux, général de brigade des guerres napoléoniennes. Il meurt après 1819.

1 décembre – naissance à Corancez de Jean-Louis Bouvard, général de brigade sous Napoléon Bonaparte.

1769

– naissance à Chartres Marie de Saint-Ursin PJ, premier médecin de l’armée du Nord, inspecteur général du service de santé dans les armées, médecin de l’Hôtel-Dieu de Chartres.

# – Le personnage de Gambier reste imprécis.On ne sait pratiquement rien de cet homme, si ce n’est qu’il était commerçant en blés et farines vers 1769 à Maintenon. C’est précisément en cette année qu’il passe pour être inventeur d’un crible sous forme de planches pour  » nettoyement le plus parfait de tous les grains charbonnés de nielle, et chargés qu’ils soient de poussière, pois, pierres, gros ivraie et autres grains étrangers. Cette machine servie et conduite avec intelligence peut expédier deux cents sacs par vingt-quatre heures.  » (Références : Mémoire de l’Académie Royale des Sciences sous forme de trois planches dépliantes hors-texte)

1 mars – naissance à Chartres, du général François Séverin Marceau, personnage emblématique de l’Eure et Loir. Il combat lors des guerres de Vendée, puis dans les armées de la nouvelle République. Il se couvre de gloire. Marceau appartient de la race des chevaliers devenus guerriers par la nécessité de leur métier. Tout en respectant les principes humanitaires, même dans un climat d’éradication. Emue par une jeune Vendéenne de 16 ans, il aurait voulu la sauver. Elle sera fusillée ce qui le conduira à être soupçonné de collusion, accusation dont il sera lavé, eu égard à sa loyauté. Sa mort (1796), tué par un sniper (tireur d’élite) est celle de ses grands chefs dont l’abnégation est synonyme d’engagement.

Dreux – grosses eaux avec débordement dans les maisons et les jardins. –

Samedi 27 mai – à six heures du soir, il est tombé un orage furieux meslé de gresle, qui a endommagé Le Luat, Blainville, Bois-le-Roi et autres contrées

19 novembre – Abbaye de Coulombs. En présence des moines du couvent, des curés de Coulombs et de Lormaye, de la noblesse des environs, de même la population du moins celle qui était admise, la chasse de Saint-Gratien est ouverte. Une cérémonie qui ne s’est pas faite sans raison, suite à un voeu l’année précédente, des habitants de Saint-Gratien près d’Amiens souhaitant disposer de quelques reliques du saint en question. La châsse fut ouverte par les soins de M.Sanqueuse, chirurgien à Nogent-le-Roi, et le crâne de Saint Gratien fut exhumé, montrée à l’assemblée, puis réintroduite dans une petite boite, et scellée de plusieurs cachets et du sceau de l’abbaye pour être envoyée à Saint-Gratien.

24 novembre – naissance à Nogent-le-Rotrou de Jean Marin Dubuard surnommé Marin-Mitraille qui se distingua comme colonel de la Garde impériale de Napoléon. Il doit son surnom en raison de sa spécialisation dans l’artillerie comme maître canonnier. L’abdication de Napoléon le privera du grade de général. Une carrière pourtant exemplaire pour ce fidèle à l’Empereur qui acquit ses grades au prix de sa bravoure. Il meurt à La Fère en janvier 1837.

1770

– Des charretiers sont condamnés à une amende de 6 livres « pour avoir troublé le repos public en faisant claquer leur fouet avec délectation dans les rues de Beaumont le Chartif ».

Vernouillet – on n’a presque point recueilli de vin, et les deux poinsons ont vallu 200 livres, à cause que les trois années précédentes on avoit encore recueilli peu de vin –

7 janvier – Colonel du 1er Empire, Claude Cabart nait à Chartres. Engagé comme simple soldat, il grimpe tous les échelons, s’illustrant aux côtés de Bonaparte. Sa gloire, il la doit à son abnégation face au danger, n’hésitant pas à charger à la baïonnette à la tête de ses troupes. Il reçoit des mains de Napoléon la Légion d’honneur. Retiré à Paris, il meurt en 1841.

29 janvier – Chartres. Naissance de Louis Asselin-Gauvilliers qui étudia d’abord le droit avant 1789. On le retrouve plus tard sous-préfet de sa ville de naissance en 1814, suspendu puis réintégré, avant que le poste ne soit supprimé l’année suivante. Entre temps, il avait été maire de Bois entre 1808 et 1814. Il s’éteint dans cette ville le 5 octobre 1849.

# Dans la nuit du 6 au 7 février – la fonte du restant des neiges a causé à Blévy une inondation des plus terribles qui a tout ravagé- Tous les ponts en général ont été emportés, un bou­t des murs du parc près la porte fut renversé. Le meunier des Graviers a eu sept vaches de noyées,le fermier de la Noé quatre-vingts moulonsont subi le même sort.Beaucoup d’autres particuliers ont tout perdu. La perte au total a été a été évaluée à plus de quatre mille livres (environ 200 000 euros). Les eaux venaient au niveau de le seconde marche de l’église, il y avait des maisons où il y avait trois pieds et demi d’eau ; tout le monde était dans une grande consternation, heureusement personne n’a péri. –

5 mars – Sur la place dite du Marché à Maintenon, face à l’église Saint-Nicolas, Marie-Madeleine Blet est brûlée sur le bûcher. Agée de 27 ans, originaire de Chimay(Mévoisins), elle avait été déclarée coupable d’avoir voulu empoisonner son mari qu’elle venait d’épouser, ayant trouvé un amant dont elle était tombé amoureuse, et plus en rapport à ses envies. Elle fut préalablement soumise à la question. Malgré la douleur suite à la pose de brodequins destinés à lui broyer les jambes, elle déclara n’avoir eu aucun complice, pas même son amant. On convint qu’elle avait dit la vérité, si bien que l’homme fut libéré le lendemain de l’exécution de la jeune femme.

# – 6 août. Naissance à Fessanvilliers-Mattanvilliers (Brezolles) de Denis-Pierre Genty. Maréchal-ferrant, ne sachant pas écrire, tout en étant adulte, il entreprend d’étudier avec persévérance et réussite. Bien armé professionnellement, il s’installe à son propre compte, se marie. Sa popularité est telle qu’il devient maire de sa commune sous le Directoire. Une opportunité se présentant, en 1809, il partit pour Armentières dans le département de l’Eure, prouvant son art lorsqu’il s’agit de ferrer chevaux et équidés. Mais il avait une autre corde à son arc puisqu’il se passionna pour la poésie, et devint le poète des maréchaux-ferrants en patois percheron, s’évertuant à traduire en langage plus approprié ce qu’il couchait sur le papier. Un succès qui va aller crescendo jusqu’au moment une fluxion de poitrine le terrasse. Il meurt le 16 juin 1821.

samedi 13 octobre – Drouais – ouverture de la vendange. Les meilleurs arpents de vigne ont à peine produit un poinçon (ancienne mesure qui correspondait à une contenance pouvant varier entre 200 et 700 litres) – Cherté générale de pain et de vin dans tout le Royaume depuis 1767. Le cidre de Normandie est venu au secours, un palliatif plutôt bon marché. Le bon cidre pommé vaut 34 livres le poinçon(sorte de tonneau), tout nud à savoir en fournissant le vaisseau(mesure vinaire) et sans comprendre l’entrée. –

lundi 12 novembre – Dreux – on a commencé à démolir la porte Chartraine et quelques maisons pour construire le nouveau pont de pierres –

En cette même ville, le vin vieux qui valait 40 écus (4800 euros environ) le poinçon avant les vendanges est diminué à la fin de décembre à 80 livres(3200 euros) ; le nouveau à défaut de qualité se négocie entre 20 à 22 écus le poinçon(2400 euros). De là vient le proverbe : Cherté foisonne. Les vignerons jeûnent auprès de leur vin, sans que personne le leur demande : le coût des vivres et l’abondance du cidre en sont la cause.

1771

# – Achèvement de la construction du château de la Ferté Vidame qui subit de profondes modifications pour en faire une résidence avec des travaux achevés en moins de trois ans, une performance eu égard à l’ampleur du chantier. Château dont Louis XVI fera par la suite, l’acquisition. Lors de la Révolution, déserté, la bâtisse connaîtra les vicissitudes de ce moment d’histoire, les pillards profitant de la situation pour s’en prendre à tout ce qui pouvait être vendu. Des pertes et dommages irréversibles Il ne restera plus que les murs, un château néanmoins classé de nos jours.

# 1 janvier – Une ordonnance royale affecte un bataillon provincial à la ville de Chartres, ordonnance qui fait suite à celle de Louis XV créant des milices permanentes, dispositif qui sera supprimé en 1776.

12 mai – Naissance à Chartres de Nicolas-Séverin Marceau-Desgraviers dit Marceau-Villeray, demi-frère du général Marceau. Il fut commissaire du directoire, puis nommé préfet de l’Aveyron pendant les Cent-Jours. Ruiné, il s’expatrie en Amérique. En vain, et meurt dans la misère totale à Bordeaux le 19 octobre 1843.

Nuit du mardi 9 juillet – Drouais – Gel important ce qui a pour conséquence de constater de nombreux dégâts définitifs sur les feuilles et les grappes dans plusieurs vignobles. –

13 juillet – le nouveau Parlement a enregistré l’édit du Roy de novembre 1770, portant suppression du bailliage et siège royal de cette ville de Dreux. Les cas royaux, ensemble des casde justice relevant directement de la juridiction du roi de France, sont transférés à Montfort-l’Amauri .

1772

– Naissance à Chartres de Luc Barré de Jallais, commissaire des guerres du Premier Consul. Habile négociateur lors des guerres de Vendée, il obtint une trêve, et nommé, en récompense de ses bons et loyaux services, préfet du département. Lorsque Napoléon fut exilé à l’ile d’Elbe., Louis XVIII ne lui tint pas rigueur de sa fidélité à l’Empereur, et le nomma secrétaire général du département d’Eure et Loir. Durant les Cent-Jours, il revint vers Napoléon, puis on perd sa trace. –

# Construction du château de Montboissier (Bonneval) par Nicolas-Marie Potain, architecte du roi Louis XV. En 1817, Châteaubriand y séjourne, et écrit une partie de ses Mémoires d’Outre-Tombe (1848). Le château appartenait alors à la comtesse de Colbert-Montboissier, une demeure qui a subi les conséquences de la Révolution puisqu’une partie des bâtiments fut détruite, et lorsque l’écrivain y séjourna, il ne restait plus que deux pavillons. L’auteur évoque son passage, la grave maladie dont est atteinte son hotesse (Livre III- Chapitre I). ‘’ Je suis maintenant à Montboissier, sur les confins de la Beauce et du Perche Le château de cette terre, appartenant à Madame la comtesse de Colbert-Montboissier, a été vendu et démoli pendant la Révolution ; il ne reste que deux pavillons séparés par une grille et formant autrefois le logement du concierge. Le parc, maintenant à l’anglaise, conserve des traces de son ancienne régularité française : des allées droites, des taillis encadrés dans des charmilles, lui donnent un air sérieux ; il plait comme une ruine. Hier soir, je me promenais seul ; le ciel ressemblait à un ciel d’automne ; un vent froid soufflait par intervalles. A la percée d’un fourré, je m’arrêtai pour regarder le soleil ; il s’enfonçait dans les nuages au-dessus de la tour d’Alluye d’où Gabrielle avait vu comme moi le soleil se coucher il y a deux cent ans. Que sont devenus Henriet Gabrielle ? Ce que je serai devenu quand ces Mémoires seront publiées. Je fus tiré de mes réflexions par la gazouillement d’une grive, perchée sur la plus haute branche d’un bouleau. A l’instant ce son magique fit reparaître à mes yeux le domaine paternel ; j’oubliais les catastrophes dont je venais d’être le témoin, et, transporté subitement dans le passé, je revis ces campagnes où j’entendis si souvent siffler la grive  »

# Construction du château de Herces à Berchères-sur-Vesgre par Charles Boutin de la Coulomière. Il était intendant des finances sous Louis XV.

mercredi 26 février et toute la nuit du 26 au 27 – Dreux -, les grosses eaux semblables à celles de Noël 1740. –

20 et 21 avril – Drouais – il a gelé à glace ; la terre étoit gelée de 3 pouces : les vignes blanches seulement ont été endommagées ; le vin n’a point renchéri, il vaut 20 à 22 écus le poinçon. –

16 août – la moisson a été finie de Dreux à Chartres. La récolte de bled a été abondante, et celle d’avoine modique, à cause de la longue sécheresse qui a commencé dés le mois de mai.

15 septembre – naissance à Courville de Anne Nicolas Alexandre Texier, député de bailliage de Châteauneuf à l’Assemblée constituante. Il meurt à Chartres en 1846.

18 septembre – Naissance à Dreux de Martin Pierre d’Alvimare du Briou, harpiste et compositeur. Très jeune, il prononce un goût pour la harpe, et suit des cours avec brio ce qui le fait remarquer par le duc de Penthièvre, membre de la famille royale, et qui résidait pour l’heure à Anet. Alors que le jeune Martin a 7 ans, le prince l’emmène à Versailles, et le présente à Madame de Lamballe et la reine Marie-Antoinette qui vont marquer leur emballement pour ce bambin harpiste. A 16 ans, il compose son premier opéra, Eglé, puis embrasse la carrière militaire ce qui lui vaut d’entrer au service de Louis XVI comme garde du corps. Mais la Révolution gronde, et par chance il échappe aux massacres de septembre. Il rejoint discrètement sa ville de naissance, et rentre dans un quasi anonymat, et s’assurant des subsides dans une entreprise de fabrique de mouchoirs, devenant un simple quidam sous le nom de Dalvimare. Les années passent, et on le retrouve harpiste dans l’orchestre de chambre de Napoléon. Il enseigne son art à Joséphine, et Hortense la fille de celle-ci. Ayant récupéré les biens familiaux, il quitte en quelque sorte la scène musicale, et rejoint Dreux. Etant malade, il part se faire soigner à Paris, mais le mal est trop. Il meurt dans la capitale le 3 juin 1839. Son oeuvre comprend deux opéras, et une trentaine de pièces pour harpe et autres instruments de musique.

20 septembre – ChartresCharles Joseph Lefroit voit le jour. Il fut inspecteur général des mines. Mort à Paris en 1842- 

mercredi 30 septembre – Drouais – l’ouverture de la vendange a été faite. L’arpent de vigne a produit 8 poinçons de vin. Les arbres ont manqué dans toute la Normandie et les autres provinces du Royaume. Le vin nouveau vaut 40 livres le poinçon.

1773

Dans le courant de l’année, une anecdote alimentaire mérite notre attention alors qu’elle se déroule à proximité de Maintenon. Monseigneur Joseph de Lubersac, évêque de Chartres, avait fait l’acquisition du château de Bouglainval, demeure datant du XIIIe siècle. Aurait-il été influencé par l’évêque de la région de Léon en la personne de Monseigneur de La Marche surnommé  » l’évêque des patates  », ou plus vraisemblablement par Antoine Parmentier, dont le nom reste attaché à la pomme de terre, et à une réalisation culinaire traditionnelle. Non sans fierté, et acquis à ce légume, l’évêque de Chartres voulut montrer cet étrange tubercule à ses voisins qui, méfiants, crurent bon décliner l’offre. Nullement découragé par ce manque d’enthousiasme des Valbourgeois de son village, il en fit planter dans un champ. La pousse de ces tubercules intrigua la population. Le moment de récolte venu, les Valbourgeois vinrent les arracher durant une nuit, de sorte que le champ fut totalement dévasté. De Lubersac, que l’on aurait pu croire contrarié sinon en colère contre les auteurs, en fut ravi. L’usage et la commercialisation de ces pommes de terre se répandit dans la commune puis dans le département.

