Révolution France 1792 (suite) et Bande d’Orgères

1792

– Fondation à Saint-Rémy-sur-Avre d’une des premières filatures de coton établies en France par Henry Sykes

# Mise en oeuvre officielle du passeport, première pièce d’identité, non obligatoire. En fait, cette pièce est destinée aux artisans français cas où ils se déplacent à l’étranger. Ils sont censés représentés l’art français, d’où passe…port qui reçoit toute la portée de sa signification.

# La mairie de Chartres alors rue des Changes au  » Perron des Trois Rois  » est transféré à l’Hôtel Montescot , propriété de la ville depuis 1824.

# Décès à Chartres, François Daire, moine célestin, âgé de 79 ans originaire d’Amiens. Auteur de nombreux ouvrages dont un Almanach proverbial et gaulois.

# Bien qu’aucun de ses enfants soient nés à Chartres, citons Sylvain fils de Brissot de Warville, né en 1786, désigné comme Boursier de l’Egalité du collège Louis Le Grand. Il fera polytechnique, et finira sa carrière aux Etats Unis d’Amérique.

# 17 janvier – Discours belliciste de Brissot de Warville à l’Assemblée législative

# 22 février.La Loupe. Face aux taxations diverses qui s’abattent sur l’Eure et Loir, les laboureurs comme les marchands de blé font front commun, et refusent tous les billets de confiance qui circulent et dont la valeur fait douter de la réalité des transactions.. Deux jours après, une partie de la population de la commune de Châteauneuf-en-Thymerais manifeste vertement son opposition face à toutes augmentations. ces manifestations vont obliger le procureur général du district à faire appel à des troupes du département pour réprimer les troubles qui amplifient une situation instable. Nota. Pour être élu procureur, obligation d’être un citoyen démontrant un travail réel, générant un impôt équivalent à dix journées de travail.

30 mars – La notion de bien national est étendue aux biens des émigrés et des suspects qui sont confisqués, puis vendus après le décret du 27 juillet de la même année. (Nota :  » Le fruit de la vente des biens des émigrés était consigné dans une  » Caisse à 3 clés  ». Appelée ainsi, car il fallait trois clés pour l’ouvrir, celles-ci étant déposées entre les moins de trois personnes différentes. Au préalable, il fallait un décret de la Convention pour que la caisse soit ouverte.  »

4 avril – naissance à Illiers d’Albert Fresnaye, agriculteur, maire d’Illiers, conseiller général, et fort connu pour sa compassion envers les petites gens. On voulut le décorer de la Légion d’honneur, il la refusa. Il meurt à Illiers en 1846. –

#  20 juin – Chartres –  Devant un parterre de personnalités et en présence de l’évêque constitutionnel, mise en place d’un Arbre de la Liberté place des Epars.

juillet – Prussiens et Autrichiens unis se mettent à envahir la France.

11 juillet – l’Assemblée législative décrète la patrie en danger. –

#  Août – La congrégation des Carmélites à Chartres doit se résoudre à abandonner leur monastère sur réquisition et dissolution de l’ordre, ce lieu étant transformé, par la suite, en maison de réclusion pour les personnes touchées par la loi des suspects (1798) puis en prison ordinaire plus communément dénommée   » maison de détention de police correctionnelle  » La Cour d’assises est installée dans l’ancienne chapelle des Carmélites., qui date de 1663.

# août. Alors que l’exposition publique des condamnés aux galères est maintenue, sous forme d’une peine infamante préalable, avec collier de fer au cou , attaché à un échafaud, la Législative supprime cette peine du carcan aux femmes enceintes, dont le jugement est seulement affiché au poteau sur la place publique (place des Halles pour Chartres). Les condamnés de la bande d’Orgères seront exposés plusieurs heures dans ces conditions.

#  25 août – Nomination du citoyen Frain comme concierge des prisons de Chartres. Il s’agit d’un ancien militaire avec 27 ans de service et quatre enfants.

# Le vieux pont de bois qui franchit l’Eure et connu sous le nom de  » Pont qui tremble  » est remplacé par un pont plus solide qui devient pont de la Courtille.

# Naissance du certificat de civisme sous forme d’un document délivré par le Conseil Général de la commune aux personnes occupant des fonctions publiques. 

Septembre – En raison de l’insuffisance des grains, de la disette, des troubles, une surveillance stricte est mise en œuvre. 

# 22 septembre. Jour de la première séance et de la proclamation de la République.Le calendrier républicain restera vigueur jusqu’au 1 janvier 1806, pour redevenir calendrier grégorien.

#12 septembre – En conformité d’un décret de l’Assemblée Nationale, l’argenterie des églises de Châteaudun a été enlevée pour servir aux frais de la guerre ; les vases sacrés exceptés, celle de cette paroisse est de 32 marcs ; jointe à celle des six autres paroisses et des chapitres et des communautés supprimés, le total s’est trouvé de 280 marcs.

 22 novembre – Révolte rurale notamment en Beauce, ainsi que les départements riverains, au cours de laquelle les paysans réclament la taxation des grains. Emeute à Courville. Cette révolte partie de la Beauce du sud découle de la suppression de la taxation des grains par la Constituante le 29 août 1789, disposition profitant aux céréaliers, du moins les agriculteurs qui pratiquent ce genre de culture, de même les courtiers.

23 novembre – L’exagération des idées de liberté, d’une part, et la misère de l’autre, allaient apprendre qu’il est dangereux et criminel à ôter au peuple le respect de l’autorité. le Perche, pauvre à cette époque, souffre plus qu’une autre contrée, de la cherté du pain. Poussés à bout par la détresse, les paysans de la contrée de Brou, d’Unverre et autres communes arrivent à Illiers au nombre d’environ 4000. Méréglise, Frazé, Happonvilliers, Combres, La Croix du Perche, Chassant, Luigny, Miermaigne, Nonvilliers, Grand Houx, et Vieuvicq fournissent leur contingent. De gré ou de force, les maires, les procureurs et officiers municipaux marchent avec la troupe. Leur but est alors d’imposer et de fixer par la violence le prix des denrées Le froment est taxé à 18 livres ; le méteil à 15 ; le seigle à 12 ; l’avoine de 6 à 7 ; l’orge à 10 ; le beurre à 10 sols ; les œufs à 6 sols, les auribus à 4 sols. Ces conditions sont dictées au conseil municipal d’Illiers fort effrayé. Celui-ci répond qu’il n’est pas en son pouvoir de déférer à ce vœu, et en référe au District. Les paysans ne tiennent aucun compte des raisons alléguées. Ils forcent les laboureurs venus au marché, de vendre au prix fixé par eux. La troupe des émeutiers contraint des habitants d’Illiers de les suivre. Ils s’emparent du maire et de ses collègues, et les entraînent, la nuit, dans leur marche, vers Chartres, en vue d’exercer la même pression, sur les marchands de cette ville – 

Dernière semaine du mois. A proximité de la ferme Granville , située dans le canton de Gommerville, deux mendiants sont dépouillés de la totalité de leurs vêtements, et du peu d’argent qu’ils avaient sur eux. Un des quatre aigrefins sera identifié ultérieurement comme étant un fur membre de la bande d’Orgères, en la personne de François Brault, dit François-Marie Barbe, son nom de plaine.

# 22 novembre Dreux. Naissance de Mathurin Joseph Brisset, militaire, écrivain, poète et journaliste politique et de théâtre. Une carrière fort éclectique pour ce royaliste acquis à la cause des Bourbons qu’il va servir comme officier d’infanterie, participant à la guerre d’Espagne (1823). Avec la chute de ces derniers, il entre à la Gazette de France dont il devient rédacteur-en-chef, s’occupant plus particulièrement de la scène politique et celle du théâtre. Auteur d’un grand nombre d’ouvrages à caractère historique et de quelques comédies-vaudevilles. Il meurt à Paris le 7 juin 1856.

30 novembre – naissance à Aunay-sous-Auneau de François Isambert, avocat et homme politique. Une carrière dans les prétoires où il prend la défense de nombreux hommes politiques et notamment le journaliste Armand Carrel. De même des hommes de couleur. Profondément attaché au libéralisme, on doit le considérer comme l’un des hommes en vue combattant pour l’abolition de l’esclavage. Il meurt à Paris en 1857. – 

Ce même jour, le maire de Chartres Vincent Chevard obtient l’arrêt de la révolte aux portes de Chartres sans doute provoquée par des éléments royalistes étrangers au département qui avaient déjà causé les plus graves désordres dans la région de Courville. L’ouverture vers un libéralisme économique entend calmer les esprits échauffés. La Révolution est de toutes façons en marche d’une façon inexorable, car trop de faits déclenchent son essor. – 

# 16 décembre – naissance à Janville de Pierre-Alexandre Gratet-Duplessis, linguiste passionné par les langues orientales et le régionalisme. Ses ouvrages sont considérés comme des témoins de référence.

fin décembre – Exécution aussi féroce de Tranche-Montagne pouvait l’être par Charles-de-Paris, futur adjoint du Beau-François, dans une de ses bandes qui vont converger sur ce dernier. Un meurtre qui s’est déroulé dans un bois à proximité de Boisseaux (Loiret) à la limite du département de l’Eure et Loir

1793

# – Décès du duc de Penthièvre, dernier seigneur d’Anet.

# – Montigny-le-Gannelon – Naissance de Matthieu Cochereau, peintre, neveu d’Isaac Prevost, peintre panomariste, élève de David, On lui connait le surnom de Léon. Il meurt à Paris en 1817

# – Chartres. Abraham Charles Augustin d’Hozier, ancien page de Louis XVI, craignant pour sa vie, se réfugie dans la cité beauceronne avec son frère pour se mettre à l’abri de la vindicte révolutionnaire. Ils sont reconnus par les autorités, peut-être dénoncés, et emprisonnés en attendant de statuer sur leur sort. Le temps passe, on semble les oublier, et la chute de Robespierre (27 juillet 1794), les délivre. Mais cet ancien page est un adversaire de la Révolution, et il va devenir un chef chouan en rejoignant la Vendée. Puis, il va être du complot contre Napoléon dont Cadoudal, avec Pichegru et Moreau vont être les animateurs. On en connait la suite , et à son tour d’Hozier est sur le point d’être arrêté sur ordre de Fouché (1801). Heureusement, une actrice le fait évader par un théâtre. Il s’échappe, et ne fera plus entendre parler de lui, toujours acquis à la cause royaliste. On le retrouve exploitant un manège à Paris. retiré à Versailles, il y meurt en 1846.

Chartres : le palais épiscopal est fermé par les révolutionnaires. Il ne reprendra sa destination première qu’en 1821. Entre temps, il aura été préfecture, et Napoléon viendra y passer une nuit.

Pierre-Louis Bentabole est chargé par le Comité de Salut Public, d’aller épurer l’administration, notamment dans le Thymerais. Il connaît l’Eure et Loir où il est propriétaire à la Bazoche-Gouet. Heureusement, sa femme tempère ses ardeurs mais aura du mal à accepter ce renoncement. –

# L’ancienne salle seigneuriale du château de Châteaudun devient Tribunal Révolutionnaire.

Chartres – la  » Chemise de la Vierge  » est morcelée et dispersée. On put en récupérer un morceau de 2m qui fut enfermé dans une nouvelle châsse. La Vierge Noire (Virgo Pariturae) est brisée par les révolutionnaires. Connue également sous le nom de Notre Dame du Pilier, elle a été taillée dans du poirier qui a noirci au fil du temps et de l’oxydation ce qui lui vaut le nom de Vierge noire. Elle fut peinte à l’origine, et sa présence dans la chapelle est une copie.- Sergent-Marceau après avoir sauvé la cathédrale de la destruction par les révolutionnaires, celle-ci devient Temple de la Raison et de la Vérité. Les cérémonies religieuses sont alors remplacées par des fêtes philosophiques et mondaines en l’honneur de l’Être suprême. L’une des ces fêtes particulières a lieu le 29 novembre.

#  Victor-la-Montagne, tel était le nom à la Révolution de Saint-Victor-de-Buthon .

# Pour faire face à l’effort de guerre, les horlogers de Chartres comme partout dans la Jeune République, sont requis de cesser leur profession pour travailler aux platines des fusils.

