XXe siècle – 1900/1950

Développement des comices agricoles (naissance fin XVIII e – supprimés sous la Révolution, voire 1833) notamment la foire de la Saint-André qui devient en quelque sorte fête foraine – nous sommes dans une spirale d’économie de marché où il s’agit de s’enrichir en vendant du blé (capitalisme) et la fortune est transmise aux héritiers – le grand propriétaire se contente de vivre de la rente foncière, et il serait même étranger à la Beauce. – Inégalité profonde dans le monde rural où les petits durent à la peine démontrant que les ressources ne sont pas réparties de la même façon – Les exploitations couvrent entre 45 et 300 hectares (moyenne 60 hectares). A cette époque dans un village typique beauceron, on note une ou deux fermes de 110 à 160 hectares, et une dizaine de 40 à 100 hectares. – le morcellement a eu lieu au fil des années ce qui a nécessité un remembrement en 1953.

1900

#

# 3 juillet – Le journal La Dépêche dénonce dans son édition de ce jour  » Samedi 30 juin au petit matin, nous avons vu – et nous avons de nombreux témoins – des voyageurs allant de Bonneval à Chartres, presque tous des agriculteurs, empilés, pour certains debout dans un wagon à bestiaux, faut de moyens convenables pour les transporter (…) Nous protestons énergiquement contre de semblables pratiques.  »

# 15 août  – dernier loup abattu en Eure et Loir à Thiville (Dunois)

# 8 septembre – naissance de Raymond Isidore, dit Picassiette, artiste du naïf. Il meurt dans sa cité natale le 7 septembre 1964. Sa maison reste un lieu incontournable pour cet homme qui a consacré toute sa vie pour se construire un rêve composé d’une multitude de petits morceaux de céramique, porcelaine, etc.

# 20 septembre. Venue du Président de la République, Emile Loubet, estimée à quarante cinq minutes (!). Son train arrive à 8h45 en gare de Chartres. Mais voilà, les officiels chargés de l’accueil ne se sont pas rendus compte qu’un quai de grande longueur a été prévu pour rejoindre sans problème le plaine d’Amilly. Le train ne s’arrêtant pas en gare, une scène amusante se déroule quand on voit le comité d’accueil courir à, travers les voies pour arriver à la descente de ce visiteur de marque. Plus de cent mille hommes de l’armée de terre avec leur Etat-Major sont déployés. Une foule énorme a dû être canalisée. La cérémonie va être courte, et le visiteur s’en repartira après avoir salué quelques mouvements de troupe, laissant celle-ci accomplir le programme prévu pour réjouir les spectateurs.

# novembre Noël Ballay est nommé Gouverneur général de l’AOF (Afrique Occidentale Française) 

# Chartres. Naissance de François Lorin, de la célèbre famille de maîtres-verriers. Il succède à son père Charles dont il reprendra les ateliers après la Seconde Guerre mondiale. Il meurt le 30 juin 1972, et inhumé à Saint-Chéron.

# 15 décembre – naissance à Aunay-sous-Auneau d’Hellé Nice (Hélène Delangle de son vrai nom), pilote automobile. Une femme qui a rivalisé avec de nombreux hommes au volant de sa Bugatti.

1901

21 avril. – La ville de Chartres est en pleine effervescence judiciaire dans le cadre de l’affaire Brierre, du nom de cet homme accusé d’avoir assassinés ses cinq enfants dans le, village de Coransez. Presse régionale et nationale sont présentes car cet assassinat a suscité beaucoup d’émoi, surtout que le père soupçonné d’en être l’auteur, n’a rien avoué. A cette époque, la police n’a pas les moyens actuels d’investigation, on s’en tient aux constats d’enquête. Pas la moindre preuve ne vient corroborer les doutes comme les certitudes des enquêteurs. Les juges à la cour d’Assises de Chartres vont décortiquer l’affaire, mais nul témoin qui aurait pu permettre d’établir la culpabilité. Et pourtant malgré les dénégations de l’accusé, et en l’absence d’éléments , le jury le condamne à mort. Une décision qui va susciter des interrogations, même des suspicions face à une justice qui ne saurait accepter son incapacité à admettre que l’accusé ne soit pas coupable. Des associations interviennent, notamment la Ligue des Droits de l’homme. Cette pression fait effet, les avocats transmettent une demande de grâce au Président de la République Emile Loubet qui accepte de signer. Brierre reste condamné, sa peine étant commuée aux travaux forcés à perpétuité. Il achèvera sa peine au bagne de Guyane.