# 15 juillet – Décès à Dreux à l’âge de 79 ans de Cosme-Damien Antheaume, prêtre et chanoine de l’église royale et collégiale de Saint-Etienne de Dreux. S’il a écrit différents opuscules qui ont connu une référence à son époque, retenons parmi-ceux-ci un mémoire concernant la Fête des Flambarts à propos de la suppression de la procession en cette occasion.

26 octobre – naissance à Brezolles de Jean-Baptiste de Baudre, brillant ingénieur hydraulique, considéré comme l’un des grands spécialistes de l’aménagement des ports, des canaux et des fleuves en France. Son plus grand chantier, mise en œuvre d’un canal latéral à la Garonne dès 1832 dont il ne verra jamais la fin. Mis d’office à la retraite,et fort contrarié, il meurt très amer en 1850.

5 septembre. Naissance à Nogent-le-Rotrou de Charles-Guillaume Gouhier de Petitville.Dés 1786, alors âgé seulement de treize ans, il est admis comme sous-lieutenant dans la compagnie des cadets-gentilhomme de l’École militaire de Paris. Au fil des années, il poursuit une carrière qui le mènera sur différents théâtres d’opérations ceci jusqu’en 1821, année où il quitte l’armée au grade de capitaine, puis entre en politique, député de l’Orne, et en 1828 conseiller d’État. Il se retirent sa ville de naissance où il meurt le 29 octobre 1838.

28 octobre – naissance à Moutiers en Beauce de Jean-Baptiste Peigné, chef de bataillon, qui participa à la majorité des batailles de l’épopée napoléonienne. Ses faits d’armes ne se comptent plus. Blessé à plusieurs reprises, il se distingua lors de la campagne de Russie, et à nouveau blessé au passage de la Bérézina le 29 novembre 1812. En retraite en 1823 (décès en 1847).

1774

#– La Ferté-Villeneuil – Procédure contre les braconniers.Après avoir réduit â merci le clergé de sa châtellenie, le comte de Sourches entreprend  à la même époque une œuvre d’un autre genre, mais plus difficile: celle de tenter de réprimer le braconnage. Il rédige dans cette intention une supplique au commandant de la maréchaussée d’Orléans. Celle-ci fut approuvée et lignée par tous les seigneurs, de même par plusieurs curés du voisinage. Par contre, présentée également aux curés de la Ferté, ceux-ci refusèront de la signer. Les individus visés dans cette demande n’étaient pourtant pas des modèles d’honnêteté. Il ne convenait point à des prêtres de se faire les accusateurs de leurs paroissiens, tant que ceux-ci ne s’attaquaient pas à leurs personnes. Ce refus de signer exaspéra le comte de Sourches, et il reprocha aux curés de soulever leurs paroissiens contre lui ! Voici le texte de la supplique: « Le Seigneur de la Ferté-Villeneuil, généralité d’Orléans, et tous les Seigneurs des environs implorent l’autorité de Mr le duc de la Vrillière, pour garantir leurs biens, leur vie, et celle de leurs domestiques, de leurs fermiers et de tous les habitants du canton contre les attaques perpétuelles que leur livre jour et nuit à main armée une troupe de vagabonds qui s’occupent et ne vivent que de braconnage et du poisson qu’ils volent dans la rivière d’Aigre, province de Dunois, malgré les propriétaires, malgré leurs gardes, qu’ils menacent de battre, de noyer, de tuer à coups de fusil. Lesquels résident pour la plupart du tems dans le bois de la Motroie, qu’ils ravagent, où ils allument des feux qui en font craindre l’incendie totale et dont tous les voisins tremblent. « L’un de ces malheureux est leur chef, se nomme Le Roy Saussay, qui n’a ni feu ni lieu, qui était un camarade de Verminier, roué à Chartres l’année dernière pour assassinat, et qui n’est échappé au même tourment que parce que Verminier n’a révélé aucun de ses complices.« Deux autres sont Michel Cierge, dit la Plume, et son frère, bannis à perpétuité de Nogent-le-rotrou pour avoir tiré des coups de fusil sur le précepteur de» enfants de M. de Fontenay« A ces trois hommes déjà flétris se joignent les nommés Blangoint, Michel Castafiol, les deux frères Bonnetteau, Platanne et Gauthier.• Tous se réunissent encore à d’autres que l’un ne connaît point, tous s’attroupent et aussi redoutables tant parleur nombre, que par les fusils dont ils sont armés, ils commettent impunément les excès dont on vient de parler. « Si l’on ne purge le pays de cette bande de vagabonds et de braconniers déterminés, il est à craindre, outre les maux qu’on en souffre déjà, que ce camarade de Verminier, et toute cette affreuse troupe ne fassent revivre à tous égards ce malheureux assassin.« Mais les suppliants espèrent au moins que Mr le duc de la Vrillière, comme ils l’en prient très humblement, voudra bien donner l’ordre au prévôt de maréchaussée d’Orléans de se transporter avec ses cavaliers au lieu de la Ferté-Villeneuil à deux lieux de Châteaudun, où se retirent ordinairement tous ces perturbateurs de la tranquillité publique, pour leur enlever tous les fusils et autres armes offensives qui pourront se trouver chez eux.« Les suppliants espèrent tout de la justice et de la bonté de monsieur le duc de la Vrillière. Signatures: « Le marquis de Courtarvel, seigneur de Verdes et de Liervillc, près la Ferté-Villeneuil.« Le marquis de Laage, lieutenant de nos Seigneurs les maréchaux de Franceau département de Blois, seigneur de Charray, près la Ferté-Villeneuil. Le Cte de Meaussé de la Rainville, Lt de MM. les MMaux de France, seigneur de la Mottroie, près la Ferté-Villeneuil. « Bourdonneau, curé de Romilly, près la Ferté-Villeneuil. « Bellande, capitaine au Rgt de Navarre, Sgr de la Frédonnière, demeurant a Villebeton, près la Ferté-Villeneuil .Michelet, curé du Mée, près la Ferté-Villeneuil .Leseneschal, procureur au Parlement, seigneur de Champromain, près la Ferté-Villeneuil.De Bouchet, Cte de Sourches, seigneur de la ville et châtellenie de la Ferté-Villeneuil »

# Le futur général Marceau a 5 ans lorsqu’il connait sa première école, en l’occurence celle de Luisant, sous le férule d’une nourrice qu’il surnommera  » la mère Francoeur  ». Une femme qui se comporte comme une mère qui lui inculque les vraies valeurs , celles en particulier de l’honneur et de la générosité, qui le distingueront au long d’une trop courte vie. Il y passera quatre hivers avant que ses parents ne le réintègrent auprès d’eux à Chartres le 1 janvier 1779. Le jeune François Séverin s’avère faible tant en lecture qu’en écriture, tout en révélant un goût pour les chevaux qui le fascinent.

# 7 mars – Naissance à Oinville-sous-Auneau de Jean-Louis Bagno dit Baignol qui accomplit la majeure partie de sa carrière militaire au sein des troupes napoléoniennes . De 1792 jusqu’en 1822, gravissant tous les grades militaires pour finir général. A cette différence, il redescendit au grade de colonel. Il. S’éteint en 1843 à Rennes.

10 mai. Naissance à Chartres de Jean Toussaint-Perinet, artiste-peintre, et qui passe pour avoir été un révolutionnaire.

nuit du mercredi 18 au jeudi 19 may – Drouais – la gelée endommagea les vignes, les unes à moitié, les autres aux deux tiers, d’autres aux trois quarts de même le 22 novembre a commencé un hyver rude – La gelée, la neige, le verglas ont duré jusqu’au 8 décembre. Dans tous les autres Royaumes, il s’étoit fait sentir dés le commencement de novembre, et dans le Nord il a été aussi rude qu’en 1709.

# –  24 Juillet.Chartres. Naissance d’Auguste de Canchy qui fut mêlé à l’étrange affaire d’enlèvement dont aurait été victime Clément de Ris. Au terme d’un simulacre de procès, il est condamné à mort de même ses complices. Ils seront tous exécutés à Angers le 3 novembre 1801.

19 août – naissance de François Cheneau au Favril (Illiers-Combray) qui fut élevé membre de la Légion d’honneur, en accomplissant plusieurs campagnes napoléoniennes au sein du 2ème Corps de la Grande Armée en 1806 et 1807, et réformé l’année suivante.

1771/1775 – disette céréalière suite aux intempéries qui se sont abattues à tout moment de culture et de récolte.

1775

# – surprise : le roi fait distribuer du riz ce qui déconcerte quelque peu les habitants du pays chartrain qui découvrent une céréale alors inconnue, ignorant à l’évidence la façon de le cuisiner. Un simple rappel : le riz inconnu dans l’assiette française de l’époque, avait déjà été cité au XIVe dans l’ouvrage Le Ménagier.-

Chartres – suppression des fossés de la Butte qui sont comblées pour en faire un accès plus conforme à l’évolution de la ville, partie qui deviendra, par la suite, la rue de la Couronne. –

24 mars – naissance à Dreux de Jean-Louis Deslonchamps, médecin et botaniste spécialiste de la flore en France. Connu pour avoir mené des recherches sur les applications à la thérapeutique des plantes indigènes. Il meurt à Paris en 1840. 

10 avril – Naissance à Chartres de Louis Damoiseau, médecin vétérinaire, qui s’est fait un nom comme l’un des tout meilleurs écrivains de la science hippiacrite.

Le mardi 18 avril – révolte à Digeon à l’occasion de la cherté du pain. Le samedi 29 avril, révolte à Pontoise ; le mardi 2 mai, révolte à Versailles, où toutes les farines ont été pillées, et le même jour à Saint-Germain-en-Laye. Le mercredi 3 mai, révolte aussi à Paris, où le pain a été pillé chez les boulangers et dans les marchés ; les halles ont été fermées et par ce moyen les farines préservées. Les mousquetaires gris et noirs, les dragons et les gardes-françoises, les suisses et le guet à pied et à cheval n’ont pu contenir la populace. Le même mercredi, révolte à Houdanc et à Mante, où les sacs de bled ont été percez et dipersez.  Chartres se retrouvé confronté au même problème, si bien que l’on fait travailler les pauvres pour ensuite leur donner du paiun. –

mai-juin – guerre des farines à cause de la cherté du prix du blé – toutes les régions sont touchées, y compris la Beauce – la population s’attaque surtout aux transports de blé, surtout par voie d’eau. Cinq mois seront nécessaires aux autorités royales pour ramener le calme.-

6 mai – naissance à Pierres de Gustave-Daniel Dupont, plus connu sous le nom de capitaine Dupont qui s’est rendu célèbre, à son insu, pour avoir été l’un des naufragés rescapés du radeau de la Méduse. Il posera pour le fameux tableau de Gericault dont on voit une reproduction en la mairie de Maintenon. Il meurt en cette ville le 6 juillet 1850 .-

11 juin – naissance à Aunay-sous-Auneau de Victor Lubin Sédillot de Beaulieu qui vint en aide aux gens précarisés leur offrant de partager avec eux sa fortune. Il meurt à Chartres le 13 avril 1843.- La moisson qui a été finie le 19 et au plus tard le 15 aoust , a été fort modique : les mars ( ?) ont totalement manqué ; le fourrage rare et d’un prix exorbitant ; le bled aussi cher que les années passées .-

1 juillet – procès criminel à Chartres contre les dits Pierre Bellé, Jacques Doutet et autres complices, convaincus d’avoir braconné armés de fusils dans les plaines et environs de Chartres, d’avoir menacé les Gardes et couché en joue la Maréchaussée. Pour réparation de quoi, les condamne d’être menés et conduits aux galères du roi, le servir pendant et l’espace de trois ans. D’être préalablement flétris sur l’épaule dextre des trois lettres GAL

24 novembre – Arrèts du Conseil d’Etat du Roi : autorisant les gens de main morte à placer en rentes constituées sur le Clergé et les Diocèses particulières les deniers qu’ils recevront pour l’acquit des fondations sans ètre sujets à l’amortissement ; réduisant au au double droit de contrôle tous ceux dus pour les années antérieures par les bénéficiers et autre gens de main morte qui n’auront pas fait faire les publications prescrites par l’arrèt du 2 septembre 1760 ; concernant la perception des droits de contrôle, ds baux des biens et revenus des bénéficiers et autres gens de main morte, en date du 2 septembre 1760.

1776

# Louis-Michel Duparc, originaire de Chartres où il vit le jour, s’engage dans l’armée royale de Louis XVI. En 1790, il est caporal au 1er régiment d’infanterie. En 1803, il est porté disparu. Mort en Vendée ? L’énigme reste ancrée sans que l’on connaissance son sort exact.

mercredi 10 au 11 janvier – Drouais – la terre a été couverte de neige ; le froid a été excessif. Le dimanche 28, à la première communion des enfans, plusieurs se trouvèrent mal au point de perdre connoissance à cause de la rigueur excessive du froid. Le vendredi 2 février, a commencé le dégel qui a duré plusieurs jours.  –

29 janvier – Donnemain – le froid est si grand que l’encre gèle à ma plume, que je suis obligé de faire chauffer  à chaque ligne. La Conie est prise en entier, ce que de mémoire d’homme on n’avoit point vu. Le thermomètre est à 16 degrés et demi  au dessous du point de congélation –

#lundi 5 février – Chartres – les grosses eaux n’ont causé aucun dommage.

Le mercredi 7, elles ont recommencé, égalé et même surpassé celles de 1711. Elles ont passé par la rue des Poulets jusqu’à la Belle-Croix et dans la rue des Changes jusqu’à l’hôtel-de-ville. A la Porte Neuve elles sont venues jusque vis-à-vis le portail de Plomb : le Vieux-Pré et les faubourgs de Saint-Martin, de Saint-Denis, de La Folie et de Saint-Jean n’étoient qu’une mer. Des maisons tombées à moitié, d’autres étayées, d’autres dégradées en partie par les fondemens, desplanchers écroulez, de pauvres gens forcez d’abandonner leurs foyers à travers les eaux pour se réfugier dans la ville avec leurs enfans dans leurs bras et sur les épaules, d’autres surpris et obligez de monter dans leurs greniers, n’attendant que le triste moment de se voir enveloppez sous les décombres de leurs habitations sans pouvoir être secourus, les bestiaux noyez, les meubles emportez par le torrent des eaux sans avoir été retrouvez, les murs des cours et jardins culbuttez, plusieurs particuliers ne pouvant plus rentrer dans leurs maisons pleins de terre, pierres et ravines, les ponts des Ambuches et de la Commune prés la porte Chartraine enlevez et entraînez ( il y avoit partout 5 à 6 pieds* d’eau et même d’avantage dans certains endroits ) : tel est le tableau abrégé du désastre, sans qu’il ait pris personne.  –

# Un événement d’un caractère grave et symptomatique se produit à la Ferté-Villeneuil vers la fin de l’année 1776. Plus de la moitié des habitants refusèrent de continuer à donner leur grain à moudre au moulin banal. Le comte de Sourches dont on connaissait le caractère autoritaire n’était pas homme à tolérer cette velléité d’indépendance, entend poursuivre ceux qu’il considérait comme des révoltés. Mais à cette époque la Cour et le gouvernement étaient animés d’idées libérales. Aussi, avant de commencer les poursuites,le seigneur de la Ferté crut-il prudent de faire rédiger plusieurs mémoires sur ce cas intéressant par Me Estienne, avocat au Parlement de Paris. Celui-ci, après avoir examiné scrupuleusement les titres de M. de Sourches, rédigea une consultation dont les conclusions étaient diamétralement opposées au désir du seigneur de la Ferté :«… M. le comte de Sourches n’est point dans le cas de prétendre au droit de banalité de moulin sur la communauté de la Ferté-Villeneuil, mais seulement sur ceux des habitant de cette communauté, qui se sont assujettis à la banalité par les déclarations et reconnaissances qu’ils ont passées chacun en particulier.« Cet avis est fondé sur ce que la banalité de moulin, comme celle de four et le droit de corvée, étant une servitude personnelle, elle ne saurait recevoir d’extension, Toute servitude doit être fondée en titre spécial. Ainsi, pour prétendre au droit de servitude contre une communauté,il faut un titre passé avec la communauté en corps, consenti par clic dans une assemblée convoquée à cet effet, à l’unanimité des suffrages, ou du moins à la très grande pluralité, comme des deux tiers ou des trois quarts. Ce n’est pas encore assez. Il faut qu’il apparaisse que la banalité reconnue par la communauté lui est utile et avantageuse, en ce que le seigneur lui a fait des dons et des libéralités qui sont encore de plus grande valeur. La soumission à un droit de banalité, dont on ne connaîtrait pas l’origine, serait une obligation sans cause et conséquemment nulle... »Devant les tendances libérales dont cette consultation était le reflet, le comte de Sourches se décida à ne pas inquiéter les récalcitrants, n’ayant pu obtenir gain de cause en haut-lieu. Il se contenta d’exercer les droits de banalité sur les habitants qui, par devant notaire, avaient reconnu être soumis à ces droits – –

# Mise en place en la cathédrale de Chartres du groupe colossal l’Assomption de la Vierge, réalisé par le sculpteur parisien Charles-Antoine Bridan.