# Honoré Fleury, fonctionnaire au service des Domaines, conventionnel, franc-maçon, commissaire permanent du département d’Eure et Loir est chargé de fixer le prix des denrées et marchandises de première nécessité. Un an auparavant des mesures drastiques avaient été prises en raison de la disette, avec une répartition stricte du blé au sein de la population. Les bergers sont soumis à des règles pour faire paître leurs troupeaux. Le transport des denrées et graines est strictement contrôlé. La population est désormais tenue de veiller à l’entretien des chemins en pleine de Beauce et ailleurs, comme de la coupe des haies afin de faciliter le charroi des grains. Ne disait-on pas bien souvent en Beauce  » Bonnes terres et mauvais chemins  »

13 janvier – Alors que le député de Paris Louis Legendre, l’un des plus acharnés opposants du roi, à réclamer la tête du  » tyran Louis XVI  », Brissot de Warville qui se trouve présent dans les travées de la Convention, va travestir à son façon dans les colonnes de son journal Le Patriote français les propos du député en question, en lui faisant dire qu’il avait proposé qu’on coupe le roi en quatre-vingt-quatre quartiers et en  » offrir  » une pièce à chaque département.

# Vote pour la condamnation à mort du roi. les députés d’Eure et Loir Chasles (Châles à l’époque), Fremenger, Lacroix et Loyseau sont pour la peine de mort.

21 janvier – Exécution de Louis XVI –

#  21 février – La Convention décrète la levée en masse avec la menace de la révolte en Vendée : tous les citoyens entre 18 et 40 ans sont réquisitionnés. L’Eure et Loir n’échappe pas à cette conscription. – 

mars – Chartres – le conventionnel Chasles, un montagnard acquis au parti de Robespierre est nommé à la tête d’une mission pour sauver la Révolution. –

# Levée de troupes pour les guerres de Vendée. Le futur général Marceau, 24 ans commence à émerger dans cette tourmente révolutionnaire . De son côté, Chasles a cet avantage d’avoir évité la cherté du grain, la spéculation, en profitant du recrutement de soldats pour assurer l’autorité, et le passage des grains.

# Tambour-major au sein du bataillon des volontaires d’Eure et Loir, et originaire de Saint-Luperce, le 7 mars 1793, le citoyen Besnard part marcher volontairement contre les rebelles de Vendée. Le 23 avril , il montre un courage à toute épreuve en défendant, au mépris de sa vie, une pièce d’artillerie dont les Vendéens voulaient s’emparer à la sortie du bourg de Beaupréau. Dans la mêlée qui s’en suivit, il tombe et la pièce d’artillerie lui passe sur le corps. Blessé, il est fait prisonnier par les assaillants. Le 13 octobre 1796, il est placé en congé de réforme absolu par le Département de la guerre. Il se retire dans son village natal. 

23 avril – Beaupréau (Maine et Loire) – Le 2ème bataillon des volontaires d’Eure et Loir est confronté à l’armée royaliste de Cathelinau. Malgré les canons de l’armée républicaine, les Vendéens submergent celle-ci, se moquant des baïonnettes dressées contre eux. Les Bleus subissent alors une véritable déroute et fuient à l’exception des servants euréliens des canons qui ne veulent rien céder à l’ennemi, et préfèrent se faire tuer sur place.

24 avril – Décret interdisant la coalition d’acheteurs de biens nationaux qui permettait à des paysans peu fortunés d’acquérir un bien pour se le partager par la suite.

# A partir de directives territoriales, Robespierre impose la fourniture de blés aux marchés régionaux. Le transport des grains et denrées est strictement réglementé.

#  L’hôtel Montescot devient l’Hôtel de Villes de Chartres. –

# Sur idée de l’ingénieur Clavaux, la Convention Nationale adopte l’idée du creusement d’un canal Loire/Eure aboutissant à Thivars. Des débuts de travaux sont entrepris à proximité de Bonneval en reprenant certains ouvrages de Louis XIV.  

# 29 août. Bataille de Limbach face aux Autrichiens où. se trouve engagée Rose Bouillon, épouse de Julien Henri (ou Henry), originaire de Nogent-le-Rotrou. Après son accouchement sept mois auparavant, elle n’a pas hésité à suivre son époux, et déguisée en homme. Alors que la bataille fait rage, son mari est atteint de trois balles, et va expirer à ses pieds. Elle continue le combat, et on la retrouvera jusqu’en août de la présente année à être parmi les soldats avant d’être découverte. Mère de deux enfants, la Convention lui accordera une pension de 300 livres( + de 3000 euro), et 150 livres par enfant.

Nogent-le-Rotrou devient Nogent-le-Républicain. Son château est érigé en prison. –

9 mai – Louis Alexandre Beaulieu, 36 ans, né à Chartres est déclaré complice des ci-devants d’Artois, condamné à mort et guillotiné à Paris.

#  18 mai – Pénurie dans les denrées alimentaires pour Chartres et alentours. La municipalité adopte la loi du maximum. Cette décision découle de la loi du même mois instituant le maximum décroissant du prix des grains. La loi du maximum spécifie que tout cultivateur doit déclarer la quantité de grains qu’il posséde . Les ventes ne peuvent avoir lieu qu’au marché. Les officiers municipaux détiennent le pouvoir de réquisitions chez les détenteurs de grains. Le prix moyen de janvier à mai doit d’abord servir de maximum, et ce maximum abaissé par des réductions successives d’environ 1/4. – 

30 mai – Fontaine-la-Guyon – naissance de Joseph-Adrien Rogron, juriste et bibliothécaire. Auteur d’un Code civil expliqué (1824). Il meurt à Taillade (Var) en 1871.

1 juillet – Des futurs complices de la bande d’Orgères, notamment Borgne-du-Mans qui va se faire  » connaître  » pour sa cruauté, s’attaquent à une femme seule, la veuve Flammery -83 ans ) à Gironville (Charmont-en-Beauce-Loiret). La violence est telle qu’elle meurt quelques jours après, non sans avoir avoir révélé aux gendarmes qu’un des agresseurs était borgne. Mince indice.

6 juillet – Chartres – Livraisons de farine et de blé venant d’Eure et Loir et Beauce pour le département de Seine & Oise.

# – Ce même jour, Chevard et plusieurs notables de la ville de Chartres déclarés favorables aux Girondins, en particulier de Brissot, sont suspendus. – 

26 juillet – Une loi sur l’accaparement est votée contre les accapareurs (spéculateurs) accusés d’entasser les produits de consommation, et les conserver pour réaliser des profits importants par suite de la raréfaction des denrées favorisant la hausse des prix. Loi confirmée par décret du 28 juillet de la même année. Celle-ci punit de mort le stockage clandestin de denrées alimentaires, et exige que les commerçants mettent en vente leurs marchandises à des prix fixés par les pouvoirs publics. Les municipalités ont la possibilité de nommer des commissaires aux accaparements pour vérifier les déclarations et confisquer les marchandises dissimulées, dont une partie revient aux éventuels dénonciateurs. Naturellement les paysans beaucerons sont visés en priorité. 

# Fin juillet -La ferme d’Ythes (Le Tremblay-sur-Mauldre -Yvelines) subit une forte attaque d’une dizaine de bandits avec Charles-de-Paris, à leur tête, en compagne de Beau-François qui n’est pas encore le chef. On ruse pour endormir la méfiance en se faisant passer pour des gendarmes à la recherche de réfractaires. Ils brûlent les pieds de leurs victimes. Sous les cris, ils devront déguerpir, et poursuivis, plusieurs seront arrêtés, sauf les deux principaux, et seront exécutés. Cette affaire n’a pas figuré au dossier d’accusation de 1799.

10 août – Chartres – organisation d’une Fête Nationale, en rappel à la commémoration de celle du 10 août 1792

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Veut renverfer nos faintes loix: (bis)

Sur fon sommet la foudre gronde

Contre les brigands couronnés ;

Partout les fceptres font brifés

Plus de Defpotes, pour le monde.

Jurons la liberté, jurons haine aux tyrans

La mort (bis) pour tout Français qui romprait les fermens. – 

23 août – Pour faire suite au vote de la Convention du 23 février 1793 qui avait décidé la levée de trois cent mille hommes, pris parmi les célibataires ou veufs de 18 à 45 ans, Pierre-Louis Jolly-Deshayes, maire de Chartres, décide de conduire une levée en masse d’hommes de 25 à 30 ans, conscription décrétée suite au rapport Barère. Beaucoup de volontaires se présenteront décidés à venir combattre pour sauver les frontières menacées.

# – Ce même mois les biens chartrains de Pétion sont confisqués. –

2 septembre – Chevard est rétabli dans ses fonctions de notaire par la Convention –

# 8 septembre Didier Thirion, 30 ans, député, arrive à Chartres. Après avoir repris en mains la Mayenne et la Sarthe, il est chargé d’épurer certains esprits malfaisants faisant du tort aux idées de la République. Pour la petite histoire, cet  »épurateur » ordonna de brûler le coeur d’Henri IV déposé dans l’église de La Flèche, et celui de Marie de Médicis pour démontrer l’importance de son pouvoir. Il sera par la suite l’un des grands adversaires de Robespierre.

13 Septembre – L’ ancien couvent des Carmélites à Chartres devient maison de réclusion.

 19 septembre – Le Conseil Général de la Commune de Chartres adresse ses remerciements à Marceau en ces termes  » Le Conseil Général considérant que c’est à ce jeune Républicain, né dans ses murs, et commandant les armées de l’Ouest et de Brest que le département d’Eure et Loir doit son salut, que sa valleur (sic) et son courage n’ont pas contribué à préserver son territoire de l’invasion des brigands fanatisés qui seraient venus piller les substances qu’il renferme, et ravager ses campagnes. Arrête unanimement que mention honorable du courage et du zèle républicain Marceau sera faitte (sic) à son procès-verbal. – 

25 septembre – Pierre Leprince, 60 ans, originaire de Dreux, et domicilié en la même ville, qui fut un temps chanoine de Nantes, est convaincu d’avoir voulu aller en Suisse pour émigrer et se joindre aux ennemis de la République. Ramené à Paris, il est jugé, condamné à mort et exécuté.

29 septembre – La viande est taxée au titre d’objet de première nécessité, comme bien d’autres aliments.

# 22 octobre (1 Brumaire an II) parait pour la première fois l’Anti-Brissotin, visiblement anti Jean-Pierre Brissot,chef de ce parti au sein des Girondins.Or ceux-ci comme Brissot ont été arrêtés, seront jugés pour être exécutés le 31 de ce mois. Curieusement, cette feuille issue des rangs montagnards, adversaires jurés des Girondins, parait pour enfoncer le clou afin que ceux-ci soient envoyés à la guillotine. Un curieux épigraphe accompagne ce petit journal  » Où le droit et la liberté sont des choses, les inconvénients ne sont rien  »Sera-t-il un élément déterminant, difficile à établir. La feuille continuera d’une façon éphémère commun à un grand nombre d’autres feuilles, fort éphémères parfois sur une seule journée, à paraitre jusqu’au 27 Pluviôse an II (5 février 1794). Cette date correspond à un discours de Robespierre qui trace l’avenir de la Révolution française. L’Anti-Brissotin n’a plus sa raison d’être, puisque l’opposition girondine comme celle du chartrain Brissot ont été balayées.