1902

# 26 janvier Décès de Noël Ballay dont les obsèques nationales se déroulent le 4 mars en la cathédrale de Chartres

# 22 août – naissance à Mézières-en-Drouais de Jacques Debû-Bridel, homme politique, membre du conseil national de la résistance, député, puis sénateur, puis directeur de Radio-Monte-Carlo. C’est un pilier du gaullisme. Écrivain il a obtenu le Prix Interallié.

# 5 octobre  – naissance à Verneuil-sur-Avre du dessinateur Daniel Laborne, créateur du personnage de Lariflette.

1903

# 7 juin – Inauguration à Chartres du monument dédié à Pasteur, oeuvre de Paul Richer. un monument qui connut les vicissitudes de la guerre. Le bronze fut fondu en 1940. Le nouveau monument sera officialisé en 1950

# 28 décembre – naissance à Nogent-le-Rotrou de Jean Liberge, artiste-peintre spécialiste des paysages

1904

# 14 juillet  – Chartres : inauguration du monument dédié à Noël Ballay dans le square du lycée.

# 1 octobre  – décès au château de Rougement à Cloyes-sur-le-Loir de Jean-François-Albert du Pouget de Nadaillac

1905

# – Fondation par les frères Magnan à Nogent-le-Rotrou d’une célèbre usine de pianos mécaniques qui cessera son activité le 31.12.1934 avec l’avènement du phonographe.

# – décès à Nogent-le-Rotrou d’Arthur Proust, architecte et peintre, spécialiste du panorama.

#  – mise à jour de haches à talon au Gué de Longroi de l’âge du Bronze moyen

# – mise à jour à Lutz-en-Dunois de haches à douille dont il semblerait qu’elles soient de fabrication normande, puisque des ateliers de ce type s’étaient installés en plaine de Beauce.

1908

# – naissance à Fessonvilliers de Mireille Marokvia, émigrée au Mexique, Ecrivaine, auteur de livres traitant de la Seconde Guerre mondiale et de l’Allemagne nazie Elle meurt au Mexique le 19 octobre 2008.

# – La voie de chemin de fer Chartres-Angerville est aménagée.

# 29 septembre naissance à Châteaudun de Marcel Pottier, artiste-peintre, médecin et grand voyageur sur toutes les mers du globe. Décèdé en 1951

# 31 octobre Louis Blériot réalise le premier vol de ville à ville partant d’un hangar au lieu-dit des Champs-Perdus à Toury pour atterir 14 km plus loin près du château d’Auvilliers à Artenay (Loiret), et il repart dans le sens inverse, accomplissant ainsi 28 km en 11’20 » sur son avion monoplan Blériot VIII 

# 6 novembre  – à son tour, et beaucoup plus modestement car il n’a pas le soutien financier, Alexandre de Lailhacart entreprend un vol à Saint-Chéron des Champs sur une distance de 300 m, sur une hauteur de 2 mètres.

1909

# 1 janvier. La Compagnie des Chemins de Fer de l’Ouest au sein de laquelle le chemin de fer eurélien est intégré, a vécu et intégrée au réseau de l’Etat, en raison de dettes abyssales. Le vote de la loi de 1908 avait décidé du sort de cette compagnie.

# – janvier– un certain M.Horust procède à l’essai à Saint-Pïat d’un planeur de 12 mètres de long et de 3m30 en forme d’oiseau aux ailes déployées.

# 9 février  – débat à l’hôtel de ville de Chartres pour la création ou la possibilité de créer une activité aéronautique. L’ingénieur Gangler se voit confier le projet. Des expériences d’aviation sont autorisées sur le champ de manoeuvres.

# 14 février – La Dépêche d’Eure et Loir cherche des fonds pour l’installation d’un hangar.

# 15 avril Le hameau de Bretigny est choisi comme lieu de l’aérodrome de Chartres, en raison de sa proximité avec la ligne de chemin de fer Chartres-Angerville.