1777

# 1777/1782. De nombreux Français sont partis combattre pour l’indépendance des Etats-Unis d’Amérique. 2112 d’entre eux sont morts au combat ou ailleurs s’inscrivant dans la légende française. et méritent, à cet égard, notre respect. Parmi eux, six Euréliens, si tant est que ce chiffre reflète l’exactitude. A cet égard, le Journal de la Société des Américanistes(voir bibliographie), paru en 1936, nous fait découvrir les noms et qualités de tous ces hommes morts sur une terre qui leur état étrangère, leur sacrifice n’ayant pas été vain. Il s’agit de Jean Varrenes, né à Nogent-le-Rotrou,embarqué sur Le Citoyen, au titre du Régiment du Beaujolais, mort le 6 novembre 1781 dans la baie de Chesapeake –/ Jacques François Chatelat – Régiment de Bresse – né à Chartres, embarqué à bord du Neptune le 6 mars 1781, décédé le 3 juin de la même année. / Nicolas Bautruche, né à La Loupe en 1722, appartenant au Régiment de Foix. Mort le 4 octobre 1779 à Savannah / Charles Du Four, né à Dreux en 1757, appartenant au Régiment du Gâtinais. Mort sans doute à Yorktown le 31 octobre 1781./ Louis Bigot, né à Dreux en 1754, appartenant au Régiment de Saintonge. Mort à Newport le 24 décembre 1780. / Bernard Vivanson, né à Chartres, appartenant au Régimet de Touraine. Mort à Yorktown le 23 décembre 1781.

# Construction de l’Hôtel de Ville de Châteaudun

# – Assassinat à Chartres dans sa maison du cloître du chanoine de Loup-Thomas Petey, grand pénitencier de la Sainte Église romaine , âgé de 63 ans, ainsi que sa servante, crime perpétré dans d’horribles conditions. –

# naissance à Dreux de Louis Guersant, professeur de botanique et surtout médecin. Il mena des recherches sur les maladies infantiles, notamment de la coqueluche et la dipthérie.-

20 février – naissance à Dreux d’Alexandre-Louis Marquis, botaniste. Bien que jeune à la Révolution, il crut bon modifier son état civil en se faisant appeler Jacques Lalot pour lui éviter tout ennui. Auteur d’un tableau caractéristique représentant des plantes avec l’indication des propriétés générales de chaque famille, et des principaux médicaments qu’elle fournit (1820). Il meurt dans sa ville natale le 17 septembre 1828. –

Dimanche 20 avril et le mardi 13 mai – Drouais – les vignes ont été totalement gelées, également que tous les petits fruits. Les mois de mai, juin et juillet ont été très pluvieux : les foins et les seigles ont été engrangez très humidement. Le dimanche 3 aoust, le beau tems s’est déclaré, suivi d’une chaleur bouillante et excessive : le sécheresse a persévéré jusqu’au mardi 14 octobre, jour où il est tombé de l’eau

12 juillet – naissance à Dreux de Louis Doguereau, général, et baron d’Empire (1808). Il participe dans la l’artillerie à la majorité des batailles. Après avoir été élevé pair de France, en 1837, est élu député, et réélu deux ans plus tard. Pour ses états de service, élevé Grand Croix dans l’Ordre de la Légion d’honneur. Retiré dans le Loir et Cher (Château de Moulins à Landes), il s’éteint à Landes-le-Gaulois (château de Moulins – Loir & Cher)en 1856.

1778

– Cloyes – On fit les ouvrages du grand cimetière, il avoit été résolu qu’on feroit établissement de fossés et de hayes vives et un grand mur  sur le chemin conduisant à la rue des Chartains ; ce qui fut exécuté. Ce cimetière très étendu étoit dans l’état le plus déplorable : sa restauration engagea plusieurs habitants des deux paroisses à demander la suppression d’un petit cimetière proche de l’église de Saint Georges, qui appartenoit et auquel avoit droit d’ètre enterrés indistinctement les habitants des deux paroisses. Il étoit interdit depuis plus de 20 ans ; on obtint sa destruction entière. Cette suppression donna lieu à quelques divisions et contestations au sujet des marchés que la moitié au moins de la ville craignoit qu’on établit au lieu et place de ce petit cimetière détruit. Ces divisions ne finirent qu’après que les habitants proche du Marché de la Volaille, depuis le milieu de la ville et au-delà du pont, se réunirent ensemble et firent acte d’une cotisation montante à environ 5 à 600 livres pour agrandir le marché en question ; afin de perpétuer à jamais sa fixation.  –

Lundi 27 avril – La vente de tous les matériaux du vieux château de Dreux a été faite par adjudication, moyennant 3,500 livres. Après avoir été pratiquement rasé, le terrain est vendu sous forme de cens. –

Drouais – Les chaleurs ont été excessives et bouillantes (??) pendant les mois de mai, juin, juillet, aoust et presque septembre . La moisson néanmoins a été abondante en toutes sortes de grains.

26 novembre – Naissance à Chartres de Louis-AugustiMarceau-Desgraviers , frère du général Marceau. Il fit les campagnes de la République et de l’Empire au cours desquelles il fut blessé à plusieurs reprises. Il s’engagea comme simple soldat, et finit major. Il meurt à Chartres le 7 juin 1839.

1780

– Simon Richaut, l’un des grands éditeurs de musique de son époque, voit le jour à Chartres. Installé à Paris, il publie des œuvres de Mozart, Beethoven, et contribuera à favoriser Berlioz détectant la valeur musicale très rapidement.

lundi 25 septembre – a été faite l’ouverture de la vendange. A Dreux, les arpends de vignes n’ont produit que 4 à 5 ou 6 poinçons de vin. Les vins de 1779 ont tourné casaque dans presque tous les vignobles du Royaume. La campagne a été plus abondante que notre vignoble. Après la Saint-Martin, le vin nouveau a été vendu communément 36 livres le poinçon, et le vieux 45 livres plus ou moins.

1781

#  – création à Chartres du premier corps de sapeur-pompier – # La récolte a été abondante(Drouais) en bleds et encore plus en avoines : il y a eu moins de gerbes de bled que l’an passé, mais autant de bled ; la paille d’avoine a été tout-à-fait abondante. Abondance de toutes sortes de fruits ; le cidre ne vaudra pas ses frais et n’aura point de qualité, attendu que toutes les pommes et poires sont tombées toutes véreuses et presque pourries.

#– Drouais – la vendange a été ouverte : la première semaine a été commode et belle, la seconde a été pluvieuse. De mémoire d’homme, on n’a point vu dans tout le Royaume une année aussi abondante en vins.-

25 août Janville – naissance de César Lair, artiste-peintre, élève de David. En 1808, il expose une Jeanne d’Arc qui fut fort appréciée. On lui doit de nombreux tableaux qui décorèrent les cathédrales de Paris, Metz, Auton, pour ne citer que les plus représentatives. Décès en 1828.

3 octobre – Première parution, chaque mercredi dans un premier temps, du journal d’annonces Les Affiches du pays chartrain qui cessa le 11 mai 1790. Son en-tête fut gravé par Sergent-Marceau.

14 décembre – Dreux – bureau à l’Hôtel-Dieu pour anéantir les cimetières de la ville et les transporter dans le terrein adjacent à la chapelle de Saint-Gilles et n’en former qu’un seul cimetière pour les deux paroisses de Dreux. Le vendredi 9 mai 1783, Mgr de Lubersac, évêque de Chartres, a décidé que le cimetière de Saint-Pierre restera où il est de tems immémorial. » Coudreceau (Nogent-le-Rotrou)–

# Avec l’hiver, il tomba tant de neiges que, dans certains endroits, il y avoit au moins plus de 5 pieds de haut : les chemins étoient tous fermés, et cette neige dura sur la terre plus dix semaines : les voitures ne pouvoient pas aller, et on a trouvé plusieurs personnes mortes.

1782

#– Les Chartrains se plaignent de la mauvaise qualité du pain, et s’en prennent au commerce des farines reprochant que les meilleures alimentent Versailles (la cour) et Paris.

# – Chartres. La partie descendante du Tertre Saint François est refaite pour la rendre moins abrupte. Pour autant, faut de fonds sans doute, i-on négligera le revêtement aux alentours, rendant souvent impraticable les lieux, les différents palmiers étant fort affectés par les pluies.

# – 4 janvier. Naissance à Nogent-le-Rotrou de François-Emmanuel de Pinceloup de Mourissure qui fut auditeur en la Chambre des comptes, aides et finances de Normandie. Politiquement très effacé. Décédé en la même ville le 23 février 1859.. Il est le gendre de Jacques Guiller de Souancé, conseiller du roi et avocat, également né à Nogent-le-Rotrou.

24 septembre – naissance à Margon du peintre panoramiste Jean-René Meilland. Il meurt le 27 février 1831 des suites accidentelles d’un incendie dans sa ville natale. Il est auteur , entre autres, d’un panorama de Nogent-le-Rotrou qu’il peignit du haut d’un clocher.

1783

# – naissance à Gallardon de Martin de Gallardon dit Le Petit homme bleu, visionnaire qui affirma à Louis XVIII qui le reçut en audience, que l’archange Gabriel lui aurait affirmé que Louis XVII n’était pas mort, reconnaissant Naundorff comme fils de Louis XVI. Il meurt à Chartres en 1834. –

# En raison d’une importante crue à Chartres, plusieurs ponts sont fortement endommagés.

nuit du jeudi 12 au vendredi 13 juin – Dreux – Des voleurs ont fait un trou dans la vitre de la chapelle de Saint-Nicolas de l’église Saint-Pierre, par lequel ils ont passé : ils sont entrez dans le chœur par la petite porte collatérale vis-à-vis celle de Notre-Dame-de-Pitié qu’ils ont trouée ; ont volé deux belles lampes d’argent, sans avoir pu détacher les chênetes et les plaques aussi d’argent, soutenues par des codes neuves ; ont fait aussi tomber une lampe de cuivre qu’ils ont laissée voyant qu’elle n’étoit point d’argent ; ont forcé les serrures des tablettes du banc-d’œuvre sans y avoir trouvé de l’argent, ont seulement emporté deux chandeliers fourrez ; n’ont point touché au tabernacle ; n’ont pu forcer la porte de la sacristie ; ont fait sauter les serrures des armoires où sont enfermés les ornements sans les endommager, excepté une étole dont ils ont enlevé le bord et les galons qu’ils croyoient d’or. Il a aussi été fait d’autres vols dans plusieurs autres églises sans que l’on ait pu découvrir et arrêter les auteurs

juin  – L’éruption d’un volcan islandais sème la mort en France, provoquant un brouillard toxique. Le curé de Broué témoigne de cette façon  » Pendant cette obscurité du soleil, on n’entendait que maladie et morts très innombrables.  » De même le curé de Landelles qui relate dans son registre  » Les brouillards ont été suivis de grands orages et de maladies qui ont mis au tombeau le tiers des hommes dans plusieurs paroisses.  » Cinquante trois communes de l’ouest de la France ont été touchées. Un autre chroniqueur, un obscur philosophe hollandais, Antonius Brugmans, nous précise que  » plusieurs personnes ont éprouvé le 24 après-midi 1783 à l’air libre une pression incommode, un mal de tête, une difficulté à respirer exactement semblable à celle que l’on éprouve quand on hume l’air imprégné de soufre  ». L’éruption de ce volcan connu sous le nom de Laki a duré plus de huit mois entre le 8 juin 1783 et le 7 février 1784. Les décès en Eure et Loir ont augmenté de 25 % par rapport à une année normale. A l’évidence le dioxyde de soufre a fait des ravages dans la population. Les iles britanniques ont été les plus touchées. Voici ce que nous raconte le curé de Landelles – Il y a eu au mois de juillet et une partie du mois d’aoust un brouillard sec qui a obscurci le soleil pendant six semaines, pendant 7 à 8 heures par jour, le soleil paraissoit éclipsé. Ces brouillards ont été suivis de grandes orages et les maladies qui ont mis au tombeau le tiers des hommes dans plusieurs paroisses.

14 juillet – Jean-Baptiste Maury, originaire de Chartres, soldat ayant servi lors du règne de Louis XVI, est mis en congé militaire après huit ans de service, et qui termine sa carrière en combattant pour la liberté lors des guerres d’Amérique. Il intégra l’armée comme simple soldat au sein du 1er régiment Piémont-Infanterie, une garnison faisant partie du vaisseau  » Le Terrible  » de 74 canons; Le 9 août 1780, il participe à l’arraisonnement au petit matin, et un peu par surprise, d’un convoi anglais, escorté par des navires de guerre, faisant route pour les Indes.

13 septembre – Bien que cette affaire ne concerne nullement l’Eure et Loir du moins sur le sort final réservé au fameux Robillard, il est intéressant de se pencher sur cet individu. Successeur de Renard, il reprend le tête de la bande, et commet multiples coups de mains criminels sur l’Orléanais et en Beauce. En quelque sorte, on peut le classer dans les prémices de la future bande d’Orgères. Semant la terreur, avec sa bande, il figure dans catégorie de ces bandits de grand chemin. Il sera arrêté, et exécuté ce jour précis par jugement prévôtal, rendu par les juges de Montargis, avec plus de soixante-dix complices. Robillard subira comme Renard, son ancien compris, au supplice de la roue. Les autres membres de la bande seront pendus ou condamnés aux galères. On aurait pu croire que la justice en aurait fini avec ces deux exécutions majeures, l’exemplarité de la peine décourageant d’éventuelles nouveaux venus. Que nenni ! La résurgence de nouveaux malfrats va considérablement endeuiller la plaine de Beauce et abords.

Fin d’année – En la même année, la neige a commencé le 28 décembre, qui a monté jusquà trois pieds sur la surface de la terre : le gibier et presque tous les oiseaux ont péri de faim. Ces grandes neiges ont duré deux mois. Ces tems fâcheux ont été suivis d’une grande cherté, tant pour le bled que pour les autres denrées nécessaires à la vie des hommes.