 # 31 octobre – Exécution à Paris de Jacques Brissot-de-Warville et de ses complices. 

Novembre – Un décret ordonne de brûler les titres de propriété sur l’autel de la patrie dont un grand nombre d’origine féodale. Les sans-culottes, personnages emblématiques de la Révolution française, issus la plupart du temps des classes modestes, en profitent pour brûler également des titres de créances dont ils étaient redevables comme des papiers suspects. Ainsi ces hommes et femmes, habillés simplement en opposition aux aristocrates ( mêlant à la fois nobles et ceux opposés à la révolution) exercent leurs coupables actions en Eure et Loir notamment à la Ferté-les-Bois (La Ferté-Vidame), débouchant sur une regrettable affaire qui va faire de nombreuses victimes. René-Léopold de Slabeurach, surnommé l’Ainé, pour le distinguer de son frère , et le Grand Léopold en raison de sa grande taille, voulent s’opposer à la destruction de ces papiers de famille, ce qui fut rapporté en haut lieu. Aussitôt le comité révolutionnaire parisien délégué des épurateurs qui viennent agir au nom de la République, avec à leur tête un certain Gerbet qui, le 21 mars 1794, était chargé d’un mandat d’arrêt contre les  » fauteurs de troubles  ». Dix personnes furent arrêtées. Notamment les deux frères Slabeurach, l’ainé étant accusé d’être l’agent de Capet (Louis XVI) et de son comité autrichien, et de s’être sauvé chez la Veuve Petit en juin 1793 domiciliée à Châteauneuf (Puits-la-Montagne, son nom révolutionnaire). Tous les prétextes sont bons pour les traduire devant le tribunal révolutionnaire de Paris.De même, un certain Beaufils, le dénommé Garnier, un certain Gouaux-Devaux (non identifié) tous de la Ferté-les-Bois, et une autre charrette constituée à Puits-la-Montagne, avec un frère Slabeurach, Le Pelletier de la Bidouderie, Phortier d’Epinay, Vallée et un certain Herbault (non identifiés). En juin 1794, ils furent incarcérés puis transférés à Paris et condamnés à mort comme conspirateurs le 21 prairial an 2 (9 juin 1794), avec autant d’accusations non prouvées mais dont le comité de salut public n’avait que faire. Il faut noter que ce comité avait, depuis belle lurette, limité le rôle des défenseurs qui s’évertuaient à vouloir sauvegarder les accusés, n’étant nullement écoutés, et lus si d’aventure, des documents étaient produits. Deux autres accusés les rejoindront dans la mort, Hébert le 14 juin, et un certain Fourmestreau (non identifié réellement) le 17 juillet. Cette affaire sera connue sous le nom de  » jugement inique de Léopold l’Ainé  ». Les biens des guillotinés furent confisqués au profit de la Nation, et rendus aux familles après la Terreur. Le mal était fait ce qui démontre la folie révolutionnaire se vengeant de tout sans discernement, par instinct meurtrier qui change les mentalités.

# Jusqu’à cette date, Louis Masson, futur maire de Chartres (1795) avait obtenu que le culte soit célébré en la cathédrale de de la cité beauceronne..

# La commune de Chartres fait débaptiser certaines rues et places de la ville, les calvaires et les croix sont remplacés par des arbres de la liberté. De même les principales portes de la ville le sont à leur tour : la Porte Drouaise devient porte l’Egalité (démolie en 1816), celle des Epars Porte de la Liberté(détruite entre 1806 et 1808), Porte Saint-Michel change de nom pour Porte de la Réunion(démolie en 1832), la Porte Châtelet devient Porte de la République (détruite en 1834), la Porte Saint-Jean ou Poterne Saint Jean celui de la Porte de la Révolution (démolie en 1837), et la Porte Morard désormais s’appelle Porte de la Fraternité. (détruite en 1847) .

# 10 novembre – Marceau à 24 ans est promu général de division.

12 novembre – Décès à Chartres, à l’âge de 72 ans de Nicolas Bonnet , originaire de Tréon,évêque constitutionnel d’Eure et Loir de 1791 à 1793

15 novembre – naissance à Epernon du mathématicien Michel Chasles. Ses Mémoires ont fait autorité notamment sur les questions géométriques. Ce qui le rend encore plus célèbre, cette affaire risible à plus d’un titre étant victime d’un escroc qui lui soutira de l’argent en échange de lettres inventées de toutes pièces de Pascal, Newton, César, et tant d’autres ce qui le ridiculisa face à ses pairs. Il meurt à Paris en 1880.

# – La Cathédrale de Chartres est convertie en Temple de la Raison et de la Vérité (proposition du procureur Guillard, nouveau lieu de culte révolutionnaire qui sera inauguré le 29 novembre (9 frimaire an 2) de cette même année.Une nouvelle religion censée remplacer le christianisme: le culte de l’Être suprême. Ce Temple se trouve érigé devant la cathédrale, sur une montagne de 27 pieds, précédée d’une salve d’artillerie. Une statue et posée représentant la Raison appuyée contre un chêne dont la plus haute branche est surmontée d’un coq tenant en son bec un ruban tricolore symbolisant la Raison victorieuse du Fanatisme. Elle est située au centre d’une enceinte sacrée précédées de statues : à gauche celle de l’Humanité et la Force, et à droite, celle de la Liberté et de l’Egalité. La « religion » centrée sur le culte de la Raison est censée rassembler tous les peuples sous la devise de la liberté et de l’égalité afin de revenir aux principes fondamentaux de la république romaine, ce qui signifiait explicitement la fin de toutes les monarchies. Le principal instigateur du culte de la Raison fut Robespierre. La statue de Bridan fut recouverte d’un bonnet phrygien, et adorée comme une déesse de la Raison

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De la liberté l’influence

A son essor, son affluence

Ouvre les sciences, les arts

Mars Apollon, Minerve, Astrée

sont nos plus généreux Césars 

21 novembre – Dreux – La collégiale Saint-Etienne est vandalisée. S’en suit une violation des tombes qui, sont ouvertes pour récupérer les plombs des sépultures, les dépouilles sont alors jetées dans une simple fosse.

# 23 novembre – Gabriel-Nicolas Beauguyon, originaire de Châteaudun est guillotiné. Adjudant-général (officier supérieur de l’administration des armées). Pourtant il avaitadhéré aux idées jacobines de Robespierre, s’opposant à celles des partisans de Brissot et des Girondins. Mais il sera victime de ses pairs qui pour des raisons ambitieuses, se sont épurés eux-mêmes. –

#  29 novembre – Inauguration officielle du nouveau temple de Chartres au cours d’une cérémonie civique.  » Les marbres de choeur furent recouverts d’écriteaux contenant des maximes républicaines ; au milieu du sanctuaire, s’élevait une maison de 27 pieds de hauteur au sommet de laquelle se trouvait la statue de la Raison, appuyée contre le chêne sur la plus haute branche duquel perchait un coq tenant dans son bec un ruban multicolore. Après le discours d’apparat prononcé par un administrateur de la commune, on joua un drame mêlé de musique, intitulé la Raison victorieuse du Fanatisme ; les personnages étaient la Surveillance, en robe blanche parsemée d’yeux, le Fanatisme, recouvert d’habits sacerdotaux, Voltaire et Rousseau, acolytes de la Surveillance. Le dialogue engagé par les acteurs ne tarda pas à devenir animé : la Philosophie réduisit bientôt à néant les arguments du Fanatisme qui, se voyant vaincu, se précipita, l’injure à la bouche, sur la Surveillance. Mais le cri aux armes se fit entendre, la République, sous la forme d’une femme vêtue d’une robe tricolore, sortit d’une caverne, et terrassa le Fanatisme, le perça d’un dard, brisa les autels, foula les croix aux pieds. Puis un mécanisme en forme de nuage remonta la République au haut de la Montagne, près de la statue de la Raison. Un discours du conventionnel Thirion, termina la séance.  » (Extrait de l’Histoire de Chartres – Lépinois) – 

# 5 décembre – L’Abbaye de Tiron sert de temple de la Raison. La nommée Debray en fût la déesse, recevant pour la circonstance les hommages dûs à sa personne. En cette occasion était interprété l’Hymne à la Raison, chant révolutionnaire, ayant eu pour auteur le chante officiel de la Révolution, Marie-Joseph Chénier, frère du poète guillotiné,

15 décembre – Rapport de Sergent-Marceau qui  »sauve  » la cathédrale En effet, les communards voulaient la détruire, et vendre les pierres une à une. Le député conventionnel leur demanda comment ils allaient évacuer cet important tas de pierres, leur faisant imaginer le coût immense ce qu’il consigna dans son son rapport. Le chef d’œuvre de pierres était sauvé.  

20 décembre – L’une des deux statues de la Vierge, celle en bois, et considérée comme la plus ancienne, datant des premières années de la cathédrale, est brûlée par les émeutiers. Profanation de la crypte. – 

Courant décembre – La société populaire des Sans-Culottes proteste contre l’envoi à Paris de pâtés de Chartres. Le  » siège social  » de cette organisation révolutionnaire se situait en l’église Saint-Hilaire dont le concierge était Pierre-Augustin Connard, vendeur de journaux, et tenant cabinet de lecture.

31 décembre. Au nom de la Société Populaire des Sans-Culottes de Chartres, le citoyen Judet, maire de Chartres s’adresse au citoyen Pache, maire de Paris, en en l’informant de l’ initiative qu’envisagent les révolutionnaires s’opposant à l’envoi de pâtés à Paris pour trois raisons. Primo, les pâtés sont à l’usage des riches, secundo ces patés privent les Chartrains de la meilleure farine, tertio, des pâtés servent à faire passer des messages contraires aux intérêts de la République. L’arrêt de commercialisation est ainsi officialisé, décision qui sert les intérêts de la Révolution française. En quelque, une décision qui sauve l’identité même du pâté de Chartres.

1794

# 22 janvier. Angélique de Méliers, 19 ans, est guillotinée à Laval, après avoir été prisonnière de l’armée républicaine, à la suite de la bataille du Mans, et la défaite tragique des Vendéens. Sa relation avec l’Eure et Loir s’inscrit dans un court épisode , lorsque le général Séverin Marceau, touchée par la grâce et la beauté, le courage aussi, de la jeune fille, tenta de la sauver. Suspecté de pactiser avec l’ennemi vendéen, il ne put la sauver. Heureusement connu pour son héroïsme, sa droiture, ses supérieurs purent intervenir pour lui éviter de graves ennuis.

 –Janvier-Février & Mars – Un hiver fort pluvieux a débuté en fin décembre pour se prolonger dans les premiers jours de 1794.. A Douy, les eaux de la rivière ont souvent haussé et baissé successivement ; mais le 4 de mars ayant haussé elles se sont tenues hautes jusqu’au 5, et dans la nuit du 5 au 6, s’étant levé une tempête considérable, le 6, la rivière s’est tellement enflée que dans la nuit du 6 au 7, l’eau passait par dessus le pont de la mare, touchoit au pont de Saint Sauveur, passoit en abondance dans les deux maisons qui sont de ce coté cy au bout du petit pont, et dans la grange qui est entre ces deux maisons. L’eau a commencé a baisser presqu’aussitôt, sans cependant que ceux des rues ayant pu passer un peu facilement à sec que le 9 au soir. On croit que la rivière n’avoit pas été si grande depuis 30 ans.

# La répression révolutionnaire accentue sa pression, le fait d’être suspect mène le plus souvent au sort de condamné.De nombreuses arrestations ont lieu partout en Eure et Loir, et plus de soixante-dix Euréliens seront exécutés. Trois ans plus tard, de nouvelles arrestations auxquelles s’ajoutent les déportations La répression ne cesse pas pour autant depuis la chute de Robespierre.

Depuis le 11 mars 1794 au 10 février 1795 – La Convention Nationale décide la suppression des anciens noms communaux si bien que la ville de Châteaudun devient Dun-sur-le-Loir. Cette modification transitoire sauve la vie de 22 personnes emprisonnées dans la cité dunois, en attente d’être transférées à Paris pour y être jugées et vraisemblablement guillotinées. En effet, l’ordre de transfert parvint, par erreur, à la municipalité de Dun-sur-Auron (Cher), et le temps que le document revienne à ses destinataires, le 9-thermidor arriva et avec lui la chute de Robespierre. Les 12 échappèrent au couperet fatal. 

Chartres – Célébration de la Montagne, érigée à l’extrémité de la Butte des Epars, et pour cette érection, on se sert de douze statues issues de la démolition du jubé, puis détruites ou enterrées dans des fondations ultérieures.