# 30 octobre  – naissance à Authon-du-Perche de Jean Le Moal, maître-verrier.

# Jeanne Hervieux décroche son brevet de pilote à l’école Blériot de Chartres sous le brevet n°318. Pour la petite histoire, elle créera une école de pilotage pour femmes à Lyon qui fermera ses portes rapidement faite d’étudiantes. A l’évidence, l’univers macho de l’époque singularise le pilotage à la merci des hommes, et fera renoncer bien des candidates. Seule une petite poignée d’entre elles émergera dans ce contexte difficile.

# 6 novembre  – Au  » Hameau des planches  » nom de l’ancien aérodrome de Chartres (côté Gellainville sans que cela soit réellement défini en raison de la disparition des documents du cadastre), un appareil Grégoire avec pour pilote Jacques de Lailhacar parcourt près de 300 mètres à deux mètres du sol ! Chaque essai était salué par un drapeau hissé sur le Gran Monarque.

1910

# – naissance à Allaines de la célèbre chroniqueuse Carmen Tessier pour ses Potins de la Commère dans le journal France-Soir.

# 18 janvierChartres – décès de Charles Famin, 101 ans, notoriété chartraine et président de la Société Archéologique. Il fut consacré Grand Prix de Rome d’architecture

# – Pierre-Henri Vaillant (1878/1939) est graveur. Bien que Parisien, il vient souvent à Chartres, et cette présente année réalise deux eaux-fortes de l’Eure dans la cité beauceronne.Quelques années plus tard, il sera également décorateur de l’Hôtel des Postes à Chartres entre 1923 et 1928 avec des fresques représentant de la vie en Beauce qui seront, hélas, détruites vers 1970. Sa vie fut très perturbée, du fait même qu’il fut gravement blessé et gazé durant la guerre 14/18.

# Marie-Louise Driancourt,23 ans, apprend à piloter à l’Ecole Blériot de Chartres, et obtiendra son brevet l’année suivante au Crotoy. Par la suite, elle deviendra une brillante aviatrice non sans avoir connu des sueurs froides quelques jours après l’obtention dudit brevet, s’écrasant sur un hangar, puis un peu plus tard un autre accident à Issy-les-Moulineaux dont elle se sort par miracle. Elle s’arrête définitivement de piloter en 1912. Elle fait partie de ces rares femmes pilotes qui ont marqué l’aviation féminine

# 25 mars – Edouard Brierre, 51 ans, meurt à Saint-Laurent du Marouani, lieu du bagne de Guyane. En avril 1901, devant la cour d’Assises d’Eure et Loir,. il avait été condamné à mort pour avoir assassiné cinq de de sis enfants à Corancez, alors qu’il avait toujours nié. Peine de mort commuée en travaux forcés à perpétuité par le Président de la République Emile Loubet.. Une affaire qui marqua les esprits, notamment reliée par la presse.

# Mai Berchères-Saint-Germain – le barrage de Boizard à Pontgouin classé monument historique, de même d’autres vestiges y attenant comme ceux de l’aqueduc précédemment inscrits le 31 décembre 1875. Conçu par Vauban, c’était les débuts de construction de l’aqueduc devant desservir en eau le château de Versailles, à partir de l’Eure et d’un lac en cet endroit de 6/7 km de long.

# 7 août  Hubert Latham pose son aéronef dans la propriété de Maillebois appartenant à sa mère.

# 25 septembre  Edmond Poillot, pilote, se tue à Gellainville

1911

# 19 janvierChartres. Inscription à la liste des sites protégés des vestiges de la Porte-Guillaume.

# 2 septembre  Pierre Maron, 27 ans, trouve la mort à Berchères-les-Pierres aux commandes de son avion Savary. Il obtint son brevet de pilote en mai de la même année à Chartres. Avant que ne se produise cet accident, il s’entrainait en fin de soirée pour disputer la Coupe Michelin (1200 km, soit plus de dix-huit heures de vol). Parti en fin de soirée, il voulait se familiariser au vol avec ses instruments de bord éclairé par une ampoule électrique. Un autre monde, celui des premiers conquérants du ciel.