Dès le mercredi 10 décembre dans le Drouais – L’hyver et la gelée ont commencé à se faire sentir et ont continué. Les samedi 27, dimanche 28 et lundi 29 du même mois, il est tombé nuit et jour de la neige en abondance ; le mardi 30 elle a fondu en partie, et les eaux sont devenues grosses sans causer aucun dommage ; la gelée a toujours continué. Le samedi 24 janvier 1784, il est encore tombé de la neige en abondance, presque tous les jours et toutes les nuits jusqu’au samedi 21 février , aux dimanche et lundi 22 et 23, jours auxquels sont arrivez le dégel et la fonte des neiges. Le lundi 23, sur les dix heures du soir, est arrivé tout-à-coup le débordement des eaux, qui aexcédé le pont de la porte Neuve de 6 pouces : la rivière, la nouvelle promenade, le grand fossé et l’ancienne promenade ne formoient qu’un étang…….et sans la prévoyance et la diligence des magistrats de la police qui ont fait déglacer les rues et transporter les neiges dans la rivière, la ville auroit été submergée, et les eaux seroient entrées dans l’église Saint-Pierre jusqu’à la chapelle de la Sainte-Vierge comme en 1711. Comme l’hyver a été long, rude et neigeux, les pauvres périssoient de faim et de froid. Les riches et aisez de la ville ont fait des efforts prodigieux pour soulager les misérables qui fourmilloient dans les rues et qui alloient de maisons en maisons procession-nellement : les administrateurs de l’Hôtel-Dieu ont fait des données publiques deux fois par semaine et ont dépensé pour plus de 2,000 livres d’argent à cet effet..

1784

# Avant la Révolution, Chartres comptait 13 000 habitants, dénombrait de nombreux métiers, trente avocats et dix huissiers pour la seule cité beauceronne. Une branche commerciale était très florissante,celles du commerce des peaux avec 16 tanneurs, 8 mégissiers qui tannent et blanchissent les peaux, un dégraisseur, deux peigneurs de fibres textiles, un blanchisseur d’étoffes, 4 lavandiers (ou lavandières), 5 teinturiers, 5 tondeurs de draps, deux sergers ou sergiers pour la lisière des draps ; deux corroyeurs (apprêtent le cuir après tannage):De nombreux métiers traditionnels existent encore de nos jours, comme les apothicaires devenus les pharmaciens actuels. Quelques métiers curieux attirent notre attention : chauffournier (ouvrier de la chaux), fabricant d’eau  » factice  » !!, et un d’eau minérale, sans oublier la bière, ferblantier-lampiste (confectionneur du fer-blanc pour les ustensiles). Il y avait également 43 débitants de boissons, soit 1 pour 200 habitants. En service de santé, quatre médecins, et surtout dix chirurgiens chargés de pratiquer les saignées, sachant que chaque intervention de ce genre coûtait aux patients 1 livre et 10 sols, soit environ 16 euros, un vétérinaire. Le clergé comptait environ 1000 religieux. La population chartraine englobe des gens de la noblesse, la bourgeoisie, les rentiers, les fonctionnaires, la classe laborieuse, la population rurale. Ce qui démontre que l’argent guidait le commerce, seuls les gens riches faisant vivre la cité, une sorte de circuit fermé avant que la vie sociale n’évolue avec les événements que va connaître la France.

– La neige a régné sur la terre depuis la mi-janvier à 3 ou 4 pieds en ret et à 15 ou 18 pieds dans les endroits où elle a grillé. Le dégel a commencé le 21 de février. –

# Le curé de Montboissier (arrondissement de Châteaudun) prend sa plus belle plume pour nous commenter cette période difficile : a été remarquable par l’abondance, la durée et l’épaisseur de la neige, tant au commencement qu’à la fin. Il en tomboit presque tousles jours dans le courant de janvier ; elle étoit ordinairement annoncée par un épais brouillard d’un jour ou deux. Elle a commencé à tomber le 2 janvier et est restée sur la terre jusqu’au 16 février. Il y en avoit 2 pieds d’épaisseur sut toute la terre et jusqu’à 9 piedsdans les fonds. Le froid a été très vif pendant toute sa durée, mais non pas excessif. La glace avoit de 15 à 18 pouces d’épaisseur. Le gibier et les oiseaux, les moineaux et les corneilles exceptés, ont été presque entièrement détruits et sont morts de faim. La fonte des neiges et la débâcle des glaces ont occasionné des débordements de rivières et des regorts funestes aux lieux bas et situés sur le bord des rivières. Une grande quantité de ponts ont été enlevés dans toute la France et l’Allemagne. Le bourg d’ Alluyes, qui n’a eu que 5 maisons ou l’eau ne soit pas entré ; a beaucoup souffert de la débacle ; quantité de batiments ont été renversés par les glaces et emportés par le torrent. Le printemps et l’été ont été d’une sécheresse dont on n’avoit pas d’exemple de mémoire d’homme. Les bleds, déchaussés pendant l’hiver par la fonte des neiges, n’avoient sur chaque pied, que 2 ou 3 tuyaux, qui n’ont pu monter plus haut à l’arrêt que de 15 à 18 pouces, mais l’épi étoit bon, le grain bien nourri, et il ne falloit communément que 24 gerbes pour avoir un septier de bled, mesure de Bonneval, pesant 200. On auroit eu beaucoup de bled si on avoit beaucoup de gerbes, mais les granges étoient au trois quart vuides. On a été encore plus à plaindre pour l’avoine, ou qui n’a pas levé, ou qui a été brulée par la sécheresse. Le peu qu’on a pu faucher a été presque perdu dans les champs, parce qu’avant de la ramasser on a voulu attendre de la pluye pour la gonfler ; il en est venu de chaude pendant 8 jours de suite, qui l’a fait germer sur la terre. Les pois, les vesces, les haricots et même les prairies hautes n’ont pas mieux réussi que les avoines, de façon que la paille et les fourrages ont été d’une rareté et d’une chèreté inouies, qui ont contraint les laboureurs à se défaire, sinon de la totalité, au moins d’une grande partie de leurs bètes à laine et de leurs vaches. La vendange, qui promettoit beaucoup au printems et jusqu’au mois d’aoust, a été très médiocre, mais le vin étoit bon. L’été, quoique sec, n’a pas été très chaud, excepté 7 à 8 jours. L’automne a été superbe, et les semences parfaitement faites. Les trois dernières semaines de l’année ont été marquées par 6 à 7 jours de neige sur toute la terre, avec de la gelée qui a duré autant que la neige. la fonte de celle cy, qui s’est faite doucement, n’a causé aucun débordement ni malheur. – Bichon, curé de Vitray (aujourd’hui Vitray-en-Beauce – arrdt de Châteaudun) ajoute : L’hiver a été des plus rudes. La première neige qui a commencé à la Conception 1783a toujours été sur terre, et à la seconde, sans que la première se soit fondue, apris le 17 janvier et n’a fini que le samedi 21 février par un dégel considérable ; ce qui occasionné des eaux considérables qui ont causé bien des troubles dans le pays. – Autre commentaire au titre d’Orgères, notamment le 6 février : Sur les cinq heures du soir, par le vent de galerne le plus terrible qui ayt peut estre soufflé de mémoire d’homme, accompagné d’un givre les plus piquants, au point de faire perdre la respiration à l’homme le plus rigoureux et le mieux constitué, Jean Suret, homme de peine, étant sorti de La Frileuse, c’étoit assez son usage dans les froids les plus rigoureux en vertu d’un sang bouillant qui l’avoit rendu invulnérable aux froids les plus cuisants, perdit la respiration et l’usage de la vie entre Mongny et La Frileuse. Il étoit âgé de 56 ans. On a eu toutes les peines inimaginables d’enlever le corps, sans exposer à périr et les hommes et les chevaux. Signé : Pierre Gerbault ; Louis Denize ; Joseph Pottie ; Peyre, curé prieur d’Orgères,qui ajoutent vers les trois heures et demy ou quatre heures du soir, nu en chemise, comme c’étoit assez son usage dans les froids les plus rigoureux en vertu d’un sang bouillant qui l’avoit rendu invulnérable aux froids les plus cuisants, perdit la respiration et l’usage de la vie entre Mongny et La Frileuse. Il étoit âgé de 56 ans. On a eu toutes les peines inimaginables d’enlever le corps, sans exposer à périr et les hommes et les chevaux. Signé : Pierre Gerbault ; Louis Denize ; Joseph Pottie ; Peyre, curé prieur d’Orgères. De même le 23 février sur Alluyes, toujours dans le secteur de Châteaudun – Après une chute de neiges considérables , une fonte subite et abondante , les eaux ont grossi tout à coup , et ont inondés presque toutes les maisons d’Alluyes .L’eau est entrée dans la salle du presbytère à un demi pied de hauteur . – L’hiver a été des plus rigoureux à Douy et alentours. Les anciens ne se souviennent pas d’avoir vu tant de neiges : on a parlé de plusieurs accidents qu’elles ont occasionnés. Elle a commencé à tomber le 17 janvier au soir, et a continué toute la nuit abondamment. Celle-cy n’éyant pas encore fondue. Il en est tomber encore une quantité la nuit du 27 au 28, et le 28 toute la journée pour ainsi dire, le 29 longtemps dans la matinée. Alors, elles ont monté à une hauteur considérable : la cavée du bourg à Frileuse était comble et plusieurs autres. Il s’est passé peu de jours qu’il n’en soit tombé encore ; on croit pouvoir affirmer q’elle avoit en plaine environ un pied et demi de hauteur communément. Les voyageurs rapportent qu’elle étoit plus haute partout ailleurs que dans ce pays-ci, surtout du coté de Chartres et de Paris. Il est péri plusieurs personnes. Le bois est devenu tout à fait rare, les riches ayant consommé leurs provisions, les pauvres ne pouvant en chercher. De tous cotés ceux qui avoient le moyen se sont prêtés à secourir le malheureux :il s’est fait des distributions de charité. Enfin la neige ayant été sur la terre dans sa grande hauteur cinq semaines moins un jour, il s’est levé, le 21 février matin, un brouillard qui a commencé à la fondre ; le 22 au soir, il a tombé une petite pluye pendant une heure et demie environ, qui a annoncé les grandes eaux ; en effet la rivière a commencé à s’enfler le 23 vers midi ; alors les habitants du moulin et des rues ont délogé, les uns se sont retirés dans le bourg, les autres dans les hauts pàtis, plusieurs dans la grange à maitre Thiercelin dans le plus haut des rues. Le 24, au soir, l’eau étoit à un point si haut qu’elle a monté environ 6 pouces dans la chambre du moulin de Douy, le chalan passoit dans la grange du prieuré ; elle couloit environ d’un pied sur le pont de Saint Sauveur. Le 25 ayant baissé un peu, le 26, par une nouvelle fonte de neige, elle s’est enflée à peu près à son premier point, et enfin a commencé à diminuer le 27 au matin. Depuis la fonte, les communications étant ouvertes, on a su que plusieurs personnes en différents pays étoient péri par le neige. Le 13 mars, malgré les pluyes et brouillards, j’ai encore vu de la neige dans les fossés de la vigne d’Ancize. Depuis cette fonte jusqu’à la récolte de bled, on n’a point eu pour ainsi dire d’eau ; tout a péri par la sécheresse, les fruits, les bleds, l’avoine et les prés. La récolte des foins a été moitié moindre que l’ordinaire, celle des bleds très mauvaise, tant par le défaut de paille que par le noir dont la majeur partie des froments ont été gatés ; celle d’avoine plus mauvaise puisque dans bien des champs le laboureur n’en a pas eu pour le décimateur. Plusieurs ont fait arracher leur bled, plsieurs utres ont laissé l’avoine. Quant au reguin, les pluyes qui sont tombées trois ou quatre fois seulement vers la fin du mois d’aoust lui ont fait du bien ; on a recueilli plus que l’on espéroit. Le foin a valu 10 livres, mais communément 80 livres le cent de bottes pesantes chacune 10 livres. –

Lundi 23 février – A Blévy une inondation des plus fortes, causée par les neiges qui étaient tombées en diffé­rentes fois, depuis le 27 décembre 1783, jusqu’à ce jour que le dégel qui avait commencé la veille 22 a occasionné un déluge d’eau dont le fort est arrivé sur les 10 heures du matin, avec une telle rapidité que le mur du parc depuis le moulin des Graviers à Blévy jusqu’à la grande porte du parc a été renversé du haut en bas, ainsi que le pillier du trou à la Foucaude. Le grand pont qui avait été raccommodé un peu par les soins de deux ou trois habitants a été totalement emporté, et l’éperon en maçonnerie qui était dans le milieu de la rivière, sur lequel était appuyé le pont, a aussi été démoli et renversé par les eaux, qui sont montées jusqu’au niveau de la première marche de l’église. Il y a eu plusieurs maisons où il y a eu deux ou trois pieds d’eau, heureusement personne n’a péri ni bestiaux, mais les fumiers et jardins ont été emportés et ravinés.En l’année 1784, par l’ordre de Mr l’Intendant d’Alençon, le grand pont de dessus la rivière à Blévy a été reconstruit tout à neuf en bois de charpente et maçonnerie aux deux bouts, ainsi que le petit pont, et ont coûté mille neuf cent quatre vingt dix livres, aux dépens des biens tenants de ladite paroisse, et ont été les entrepreneurs desdits ponts, Pierre Thierrée, maître –charpentier, et François Gouget, maître maçon, tous deux de Blévy.

7 avril – décès à Chartres, à l’âge de 42 ans, de Pierre-Paul du Taillis, avocat au Parlement de Paris après de brillantes études. En 1761, ce futur homme de justice était connu pour son humour au service d’une plume alertes. Il fait paraître une facétie intitulée  » Mémoires pour le beau sexe de la ville de Chartres, en prenant fait et cause en faveur d’un certain Millet à la suite d’une querelle avec les barbiers de ladite ville. Il s’en suivit des échanges épistolaires qui se répandirent dans la cité beauceronne comme celle d’épître avec pour auteur une demoiselle de M… Des invectives qui finirent par faire rire la cité. Devenu avocat, il continua d’écrire toujours dans le même style avec parfois des motifs injurieux qui ne furent pas toujours du goût de ceux auxquels ces écrits s’adressaient.

1785

– Montboissier – Pendant tout le mois de janvier et une partie de février 1785, la terre a été couverte de neige, mais son épaisseur n’a pas été considérable. La fonte, qui s’est faite doucement, n’a occasionné, icy ni dans toute la France, aucune crue d’eau ni débordement dommageables. Le froid de l’hiver n’a pas été trop vif, mais après la fonte des neiges, il est venu, pendant 15 jours ou 3 semaines, de fortes gelées blanches qu’un soleil brillant et très chaud fondoit pendant le jour, qui ont fait beaucoup de tort aux bleds des terres qui n’ont pas de consistance. La gelée et le dégel, alternatifs dans 24 heures, pendant tout ce tems, ont fait couler ces terres, et la racine du bled s’est trouvée à découvert, ce qui en a fait périr une partie, et l’autre est mal venu. Il semble qu’il soit dans la nature qu’un hyver abondant en neiges soit suivi d’un printemps d’une sécheresse désastreuse : celui de cette année a été au moins aussy sec que le précédent. La plupart des avoines mal ou point du tout levées,le sol des prairies absolument brulé, les bleds languissants et sans verdure offroient l’affreuse perspective d’une famine générale. L’avoine, depuis et compris les semences de mars jusqu’à la récolte, valoit 14 livres 10 sols le septier, mesure de Bonneval ; le foin 120 livres le cent, ce qui rendoit la livre 10 deniers plus chère que celle du pain : aussi tous les bestiaux mouroient, même ceux des propriétaires et fermiers aisés, parce que tous les fourages étoient d’une rareté telle qu’on trouvoit pas pour de l’argent. Partout, dans la capitale même on faisoit des prières publiques et des processions pour avoir de la pluye. Enfin le ciel, favorable à nos vœux, nous en a accordéassez abondamment à la mi may, dans le courant de juin et à la mi-juillet, qui a fait lever les avoines dont on a eu assez abondante récolte, mais tardive, ranimé les bleds qui ont repris de la vigueur, mais dont un sixième dans toute la France, étoit carié ou noir, ce qui a fait un tort considérable à la rente (au rendement ) et à la qualité. D’ailleurs ils n’étoient fort hauts de tuyau ; ils n’avoient pas plus de deux pieds à l’arrèt, de manière que la récolte de bled, tant en grain qu’en paille, ne peut ètre regardée que comme une bonne demi-année, trois quart d’année en avoine et autres grains de mars, et quart tout au plus en foin, dont le prix n’a pas diminué : il y a eu une bonne récolte de regain. La physique et la chimie, qui ont cherché un moyen prompt et efficace d’éclaicir le bled moucheté ou noirci par la carie, ont travaillé sans succès jusqu’à ce jour –

lundi 2 mai – Dreux – à trois heures après-midi, Eloi Maîtrejean, fagotteur, garçon des Vieilles-Ventes, hameau d’Abondant, a été rompu vif sur un échaffaut dans le grand carrefour vis-à-vis l’auberge du Paradis et en face de la rue Parisis, pour avoir assassiné et volé le 12 mars Philippe Dorge, garde-vente d’Anet, dans la grande route ou grand chemin de Dreux audit Anet. Il s’est trouvé ce jour-là à ce triste spectacle plus de 10000 personnes, tant de cette ville que des villes voisines et de la campagneChâteaudun – Le nombre des décès surpassa celuy des naissances de 41. Cette supériorité a été occasionnée par la petite vérole, qui a duré ici une année entière et a moissonné près de cets enfants et plusieurs grandes personnes. On pense que l’inoculation pouroit obvier à cette mortalité, mais pour moy je croy que tous ses événements sont dans l’ordre de la Providence à la quelle nous devons nous soumettre . 