# 25 mars – Fermeture du collège Poquet à Chartres 

12 avril – La loi s’appliquant à la peine capitale, selon le Code pénal mis en oeuvre en septembre 1791, précise à l’article 1er  » A l’avenir, aucune femme prévenue de crime, emportant la peine de mort, ne pourra être mise en jugement, qu’il n’ait été vérifié, de la manière ordinaire, qu’elle n’est pas enceinte  ». Une disposition qui s’appliquera six ans plus tard pour les condamnées à mort de la bande d’Orgères.- 24 mai –

#  naissance à Dreux de Georges Durand-Claye qui occupa de hautes fonctions au au sein du Ministère de la Justice, puis ministre chargé d’une possible réforme hypothécaire. Il meurt à pris en 1847.-

#  Mai – Marc Cochin, originaire d’Unverre dont il est originaire, et présentement curé de Mottereau, prend une grande responsabilité pour aider le fermier général et sa famille, à soustraire se à la horde révolutionnaire. On lui confie une valise pleine de bijoux, de l’argenterie, de l’argent que le religieux s’empresse d’enterrer. Le fermier général sera guillotiné. L’abbé Cochin rendra à la veuve la totalité de la valise. Une belle leçon d’honnêteté.

# 5 mai. Native de l’Allier, domiciliée à Cosne-Sur-Loire, Jeanne Lichy, 62 ans, ex-noble, est arrêtée à Dreux alors qu’elle entretenait des propos contre les révolutionnaires. Elle est transférée à Paris, condamnée à mort et exécutée.

#  20 mai – Ouverture de l’École Centrale d’Eure et Loir fonctionnant aux frais de la république, et fermée le 23 septembre 1799. Elle fut installée à la maison de Saint-Jean puis

#  8 juin – Chartres – Fête de l’Être Suprême. –

#  9 juin – Avocat et secrétaire du district de Châteauneuf-en-Thymerais, Maître Auguste de Stabenrath, 30 ans, est arrêté avec deux amis, accusé de conspiration non sans avoir arraché dans sa commune un arbre de la Liberté. Transférés à Paris, ils sont  » jugés  » et guillotinés.

# Ce même jour,  Pierre Beaufils, 54 ans, originaire de l’Eure, et juge de paix à Ferté les Bois, canton de Puy-la-Montagne est condamné à mort et guillotiné à Paris accusé d’avoir incarcéré des patriotes, et s’être apitoyé sur la mort du roi en prononçant des propos contre-révolutionnaires.

10 juin – le commissaire de Sûreté Générale, un certain Moilins, arrive à Anet pour faire procéder à l’ouverture du tombeau de Diane de Poitiers sans respect aucun à la mémoire de cette Grande Dame.

# 13 juin. Dreux. Pierre Bizet, 30 ans, natif et domicilié en la cité drouaise, est arrêté comme conspirateur. Jugé à Paris, il est condamné et exécuté.

16 juin – Paul Louis Claude Bonne, 17 ans, né à Chartres, compagnon menuisier à Chartres, est condamné à mort et guillotiné à Paris ayant été déclaré complice de vouloir égorger à la maison de Bicêtre, un garde puis les membres du Comité de Salut Public, et mettre leurs cœurs sur un grill pour les manger ensuite (!)

# 22 juin. Jean-Baptiste Bouchotte,40 ans, militaire et homme politique est arrêté à Paris par le Comité de Salut Public en raison de ses attaches politiques. Il est transféré au fort de Ham puis emprisonné à Chartres pour y être jugé par le tribunal criminel de la cité beauceronne. Faute d’avoir reçu les documents de l’accusation, il ne peut être jugé, et libéré par la loi d’amnistie. Il se retire à Metz, sa ville de naissance, et meurt en 1840.

27 juin –Chartres – Arrestation et emprisonnement aux Carmélites de dix-neuf fédéralistes chartrains qui furent sauvés de la guillotine suite à la chute de Robespierre. Des soupçons pesèrent sur le conventionnel Pierre-Jacques Michel Chasles dont on a dit qu’il en fut le principal responsable, et les fédéralistes conçuren tune haine tenace à son endroit.

12 juillet – Reverseaux, cultivateur beauceron, 55 ans, condamné à mort et guillotiné à Paris pour avoir tenu des propos visant à empêcher le recrutement de futurs soldats.

13 juillet – Antoine Benoit Suzanne, né à Chartres, curé et officier public, domicilié à Boissy est condamné à mort et guillotiné à Paris pour avoir tenu des registres particuliers d’actes de naissance et de mariages.

#  27 juillet (9 Thermidor An II) – L’anarchie commerciale reprend ses droits de même la spéculation qui va se prolonger durant l’année 1795. Les autorités chartraines n’ont même de pouvoir de contrôle, ne peuvent assurer la ration à minima du pain, si bien qu’on libère le prix du pain, et les cours remontent au grand dam des consommateurs. L’assignat a perdu une très grande partie de sa valeur, si bien qu’on cherche des valeurs sûres. L’idée vient à l’administration de procéder l’échange de fer contre du blé ( !).

# Ce même jour qui voit la chute de Robespierre

Arrou – Bois-Ruffin est saisi et vendu comme bien d’émigrés à Louis Pierre Mercier, le lot comprenait l’habitation seigneuriale, les fermes et la chapelle-Saint-Benoit. L’affiche donne cette description : « La cour dans laquelle se trouve le puits n’étant pas susceptible de partage, sera commune, ainsi sur les fossés qui l’environnent au premier et second lots. La tour construite dans cette cour est ronde, d’une construction ancienne et forte, et, par sa grande élévation, elle commande au loin la campagne. La cour où elle est construite est terminée par de très fortes murailles, en partie ruinées, mais dont les fondations sont intactes. Elle est, en outre, défendue par un double fossé large, profond, rempli d’eau, et on ne peut y pénétrer qu’à la faveur d’un pont, par une seule porte très forte et voutée. Le fossé qui enveloppe entièrement cette cour se divise pour former une seconde enceinte dans laquelle sont construits les bâtiments servant à l’exploitation des terres attachées à cette métairie, et on n’y peut entrer aussi que par un pont et une porte d’une construction à peu près semblable à la précédente« . 

# août – François Michaud, publiciste et voyageur(1757/1839), rédacteur du journal royaliste La Quotidienne est de passage à Chartres pour un court séjour. Compte tenu de ses idées, il est recherché, et arrive une dépêche de Bourdon de l’Oise, un révolutionnaire connu pour ses réactions violentes, qui donne ordre de l’arrêter. Le journaliste a déjà été soupçonné à plusieurs reprises et condamné. Ultime vexation dans un premier temps, il est arrêté par les gendarmes à qui l’ordre a été donné de l’attacher à la queue d’un cheval tout en lui donnant une correction avec le plat d’un sabre. Mais la maréchaussée outrée par la nature de la demande, refuse d’obéir et relâche Michaud. Ce dernier se cache un temps, puis prend  » la tangente  ». Il rejoint la région parisienne, et apprend qu’il été condamné à mort et exécuté en effigie sur la place de Grève. Il prend le parti prudent de se cacher. Par la suite, il obtient l’annulation de ces mesures prises à son encontre justifiant de sa bonne foi, et sera comblé quand il apprend l’arrestation de Bourdon de l’Oise, qui sera déporté pour mourir au bagne de Cayenne.

18 août – Rétablissement de la libre circulation des denrées alimentaires –

#  22 août Jean-Louis Brière, 36 ans, vicaire de Coltainville, ayant refusé la déportation imposée aux prêtres réfractaires, est jugé et guillotiné(le 24) en Eure et Loir durant la Terreur, l’exécution ayant eu lieu place des Épars, en réalité place de la Liberté, à Chartres. Ce fut la seule exécution en la cité beauceronne et ordonnée pour des motifs politiques.

#  Ce même jour  – La cathédrale est rendue au culte

# – 29 août –  naissance à Courtalain de François Riçois, peintre d’inspiration romantique, auteur de nombreux paysages d’Eure et Loir. Il meurt à Paris en 1881 

 3 au 13 septembre – divers soulèvements se produisent notamment dans le Thymerais, à Dreux également. De nombreux rassemblements qui arborent le drapeau à fleur de lys ,inquiètent les autorités, en particulier Barras au sein de la Convention. Des insurgés ont été écrasés à Nonancourt,  et ne désarment en rien et continuent cette révolte. Un détachement de l’armée avec un certain Bourdon, réoccupent les points stratégiques de l’insurrection. De nombreux morts dans les rangs des insurgés vont calmer les esprits.

7 septembre – émeutes de la faim à Chartres.

# Ce même jour, Fleur d’Epine qui avait succédé à son père Jean Renard à la tête de cette troupe de malandrins, commence à écumer la plaine de Beauce et ses abords, premier maillon de la future bande d’Orgères. Arrêté, il trouve la mort à Versailles avec quarante-quatre prisonniers alors qui allaient être jugés à Paris.

17 septembre –Venue à Chartres d’un représentant de la République, un certain Texier (ou Armand Louis Tellier), chargé à la fois de réprimer des troubles dont des prêtres réfractaires seraient, dit-on, à l’origine. Le fait de prendre l’initiative de procéder à l’achat de grains pour la capitale déclenche un siège de l’hôtel de ville par des femmes en furie qui réclament  » le pain à trois sous la livre et à gogo  ». On l’obligea également à crier  » Vive le roi  » ce qu’il fit pour éviter que les autorités censées le protéger ne se fassent égorger. Il est alors contraint de signer un arrêté qui baisse le prix du pain d’autorité. Rentré en la demeure qui lui avait été allouée pour la circonstance de sa venue, il choisit de se suicider d’un coup de revolver sur le balcon d’un immeuble aujourd’hui hôtel du Grand Monarque. Il n’a pu surmonter ce qu’il considérait comme un déshonneur à prendre une mesure qu’il réprouvait On pense que cette émeute aurait pu être d’origine royaliste, dans une période d’agitation dénommée Terreur blanche qui profitait des difficultés d’approvisionnement.

22 septembre – proclamation de la République une et indivisible, après l’abolition de la Royauté quinze jours auparavant.

Novembre – Chartres, ville de plus de 10 000 habitants se voit octroyer d’un commissaire de police municipale qui, avec l’aide de la gendarmerie, gèrent tout ce qui concerne le pouvoir de police (plaintes, infractions), la procédure, s’il y a lieu, étant transmise au juge de paix du canton.

# NovembreClaude André Semen, durant sa courte et provisoire mandature de maire de Chartres, ceci durant vingt-quatre jours, en profite pour présenter, à la Convention, un nouveau projet pour canaliser l’Eure. Une obsession de ce représentant communal qui va encore connaitre un échec. Pourtant le maire Semen argumente en retraçant la navigation en Eure et Loir. Il n’arrive pas à convaincre alors qu’il propose de joindre Pont-Tranfêtu à Bonneval., en étant arrivé à convaincre des investisseurs. Mais devant l’importance du coût, ces derniers estimèrent le projet peu fiable, et sans avenir.

# 8 novembre Jean-Joseph Girouard, 36 ans, né à Chartres, imprimeur de la Gazette de Paris est condamné et guillotiné comme contre-révolutionnaire tout en lui reprochant d’avoir fait graver des signes dans ce sens.

7 décembre – Mise en oeuvre d’un sauf-conduit pour qui veut se déplacer légalement hors des limites de son canton. Il faut prêter serment civique, et la pièce doit être visée par l’autorité.

Courant décembre – Un membre de la nouvelle municipalité, en la personne de Paris-Mainvilliers, propose la démolition des remparts.

# – La mendicité s’accroit

# – Des brigands en grand nombre accentuent leurs exactions criminelles un peu partout en Beauce, et font peser la terreur.

# 9 décembre – Mariage à La Bazoche-Gouët de Pierre Louis Bentabole , avocat, originaire du Haut-Rhin, avec Charlotte Adélaide Chabot, fille d’un noble de cette commune. Grâce à cette union, il achète des terres en ladite commune. Il s’agit du seul lien avec le département de cet exalté de la Révolution Française. Cette période fut son tremplin. Il fut proche de Marat, vota la mort du roi, et opposé , bien entendu, aux Girondins. Il fit partie comme député de la Convention, et du Conseil des Cinq-Cents. Connu pour son jacobinisme, il aurait voulu être plus au faite du sentiment révolutionnaire, et meurt en 1798 à l’âge de 44 ans. L’origine de son décès n’est pas très claire.