# 14 octobre. Décès de Pierre Level, 34 ans, pilote de Savary  » type militaire  » après s’être écrasé lors d’un concours de pilotage à Reims. Bien que non originaire d’Eure Eure et Loir, il fut un personnage important de l’aérodrome de Chartres où il a passé son brevet comme élève de Robert Savary, et il devint chef pilote et instructeur de ce même constructeur.

# 23 octobre  – obsèques d’Athanase Charrette de la Conie à Loigny, qui, en qualité de général de brigade, combattit à Loigny à la tête de ses Zouaves Pontificaux. Il est inhumé au milieu de ses soldats.

1912

# 21 janvier – Arthur Renard, originaire de Dammarie où il naquit en 1887 est guillotiné, exécution publique à Paris. Il avait tué d’un coup de revolver un gardien de la paix et blessé deux autres.

# 14 février. Courville. Important accident de chemin de fer. Le Paris-Brest brûle le signal d’arrêt à 300 m de la gare de Courville. Il accroche un convoi de marchandises qui manoeuvrait. Le feu se déclare dans un des wagons sans provoquer de victimes.

# Mars. Un certain René Servais expose au grenier de Loëns à Chartres ,un avion de sa fabrication. Il faut payer pour aller le voir, avec le secret espoir que la curiosité populaire l’aidera à réaliser son rêve : voler, c’est-à-dire pouvoir s’acheter le moteur. Il arrive à ses fins, et vole pour une première et…dernière fois, puisque l’avion s’écrase au sol, et détruit entièrement, son pilote s’en tirant avec quelques contusions.

# 29 juinChartres. Inscription à la liste des sites protégés de la charpente des combles au 15 rue des Changes. Une charpente quia la particularité d’un bateau à coque renversée.

# Un enseignant, Elicio Colin, 38 ans, publie un petit opuscule intitulé tout. simplement La Beauce. Outre une description peu avantageuse sur le département d’Eure et Loir où il pointe les  » tares  » liées au profil de cette terre ce qui est peu flatteur, l’auteur nous relate d’une façon intéressante à la moisson de l’époque. Il décrit, à sa façon, ses observations, selon lesquelles la Beauce est devenue un lieu d’immigration considérable. Les vastes étendues voient venir travailler de nombreux étrangers. Des hommes besogneux, engagés par des cultivateurs qui n’ont pas les moyens d’avoir le matériel pour faire la moisson. Elicio Colin précise qu’il s’agit en priorité des Belges, des Bretons ( curieux comme étrangers !!!). Une main d’oeuvre loin d’être négligeable lorsqu’il s’agit de manier la faucille pour former des gerbes avec des liens de paille. Les botteleuses, en l’occurence des femmes, complètent le passage des moissonneurs, mettant à l’abri, avec dextérité, les bottes par une gerbe protectrice pour face à la pluie. L’auteur ajoute ses petites notes à propos de ces femmes habituées à des tâches rudes,  » au regard malin à la face ridée  », la tête penchée, le dos courbé, symbolisant une longue vie de labeur, caractéristiques de la paysanne beauceronne de l’époque.

# Juin et septembre  – pèlerinage de Charles Péguy qui honora de ses vers la cathédrale de Chartres  » son vaisseau amiral  ».Le poète, touché par la maladie de l’un de ses enfants, reviendra en 1913, et écrira à l’un de ses amis : « J’ai tant souffert et tant prié… mais j’ai des trésors de grâce, une surabondance de grâce inconcevable. (…) Mon vieux, j’ai senti que c’était grave… J’ai fait un pèlerinage à Chartres… J’ai fait 144 km en trois jours… On voit le clocher de Chartres à 17 km sur la plaine… Dès que je l’ai vu, ça a été une extase. Je ne sentais plus rien, ni la fatigue, ni mes pieds. Toutes mes impuretés sont tombées d’un seul coup, j’étais un autre homme.» Plus d’informations (Texte emprunté à : pelerinagesdetradition.com/chartres ) Notons que Peguy a été tué au tout début de la Grande Guerre, le 5 septembre 1914.