Juillet – Drouais – la moisson a été plus longue qu’on ne s’attendoit, à cause qu’il a plu pendant toute la lune d’aoust. Il y a des pays où les bleds ont été crochetez comme les pois, d’autres pays où ils ont été fauchez comme les avoines, afin d’avoir plus de grosses pailles. Les bleds en général ont été très mêlés, ce qui en diminue le prix : la récolte n’a guère été plus abondante que celle de la précédente année. »

– Chute sur une grange à Frazé d’une des toutes premières montgolfières.

#  25 août– naissance de Zoe Talon au château du Boullay-Thierry qui, en devenant la maitresse de Louis XVIII fut élevée au rang de comtesse du Cayla. Surnommée La Tabatière du Roi, elle fut plutôt une maîtresse pour la façade. S’étant retirée au château de Saint-Ouen (région parisienne), elle se spécialisa dans l’élevage du mouton obtenant plusieurs récompenses de prestige.

# – Mardi 6 septembre  – Drouais – Sur les dix heures du matin, il s’est élevé un vent terrible qui a duré presque toute la journée et qui a fait tomber presque toutes les pommes et poires qui étoient déjà en petite quantité, et le dimanche 25 du même mois, un pareil vent a fait tomber le reste : le cidre est devenu rare et fort cher en Normandie et ailleurs. Il faut ajouter que tout le cidre de l’année précédente qui étoit en abondance a aigri et est devenu noir et impotable

2 décembreFrançois-Sévérin Marceau contacte un engagement dans les Gardes françaises au sein du régiment Savoie-Carignan suite une petite aventure dont il fut à l’origine. Il a 16 ans, il est connu pour être un élève dissipé, farceur, enjoué. Avec des camarades de classe qu’il avait entraîné dans une promenade, il avise des chevaux qui se trouvent au pâturage aux Grands-Près aux abords de Chartres. Et les voilà tous enfourchant les chevaux, chevauchant à nu jusqu’à Maintenon où la joyeuse bande se permit de faire une parade sur la place principale de la commune sous les vivas de la population. Hélas, le retourne fin d’après-midi ne fut pas sans problèmes, ignorant à cet instant que les propriétaires des chevaux avaient déposé plainte pour vol auprès du directeur de l’établissement scolaire. Marceau prendra à son compte l’entière responsabilité. Ce faisant, son père lui conseilla de s’engager…dans la cavalerie. Ce qui fut dit, fut fait.

1786

Début d’année  – Montboissier – Il y a ey beaucoup de neige pendant l’hiver sur la terre mais un peu moins et moins mongtemps que le précédent ; un printems très sec, et les bleds à la fin avril, promettoient une abondante moisson, se son dedits tout à coup et n’ont donné qu’une récolte très chétive et plus de noir que l’an passé : à peine sont-ils épiés dans les bonnes terres les médiocres et les mauvaises ont été celles qui ont le plus produit.Le froment ayant manqué dans tous les méteils, ils n’étoient pour ainsy dire que du seigle. Les vendanges ont été très bonnes, mais moins abondantes et de meilleure qualité que l’année dernière. Plus de foin, mais les bestiaux de toute espèce très rare et d’une chèreté exhorbitante. Les fermiers ruinés par les trois dernières mauvaises récoltes, le prix excessif des baux, la chèreté des bestiaux et la baisse du prix du bled ont, pour une grande partie, quitté leurs fermes, dont beaucoup sont restées en friche.- 

Poulailler, pendu la présente année, est considéré comme l’un des premiers véritables chefs de bande. Il a sévi aussi bien en Beauce, qu’en Sologne et Gâtinais. Parmi ses complices Jean Renard, autrement dit Fleur d’Epine qui sera en quelque sorte l’initiateur de la bande d’Orgères. Son adjoint étant le Beau-François que nous allons retrouver une dizaine d’années plus tard.

2 juillet – Un arrêt du Parlement de Paris interdit aux céréaliers notamment Beaucerons d’utiliser la faux seule la faucille étant autorisée, sous peine d’une amende de deux cents livres (2000 euros !), doublée en cas de récidive. L’usage de la faux reprit en 1800.  Cette décision prend en compte ce mode de coupe partant du principe que la faux secoue l’épi, et on perd de précieux grains, surtout en cette période disette. Qui plus est avec la faux, on coupe plus bas, ne laissant plus assez de paille pour les gens dans la nécessité pour couvrir les maisons ou s’en servir comme chauffage.

Eté – Dambron – A été remarquable par une sécheresse considérable qui a commencé avec la moisson et a duré six mois, avec une telle aridité que les « couvrailles »de bleds ont été très difficultueuses et même impossible dans plusieurs endroits. – La  » bienfaisance et la sagesse du Roi  » à l’égard de son peuple débouche sur ordonnance  » d’accorder à la partie malheureuse du peuple  » des secours en nature…

# – Chartres – ouverture du cimetière dénommé Sainte-Foy et Saint-Martin jusqu’en 1790, puis cimetière Notre-Dame jusqu’en 1819, et situé à l’emplacement de l’actuelle préfecture d’Eure et Loir, puis transféré à Saint-Chéron en 1891.

1787

– Ont été crées les administrations provinciales, divisées en assemblées provinciales, assemblées de département et assemblées municipales dans chaque paroisse. Entre l’époque des assemblées, il y a en chaque province, une commission intermédiaire formée par l’assemblée de province, qui communique à un bureau intermédiaire en chaque département, formé par l’assemblée dudit département, et ce bureau communique à la municipalité des paroisses. Le but de ces administrations est de faire connaitre les besoins des provinces, d’asseoir les impots, etc …

# Décès à Dreux de Simon Simon claveciniste vers cette date, à l’âge de 52 ou 67 ans. Il fut nommé maître de clavecin à la cour de Louis XV, notamment des Enfants de France, de la reine Marie Leszcynska, et quelques princesses. Il composa plusieurs pièces de clavecin.

#  Emmanuel Siéyès (1748/1836) est vicaire à Chartres. Ce fut un homme d’église, un essayiste et homme politique qui marqua profondément la cité beauceronne. –

# Cette même année, la pièce L’Inconstant de Collin d’Harleville est joué trois fois à Chartres devant de nombreux spectateurs.

Février – Le Duc de Luynes, propriétaire d’importantes forêts en bordure du Loir, voudrait rendre cette rivière flottable. Eu égard à la qualité du personnage, un mémoire est remis à Louis XVI, avec l’aval de M.François Bouchet, ingénieur en chef au titre de la Généralité d’Orléans. La disgrâce de Charles Alexandre de Calonne, contrôleur général des finances, en avril, met fin définitivement à l’entreprise.

13 juillet – A trois heurs après midi , une grêle terrible et funeste a détruit en moins d’un quart d’heure la plus belle apparence de récolte dans les paroisses de Saumeray , Bouville , Vitray ,Andeville , etc … Dans toute cette longueur et même au delà , la nuée ne portait qu’environ qu’unquart de lieue de largeur .On a remarqué beaucoup de grains de la grosseur du poing , les moindres gros comme des oeufs de pigeon , de manière dans cette étendue de terrain , les moissons étaient broyées , déchiquetées et comme la filasse sous la brise . De nombreux morts. En 1787, abondance de grains de toute espèce : belle ,sèche et superbe récolte ; le bled considérablement diminué et à un prix extrèmement bas ; la pluméchante récolte possible en vin. Le lendemain.

# – Montboissier – grèle épouvantable, le dimanche à 7 heures du matin, qui a détruit toutes les récoltes dans cette paroisse et autres voisines, dans un rayon ou étendue de plus de 50 lieues de pays. – Mais par ailleurs la moisson de 1787 a été abondante, mais il y avoit beaucoup de noir. Elle a commencé vers le 4 ou 5 aoust et fini le 22 ou 23. Il a fait une chaleur très grande : l’avoine a été ramassée très sèche. Abondance de grains de toute espèce : belle ,sèche et superbe récolte ; le bled considérablement diminué et à un prix extrêmement bas ; la plus méchante récolte possible en vin

# -Grande crue la nuit du 25 décembre à Alluyes et dans les environs.

1788

#  – Une année terrible sur le plan du climat. Un orage d’une violence inouïe s’abat sur l’étendue du départementtouché de plein fouet causant de graves dommages. Hélas, la population n’en aura pas fini avec les intempéries. Déjà que la population est touchée par la disette en raison d’une très mauvais récolte, l’hiver s’abat sur la région. Un froid intense entraine dans la mort le bétail, la volaille, et parmi la population les plus fragiles. Le travail manquait déjà, la situation s’accentue d’une façon cruelle. L’un des facteurs de révolte populaire à la veille de la Révolution.- A Bonneval et le canton, le jour de Pâques grande et considérable crue d’eau jusqu’à dans les cours et maisons de plusieurs habitants . L’année 1788 est considérée comme une des plus malheureuses par les pluies continuelles depuis le mois d’octobre précédent jusqu’à la veille de Pâques, ou elles ont fini par un orage des plus furieux qu’on ait jamais vu à pareille saison du 22 mars ; par la sécheresse et les chaleurs excessives de l’été, qui ont occasionné, le 13 juillet, un orage avec une grêle énorme, qui ont fait le plus grand ravage et réduit la moisson des bleds et mars à rien, en sorte que le bled, depuis la Toussaint 1788 jusqu’en 1789, a valu 35 livres au moins le sac, mesure de Patay, et le pain 27 à 28 sols. 70 paroisses sont touchées sévèrement. – Les mauvaises récoltes qui se succédèrent au XVIIIe siècle ruinent les paysans. Elles appauvrissent toutes les couches de la population en provoquant une hausse considérable du prix du pain constituant la base de la nourriture des Français. La misère grandissante pèse dans les provinces, menant à des troubles qui seront interprétés par la suite comme annonciateurs de la Grande Révolution. – 29 mai – vers cinq heures et demi du soir, la paroisse de Douy a été grèlée presqu’à moitié ; ce sont les seigles et méteils qui ont le plus souffert. La grèle étoient communément comme des balles ; on en voyoit encore le lendemain matin. Ce jour là, 30 mai, il vint un seconde nuée à midi, qui ne dura qu’un instant heureusement. La grèle étoit communément plate comme des pièces de 6 à 12 souls.

François Béchant, chanoine de la cathédrale de Chartres, et procureur syndic du département de Chartres et de Dourdan, fut chargé comme représentant du pouvoir exécutif, de rédiger un rapport fort détaillé sur la grêle qui ravagea la Beauce au mois de Juillet. A noter que ce genre d’intervention ne dispose d’aucune voix consultative au sein du district. Le rapport en question a pouvoir de constater, rien de plus.

# En cette année, on retrouve un certain Polonceau, prieur curé de Lucé, auteur d’un Petit traité de gromonique ( rapport aux planètes) ou l’art de tracer les cadrans solaires.

Janville. Création d’un Bureau des Pauvres, leur présence étant récurrente eu égard aux problèmes qui accablent la région. l’Hôtel-Dieu assure certaines dépenses en faveur des pauvres, soit 232 livres ce qui, représente environ 4300 euros, indépendamment des frais de fonctionnement tels soins, l’alimentation, le salaire des fossoyeurs, les redevances soit 2715 livres (environ cinquante mille euros). (Nota : la conversion n’est basée sur celle consacrée aux monnaies de l’Ancien Régime.)

#  23 juin – un témoin relate la célébration de la fête de la Saint-Jean àChartres, accomplie chaque année autant dans la cité beauceronne que dans les autres diocèses. La tradition voulait qu’un arbre que l’on ornait de rubans, repose sur un gros tas de broussailles. Le curé, à la tête d’une procession, venait mettre le feu tout en bénissant l’assistance comme les flammes. Le feu éteint, il était de tradition que chaque participant soit en mesure d’emporter un débris du bûcher utilisé à des fins de se préserver de la foudre. – 

dimanche 12 juillet – Dambron – A 8 heures et demi du matin, a éclaté un ouragan terrible et inoui, meslé d’éclairs, de tonnerres affreux, qui a, presque en même temps et dans l’espace d’ un quart d’heure, ravâgé, détruit, abysmé moissons, luzernes, fruits, légumes, arbres fruitiers, et cela dans l’étendue des deux tiers de la Beauce, du Perche, du Chartrain. Soit 64 paroisses sur 200 touchées, et de nombreux morts.A Auneau, Sours, Gallardon, Bellegarde et autres plusieurs endroits les plus écrasés, on a vu des glaçons de gresle pesants jusqu’à sept livres. Les toits des maisons emportés, les charpentes brisées, les édifices, même les églises, découverts, écroulés. Les autres endroits, sauf le Gastinois, et la Sologne qui n’ont souffert presqu’aucun dommage les moins malheureux ont encore perdu les deux tiers de leur récolte tant de bleds que d’avoine. Ces environs-cy un peu moins attaqués n’ont recueilli que pour les frais. 13 juillet – Un gros ouragan occasionne de gros dégâts : moulins renversés, clochers, récoltes détruites. Nous avons eu une grêle qui a ravâgé un tiers de notre royaume. Le diocèse de Chartres a perdu au moins par cette grêle 12 millions. La grêle ravage plusieurs régions du royaume y compris, la Beauce. Il est difficile de se peindre la désolation et le malheur des pauvres grèlés , surtout ceux de nos paroisses voisines , Saumeray , Bouville , Vitray , Montemain , qui éprouvaient pour la seconde fois de suite cette affreuse calamité .Il s’st trouvé des grains de grèle d’une grosseur incroyable , du poids de plusieurs livres du coté de Rambouillet , Ce n’a été d’abord que plints et mémoires présentés de tous les cantons au Roy et aux premiers ministres ; mais le mal était fait trop grand pour esperer des secours efficaces De nombreuses églises sont détruites (vétusté également), ,et le diocèse de Chartres subit une contre-partie importante grévant son budget à la suite de ce véritables ouragan. Le Gouvernement a commencé a donner une faible portion de secours aux plus pauvres cultivateurs pour encourager les prochaines semences .La paroisse a reçu au total la quantité de 30 septiers de bled mesure de Chateaudun ; puis une somme de 500 livres dans le fort de l’hiver pour les plus nécessiteux cultivateurs ou non , pour les gros fermiers sont toujours à attendre les secours ; il paraît qu’on se repose sur les propriétaires qui sont dans l’impossibilité de subvenir à tout ce mal.