24 décembre – Attaque de la ferme Epersenne, commune de Saint-Peravy (Loiret), plusieurs coupe-jarrets tel Berrichon Belhomme, futur lieutenant du Beau-François, s’en prennent aux propriétaires pour leur voler des peaux de chevreau et de vache. Mais voilà, les sept molosses sont lâchés, et les bandits prennent la poudre d’escampette, heureux de s’en sortir à bon compte.

1795

On pense sérieusement à abattre les remparts à Chartres pour faciliter une extension de la cité beauceronne. 

# – La place des Halles à Chartres prend un temps le nom de Place d’Armes.

# L’église de Thiron-Gardais est rendue au culte. – Profanation par les révolutionnaires du tombeau d’Etienne d’Aligre se trouvant à Belhommert

# Chartres. François Héron, révolutionnaire, étranger à la cité beauceronne, est agent du comité de sureté général. Il était très actif, bien au delà de ses prérogatives parisiennes. De lourdes présomptions sur sa tête le font soupçonner de différentes exactions à Nantes conjointement avec Carrier tragiquement connu pour ses activités criminelles. Il est arrêté ordre de Bourdon de l’Oise, transféré à Chartres pour comparaitre devant le tribunal criminel d’Eure et Loir. Il est amnistié, et meurt obscurément à Versailles en 1796 à l’âge de 50 ans.

7 mai – Les époux Horeau, riches bourgeois de Lèves, sont retrouvés assassinés. L’affaire est d’abord classée, le crime étant attribué à quelque déserteur. Le dossier va ressurgir en 1798. L’aisance anormale d’un modeste couple formé de Théodore Pelletier et Marie-Thérèse Lange attirera la suspicion à la fois de l’entourage et de la police laquelle sera rapidement convaincue de leur culpabilité criminelle. Ils seront arrêtés le 21 août 1798 à leur domicile de Chartres, jugés et condamnés à mort comme faisant partie de la bande d’Orgères.

20 mai – Ouverture de l’École Centrale d’Eure et Loir fonctionnant aux frais de la République, et fermée le 23 septembre 1799. Elle fut installée à la maison de Saint-Jean puis au petit séminaire.

# 25 mai. François Xavier Audoin, 30 ans, homme d’église et révolutionnaire, est décrété d’accusation par Bourdon de l’Oise, eu égard à ses attaches montagnardes. Il est arrêté et transféré à Chartres pour y être jugé. La loi d’amnistie du 4 Brumaire lui permet de se soustraire à la justice.

# Mai. Jean-Louis Vilain Daubigny, révolutionnaire montagnard, soupçonné de vols d’assignats. Arrêté à Paris, il est transféré à Chartres, mais la loi d’amnistie le sauve. Une justice parisienne qu’il retrouvera en 1800 mêlé à l’attaque de la rue Saint-Nicaise, condamné à la déportation où il meurt en 1804.

# juin. Mise en place des gardes-champêtres. Pour y prétendre, il fallait impérativement être zélé, probe et patriote. Avant 1789, ils étaient connus sous le nom de messie ou bagnards.

# 7 juin. Jean Nicolas Pache, ancien ministre de la Marine, puis de la Guerre, soupçonné d’être un révolutionnaire est mis en accusation au tribunal criminel de Chartres qui est chargé de juger les auteurs de l’insurrection du 20 mai de la présente année. Emprisonné en les prisons de la cité beauceronne, il bénéficie de la loi d’amnistie du 4 Brumaire an IV (2 octobre 1795), et libéré. Il s’empresse de rejoindre Paris qu’il quitte en raison de la Terreur Blanche, et retourne dans ses terres dans les Ardennes, et y meurt à 77 ans.

10 juin – le commissaire de Sûreté Générale, un certain Moilins, arrive à Anet pour faire procéder à l’ouverture du tombeau de Diane de Poitiers dont le cercueil fut forcé.

#  22 août – La cathédrale est rendue au culte.

# 7 septembre – émeutes de la faim à Chartres.

#  8 décembre – Moulin de Quincampoix (Saint-Avit-les-Guespières) tenu par la famille Auger et son personnel, à l’exception de l’épouse absente. Des bandits qui seront associés plus tard à la bande d’Orgères investissent en nombre les bâtiments, rudoyant le sieur Auger et un ouvrier du moulin, alors que la fille du maître de maison, tentant de se soustraire à ses agresseurs, est blessée sérieusement de deux coups de pistolet. Deux autres ouvriers tentent de s’interposer courageusement, mais ils seront à leur tour gravement atteints. La bande fait main basse sur des liquidités, bijoux, vaisselle, et tout ce qui leur tombe sous la main et qui peut être négociable. – 

# Courant décembre – Un membre de la nouvelle municipalité, en la personne de Pâris-Mainvilliers, propose la démolition des remparts.

# La mendicité s’accroit

# Des brigands en grand nombre accentuent leurs exactions criminelles un peu partout en Beauce, et font peser la terreur

1796

30 janvier – Première grande attaque de la bande dite d’Orgères avec le Beau-François, le Rouge d’Auneau, le Gros Normand, Jacques de Pithiviers, et complices, largement plus d’une vingtaine. Le repérage a été effectué auparavant avec l’aide de femmes et d’enfants se faisant pour de la main d’oeuvre.Leur cible est d’importance car elle vise une ferme Montgon à ‘Aschères-le-Marché. Ils répandent la terreur, le sang. Le cri des victimes glacent les alentours. Des victimes plusieurs fois poignardées à mort, un véritable carnage. Tout ce qui peut être revendu sur les marchés entrent le butin, de même l’argent, les bijoux, l’argenterie. Les esprits seront marqués à jamais. Deux complices sont arrêtés, ayant été décrits sans contestation par leurs victimes et exécutés. Il est vrai que dans ces attaques, ce sont des assaillants qui se griment, à coups de poussière de charbon et touts autres ingrédients afin de se soustraire aux recherches.

25 février – nouvelle attaque avec pour objectif la ferme d’Honville (Boisville-la-Saint-Père) détenue par le citoyen Mannoury qui passe pour être fort aisé. Pendant son absence, les voleurs font main sur un butin considérable.- 

10 au 11 mars – Villiers (Fresnay-l’Evêque) où demeure la Vve Dordon, 74 ans. Elle vit seule, et serait  » bonne à faire  ». Ils décident de la voler et surtout de la tuer. Mais tout ne ne se passe pas comme prévu pour ces criminels de vil besogne , car leurs sentinelles les avertissent de l’arrivée de secours. Ils déguerpissent sans demander leur reste, et sans butin, tout en laissant des indices qui serviront plus tard à les confondre comme tant d’autres.- 

Nuit du 14 au 15 mars  – demeure du citoyen Benoit et de sa femme, de simples journaliers à Villiers (Fresnay-le-Sec). Le couple est surpris, le mari tente de résister, il est frappé à plusieurs reprises, pieds et mains liés. La femme tente de s’enfuir, elle est rattrapée, renversée, et immobilisée, et sous la douleur, elle doit révéler la cachette de leur numéraire.-

24 mars – naissance à Chartres de Pierre-Alexandre Lecomte dont la vie de prêtre fut tournée essentiellement vers l’assistanat des pauvres. Il fut également archidiacre de la cathédrale. 

Courant mars – attaque de la ferme des Grillons (Toury) attribuée aux membres de la bande d’Orgères. Le fermier est tué, mais cette affaire ne figurera pas au dossier d’accusation. –

#  Avril – conseil de guerre au bois de La Muette (Loiret) où les principaux chefs de la bande d’Orgères décident de pratiquer le chauffage des pieds – suage ou riffaudage) à savoir utiliser la manière forte qui consiste à tuer, et dénommé dans leur langage de la plaine: faire suer le chêne coupé -. La suggestion vient d’un vieux de la vieille en la personne du Père Elouis, plus de 80 ans, qui a déjà pratiqué avec d’autres criminels ce genre de supplice connu sous le nom de   » machinette du père Elouis  ». Ce n’est pas forcément celui qui a les pieds dans le feu qui avoue, mais plutôt l’entourage qui a peurde passer  » à la casserole ‘‘. – 

9 avril – Ferme Saint-Léonard (Germignonville) tenue par le citoyen Boutet avec sa femme et sa fille est la proie de la bande avec à sa tête le Beau-François. Devant le refus d’indiquer la cache du magot, les assaillants présentent dans le feu les pieds de la femme Boutet qui, rapidement, indique l’endroit. Mais voilà, cela ne leur suffit pas, car ils savent, par oui-dire, que le cultivateur Boutet détient une grosse somme, fruit d’une vente. Ils s’emparent de ce dernier, le portent à nouveau dans la cheminée, mais voilà l’homme résiste à la douleur, et refuse de coopérer. Ils s’en prennent à la fille, mais étonnamment apitoyés par les cris de la jeune fille, ils l’abandonnent, et pillent finalement la ferme sans trouver le reste du magot.- 

20 avril – Maisons (Auneau) – ferme Colas. Les assaillants d’Orgères s’en prennent au fermier en lui tordant ses parties intimes, car ils l’ont surpris au lit. Ils l’abandonnent, s’en prennent au fils qu’ils assomment, puis la femme Colas est immobilisée, alors que la fille est traînée dans la cheminée. Mais stoïque, elle résiste à la douleur, ne dit rien, déconcerte ses tortionnaires, mais rien n’y fait. Longtemps, les victimes garderont des séquelles de l’attaque dont ils ont été l’objet. 

29 avril – Ferme du Luet (Béville-le-Comte). La bande d’Orgères est quasiment au complet avec le Beau-François. Le couple âgé dort du sommeil du juste, et ils sont réveillés en sursaut, et roués de coups, selon le bon (mauvais) principe. Le sang coule. les assaillants attisent le feu dans le cheminée, trainent la femme vers le feu. Celle-ci crie, implorant aussi bien les brigands que de tenter un secours qui ne viendra jamais, surtout qu’elle avoue la cachette de son argent préférant le salut, on le serait à moins, que la chaleur des braises. Le fruit du vol sera réduit à sa plus simple expression (40 francs un très modeste somme). Par dépit, ils se vendent sur tout ce qu’il trouve, un vol bien modeste en regard des atrocités commises. Cinq de ses malandrins seront arrêtés et exécutés, ou morts dans les prisons.

# 17 avril – Le Directeur exécutif siégeant à Paris, institue pour l’ensemble des communes d’une  » Fête des Epoux  » pour démontrer que le mariage démontre l’exemplarité des unions. Dans sa séance du 23 avril, l’administration du département d’Eure et Loir entérine cette initiative insistant sur toute la solennité requise qui doit présider à une telle célébration qui se déroule pour la première fois le 30 du même mois à Chartres. Au fil des années, cette journée va perdre de son intérêt, si bien qu’un décret de Napoléon abroge ce calendrier peu suivi.

# Aux environs du 8 mai – Décès à l’âge de 69 ans à Oinville de Jacques de Sabrevois d’Oyenville, général de brigade sous la Révolution. –

10 mai – Mondoville-Saint-Jean(Auneau) où exerce le cabaretier Marchand avec sa femme. Il tente , avec son sabre, de faire face à ses agresseurs, et blesse l’un d’entre eux. Aussitôt, il provoque la réaction sanguinaire des six autres qui le laissent pour mort, dégoulinant de sang de blessures multiples. La femme est à demi étranglée. Les assaillants s’en tiennent là et volent tout ce qui se trouve sous leurs mains. – 

#16 mai – Le Directoire décide de créer des colonnes mobiles issus d’unités de la garde nationale pour tenter de juguler une criminalité inquiétante

9 juin – Décès à Paris de Denis Toussaint Lesage originaire de Chartres où il a vu le jour le 15 août 1758. Avocat à la Révolution, président du tribunal du district de Chartres. Député d’Eure et Loir à La Convention nationale. Lors du procès de Louis XVI, il avait voté pour la culpabilité du roi.