# juillet 1912Samson Hosmain, originaire de Chartres, est condamné aux travaux forcés à perpétuité, ayant blessé mortellement sa cousine Louise Houssu à bord du paquebot Loire qui refusait ses avances.

# 4 juillet -La Dépêche annonce une grande fête départementale à Chartres  » Les organisateurs sont heureux de constater que notre population accueille avec joie cette manifestation de sympathie qui resserre encore si les nombreux liens d’amitié entre les Chartrains et les hardis pionniers de la locomotion aérienne.  »

# 5 novembre  Gustave Maréchal , 23 ans; s’écrase avec son avion à Houville et se tue. Une mort atroce puisque son corps fut traversé de part en part par une tige d’acier.Il avait obtenu son brevet à Chartres un mois auparavant.

1913

# – inauguration de l’hôpital de Dreux

# – Année de naissance à Chartres (?) d’André-Lucien Jean, artiste-peintre chartrain, animateur de ciné-clubs, et collaborateur du cinéaste René Clair.(décédé en 1982). Il a peint Le Pont Bouju et en fond la cathédrale.

# – Raymond Poincaré, président de la République accomplit une visite en Eure et loir,  » au pas de course  ». D’abord Dreux le matin accompagné de plusieurs ministres au sein desquels on remarque, entre autres Paul Deschanel, président de la Chambre des députés, inauguration de l’hôpital, un détour à la foire agricole, pour finir sur un banquet de 1200 convives. Après un court repas, le voilà reparti pour Maintenon, pour arriver en tout début d’après-midi à Chartres accueilli en grandes pompes et une foule immense, suivi de nombreux discours. Il reste une heure et demi, et arrivera à Nogent-le-Rotrou sous une pluie torrentielle. Un banquet, et retour sur Paris dans la soirée.

# 10 février. Gallardon. Inscription à la liste des édifices protégés de La Tour dit de l’Epaule.

1914

# le réseau ferroviaire comprend 700 km dont 200 pour le tramway

# La grande fonderie (Société Teisset, Chapron et les Frères Brault) n’est pas peu fière compter 350 ouvriers ce qui en fait l’un des grands employeurs de la ville de Chartres. De nombreux foyers se sont créés pour accueillir les familles des ouvriers,. Au début du siècle, l’usine a connu deux grèves. A l évidence, la uerre de 14/18 va mettre à mal l’avenir même de cette belle entreprise.

#  – La société Robert Savary Aéroplanes s’installe à Chartres pour vivre de la réparation des avions et automobiles de la garnison. Savary avait obtenu son brevet sur ce même aérodrome. Dans le même temps, le sous-lieutenant Marcel Desrues, pilote de la société Bréguet, a testé tous les avions de son époque avec 1300 heures de vol. Devenu instructeur sur l’aérodrome de Chartres, 3260 candidats pilotes militaires vont passer sous  » sa coupe  » à l’école de pilotage durant la guerre 14/18.

# 31 janvier – Victorien Garaix en six jours va battre trois records. Ce jour-ci, à Chartres son terrain d’aviation de prédilection, il prend six passagers à bord de son avion  » militaire  » Paul-Schmitt, et s’élève à 1857 m des auteur (ancien record 850m). Le 4 février, toujours à Chartres, Garaix bat à nouveau un record d’altitude avec cinq personnes à 2250 m au lieu de 1015 m, grâce à un dispositif à incidence variable (portance) imaginé par le constructeur de l’avion, et deux jours après, 2750 m avec quatre passagers, et pour finir le 25 du même mois, toujours avec quatre passagers à 3150 mètres

# 25 mars – disparition à Chartres de Victor Gilbert, l’un des initiateurs du futur aérodrome de Chartres.

# juin – première campagne de fouilles archéologiques sur le site de Changé (Saint-Piat)

16 juin  – Le capitaine Félix Julien procède à Chartres à l’essai d’un avion à stabilité automatique, un monoplan conçu par l’ingénieur polonais Drzewicki. A 600 mètres de hauteur, l’appareil se cabre, puis plonge pour s’écraser au sol, tuant le pilote, âgé de 29 ans. Ce dernier se trouvait à Chartres, ayant été chargé de mettre en place un squadron de pilotes français pour le Maroc. Félix Julien avait obtenu son diplôme de pilote à Chartres le 19 octobre 1910.