– Ce même jour Gault-Saint-Denis – La grêle a ravâgé une étendue de 80 lieues. La perte de cette paroisse a été estimée à 80.000 livres. L’hiver a commencé à se faire sentir dès la Toussaint jusqu’à la veille de Noël pour reprendre dès le lendemain avec encore plus de violence. Le thermomètre n’a jamais été aussi bas que le dernier jour de l’année. Cette rigueur de temps a duré jusqu’au 12 janvier. Les trois quarts des bleds n’étoient pas levé. 

– La paroisse de Bouville et une infinité d’autres ont essuyé une grêle de nature la plus destructive, qui a occasionné une perte très considérable : celle de cette paroisse a été évaluée à cent quarante et tant de mille livres.- Toujours ce 13 juillet qui a fait un malheur

 –Douy – A six heures et demie du matin, il s’éleva un horrible ouragan qui fit des ravages terribles : bâtiments renversés, bestiaux tués ou blessés, hommes et femmes blessés.Ce n’étoit pas dans plusieurs endroits de la grèle, c’étoient des glaçons qui bondissoient sur terre et qui portoient quatre ou cinq coups meurtriers à ce qu’ils rencontroient. On a pesé à Chambourcy qui se sont trouvés du poids de 10 livres ; une forèt de chataigniers a été ruinée. Icy, toute la plaine du haut Douy a été perdue, il n’y restoit pas un boisseau d’avoine : dans plusieurs champs, le fourrage même a été enterré, les méteils de même, les froments couchés ou égrainés aux trois quarts, quoique la grèle ne fut pas plus grosse que celle du 29 mai. La rose du pignon de l’église a été brisée. L’autre partie de la paroisse n’a pas été si maltraitée. On a évalué la perte d’ici à 10.117 livres.

– Les gazettes annoncent que Chartres, Rambouillet, Saint Germain, Marly, Clermont en Beauvaisis ont eu le même ouragan ; le bruit est qu’il a été jusqu’à Douay en Flandre. On a assuré que mon prédécesseur, qui a été icy 40 ans, tenoit de Me Ledevin, son oncle, curé d’icy pendant plus de 20 ans, que de mémoire d’homme cette paroisse n’avoit été grèlée. Il y a une lotterie à Paris dont le fond de 30.000.000 livres en faveur des grèlés. Le Gouvernement a fait distribuer du bled au plus pauvres cultivateurs pour ensemencer : cette paroisse en a eu un muid et 120 livres d’argent. Dans le mois de janvier 1789, on reçut encore 100 livres,qui furent distribués en pain aux pauvres : le pain valoit, pesant neuf livres, 22 souls. Dans lemois de mars, on reçut 27 septiers d’avoine, qui furent distribués pour la semence : les terres de La Mainferme, Jargué et Frileuse, comme plus grêlées, en eurent chacun 3 septiers. Dans le mois de mai, on reçut 30 livres, qui furent distribués en pain.

# Selon l’historien chartrain Michel Brice dans son ouvrage Eglises d’Eure et Loir, le ravage causé par un ouragan d’une force inouïe – voir ce qui précède – qui traversa la France, l’Eure et Loir en particulier, mit à bas l’église de Sours. Cette dévastation eut lieu le 13 juillet de la présente année, en forme d’admonestation annonçant à un jour près le début de la Révolution française, une affirmation entretenue par de nombreux historiens. Il est vrai, les croyances religieuses vont bon train, pour associer les événements climatiques à des passages historiques particuliers qu’ils soient favorables ou son contraire.

19 juillet. Brissot de Warville fonde la Société des Amis des Noirs avec pour but, l’abolition de la traite des noirs. Un bémol cependant à cette heureuse initiative : le conserver en partie à une époque où les Amériques, du moins les futurs Etats-Unis, ont besoin de main d’oeuvre, et les Africains représentent à ce égard la majorité de ces esclaves destinés à  » oeuvrer  » pour le Nouveau Monde. Toutefois, Brissot qui ,en juin 1788, s’est rendu dans ce pays lointain, se donnait pour mission, et s’en sentant redevable, de faire admettre l’égalité entre les noirs et blancs. A cet égard, à son retour, il s’est mis en relations avec le Comité de Londres, sous l’égide de Thomas Clarkson. Les deux hommes ont alors un but commun. Mais c’est sans compter de nombreuses levées de boucliers, d’abord de ceux qui vivent de ce commerce douteux, et d’autres rêvant d’autres rivages à exploiter. Sans oublier, l’  » ennemi de l’intérieur  » pour Brissot lui-même à qui on reproche de  » s’asseoir  » sur cette association pour parfaire ses ambitions au sein d’un royaume qui va connaître les événements qui vont suivre. Brissot va monter sur l’échafaud, et un peu plus de 60 jours après son exécution, l’esclavage est aboli par la Convention (4.2.1794) puis rétabli par Napoléon en 1802. En fait Brissot va réveiller les consciences en 1884.

8 août – décision de convocation des États Généraux par Louis XVI en raison du marasme financier et de la dégradation économique. –

#  17 septembre – Plusieurs convois de blé convergent vers la capitale et Versailles avec point de départde Chartres et alentours. – 

5 octobre – Le comité de surveillance et de subsistance décrète la constitution de réserves de grains en cas de nécessité. – 

18 novembre – Dambron– A commencé un hiver de sept semaines, qui a fini au dégel, qui s’est déclaré le 11 janvier. Cet hiver a été si terrible que pendant les sept semaines qu’il a duré le froid a toujours été en augmentant au point que l’histoire ne fournit pas d’exemple d’un pareil : il a eu 3 degrés de plus qu’en 1709 et a été plus long ; 8 degrés de plus qu’en 1740 et aussi long ; 2 de degrés de plus qu’en 1776, qui a été un hiver si terrible, mais qui n’a duré que 24 jours. Il a gelé d’un poulce d’épaisseur dans les cuisines échauffées ; jusque dans les caves ordinaires la congélation s’est fait sentir. On a trouvé beaucoup de personnes mortes de froid, soit dans les pauvres maisons ; les bestiaux même dans leurs étables ont été malades du froid. La congélation a faict périr jusqu’à une quantité de verminiers, qu’elle a ete chercher dans leur retraite. La vigne en bois a gelé au moins pour les deux tiers. Tous les fleuves de l’ Europe, même le Rosne, ont gelé en leur entier, mais surtout la Seine et la Loire, qui ont été gelées à 5 à 6 pieds d’épaisseur. Une cherté des grains allarmante est venue à la suite de ce mortel hiver, le bled ayant valu, depuis la moisson jusqu’à ce jour,10 février 1789, jusqu’ à 42 livres le sac d’ Arthenay en élite. – a commencé fin novembre  un des plus rigoureux hivers qu’on ait vus .Il dure aujourd’hui 3 janvier 1789, Il ajoute au malheur et persévérant et toujours persistant de la grêle .Depuis 4 semaines , la terre est couverte en plusieurs reprises de neige : le thermomètre est descendu jusqu’à 18 degrés et demi au dessous de zéro .La cherté est considérable , point de travaux ni de la part du seigneur ni du laboureur . ; la misère est à son comble . Il y a eu de la neige sur la terre l’espace de six grandes semaines, et le froid a été rigoureux depuis la veille de la Toussaint 1788 jusqu’13 janvier 1789, ou le dégel a pris entièrement. Les bleds n’étoient pas à moitié levés. Le gibier, les animaux de ferme meurent un peu partout. Une période, dont on dit, qu’elle aurait favorisé les débuts de la Révolution. – La grèle, qui avoit commencé le 24 novembre , a rompu le 13 janvier 1789 ; elle a été des plus violentes. La neige, qui avoit commencé le 5 décembre, a été très haute. Les 19, 31 décembre et 7 janvier ont été très froids. Le sort des pauvres, qui pendant sept semaines n’ont pu travailler, le pain de neuf livres valant 21 ou 22 sous et les laboureurs ruinés par la grèle ne pouvant donner, a été on ne peut plus triste. Les charités de Châteaudun ont été prodigieuses ; tout s’y est prèté jusqu’au régiment de dragons Colonel Général qui y étoit en garnison. Plusieurs ont été, un jour, deux jours sans pain. Dans plusieurs endroits, les moulins ne pouvant tourner, on a fait bouillir le bled. Le thermomètre étoit le 31 décembre, à 19 degrés trois quart sous le zéro. Le dégel a été très doux icy ; les glaçons ont cassé quelques poupées au moulin : mais il a été si terrible sur La Loire ; la chaussée ayant crevé, les dégats ont été très grands, ponts fracassés, maisons renversées, vignes et terres labourables ruinées, plusieurs personnes noyées, bateaux submrgés. Au printemps, on a vu beaucoup de bois gelé, les vignes, les noyers, plusieurs pommiers. Le pain étant toujours très cher, valant tantot 23 sous, tantot 25 sous un liard, il s’est fait une infinité de révoltes dans toutes les provinces, surtout à Orléans, Vendôme, Rambouillet, Paris, etc… Le feu a été mis chez un marchand de bled à Châteaudun, ce qui a occasionné la bourgeoisie de faire la patrouille toutes les nuits : on a été nocturnément chez plusieurs laboureurs demander du pain. Vers la Saint Jean, le pain a valu 28 sous. La populace s’étant mutinée, on a taxé le bled ; on a visité les greniers, et alors, le prix du pain a baissé en plusieurs endroits, à Vendome, à Mondoubleau, etc…, on a mangé de l’avoine..La police de Châteaudun avoit si bien pris ses précautions pour les marchés en obligeant ceux qui avoient du grain d’en exposer tous les jeudis une certaine quantité et en déffendant souvent de le sortir hors la ville, qu’on n’y a pas été aussi malheureux qu’en bien d’autres endroits.

30 décembre – Villebon – A sept heures du soir, le thermomètre de Réaumur exposé au nord est descendu à 20 degrés au dessous de la glace, c’est à dire 3 degrés plus bas qu’en 1776 ; il n’y avoit plus du tout d’esprit de vin dans le tube. Le grand froid a commencé le 25 novembre et a continué sans interruption jusqu’ au 12 janvier 1789. L’eau, la farine, le bois ont été on peut plus rares.

1789

#– suppression de la dîme, impôt de l’Église sur les agriculteurs, sous forme d’1/100ème de leur élevage et de leurs terres.

# La Constituante déclare aboli le droit exclusif de chasser les lapins de garenne.

# – Charles Philippe Simon, baron de Montboissier-Beaufort-Canillac (1750/1802) maréchal de campest élu député représentant de la noblesse pour les Etats Généraux –

# – Evêque de Chartres, Jean-Baptiste-Joseph de Lubersac est l’un des 4 députés du bailliage de Chartres aux États Généraux et refuse d’adhérer à la constitution civile du clergé .

# – Originaire de DreuxAlexandre Goussard est avocat à Paris. Electeur en 1789, il devient membre, à partir du 18 septembre , de la Commune provisoire avec Brissot dont il semble très proche. Il devient chef de division des Contributions directes, et sous la Restauration, conseiller d’Etat. En juin 1793, il aide Brissot à s’enfuir de Paris, mais ce dernier sera néanmoins arrêté à Moulins et transféré dans la capitale.

# – Le château de Nogent-le-Rotrou est transformé en prison, ceci jusqu’en 1801.

# – La levée des bleds a été si extra-ordinairement tardive qu’on les croyait gelés pour la plupart ; mais heureusement ils commencent à percer depuis les premiers jours de février, et les dangers de la famine s’évanouirent peu à peu. Il paroist que c’est la grande sécheresse de la terre et environ 6 poulces de neige qui étoit mastiquée par la grande congélation et qui a été sur la terre pendant tous les grands froids qui les ont conservé. Si la terre eut été humide, quoique couverte d’un demi pied de neige, il y a apparence que ce terrible froid les auroit fait mourir ; car il y a eu, malgré la sécheresse et les neiges, de gelés dans plusieurs endroits. – 

Janvier à avril – émeutes et troubles à cause de la cherté du pain engendrant la disette. La colère gronde. Le blé est devenu rare et a doublé de prix. La mendicité se retrouve partout, élève la criminalité. Le mouvement révolutionnaire commence à agiter la campagne beauceronne. La noblesse prend ombrage, et s’inquiète pour ses avantages séculaires, et fait campagne dans la campagne rurale pour être représentée le mieux possible. On sent le vent tourner. On cite un avocat chartrain exerçant à Paris, un certain Foisy de Trémémont – dont le nom ne figure pas dans la liste des juristes du XVIIIe siècle– , aurait fait paraître un opuscule précisant aux députés désignés les instructions et les pouvoirs donner par villes, bourgs, paroisses . Par contre, un autre imprimé, considéré comme le premier document à vocation électorale, circule dans l’ensemble du futur département, afin d’instruire les paysans beaucerons pour les informer des préoccupations que leurs députés vont devoir résoudre, plus particulièrement la crise financière qui affecte le royaume.

# – Rédaction des cahiers de doléances accessibles aux hommes de plus de 25 ans, payant des impôts où chacun peut consigner ces préoccupations. – 

Au début de la présente année , paraît une brochure   » Qu’est-ce que le tiers-état ? Tout. Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien. Que demande-t-il ? A devenir quelque chose  » . Son auteur Joseph Sieyès qui serait, pour partie, à l’origine de l’ascension de Bonaparte.

# Pour les agriculteurs, la hantise de voir leurs futures récoltes dévastées, les décident à se prévenir les uns les autres, lorsque des personnes mal intentionnées viennent couper le blé vert pour se nourrir ou commercer à bon compte. Ainsi, un cri  » Voici les brigands  » se répandait dans la plaine, aux abords des habitations pour prévenir les agissements de ces hors-la-loi, et les chasser autant faire ce peut.

# Brezolles. Une coutume est supprimée qui obligeait la commune, depuis plus d’un siècle, à verser la somme de 50 livres, chaque année, pour le mariage d’une fille pauvre. Si, par oubli ou autre circonstance, on oubliait de faire le nécessaire, à savoir de procéder à un tirage au sort désignant la personne qui en serait chargée, le fermier en charge des terres du seigneur de Bretelles, se trouvait dans l’obligation de verser la somme trois ans durant.

26 février – L’assemblée du Tiers-Etat de Chartres désigne 7 commissaires chargés de rédiger le cahier de doléances, parmi lesquels se trouvenPétion de Villeneuve, avocat, et Bouvier-Jourdan, en qualité de grand juge.