Nuit du 21 au 22 juin. La bande d’Orgères avec à sa tête le Beau-François, sans Charles-de-Paris disparu sans savoir s’il a été arrêté ou non, mais accompagné par Chat Gauthier, ainsi que quatre femmes, les plus acharnées, s’en prennent au citoyen Rousseau dans se ferme de Gueudreville dans le canton de Bazoches-les-Gallerandes. Malgré une résistance de la femme Rousseau, les assaillants vont prendre tout ce qui trouve sous leurs mains, tout en blessant sérieusement leurs victimes sous les cris d’encouragement de leurs complices féminins.

#  24 juin – La bande d’Orgères a ses indicateurs et notamment le Petit Gars d’Etrechy,14 ans, qui est accusé d’avoir mal rempli son devoir d’information, ayant minimisé le nombre de personnel. Il le traîne dans le bois de Liffermeau (Loiret) et le tue à coups de gourdin. Crime horrible. Ses ossements retrouvés seront présentés lors du procès de la bande d’Orgères comme pièces à conviction. La responsabilité du Beau François sera fortement établie d’avoir eu Le Bras armé pour être l’exécuteur de ce crime sanglant.

30 juin – Hameau du Bourgneuf sur la route de Pithiviers. Ils sont cinq malandrins en compagnie du Beau-François, du Rouge d’Auneau, Quatre-Sous et deux autres à s’en prendre à trois cultivateurs les soupçonnant de rentrer d’une vente avec le fruit de la vente des fruits de leurs terres. Rudoyés à coups de bâtons à noeuds, déshabillés pratiquement, et surtout  » soulagés  » de l’argent qu’ils ont collecté, laissant également partie de leurs vêtements. En détalant plus vite que leur ombre, les victimes ne demandent par leur reste et s’enfuient sans être poursuivis.

# Le pouvoir de police subit de nouvelles modifications, et se voit octroyer des pouvoirs accrus d’investigation et de justice. 

 # 5 au 6 juillet – La Veuve Belnoue, une cabaretière, qui vit à Mervilliers (Allaines) est confrontée à une attaque en règle. La bande d’Orgères l’étrangle séance tenante, et vole tout ce qui se trouve dans la demeure. Ils en viennent même à ripailler à côté du corps de leur victime. 

21 au 22 juillet – Gault-Saint-Denis (à l’époque Saint-Denis-de-Cernelles), la bande d’Orgères s’en prend à la famille Cordier qui tient cabaret. Elle a la vie sauve, ayant préféré indiquer la cachette du magot.

#7 août – Conjointement, Le Borgne-de-Jouy et le Rouge d’Auneau avec l’aide une dizaine de leurs complices se rendent à la ferme des Grillons situé à Chaussy (Loiret) tenu le père Brunet, un vieillard impotent, et l’attaque, selon leurs bonnes habitudes à la nuit. Il ligote sa fille, et brutalise son père arrosé de tout ce que les assaillants trouvent dans la ferme, comme le miel, le lait caillé, et pour finir du vin. Peut-être de la pitié, au lieu de l’occire. le butin sera important.

21 septembre – Mort du général Marceau tué par un snipper (tireur d’élite) à Altenkirchen. Les troupes adverses lui rendront les honneurs

#  25 septembre – Alors qu’il vend de la marchandise volée en se rendant à la foire de Saint-Germain-en-Laye, le Beau-François paie en faux écus. L’acheteur, un cabaretier, méfiant fait appel à la gendarmerie. Les autorités sont loin de se douter qu’ils ont entre leurs mains un redoutable criminel, chef de bande. Il est vrai que le Beau-François a l’art et la manière d’user de plusieurs identités, profitant de l’absence de documents officiels. Pour autant, étant donné les circonstances, il est incarcéré.

# 26 septembre – Bois de La Muette (Autruy-sur- Juine – Loiret). Un conseil est réuni pour désigner un nouveau chef. Le Gros-Normand est plébiscité, eu égard à son passé sanguinaire qui avait la confiance de son chef.

fin octobre – De nombreux agriculteurs se plaignent auprès des autorités de la présence de malandrins de la pire espèce qui s’en prennent à tout ce qui leur tombe sous la main, non sans brutalité, menaces, parfois viols, surtout dans la région d’Autry-sur-Juine, et une partie nord de l’Eure et Loir. Mais voilà les gendarmes manquant d’effectifs sont dans l’impossibilité d’assurer la sécurité face à des gens terrorisés. L’impunité commence à peser sur la population et les institutions.

2 novembre – Lors d’une séance au Conseil des Cinq-Cents à Paris, le Bernard Lagrave interpelle l’exécutif en ces termes  » Depuis plusieurs mois, quelques départements sont en proie à des bandes de deux à trois cents brigands qui parcourent les campagnes? Ces hommes appelés  » chauffeurs  » s’introduisent chez le paisible cultivateur, le lient, et tous ceux qui composent la maison, allument un grand feu et leur font griller les pieds et les jambes jusqu’à ce qu’ils aient déclaré le lieu où se trouvent renfermés leur argent et leurs effets précieux.  » (Nota : Etant donné l’absence de banques, de coffres-forts, les cultivateurs cachaient bon gré mal gré leurs revenus, si bien qu’il était aisé aux malfaiteurs de s’emparer du butin en numéraire que le chauffage des pieds accélérait. Il suffisait d’entendre les cris tant de la victime qui subissait le chauffage des pieds que les autres personnes craignant subir le même châtiment, pour que les langues se délient.)

# 7 novembre – Le député Richard à Paris relayant son camarade d’assemblée  » remet le couvert ‘‘, et préconise d’en finir pour épurer la contrée, la Beauce plus particulièrement, en réorganisant la gendarmerie nationale en lui donnant les moyens sécuritaires et judiciaires pour éradiquer cette criminalité, une bonne fois pour toutes, du moins en terme de bandes importantes. On envisage l’apport de l’armée. Sur le terrain, on commence à cerner le sujet qui permet d’affiner une meilleure connaissance de cette organisation criminelle, par un regroupement des malandrins sous une seule entité. Comme nous allons le voir par la suite.

6 décembre -Auguste Gendrin voit le jour à Châteaudun. Médecin, il se distingua par ses nombreuses recherches et mémoires sur les fièvres infectieuses. Il a publié de nombreux ouvrages qui ont fait longtemps autorités. Il s’éteint à Paris en 1890.

# L’année se termine sur différentes agressions de moindre importance, tels des vols sur les chemins, et qui seront inscrits au dossier d’accusation.

1797

 # Naissance à Chartres de François-Saturnin Renault, huissier de justice, qui disposait de plusieurs cordes à son arc. Notamment d’être poète et surtout compositeur de chansons. Il est auteur, entre autres, de cet air intitulé La Chartraine chanté le 26 septembre 1830 au banquet de la Fédération, et qui devient l’hymne de la Garde Nationale dont voici la première strophe :Nobles drapeaux, flottez, vengeurs de la Patrie/ Un roi parjure ose rêver tyranie / Sous vos couleurs, Paris s’élance et crie encor/ Bravons l’orage / Point d’esclavage / Plutôt la mort / Courons au feu : plutôt la mort que l’esclavage. Son hymne connut tout de suite le succès puisqu’il parut dans un recueil parisien intitulé  » L’Arc-enCiel de la liberté ou couronne civique offerte à ses défenseurs  », une véritable référence en la matière dans la mesure où d’autres airs populaires y figuraient au rang desquels, la Marseillaise – Le Chant du départ – La Parisienne, le Coq gaulois

# Bien que la toiture de la cathédrale soit déjà dépourvue d’une grande partie de son plomb, la Convention décide d’utiliser ce qu’il reste de ce métal pour fabriquer des balles.

# Ouverture de la Bibliothèque du département à Chartres qui va alors contenir de précieux documents, plus de 40 000 volumes sans compter les manuscrits. – 

# Durant les années 1797 et 1798, destruction du château de Madame de Pompadour à Crécy-Couvé (quelques vestiges échappent aux pioches des démolisseurs), de même celui de Dreux, et de la Ferté-Vidame (dont il ne reste que les murs de nos jours). – 

4 au 5 janvier – Allaines – demeure de Pierre Léger dit Le Jeune(ou Lempetro), bedeau de la paroisse. Il est surpris avec sa femme au lit par moult assaillants de la bande d’Orgères. Il tente de s’opposer vainement, Le couple sera tué sans autre forme de procès, et ensuite pillage de la maison.

# 11 au 12 janvier – Ferme du Bréau – Richarville (Essonne) détenue par une femme, la veuve Jeanne Hélie. Six brigands, et un  » mioche  » sous le commandement du Borgne-du-Mans, enfoncent de nuit la porte de la dite ferme. Ils surprennent au lit la pauvre femme terrorisée, la ligotent promptement, et lui enveloppent la tête avec des cris pour la faire taire. Les bandits entendent des cris  » Aux voleurs  » provenant de l’extérieur. Ce sont les deux filles de la victime qui arrivent en compagnie de voisins avertis par les hurlements bien qu’étouffés. Dans la fuite, Le Borgne du Mans à moitié déshabillé ne doit son salut qu’à sa vélocité pour s’enfuir. Eloignée, la bande a cru bon allumer un feu, c’était sans compter sur leurs poursuivants qui n’avaient point abandonné de les prendre. Des coups de feu sont tirés, un brigand de même le mioche seront blessés, et laissés sur place. Leurs complices parviennent à se soustraire à la vindicte.

mars – Tout est bon pour voler, parfois du linge qui sèche dans quelque jardin, les ailes d’un moulin. La bande attaque des marchands qu’ils leur subtilisent tout ce qu’ils portent, voir les habits de la victime. Sur leur chemin, ils s’en prennent à des fermes, des cabarets comme à Meslay-les-Bois ( Meslay-le-Vidame) , à Beauvilliers. A la ferme de Chenonville (La Bourdinière Saint-Loup), chez la veuve Rousille. La pauvre femme ne peut qu’assister impuissante au vol d’effets, de bijoux, d’assignats, et des écus. A cette époque, pas de banque, ni coffre-fort. La peur de perdre la vie incite à la sauver. S’ensuit un pillage, parfois quelques brutalités, des dérives aussi. Parfois, les bandits mangent chez leurs victimes, et repartent avec des victuailles. L’odeur du sang ne semble pas les déranger. Il est vrai qu’ils vivent dans une atmosphère sanguinolente.

# 5 avril. L’objectif de la bande : la ferme des Granges-Saint-Père, au hameau de (Etampes) est exploitée par la veuve Bélier qui vient de perdre sa mère dont le corps est alors présent sur les lieux. La famille est venue se recueillir. Le Rouge d’Auneau, dès son entrée dans les lieux, abat d’un coup de sabre, le frère de la veuve alors qu’il voulait s’opposer d’une façon courageuse. il meurt quelques instants après. Un agriculteur qui se trouvait présent est tué d’un coup de pistolet par Jacques d’Etampes, ne trouvant rien de mieux que de transpercer le corps de la défunte, un sort funeste qui dépasse l’imaginable sanguinaire .Les morts seront délestés de leur argent. Les complices finiront par ripailler après avoir violé les deux nièces de la veuve Bélier. Ils repartent avec trois chevaux pour emmener un important butin.Le cheval fait partie. de leurs déplacements étant l’immensité du territoire qu’ils mettent à sac. Plus vite, ils rejoindront leur camp de base (les bois), plus vite ils seront à l’abri de fermiers en colère, en attendant que l’autorité se mette en place.

21 avril – Revoilà Jacques d’Etampes avec le Gros-Normand, et trois autres complices pour attaquer un marchand de vaches, le citoyen Argant, à Montereau, commune de Meresville( Essonne). Ils violent la femme, blesse fortement le mari, et repartent avec une importante somme d’argent des bijoux, vaisselle d’argent, etc. La femme Argant, traumatisée dans sa chair, son intimité, mettra plusieurs mois pour s’en remettre, tombant dans une sorte de folie.

25 avril – hameau de Gérainville (Bonneval) – une dizaine de criminels de la bande d’Orgères, sous la conduite du Gros-Normand, s’en prennent à ce couple. La femme est immobilisée dans son lit et étranglée. Le mari qui s’est caché, est retrouvé dans le fournil, et d’un coup de sabre à la gorge, est tuée dans une véritable folie meurtrière. Maison mise à sac. Parfois les femmes de brigands sont présentes, et ne sont pas les dernières pour exciter les hommes, et les inciter à tuer, ou à défaut le faire elles-mêmes.