# 5 juillet – naissance à Chartres d’Alain de Boissieu, futur gendre du général de Gaulle, et général d’armée.

# 27 juillet  – naissance à Lèves de Jacques Damiot, célèbre collectionneur d’automates. Mort à Paris le 20 septembre 1983 et inhumé à Chartres.

# 1 août – Le commissaire de police de Chartres reçoit une lettre exécutoire du Préfet. Lettre qui fait suite à un décret du 31 juillet 1914, inséré au Journal officiel de ce même 1 août interdisant toute navigation aérienne, sauf aux aéronefs de l’Etat.. Cette décision marque la fin des pionniers de l’aviation dans le département, et elle s’explique par les menaces de guerre qui sera effective e le 3 août de la présente année. Savary avait déjà arrêté ses activités trois mois auparavant. Le centre militaire a fermé ses portes, et il rouvrira l’année suivante pour former de jeunes pilotes français et étrangers.

# 19 août  – naissance à Luisant de Maurice Bourgès-Maunoury qui sera plusieurs fois ministre.

# 27 août – Alors que Dreux est éloigné des champs de bataille, la ville voit arriver un premier contingent de blessés, et ainsi jusqu’à septembre, plus de 300 soldats plus ou moins mutilés par une guerre qui, au début, va voir mourir le plus grand nombre de combattants français par rapport à l’ensemble de la guerre.

# 27 août. Marie Joseph Maurice de Ponton d’Amécourt est tué à Verdun. Mort pour la France, il avait 55 ans. Lieutenant-Colonel du 1er Régiment de Chasseurs à cheval il avait été évacué à l’Hôpital Militaire, décédant de ses blessures. Il habitait au château de Touchebredier situé à La Chapelle-du-Noyer où il s’était marié (1899) avec Blanche Marie Lyautey (1867/1932), soeur du maréchal.

# 28 août Victorien Garaix, 24 ans, a été affecté comme soldat au 2ème groupe d’aviation. Aux commandes semble-t-il d’une première version du Paul-Schmitt, appareil de bombardement, auquel il est particulièrement attaché qui lui a donné tant de satisfactions à titre civil, il prend l’air pour une mission avec Paul Schmitt, constructeur de l’avion et comme mitrailleur. Pour une raison qui n’a pas été clairement clarifiée, il s’écrase au sol à Tucquenieux (Meurthe et Moselle), et les deux aviateurs sont tués. On a prétendu qu’il aurait été abattu par un avion allemand alors que la réalité est tout autre. Le moteur de son avion aurait explosé. Il est vrai qu’à l’époque, les autorités militaires avaient fait part de leurs doutes sur la fiabilité de cet appareil à destination militaire. Sans doute, cet accident a-t-il sonné le glas momentanément de cet aéronef qui réapparaitra en 1917 sous la référence PS 7/4.

# 31 août  – arrivée à Châteaudun de deux trains transportant 270 militaires blessés lors des dernières batailles dans l’est.

# 4 septembreRaoul Philippe, originaire de Chartres où il naquit en 1885, trouve la mort à Bar-Le-Duc (Meuse) des suites de ses blessures. Il s’agit ,des premiers jours de la guerre, ces moments où des milliers de soldats français partis à la fleur au fusil meurent sous les balles des mitrailleuses allemandes. Il appartenait au 302e régiment d’infanterie. Avant 1914, il peignit de nombreuses aquarelles. On lui reconnaissait un certain talent, et 22 de celles-ci sont exposées au Musée des Beaux-Arts de Chartres. Voir en bibliographie l’ouvrage de M.F.Saliège et Michel Brice.

# 17 septembre. Clotaire Bourguignon, originaire de Soulaires, parti faire la guerre alors qu’il n’avait pas 15 ans, est blessé près de Bar-le-Duc. Il serait considéré comme l’un des plus jeunes combattants de la Première Guerre mondiale. Il a survécu tout au long de la guerre, et blessé une seconde fois en 1917. Libéré en 1919.