#  Nuit du 5 au 6 mars – Il y a eu à Blévy une inondation causée par la neige qui était tombée le 5 et qui a été fondue dans la nuit, par une pluie très forte. Le» eaux n’ont point été si fortes qu’en 1776 et sont venues à environ six pieds des marchesde l’église ; le grand pont a été emporté à moitié parles fIlots ainsi que plusieurs autres petits ponts dudit lieu ; il y avait dans plusieurs maisons deux pieds d’eau. – Emeute à Chartres et pillage de la maison du directeur de la Régie générale –  

6 avril – Ordonnance d’Asselin, lieutenant général du Bailliage de Chartres réglementant la vente des céréales sur la place des Halles et création d’un comité de surveillance et de subsistance. –

1 mai – États Généraux qui s’ouvrent officiellement le 5 mai. Les députés sont 1139. Des voix de l’extérieur se firent entendre pour que les pauvres journaliers du peuple soient représentés. C’est le grand chambardement gouvernemental, puisqu’une scission s’effectue. On se retrouve dans la Salle du Jeu de Paume pour donner une constitution à la France (renvoi de Necker en juillet). Le tiers-état (les représentants de la France à l’exception du clergé et de la noblesse) se déclare assemblée nationale. Au long de cette session importante au long de l’année 1789, la circonscription 28 datant de cette époque a eu comme représentant au titre du clergé (Lubersac), au titre de la noblesse (Montboissier démissionnaire remplacé par Talon), et au titre du Tiers-Etat (Pétion de Villeneuve et Bouvet-Jourdan) soit 4 députés. Par le règlement préparatoire aux Etats Généraux , le peuple ou Tiers Etat y a été admis en nombre égal à celui du clergé et des nobles réunis , tous ensemble environ 1.200 députés .Lorsque les états furent rassemblés , le premier point de discussion à régler , savoir le vote par ordre ou par tète , occasionna de grands débats et une scission entre les ordres .Le tiers état , auquel se réunit la minorité du clergé , fit enfin admettre le vote par tète .Les autres se réunirent peu à peu à eux , moitié de gré , moitié par crainte , et ily eut une apparence de- réunion générale , mais le feu couvait sous le cendre . Des malintentionnés , des ennemis de l’ordre et du bien public gens du plus haut rang et du plus haut clergé , des princes de sang royal excitèrent sous main des troubles en faisant accaparer les blés , augmentant la disette du pain et faisant soulever le peuple pour anéantir l’assemblée des Etats 

7 mai – Le corps de ville de Chartres crée une Garde nationale par précaution contre d’éventuels troubles occasionnés par le problème de subsistances. – 

8 mai – A été inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps de Pierre Desmier , journalier , détenu depuis environ un mois dans la Tour du château d’Alluyes pour cause de braconnage ; lequel Desmier, après avoir fait une large ouverture près de la lunette de la chambre haute de ladite tour , s’est précipité sans corde , ni cordage de la hauteur d’environ de 45 pieds , et a été trouvé aux pied de la Tour , les cotes enfoncées et le corps rompu .Signé : Oury ; Moissard , curé de Saint Germain 

# 8 mai – Nogent-le-Rotrou. Naissance de René Bessirard de la Touche qui fut maître-verrier à Sain,t-Jean-Froidementel (Loir et Cher) dont, il fut le maire pendant vingt-cinq ans<. Décédé à Montmorency (Val d’Oise) le 13 février 1854.

9 mai – Le duc d’Orléans maintient en place le Corps de ville de Chartres, dirigé par Triballet du Gord, avec prolongement durant l’année 1789. –

#  11 mai – Le poteau qui avoit été placé par les ordres de Mgr le duc de Lhuisne pour constater sa haute justice dans le comté de Dunois, au coin du cimetière de cette paroise, a été arraché par Gilles Canu, journalier de cette paroisse, après avoir reçu l’ordre par un quidam inconnu portant l’habit d’ordonnance nationale. Ledit poteau, comme noble de naissance, a eu la tète tranchée avec une scie qui appartenoit au charron de ladite paroisse, et son corps fut trainé ignominieusement dans la boue, ensuite transporté chez son exécuteur qui l’a disséqué à son aise. –

# La foire qui se tenait au milieu des champs autour de la chapelle Saint Gilles à droite en allant à Chartres , moitié chemin de Bonneval à Montboissier , est transféré dans la ville de Bonneval et ses abords immédiats.

 21 Mai – décès au Château de Bois-Josse (Boissy-lès-Perche) de Louis André de Beaussier de Châteauvert, officier de marine et aristocrate, chef des escadres des armées navales de Louis XVI. Président de la noblesse pour l’arrondissement de Senonches. 

17 juin. La population drouaise proteste contre les décrets de la Constituante se refusant à payer des impôts. Lors de troubles liées aux Royalistes, les Drouais crurent bon envoyer des commissaires auprès des sections révoltées pour faire entendre leurs voix;

Juillet – le setier de froment est vendu à Chartres au prix de 15 livres . Un setier égale 156 litres au prix en euro 2007 de 157,5 €, puis le setier de froment marchand passe à 30 livres, soit le double. – 

23 juillet – émeute à Chartres sévèrement réprimée par la Garde nationale, en raison de la hausse du prix du blé. 6(ou 8) morts sont dénombrés, e la main semble-t-il, de la garde dite bourgeoise. Ils seront plus de 200, après avoir sonné le tocsin, à se transporter sur la place des Epars. Plusieurs bâtiments sont endommagés, certains éléments étant envoyés au feu comme les papiers. Les dragons comme la milice bourgeoise doivent ouvrir le feu, une maison risquant d’être la proie des flammes. Il est que la France est secouée par la Grande Peur collective dont les effets ont débuté le 20 juillet jusqu’au 6 août dans le paroxysme de ces événements particuliers, du moins dans la période la plus préoccupante. Même si la Beauce est à l’écart, la rumeur a tôt fait de circuler chez les gens de la terre ce qui explique la contestation paysanne et populaire face au prix exorbitant des céréales.

Nuit du 4 aout – abolition des privilèges – Suppression à Chartres de la cérémonie de la consécration des saintes huiles et du saint chrême qui se tenait le Jeudi Saint, et célébrée par six archidiacres ou prêtres et l’Evêque. –  de même les corvées royales subissent le même sort. Elles étaient appliquées par les seigneurs sous forme d’un impôt qu’ils exigeaient des paysans pour l’aménagement des champs, les labourages, les moissons, et le charroi. Une servitude jugée cruelle qui, enfin, libère les gens de la terre.

Logron – depuis le 6 aoust jusqu’au 18 octobre – A été faite presque à neuf la reconstruction du clocher de cette église, qui a été diminué de 16 pieds, et qui cy devant, suivant une tradition, l’avoit été de 6.Depuis longtemps, il menaçoit d’une ruine prochaine. Le terrible ouragan du 13 juillet, dont pareil ne fut vu en notre continent, et plaise à la providence de ne plus accabler d’un pareil fléau notre Roiaume, dont plusieurs provinces furent ravagées, cet ouragan, dis-je, qui avoit renversé des églises, nous fit craindre le même sort pour la notre. Occupé que nous étions pendant la tempête à considérer le clocher, nous croions à chaque instant voir l’église écrasée par sa chute, qui seroit indubitablement arrivée, si cette tempêteeut été aussi violente ici qu’en beaucoup d’autres endroits. Son état ne pouvoit qu’augmenter notre frayeur ; les pièces principales, et en grand nombre, étoient pourries. En descendant une poutre, elle tomba en trois parties ; une seconde n’étoit pas meilleure, et ainsi du reste de la charpente. 

26 août – vote de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen – Rétablissement de la libre circulation des grains –

22 septembre – A Mévoisins, à proximité de Maintenon, comme bien d’autres communes, furent plantés de nombreux Arbres de la Liberté – environs soixante mille dans la majorité de la France – , dès l’été 1792, qui moururent rapidement sauf quelques uns. Notamment celui de cette commune qui a affronté tous les temps jusqu’à nos jours. Il s’agit d’un tilleul comme symbole de la Révolution, sous forme d’Autel de la Patrie, lieu des cérémonies civiques. Il est authentifié de nos jours comme étant un des rares sujets témoignant de cette célébration. Surtout le seul en Eure et Loir.

2 novembre – Les biens du clergé sont mis à la disposition du peuple, y compris le domaine de la Couronne, selon décret de l’Assemblée Constituante, et deux décrets des 19 & 21 décembre de la même année les mettent en vente, avec toutefois une possibilité de conserver des forêts et résidences royales qui seront inscrites sur la liste civile.

11 novembre – Création à Chartres de la garde nationale

14 décembre – Parution du décret de l’Assemblée nationale organisant les élections devant remplacer les anciens corps de ville. Pour être électeur, il fallait être citoyen actif, c’est-à-dire Français ou devenu tel, âgé de 25 ans accomplis, domicilié dans le lieu depuis au moins un an, et surtout il fallait payer une contribution directe de valeur locale de trois journées de travail et n’être point dans l’état de domesticité. – 

22 décembre – Naissance officielle du département de l’Eure et Loir dont la reconnaissance officielle date du 26 février 1790 (83 départements). Loi promulguée par ordonnance royale du 4 mars 1790. L’Assemblée ne faisait que reprendre l’idée d’Antoine René de Voyer, marquis Paulmy d’Argenson, diplomate français (1722/1787) qui avait suggéré, en 1765, la division du royaume en plusieurs départements, le mot signifiant répartition fiscale. L’Eure et Loir est composé alors d’anciennes provinces de l’Orléannais (Beauce), du Maine (Perche), de l’Ile-de-France (Thimerais, Drouais, vallée de l’Avre, Hurepoix). Le département est divisé en six districts (Nogent-le-Roi devient Nogent-Roulebois).

1790

# – Naissance à la Bazoche-Gouet de Roger Duval qui perdit la parole suite à un voyage en Afrique. Alors peintre en bâtiment, gardant la nostalgie d’un pays dont il s’est sorti mutilé, il se consacre à reproduire de mémoire guerriers, êtes sauvages et paysages africains. Comme il va peindre une scène évangélique – La samaritaine et Jésus au puits Jacob sur les murs du café du commerce de sa ville où il décédera en 1839 – .

# – Le dernier abbé quitte l’abbaye de Coulombs avant que celle-ci soit bradée comme bien national.

# – L’hiver a été particulièrement doux et modéré , sans gelée ,sans neige , un véritable printemps , la récolte en bled et avoine fort bonne , en vin très médiocre .

# – Une ordonnance du baillage de Toury interdit d’acheter aucun grain en vert.

15 janvier – le département d’Eure et Loir a pour chef-lieu : Chartres, sachant que le mot département signifie répartition fiscale. 

3 février – 1 057 électeurs chartrains pour élire un maire au suffrage direct et à la majorité absolue. Jean-Louis Asselin, lieutenant général du bailliage et Siège présidial est élu d’une façon très large. Il dirige ainsi la première municipalité révolutionnaire, en remplacement du corps de ville de l’Ancien Régime. – L’Assemblée nationale a continué avec vigueur et courage ses grands et immortels travaux sur la nouvelle constitution du Royaume . 

Durant le mois de février, les grilles et barrières des cloitres ont été brisées , la liberté rendue à tous les individus de l’un et de l’autre sexe qui voudraient rentrer dans le monde , en fixant des pensions et traitements tant à ceux qui sortiraient du cloitre qu’à ceux qui persévèreraient d’y demeurer Enfin le décret .porte qu’à l’avenir il n sera jamais formé pareils établissements en France , jamais émis de vœux absolus et solennels , reconnus et protégés par la loi . L’établissement des gardes nationales a pris faveur dans tous le Royaume .Le génie de la patrie , l’enthousiasme du patriotisme a créé des fédérations militaires dans presque tous les départements , ou les citoyens armés réunis par députation de différents pays ont juré le maintien de la constitution , de l’ordre , la sureté des propriétés , l’union , la fraternité entre tous les Français en présence et sur l’autel du Dieu de la patrie , élevé dans des camps dits camps de la fédération . Les aristocrates , c’est ainsi qu’on appelle tous ceux qui regrettent l’ancien régime n’ont vu avec peine cette réunion ,qu’était la fête de la fédération , ou le roi réunit avec son peuple , le jour du 14 juillet 1790 , avait prêté serment à la nouvelle Constitution .

17 février. Déclaration des biens et revenus de l’abbaye de Coulombs envoyée à l’Assemblée Nationale : La châsse des reliques de saint Gratien et le chef de sainte Scolastique, la relique de la Circoncision avec une parcelle de la Vraie-Croix, estimés à 900 livres ( environ 9400 euros)

1 mai – suppression des octrois –  Les troupes nationales du Mans, Cloie,Bonnevalle et autres lieux, le dimanche et lelundi 2 et 3 mai, se sont transportées à Châteaudun où elles ont été fètées, et le mardy 4elles se sont dirigées sur Orléans pour y faire un pacte de confédération anti-aristocratique, ce qui fût fait le dimanche 9 du même :mois dans un camp dressé à cet effet à deux lieues d’ Orléans

14 mai – décret fixant les modalités de vente des biens nationaux aux particuliers à partir d’enchères organisées dans les districts. – 

Courant juin – A commencé à ètre présenté à l’Assemblées nationale le travail de son comité ecclésiastique sur la nouvelle constitution du Clergé .L’ Assemblée a cherche à rappeler à son état primitif le clergé de France honteusement dégradé , déshonoré , diffamé par le luxe effréné et barbare de ses chefs engraissés dans l’abondance et la mollesse la plus efféminée , vivant à coté des pasteurs inférieurs , des pasteurs utiles et pauvres des villes et des campagnes qu’ils tourmentaient et méprisaient indignement .D’abord , les noms d’archevêques ont été supprimés , les immenses revenus des évêques diminués et fixés à 12.000 livres ; les inutiles abbés autant que riches ; prieurs , chapelains , tous gens sans fonctions dans l’Eglise qu’ils déshonoraient , ont été réduits dans leurs revenus , et nul portera ce nom après eux . La postérité apprendra avec étonnement qu’il y avait dans ces temps –ci des prètre réunis qu’on appelait, chanoines , dans tous les évêchés et lème les petites villes de France , occupés à faire chanter par des chantres gagés un office à trois différentes séances par jour , travail qui les dispensait de tour autre et leur donnait le droit de jouer , se divertir , courir les cercles et mépriser des prêtres , des ministres utiles qui valaient beaucoup mieux qu’eux , mais qu’on estimait moins parce qu’ils étaient moins riches ? Tous ces titres , dignités réunis dans les églises diocésaine qu’on appelait cathédrales , ont disparu de dessus de la terre , et on connaitra plus que les noms sacramentaires de évêque, prêtre , curé, vicaire . La France était cy-devant divisée en provinces , gouvernements , etc ..un ordre admirable , une circonscription simple et bien arrondie la place de cette division informe .83 divisions forment le territoire de la France , avec chacune un évêché au lieu de 120 évêchés qui subsistaient naguère. Chaque département de la France est divisée en districts , chaque district en cantons qui sont eux mêmes divisés en municipalités

# 9 juin – Chartres – Fête de la Fédération de la Garde Nationale au cours de laquelle fut prêté le serment général de la nation, en présence de tous les représentants de toutes les couches de la société, et un apparaît grandiose dans une ferveur qui ne l’était pas moins. Plus de 2 000 délégués des gardes nationales venant de tous les coins d’Eure et Loir se joignent à cette manifestation. où les municipalités du département sont largement représentées. Un autel de la Patrie majestueux a été dressé aux Grands-Près aux fins de célébrer une messe. Un coup de canon est alors prévu pour annoncer la célébration, un moment tragique. En effet le dénommé Rousseau, garde national de la commune de Barjouville est blessé mortellement, de même plusieurs autres personnes atteintes assez sérieusement. Pour autant, seule la messe sera célébrée, à l’exclusion du Te Deum en raison d’une pluie battante.

Juin – Chartres. Le Te Deum est chanté en la cathédrale devant une foule immense, avec des cris à l’extérieur clamant  » Vive la Nation…Vive la Nation.