12 au 13 juin – pillage en règle de boutique de tissus tenue par Jeanne Féré et sa fille à Pezy (Voves). Elles sont épargnées. Un miracle. Il sera établi lors de l’instruction qu’il s’agissait des principaux personnages passant pour être les plus sanguinaires de la bande d’Orgères- 

22 au 23 juin – Houville (devenu Houville-la-Branche – Auneau) – boutique du tailleur Levoy qui est dévalisé par la bande d’Orgères. – 

28 juin – Nouvelle attaque à Viabon. Alors que des complices grimpent sur les murs du presbytère qu’ils veulent voler, ils aperçoivent plusieurs femmes. Ils préfèrent rebrousser chemin que de s’opposer à la vindicte féminine qu’ils redoutent. 

8 au 9 juillet Le Beau-François, chef emblématique de la bande d’Orgères, évadé d’Etampes où il avait été incarcéré. Le Beau-François a eu beaucoup de chance de ne point être reconnu. La valse de ses identités, sans passeport, l’aira aidé à les autorités même emprisonné.

15 juillet – Le Beau-François reprend les rênes de la bande sermonne ceux qui sembleraient n’en faire qu’à leur tête, menaçant la  »sécurité  » de la bande car les gendarmes se montrent de plus en plus, même s’ils sont peu nombreux

15 au 16 juillet – attaque de la ferme de La Poutée (Boisvillette), tenue par le couple Ménager. On va déplorer deux morts. Visiblement, les assaillants étaient déterminés à ne laisser aucun témoin susceptible de les identifier ou de donner des indices.. Selon leur expression, ne laisser ni parrain ni marraine. A cet égard, et ils se montrent d’une sauvagerie sans nom. Notamment la Grande-Marie en ménage avec Baptiste-La-Gueule-Brûlée. Avec son couteau, elle ne montre aucune pitié pour la femme Ménager, lui entaillant sérieusement le cou, la laissant pour morte. Le Gros-Normand trouvera plus prudent de l’achever.Lorsque que a maréchaussée se rendra sur les lieux, la vision atroce de victimes baignant dans leur sang, ne fera qu’accroire leur détermination à en finir avec ces criminels dont la vindicte sanguinaire dépasse tout ce que l’on peut imaginer.. Nota – Cette ferme a gardé le sol d’époque de même la cheminée qui mit à l’épreuve les occupants de la ferme.Vision impressionnante dans toute sa vérité.

# 3 octobre – Une sombre affaire va conduire plusieurs habitants du nord-est de l’Eure et Loir à être détenus dans la prison du Temple. Il semblerait qu’ils aient été mêlés à une conspiration plus particulièrement dans le sud-ouest de la France, initiée par une association royaliste se donnant le nom d’Institut philanthropique, siégeant à Paris, avec la complicité de Chouans échappés de la répression.

12 octobre – Châtillon-le-Roi (Bazoches-les-Gallerandes). Nouvelle attaque chez un certain Piochon, cultivateur, surpris par la bande menée par le Beau-François en personne qui ne fait pas de détail, le blessant sérieusement, et lui dérobant une quantité importante de numéraires.

2 novembre – A proximité de Roinville, s’en revenant d’une foire à Auneau, le citoyen Bourreau, cultivateur, est pris à partie par le Beau-François, le Rouge d’Auneau et un complice. ils le délestent d’une importante somme d’argent. Leur victime s’enfuit ayant eu miraculeusement la vie sauve. Les trois malandrins se cachent, avisent deux autres cultivateurs. L’un des deux est gravement blessé, l’autre laissant sa bourse, se réfugie dans une ferme. La description qu’il fera de ses agresseurs, sera une précieuse indication pour les identifier par la suite.

# La maréchaussée n’en est pas encore au stade d’arrêter des malandrins qui pèsent sur la population qu’ils menacent de représailles. Mais l’heure du châtiment approche.

#  2 au 3 décembre Thérèse Ballot, fripière, sise à Orlu, passe pour être une famille chenue (riche) qui tient boutique (cassine). Elle va résister à ses agresseurs d’Orgères d’une façon courageuse. Malgré la crainte de voir sa dernière heure venue, elle sera néanmoins épargnée, tout en étant dévalisée. –

#  9 décembre – Le citoyen Létand exerce comme cultivateur à Frainville (Prunay-le-Gillon). Il est absent avec sa famille pour une veillée lorsque la bande d’Orgères décide de le dévaliser. Mais le retour inopiné du propriétaire va contraindre les assaillants à prendre la poudre d’escampette, semant une grande partie de leur butin dans leur fuite.

#  19 au 20 décembre – Hameau du Bois (Nottonville) – le couple Bourgeois tient commerce de mercerie. Les assaillants sont d’autant plus nombreux que ces commerçants passent pour être aisés. Le mari est tout de suite mis hors état de résister avec deux plaies béantes à la tête. Il s’évanouit parce que considéré comme mort. Ce n’est pas sans compter sur son épouse laquelle va opposer une résistance des plus vives, profitant de l’obscurité que seul le feu de la cheminée perce. Les assaillants ont beau la frapper, elle résiste, et un moment se saisit de l’intimé d’un de ses agresseurs qui hurle sous la douleur. Un coup violent la fait lâcher, mais son mari revenu à lui, se précipite à une fenêtre et crie de toutes ses forces. Il reçoit un coup terrible qui le met à bas. Mais les voisins ont entendu et se précipitent, autant armés qu’ils le peuvent. Le chef de bande crie  » il vient du ragout  »(secours  »), et c’est la débandade. Le citoyen Marchand restera longtemps souffrant et sourd à jamais. Quant à sa femme, le médecin relèvera 17 meurtrissures, et elle s’en sortira mieux et plus vite que son mari. De leur demeure, tout a été sauvé de la cupidité criminelle de leurs agresseurs.

# 26 décembre. L’échec de cette attaque laisse des suites au sein de la bande. Le Beau-François entend la reprendre en mains, dénonçant l’anarchie, désigne vertement certains qui voudraient prendre d’autorité le commandement. Notamment il s’en prend au Rouge d’Auneau à qui il reproche de n’en faire qu’à sa tête ce qui conduit à des échecs comme celui de Nottonville.

28 décembre – La bande en grand nombre tente de s’introduire dans la ferme Milhouard (Toury) du sieur Fousset, riche cultivateur. Mais les aboiements des chiens les incitent à la fuite, tout en étant décidés à revenir avec des renforts car il y a beaucoup de personnel employé à la ferme. Ce qu’ils ignorent à cet instant : la fin prochaine de la bande.

1798

# Saint-Cloud-en-Dunois (devenu commune nouvelle de Villemaury). Naissance de Pierre Chevalier qui, après ses études, devient notaire à Marchenoir, et qui fut juge suppléant.

4 janvier – la ferme du Milhouard est mise à sac. Nicolas Fousset, notable, a les pieds brûlés sans qu’il indique où se trouvent ses liquidités. Le Père Fousset est très gravement blessé, quasiment blessé à mort. La bande repart bredouille. Cette attaque avortée, endeuillée par le décès d’un notable va enclencher la chasse et l’arrestation des bandits, ce qu’ils ignorent, persuadés qu’ils sont intouchables en raison de leur nombre et leur organisation.

5 janvier – le juge de paix Fougeron est nommé pour instruire l l’affaire du Milhouard car le sieur Fousset, personnage incontournable de la région, très affaibli par les blessures, ses pieds sont ensanglantés et atrocement brûlés. Ses douleurs sont intenses. Le juge aura juste le temps de recueillir la déposition du mourant qui s’éteint le 12 janvier dans d’atroces souffrances. Le juge repart pour Villeprevost, son futur lieu d’interrogatoire. Le lien va être établi entre différents membres de la bande dont les noms vont revenir aux oreilles des enquêteurs.

# Le maréchal-des-logis des gendarmes Pierre Vasseur, 48 ans, chargé de procéder à la recherche des coupables sur le terrain, accompagné de gendarmes et de hussards commence à oeuvrer. Son enquête va durer 127 jours. Une investigation qui va le confronter à des gens qui ont la peur au ventre, craignant pour leur vie car les brigands sont de plus menaçants. Seule la présence continuelle de la maréchaussée battant la plaine, va délier les langues. Assistance précieuse d’une population mise en confiance car la plaine est occupée par la maréchaussée assistée de hussards. Les arrestations se font de plus en plus fréquentes. Chaque bandit est emmené à Villeprevost, lieu d’interrogatoire, puis ensuite dirigé sur une prison chartraine

# Toutes les affaires criminelles relevant de l’Eure et Loir des départements limitrophes concernés sont réunies en une seule qui devient l’affaire de la bande d’Orgères, celle-ci étant instruite par Armand-François Fougeron, juge d’Orgères, sur décision de la juridiction orléanaise. Un complément de soixante hussards et trente gendarmes est affecté à cette enquête de terrain.

# Naissance à Mainvilliers de Philarète Chasles, littérateur et écrivain professeur au Collège de France. Considéré comme l’un des tous premiers spécialistes de littérature comparée. Il fut proche d’Honoré de Balzac dont il devint un collaborateur apprécié. Il meurt à Venise en 1868. 

# 10 janvier. Les gendarmes (les «  »cognes  » dans le langage des brigands) de Beaugency arrêtent ce qu’il suppose être un homme pour savoir qui il est. Ils ignorent à cet instant qu’ils ont entre leurs mains l’un des plus redoutables membres de lac bande d’Orgères en la personne du Rouge d’Auneau. Mais, le bandit a emprunté l’identité d’un couvreur, Michel Pecat, et de fait trompe son monde. Il est relâché.

12 janvier –  » Sur les trois heures après midi  », Nicolas Fousset meurt suite à ses blessures. Le juge Fougeron va désormais officier entreprendre moult interrogatoires entre le 30 janvier et le 7 mai en sa demeure gentilhommière de Villeprevost (Tillay-le-Pêneux). Vasseur a les pleins pouvoirs pour enquêter sur l’Eure et Loir et la Seine-et-Oise (Yvelines).

# – Alors que la plainte de Beauce devient incertaine pour les tenants de la bande d’Orgères. La gendarmerie à cheval est très bien équipée en hommes, et peut aisément encercler pour mieux appréhender. Le Borgne-du-Mans soumet à quelques complices d’aller sous d’autres  » cieux ». Leur cible : un commerçant de Suscy-sous-Yèbles (Crisenoy – Seine & Marne) tout de même à plus de cent kilomètres de leur base ce qui suppose qu’ils vont accomplir leur parcours à cheval. Une façon aussi de se dérober au danger qui menace ces criminels. L’initiateur de cette attaque connaît l’endroit pour y être allé à plusieurs reprises dans d’autres circonstances. Le couple Villeneuve, jardinier et cabaretier sont agressés durement par des assaillants rugissants avec le Beau-François à leur tête. Tout est dévalisé. Une partie de la bande, notamment avec le Gros-Normand, se détourne vers l’Oise, tente d’attaquer une ferme du côté de Beauvais. Echec. Longjumeau l’un des complices est blessé, et lâche ses complices, incapable d’aller plus loin.

17 janvier – Le fermier Leluc et le garde-champêtre du côté de Bazoches-les-Gallerandes préviennent les gendarmes de la présence de 7 à 8 mendiants dont le comportement est douteux. La maréchaussée se présente, Le Borgne-du-Mans exhibe un faux passeport (pas de photographie, bien sûr) qui trompe les gendarmes. Y-avait-il Vasseur, sans doute pas. Il devait s’agir de gendarmes affectés à la commune.

20 janvier – Arrestation du Borgne-de-Jouy (nom civil Germain Bouscant) dit Général-Finfin,20 ans, environ, au lieu-dit la Fauconnière (Allaines) alors qu’il est en couple et se croit à l’abri avec sa compagne et son fils dans une grange. Dès lors très coopératif, et surtout pour sauver sa tête, il ne le fera pas bon de le rencontrer entouré de ses gendarmes, et dûment menotté. Chaque personne rencontrée risque d’être désignée comme complice. Pas de carte d’identité, tout se fait à l’appréciation ou à l’instinct de Vasseur.