22 septembre – Lucien Moreau, originaire de Sours, est tué au combat dans l’Oise. Un frère mourra quelque temps après, et deux autres seront portés disparus, comme tant d’autres d’une guerre qui fut très meurtrière à son début.Ainsi une famille aura perdu 4 fils dans cette guerre meurtrière.

# lL département comme tant d’autres voit plus de 21 000 hommes partir à la guerre(dont 6 000 morts au combat et ¼ d’entre eux sont des cultivateurs + un millier de mutilés)ce qui implique de faire appel à une main d’œuvre conséquente, puisque ce nombre représente 1/3 de la main d’œuvre réelle. Un manque conséquent. Malgré l’appel à toues les bonnes volontés, voire faire travailler des prisonniers de guerre, cela est insuffisant, et on se rendra compte en 1918 que 6 000 hectares ont té laissés en friche.

# 1 octobre au 15 novembre – une association de Secours aux Blessés va ravitailler de jour comme de nuit à Châteaudun 67 trains transportant en moyenne de 4 à 5 000 blessés.

1915

# Janvier  – création à Chartres d’une école d’aviation de chasse. 3018 aviateurs seront formés jusqu’en 1918 sur 20% des pilotes présents lors de la Première Guerre Mondiale.

# Cet aérodrome fut, au cours de la Première Guerre mondiale, l’un des centres de formation des pilotes. Ainsi durant cette guerre 14/18, ce centre de formation peut s’enorgueillir d’avoir eu notamment trois pilotes qui se signalèrent comme des as de la guerre aérienne, mais qui connurent un sort tragique après le conflit. Ainsi le Parisien Pierre Marinovitch, le plus jeune pilote de la guerre, breveté à l’âge de dix-huit ans (novembre 1916), affecté à la célèbre escadrille 94, celle des Faucheurs en mars 1917, s’offrit un bien joli palmarès de sous-lieutenant avec vingt-deux victoires au compteur, sans compter ses ballons dénommés drachen. Quelques mois après la fin de la guerre, lors d’une démonstration de voltige, il se tue le 2 septembre 1919 sur l’aérodrome d’Evere (Belgique). De même Albert Deulin, originaire d’Epernay, breveté à Chartres en juin 1915, qui s’offre vingt victoires. Le 23 mai 1923, il se tue aux commandes d’un prototype, s’écrasant avec l’avion à Villacoublay le 23 mai 1923. Il avait 33 ans. En troisième position, le Corse Jean Casale, marquis de Monferato, brevet en 1915, onze victoires, et se tue en pilotant un Blériot le 23 juin 1923. Il avait 29 ans. 

# 5 janvier. Déserteur depuis le début octobre de l’année précédente, Jean-Marie Ruga, originaire du Rhône, est tué par un gendarme à Authon-du-Perche. Il avait 37ans.

# 11 mars  – la ville de Chartres met le cellier de Loens à la disposition de l’armée pour stocker en réserve l’avoine.

1916

# 4 avril.Chartres.Décès à l’âge de 79 ans d’Alban-Emmanuel Guillaume-Rey, archéologue, typographe et orientaliste.

# 23 juillet.François Jules Vancel, originaire de l’Orne, recruté à Dreux qui est sa résidence, recherché comme déserteur pour abandon de poste en présence de l’ennemi, est arrêté à Nogent-le-Roi(ou au Boullay-Thierry). Il a 28 ans. Il sera traduit en Conseil de Guerre et condamné à mort.Un fait de guerre même pour désertion, qui sera effacé puisque son nom figure sur le Monument aux morts à Dreux. Il était originaire de Saint-Aignan dan l’Eure où il était né le 7 avril 1888.

1917

# – mauvaise récolte de blé

# 25 mars  – accident de pilotage sur le terrain de Chartres, qui entraîne le décès de l’adjudant Joseph Berthod. Il avait 30 ans.

# 28 juin – Originaire de Maintenon où il était né le 20 février 1889, Emile Louis est fusillé à Saint-Brice (Seine et Marne). Même si le fait d’être condamné à mort puis exécuté, ne doit pas faire oublier ces hommes qui ont combattu, qui ont, pour certains ,voulu se soustraire à l’enfer des batailles. Il fut l’un d’eux. Incorporé en 1911, déserteur avant même de connaitre la guerre, il est arrêté, réintégré après avoir été emprisonné.. Libéré, il commettra d’autres faits répréhensibles aux yeux de l’autorité militaire jusqu’en 1917, il est à nouveau déserteur. Un fait grave, passible de la peine de mort en temps de guerre. On connait la suite. Il avait 28 ans.