#  20 juin – Le procureur du district de Chartres donne l’ordre de faire l’inventaire des biens du Chapitre cathédral – Les Chartrains (Brissot/Pétion)  » entraînent  » les autres Chartrains sous la coupe de la Gironde, adversaires des Montagnards, ceux-là même qui prennent place dans les bancs les plus hauts de l’Assemblée nationale (Robespierre et ses acolytes qui seront 300 députés en 1793). C’est là qu’intervient la remise en cause des biens de l’Eglise, une église riche d’un immense parc immobilier, agricole, avec des revenus considérables qui ne peuvent plus avoir cours. Ainsi le chapitre de Chartres est en pointe de mire d’une Révolution qui entend abolir les privilèges (une parfaite utopie si l’on en juge les privilèges actuels souvent souterrains). La vente des biens du clergé intervient sans que l’Eglise ne se manifeste d’autant que la Constitution civile du clergé est acceptée suite aux décrets de l’Assemblée nationale.(bourgeois de Paris et d’Orléans, gros laboureurs en sont les acheteurs). Cela entraîne quelques désordres dés lors que les impôts ne sont plus payés, notamment le champart, et l’agitation rurale mène à se soustraire à tout prélèvement. La chasse faite aux  » aristocrates  » dénomination qui désigne la noblesse, visant en réalité tous les adversaires de la Révolution –  Abolition de ces cours souveraines , nommés Parlements , repaire affreux d’avides gens de justice appelés avocats , procureurs , conseillers , etc..ou le pauvre plaideur arraché à ses affaires domestiques , allait en cent lieues de son pays acheter une justice longue , incertaine , et souvent la moitié de sa fortune dans un procès , allait porter et perdre l’autre dans ce bois rempli de voleurs et de scélérats . Le barbare régime de la féodalité , monstre dont on n’avait pu abattre toutes les tètes , existait encore avec beaucoup de tyrannie. Mille petits seigneurs régnaient en vrais des potes dans leurs terres sur leurs vassaux . La liberté est le premier des biens ,l’égalité est le second .Dans un État libre , il ne devait pas subsister de distinctions déshonorantes pour la société .Toute espèce de privilège a été abolie jusqu’au titres et aux noms même de prince , duc , marquis , comte , baron , seigneur et monseigneur , que portaient des évêques qui , il y a six mois , étaient monseigneurisés comme des dieux . C’est ainsi que les lumières ont ramené les vrais principes , et que la raison écoutée a étendu son empire bienfaisant , propre à adoucir la condition des plus malheureux mortels ,en leur apprenant qu’ils sont tous égaux , et qu’il ne doit y avoir de distinction que celle qui nait nécessairement de la différence des talents , du mérite et des vertus .Signé ; Chautard , curé d’Alluyes.

10 juillet – les récoltes sont abondantes en seigle et blé, à un degré moindre orge et avoine. 

12 juillet – Un décret supprime les chapitres dans tout le royaume.  Les chanoines vont alors se disperser, pour certains à émigrer, à l’exception d’une petite poignée dans le rang des nobles qui s’obstinent à vouloir rester pour conserver leurs biens. Les biens du chapitre Cathedral seront vendus au titre des biens devenus nationaux.

14 puis le 16 juillet – Un an plus tôt, Pierre-François Palloy entreprend la démolition de la Bastille, l’entreprise s’achevant le 21 mai 1791.On suppose que le sculpteur Dax lui donne l’idée, celle de faire sculpter un grand nombre de ces pierres qu’il remettra aux élus de la Nation, de même à Louis XVI qui le remercia. (?). Auparavant, il avait créé l’association  »Les Apôtres de la Liberté  », désignant des émissaires envoyés le 16 en province, pour remettre aux municipalités de 83 départements un exemplaire de cette pierre. Pierre de bonne taille, et sans aucun doute très lourde, venant pour certaines des cachots, et qui comporte l’inscription suivante  » Donné au département de l’Eure et Loir par Palloy patriote le 14 juillet 1790  ». Au dessus, un cadre intégré montrant le plan de la Bastille. Le département de l’Eure et Loir la reçut, et le trophée fut remis aux Archives départementales. Pour l’anecdote, la ville de Saint-Brieuc conserve la reproduction miniature de la Bastille à partir de pierres de la forteresse.

15 août – nouveau décret pour accélérer la vente des biens nationaux

17 août – Mise en oeuvre d’un juge de paix par canton.

# 30 septembre – Suppression de la caisse du clergé qui payait les pensions tous les six mois.

Novembre – L’Assemblée nationale constituante avait décréte que tous les fonctionnaires publics ecclésiastiques seraient tenus de faire le serment solennel d’être fidèles à la Nation, à la Loi, à l’Assemblée et acceptée par le Roi .Cette loi juste par elle même et nécessaire pour avoir une garantie de la fidélité et de la soumission aux lois de toutes les personnes exerçant au nom de la loi des fonctions publiques et un emploi salarié de la Nation , cette loi a rempli de troubles et de désordres toute la France pendant toute l’année 1791.Tous les évêques de France coalisés , à l’exception de quatre seulement : Sens , Autun , Orléans , Viviers ,se sont refusés à ce : ils ont essayé serment civique : ils ont essayé et réussi par toutes sortes de moyens , de manœuvres secrètes et publiques à détourner de ce serment un grand nombre de curés de leurs diocèse respectifs , serment qu’il présente comme odieux , abominable sacrilège et apostat. Les uns et les autres , réunis encore auxgros bénéficiers dépouillés ou réduits , aux chanoines et autres prêtres mécontents , dévots et fanatiques , sont parvenus , contre toute raison , à entrainer dans leur parti un grand nombre de catholiques de toutes les classes et de toutes les conditions à qui il faisait que la nouvelle constitution du clergé était hors de la compétence de l’Assemblée nationale , qu ‘elle entreprenait sur la puissance de l’église et détruisant tous ses droits , qu’elle anéantissait et renversait la foi catholique et la religion en France et à Alluyes. Au mois de novembre 1790, l’Assemblée nationale constituante avait décréte que tous les fonctionnaires publics écclésiastiques seraient tenus de faire le serment solennel d’être fidèles à la Nation , à la Loi, et au Roi , et de maintenir de tout leur pouvoir la constitution décrétée par l’Assemblée et acceptée par le Roi .Cette loi juste par elle même et nécessaire pour avoir une garantie de la fidélité et de la soumission aux lois de toutes les personnes exerçant au nom de la loi des fonctions publiques et un emploi salarié de la Nation , cette loi a rempli de troubles et de désordres toute la France pendant toute l’année 1791.Tous les évèques de France coalisés , à l’exception de quatre seulement : Sens , Autun , Orléans , Viviers ,se sont refusés à ce : ils ont essayé serment civique : ils ont essayé et réussi par toutes sortes de moyens , de manœuvres secrètes et publiques à détourner de ce serment un grand nombre de curés de leurs diocèse respectifs , serment qu’il présente comme odieux , abominable sacrilège et apostat. Les uns et les autres , réunis encore aux gros bénéficiers dépouillés ou réduits , aux chanoines et autres prètres mécontents , devots et fanatiques , sont parvenus , contre toute raison , à entrainer dans leur parti un grand nombre de catholiques de toutes les classes et de toutes les conditions à qui il faisait que la nouvelle constitution du clergé était hors de la compétence de l’Assemblée nationale , qu ‘elle entreprenait sur la puissance de l’église et détruisat tous ses droits , qu’elle anéantissait et renversait la foi catholique et la religion en France. Signé : le curé d’ Alluyes.

21 décembre. La gendarmerie nationale composée d’hommes à pied et à cheval, remplace la maréchaussée.

27 décembre – René-François Judel, originaire de la Sarthe, futur maire de Chartres(29 novembre 1792), est admis au sein de la Société chartraine des Amis de la Constitution.

1791

# – L’Assemblée Nationale autorise les habitants des départements y compris l’Eure et Loir de venir en aide aux plus défavorisés. A savoir la mise en œuvre d’un atelier de charité, l’entretien des voies de communication. Chaque intervenant se verra gratifier de 150 livres.

# – Création de l’administration forestière et des gardes forestiers. Ils étaient habillés de rouge et de bleu, avec un signe d’identification de couleur jaune avec la mention  » Conservation des forêts nationales + le nom du district.  »

# – L’idée de joindre Loir et Eure retient l’attention de l’architecte Houard, également entrepreneur de Travaux Publics, s’inspirant de celle de Joubert de Villeneuve en 1737. Hélas, la Révolution Française se charge de mettre de côté ce projet qui, une fois de plus, tombe…à l’eau.

# Fils du receveur du district de DreuxNicolas Millard se prononce en faveur de la révolution dès son amorce. Il fut l’un des fondateurs de la société populaire de Dreux en 1791. En 1795, lors de l’insurrection des sections de Paris contre la convention, il fit adopter, par son influence, l’opinion des Parisiens dans la population drouaise, prenant fait et cause pour la monarchie contre la République. Le Directoire le fit arrêter avec plusieurs de ses compatriotes drouais, et emprisonné au temple. Son épouse fut tellement touchée qu’elle en mourut avant même que son mari ne soit enfin libéré. Il ne reviendra plus à Dreux.

# 31 janvier – L’abbaye de Josaphat à Lèves est vendue comme bien national. La vente est alors répartie entre deux acheteurs. L’un d’entre eux, Michel Chasles, marchand de bois à Chartres, fait l’acquisition pour la somme de 9555 livres, 10 sols et 11 deniers (environ 103 000 euros de nos jours), de la partie archéologique la plus intéressante à savoir l’église. Le reste des matériaux est vendu, brisé ou enterré.

19 mars – Une ferme auberge de Moutiers-en-Beauce est attaquée par quatre hommes dont Charles-de-Paris. Cette affaire comme d’autres à cette époque n’ont pas été attribuées à la bande d’Orgères, en l’absence d’éléments probants.

17 septembre – Lignerolles, de nos jours quartier de Fleury-les-Aubrais (Loiret), plusieurs malandrins au sein desquels se feront remarquer des complices de la bande d’Orgères, notamment Le Borgne-du-Mans, Elisabeth Tondu, le Gros d’Artenay, etc. attaquent des paysans revenant de ventes dans des marchés. Aubaine pour ces bandits de grand chemin pour les détrousser, tuer l’un d’entre eux, et prenant la fuite pour la salut sauf leurs victimes.

16 février – La maréchaussée qui existait depuis le XVIe siècle devient gendarmerie nationale..

17 Février – Election de l’évêque constitutionnel au titre du département la personne de Nicolas Bonnet qui, après sa mort survenue deux ans plus tard, ne sera jamais remplacé. Curé depuis 40 ans de la paroisse (détruite à la Révolution) Saint Michel de Chartres , âgé de 70 ans , il a été choisi à la place du sieur de Lubersac , député à l’Assemblée constituante .On a remplacé à Chartres les curés de Sainte Foy , Saint André , Saint Saturnin et Saint Aignan , et toutes ces paroisses , avec les autres , ont été ridiculement réduites et refondues en une seule et trop grande paroisse , celle de la Cathédrale 

2 mars – Chartres – revenant de son village natal de Brûlon (Sarthe), Claude Chappe montre son idée de télégraphe dans la cité beauceronne ayant appris que Philippe, célèbre artisan du fameux pâté de Chartres, passait pour être très proche des idées révolutionnaires. Ce dernier se campant dans le quartier de Chavannes, démontra à son visiteur qu’il pouvait observer la route de Paris avec l’arrivée des courriers, agitant les bras pour annoncer l’arrivée des diligences. Chappe impressionné par l’idée qui ne faisait que renforcer la sienne, une invention mécanique, et la présentera l’année suivante devant l’Assemblée Constituante..  

19. mars – Cinq complices dont on suppose qu’il appartenait à la bande de Charles-de-Paris, dit l’Assommeur, entrent dans une sorte de cabaret situé à Epincy, commune de Moutiers, tenu par la femme Galopin. Après avoir consommés, alors que la tenancière leur demande régler leurs dûs. Trois d’entre eux prétendent avoir payer. Le ton monte, ils se font menaçants. L’un d’entre eux, un nommé Boulanger, prend fait et parti pour la femme Boulanger, et oblige ses complices à s’acquitter. Ce dernier sera retrouvé mort le lendemain dans un bois voisin, tué sans aucun doute par ses acolytes qui n’avaient certainement pas appréciés l’intervention de l’homme en question.

De 1791 à septembre 1793, Jérôme Pétion, fils d’avocat, est maire de Paris.

# On joue à Chartres deux pièces de Collin d’Harleville, citoyen de Chartres : L’Optimiste ou l’Homme content, puis le Pessimiste ou l’Homme mécontent de tout. –

# Grande période de disette résultant des années 1791 et 1792 avec des récoltes locales mauvaises, en quantité et en qualité, qui entraînent l’augmentation du prix du grain donc du pain. De même la spéculation organisée par les céréaliers qui profitent de la circonstance pour s’enrichir, et appauvrir la demande en grain. L’agitation enfle, la révolte gronde, on demande une baisse des prix, de la taxation. Robespierre impose la fourniture de blé aux marchés régionaux.A titre d’ exemple, Vacheresses-les-Basses, doit remettre 17 quintaux – quintal de 45 à 50kg selon qu’il soit court ou long – au marché de Nogent-Roulebois chaque semaine. – Vente des biens du clergé comme bien national.

# La cathédrale de Chartres est sauvée de la pioche des démolisseurs sur intervention de Sergent-Marceau, beau-frère du général Marceau. – 

#. Nuit du 23 au 24 mai , un couple de viticulteurs proches de Chartres est attaqué par des membres qui seront identifiés ultérieurement comme étant membres de la bande d’Orgères. L’homme et la femme ont été tués tous les deux.

# juin. L’Assemblée nationale décide que tout condamné à mort aura la tête tranchée, se référant aux exécutions qui devraient être exemptes de torture, alors qu’elles doivent être réduites à la seule privation de vie. De fait, repousse la pendaison jugée plus longue, plus douloureuse, plus cruelle. La guillotine devient alors l’instrument légal du supplice (néanmoins douloureux et bref...)

#  27 juin – Le futur général Marceau est le premier à inscrire son nom sur le registre des volontaires pour la constitution d’un bataillon d’Eure et Loir . Il sera élevé très rapidement au grade de sergent.

Septembre – malgré le beau temps d’arrière saison les récoltes de grains et de raisins s’avèrent médiocres. – 

Châteaudun –  La chapelle du Champdé, dépouillée de ses décorations et de ses ornements, a été convertie en un magasin à l’usage des troupes mises de temps en temps en cette ville. Mes recherches sur la fondation de ce bel édifice et mes questions faites à des personnes de près de cent ans à ce sujet ne m’ont procuré que des connoissances vagues et incertaines. La tradition presque générale est qu’un voyageur passant au bas de la Croix Rousseau, le ruisseau enflé par la pluie d’un grand orage, s’y vit au moment de périr et fit à ce sujet le vœu, s’il évitoit le danger, d ‘élever à la Vierge une chapelle qui attesteroit sa protection et la reconnoissance du fondateur. D’après explication, il est aisé de voir que cette dénomination Champdé n’est que la traduction de ces mots latins Campus Dei, quoiqu’il y ait auprès de Verneuil la famille des Dé qui attribue à ses ancêtres cet établissement et dise qu’il en porte le nom. Les fondations attachées à cette chapelle étoient considérables : on disoit une grande messe toutes les fêtes de la Vierge, même l’office paroissial avec exposition du Saint Sacrement, et procession, à laquelle assistoit le Corps de la Ville, le jour du Rosaire ; il n’y a pas vingt ans qu’on y enterroit. On ignore absoluement l’époque de sa construction ; un ancien mortuologue attestoit qu’elle existoit en 1628, ou se trouve brûlée une partie de sa couverture. . Signé : Percheron, curé de Saint Valérien

17 septembre – Lignerolles, de nos jours quartier de Fleury-les-Aubrais (Loiret), plusieurs malandrins au sein desquels se feront remarquer des complices de la bande d’Orgères, notamment Le Borgne-du-Mans, Elisabeth Tondu, le Gros d’Artenay, etc. attaquent des paysans revenant de ventes dans des marchés. Aubaine pour ces bandits de grand chemin pour les détrousser, tuer l’un d’entre eux, et prenant la fuite pour la salut sauf leurs victimes.

6 octobre – création de la fonction de garde-champêtre (plusieurs lois affineront cette fonction) qui est chargé de faire la recherche de tous les délits qui portent atteintes aux propriétés rurales, mission de prévention et de protection qui n’a pas varié ou presque. De nos jours le garde-champêtre appartient à la fonction publique territoriale.

8 Octobre – Venue à Chartres de Robespierre, accompagnée de Pétion et de l’abbé Grégoire –

#  1 novembre – formation d’un bataillon de 600 hommes d’Eure et Loir devant partir au premier appel avec à leur-tête Marceau.

#  2 & 17 novembre – nouveau décret pour les biens nationaux qui doivent être vendus en domaines entiers.

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