# Reprenons les premiers aveux du Germain Bouscant à Vasseur, puis juge  » Je ne suis coupable de rien, mais depuis neuf à dix ans que je suis sur les champs, j’ai la connaissance d’une troupe considérable de voleurs qui se monte à près de deux cents hommes au moins, sans y comprendre les femmes( en réalité plus de 500 y compris les francs de plaine). Ils tiennent les plaines de Beauce, et s’étendent sur la grande route d’Orléans, aux environs de la forêt de Cercottes (Loiret), jusqu’à Châteaudun, Chartres, Epernon, Etampes, et se répandent dans les plaines de l’Orléanais, de la Sologne, du Berry, du Perche, et autres pays adjacents. Je porte dans la troupe le surnom de Borgne de Jouy. Je n’ai jamais commis d’assassinats. j’ai été forcé d’aller avec eux, san quoi ils m’auraient tué. Je connais la majeure partie des vols et assassinats par eux exécutés, et particulièrement tous ces voleurs qui courent les plaines de Beauce et du Gâtinais. »

# Les prisons chartraines au nombre de quatre vont se remplir avec l’aide du Borgne-de-Jouy qui déclare toute personne rencontrée comme coupable.. Ils seront nombreux à mourir innocents ou peu coupables sans avoir revu le jour, ne pouvant prouver qu’ils sont peu ou pas concernés à défaut de reconnaître à moindre frais être complices de circonstance sans avoir tué (recel, indication de coups, hospitalité…). Une arrestation qui va précipiter la mise en prison de la presque totalité de la bande. Pas moins de 150 complices ou non. On estime qu’environ soixante individus pour certains innocents mourront dans les prisons de Chartres sans avoir revu le jour. Les femmes sont regroupées aux Carmélites, les hommes ailleurs notamment à la Maison de Justice, et en autres lieux car il a fallu faire face à la détention d’un grand nombre de justiciables ou non, mais tous suspects. 

26 janvier – Un procès-verbal de la société de médecine de Chartres dénonce les conditions de prisons chartraines  » L’humanité frémit à l’aspect d’un tel tableau  ».- 

16 février – arrestation à Gueudreville (Outarville) d’un redoutable complice de la bande d’Orgères en la personne de François Cipayre, dit Sans Pouce, un des tortionnaires du père Fousset, bandit qui se faisait passer pour un notable (!)

28 février – nouvelle grosse prise avec le Rouge d’Auneau (Michel Pecat, 20 ans), l’un des principaux meneurs, avec plusieurs crimes à son actif. Il avait été arrêté quelques jours auparavant par les gendarmes d’Artenay, et relâché, et les avait trompés.Le fait d’avoir les cheveux  » rouges  » le dessert car les témoins et victimes sont de précieux auxiliaires pour la gendarmerie. Vasseur se réjouit de serre prise

# fin février – Bien que la bande dite d’Orgères soit traquée, celle-ci ne relâche pas. Sa seule ressource provient des attaques de ferme, ou de personnes isolées ou en très petit groupe. Le Beau-François ne voulant pas être en reste, s’écarte de leur lieu de prédilection en descendant plus bas. Objectif : le château de Faronville, une ferme isolée de la plaine de Beauce, à proximité d’Outarville (Loiret), propriété de l’abbé Philippe. Le Beau-François propose de mettre le feu dans des fermes à Erceville, Poilly et Gervilliers, dans le but de faire diversion.

# fin février. Certains éléments de la bande se sont regroupés sous la houlette du Beau-François, malgré la présence de la gendarmerie, de plus en plus active, parcourant en tous sens la plaine. Pour autant le chef de la bande décide de s’en prendre au château de Faronville (Outarville – Loiret) détenu par l’abbé Philippe censé être riche. Quelle aubaine ! Mais voilà il faut compter avec les gendarmes. Le Beau-François propose d’incendier deux ou trois fermes du côté d’Erceville. pour faire diversion. Or, ce qu’ignorent les membres de la bande, la fin de leurs exactions est proche. Certes, ils se sont regroupés au bois de La Muette, mais la fin est proche.

2 mars – C’est au tour de Jacques Richard dit le Borgne du Mans, autre suspect d’envergure, très présent sur de nombreuses attaques sanguinaires. Il se fait prendre presque bêtement à la porte d’une ferme alors qu’il devise avec deux femmes.

3 mars – Arrestation du reste de la bande y compris le chef le Beau-François au bois de Méréville (Essonne). Tous surpris en pleine nuit. Pas un seul n’arrive à s’enfuir ou à faire usage de ses armes, tellement l’effet de surprise est total. Même le Beau-François est pris dans la nasse. Le château de Faronville est sauvé.

# – 27 mars – Vente à l’encan (au plus offrant) du domaine (bien national) de la Ferté-aux-Bois (son nom révolutionnaire) devenue La Ferté-Vidame

7 avril – Exécution à Chartres de François Renou dit Marabou qui, épisodiquement intégra la bande d’Orgères. – 

10 mai – Le jury de Chartres, au titre du Tribunal Criminel , et sur jugement du tribunal de cassation, est chargé de réunir toutes les pièces du dossier découlant du travail d’investigation du juge Fougeron. – 

Durant l’été – grosses chaleurs, Chartres, conditions carcérales très dures pour tous les détenus emprisonnés, et notamment ceux de la bande d’Orgères. De nombreux prisonniers meurent. De nombreux innocents aussi, dénoncés à tort ou à travers également par le Rouge d’Auneau.- 

1 août – Le château de Nogent-le-Roi est vendu comme bien national et rasé en 1822 remplacé par une simple maison bourgeoise. 

#  6 août – Arrestation à Nogent-Roulebois (Nogent-le-Roi) de François Bureau, dit le Serrurier, complice actif au sein de la bande d’Orgères, et accusé de cinq crimes. Il arrive cependant à fausser compagnie à ses gardiens.

21 août – Arrestation de Théodore Pelletier et Marie-Thérèse Lange pour l’assassinait des époux Horeau à Lèves. 

# A cette date, on déplore déjà sept détenus décédés.

# 24 septembre. Le Conseil des Cinq-Cents vote une levée de 200,000 hommes. La mise en oeuvre de cette levée fut l’occasion notamment en Eure et Loir de nombreuses manifestations patriotiques et de fêtes.

17 novembre – A la Maison de Justice, lieu de détention des bandits d’Orgères, ou présumés comme tels, les conditions d’enfermement sont telles qu’un dysenterie provoque la venue de l’officier de santé Compain. Il est le seul qui officie sur son seul département, celui de l’Eure et Loir , à défaut de médecin qui sera seulement formé en faculté à partir de 1808, tout exerçant son art d’une façon restreinte. En raison de cette maladie infectieuse, cet officier, après inspection fait son rapport aux officiers municipaux.  » Je voudrais que les prisonniers aient pour boisson de l’eau acidulée avec du vinaigre à la dose de trois ou quatre pintes par tonneau. Qu’ils fussent assujettis à se laver les jambes avec cette même eau, et les mains deux fois par décade.  »

15 décembre – Le jury du tribunal criminel de Chartres clôt l’instruction sur la bande d’Orgères. Pas moins de 66 assassinats à l’encontre de la bande d’Orgères, et autres chefs d’inculpations soit 95 au total (du 19 mars 1791 au 5 juillet 1798).

28 décembre – Pierre Leclair est nommé commis pour greffier au directeur du jury., ayant participé préalablement à l’instruction de l’affaire d’Orgères. Deux ans plus tard, il sera le premier à publier un ouvrage intitulé Histoire des brigands, chauffeurs et assassins d’Orgères. Se référant aux Pièces de la procédure criminelle tenue contre les accusés dans l’affaire d’Orgères, publiées à Chartres.

1799

# – La cathédrale de Chartres est désormais un Temple décadaire autrement dit une mairie.

# 9 janvier – L’administration de Janville envoie une lettre au Ministre de la Justice, attirant son attention sur les états de service du maréchal-des-logis Vasseur, cité comme grand serviteur de son pays, et dont le mérite serait d’être honoré en fonction de ses états de service. Sensibilisé, le ministre répond huit jours plus tard, le gendarmerie Vasseur devant être élevée à la lieutenance.

# 19 janvier – Le juge Fougeron, juge de paix du canton d’Orgères est nommé magistrat au tribunal criminel d’Orléans. Nota : aujourd’hui une telle affaire serait du ressort du juge d’instruction. Pour autant, la justice de paix est remplacée de nos jours par les tribunaux d’instance et les médiateurs.

25 janvier -Des représentants de la Société de Médecin de Chartres venus inspecter les prisons, décrivent une situation horrible,, signant un procès-verbal accablant décrivant une situation horrible qu’explique le décès de 31 complices ou non de la bande d’Orgères dans un univers carcéral qui dépasse l’entendement.  » Dans un cachot d’une cinquantaine de mètres carrés au 42 détenus s’entassent, dénommé  » La Misère », une simple ouverture s’ouvre sur une cour fangeuse et une fosse d’aisance ouverte à tous les vents. Ces infortunés qu’ils soient sains ou malades ne peuvent faire autrement que de soulager dans des baquets qui restent dix-huit heures de suite enfermés dans ce local.  » Le procès-verbal ajoute que la paille sur laquelle ils couchent, est rapidement transformée en fumier par les déjections de toutes sortes des malades, les plus atteints de ces derniers faisant sous eux. Des conditions sanitaires infâmes, souligne le rapport. En cette période hivernale de froid rigoureux. Des  » mesures  » vont être prises, mais la précarité carcérale va persister.

# mi- juillet – Arrivée de Joseph Fouché à la tête de la police. Bonaparte voulait une guerre au brigandage sur tout le territoire, à fortiori en Beauce. Le message fut appliqué et écouté.

# nuit du 5 au 6 juillet – Le Beau-Francois, alias Jean Girodot, Jean Auger, et autres états civils, chef emblématique de la bande d’Orgères, s’échappe de la prison du château comtal chartrain (place Billard) , après avoir obtenu d’être admis à l’infirmerie, prétextant une maladie imaginaire. Avec un complice (qui sera rapidement repris), il creuse un trou dans un mur sans que les geôliers s’aperçoivent de quoique ce soit. Il ne sera jamais plus arrêté .

# Septembre – Une nouvelle bande tente de reprendre les actions de brigandage de la bande d’Orgères, notamment celle de Manissier et ses complices au sud de Paris. Mal lui en prit, puisqu’un coup de filet les met tous sous l’éteignoir. Trois de ses chefs sont guillotinés.

# 10 octobre – Après dix-huit d’instruction, 95 délits criminels sont officiellement identifiés dont 66 assassinats. Le plus grand crime étant celui de l’association de crime,, tous les associés sont complices les uns des autres. Cependant une plus grande quantité de vols et assassinats sont demeurés présumés au même degré de conviction à défaut de manque de preuves. Les charges néanmoins se suffisent à elles-mêmes. Tous ces crimes sont de nature à entraîner la peine capitale (Article 1er de la loi du 23 germinal an III (12 avril 1794) qui précise  » A l’avenir, aucune femme prévenue de crime emportant la peine de mort, ne pourra être mise en jugement, qu’il n’ait été vérifié, de la manière ordinaire qu’elle n’est pas enceinte  » . Dans ce cas précis, aucune des accusées ne pouvait bénéficier de la loi, soit 17 femmes.

# 29 décembre. Le Ministre de l’Agriculture François de Neufchâteau envoie une circulaire à tous les agriculteurs notamment beaucerons pour lutter contre l’enchenillage qui dévastent les arbres, un mal latent que la jeune République connait depuis quatre ans. Des mesures énergiques sont alors prises.

# En cette fin d’année, les dispositions judiciaires mettent en place le dispositif policier pour que le procès ait lieu  » sans danger pour la sureté publique et pour les moeurs  », prévenir également toute évasion ou révolte.

# Suite bande d’Orgères au XIXe siècle.

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