# 30 juin  – manifestation des agriculteurs qui protestent contre les réquisitions brutales de certains d’entre eux pour aller travail dans les usines d’armement.

# 28 juilletNogent-le-Roi. Seraphin, 29 ans, mouleur, à l’aide d’un complice Jean-Louis Mercier, 34 ans, également mouleur, tue un garde Maximilien Challet. Si le second nommé est condamné à perpétuité, Guiart est condamné à mort, et gracié, sa peine étant commuée également en perpétuité.

1918

# -Décès à la Ferté Vidame (Château du Hallier) de Pierre Humbert, architecte, des suites d’une blessure au combat.

# La guerre a fait perdre plus de 20 000 hommes dans le département, soit une diminution de la population de 7,5% entre 1911 et 1921. La modification démographique engendre une perte dans les zones rurales, amoindrit le paysage social des campagnes, remet en cause l’agriculture en elle-même.

# 29 avril – Le caporal Roger Narbey, breveté pilote en novembre 1917; se tue accidentellement sur l’aérodrome de Chartres. Il avait seulement 19 ans.

# 1 mai  – le caporal Marcel Marchal, 19 ans, breveté pilote militaire, trouve la mort en s’écrasant sur le terrain de Chartres.

# 9 mai – Naissance à la Bazoche-Goüet de Gilbert Garache, Compagnon de la Libération. Lors de la guerre 39/45, il participe à de nombreuses campagnes notamment Libye puis la Tunisie. En août 1944, il débarque à Toulon mais sera grièvement blessé. Après la guerre, il connait différents postes, dont celui de secrétaire général de Renault. Il meurt à Maisons-Laffitte le 17 octobre 2005.

# 22 juin  – Le sergent Ladislas de Gembicki , 22 ans, moniteur polonais au groupement Nieuport de l’école de Chartres, s’écrase avec son avion à Prunay-le-Gillon, et y trouve la mort.

# 30 juin Le sergent Emile Molon, 28 ans, meurt dans l’accident de son avion qui s’est écrasé à Sancheville. Il avait obtenu son brevet de pilote quatre mois auparavant.

# 6 juillet. Châteaudun. Inscription à la liste des sites protégés du château cher au Dunois, compagnon inamovible de Jeanne d’Arc.

# 19 juillet– le caporal Alexandre Jurant se tue aux commande de son avion en s’écrasant sur le terrain de Chartres. Il avait 23 ans et avait décroché son brevet de pilote en février de la même année.

# 15 août – bombardement de Chartres lors de la bataille de la Marne.

# 1 octobre . Hyacinthe Augustin Heranval, originaire de Saint-Lubin-des Joncherets, condamné aux travaux publics comme déserteur, s’évade, arrêté et fusillé. Il avait 35 ans. Ils furent 1009 soldats fusillés pour désobéissance, pour l’exemple, pour espionnage, etc.

# Octobre  – La grippe espagnole sévit à Chartres entraînant de nombreux décès comme en Eure et Loir. Ce nom de  » grippe espagnole  » en fait d’un virus soupçonné de venir de Chine (réf.Wikipedia), appelé de ce nom car l’Espagne a a été le premier pays à signaler l’étendue de cette pandémie par référence à  » l’influenza  » qui avait fait 200 000 morts en 1889. Antérieurement, en 1916, il y avait eu un pneumocoque dit des Annamites (réf.Persée.fr). De toutes façons, il s’agissait d’une souche H1N1 dès avril 1918, pour finalement s’arrêter dix-huit mois plus tard, environ, en raison de nombreuses personnes immunisés dans le monde. Si cette pandémie a fait entre 25 et 50 millions de morts, le bilan français oscille entre 408 000, chiffre officiellement retenu et 650 000 morts. En Eure et Loir, aucun chiffre connu réellement. La seule référence, le décès d’une institutrice de Cloyes, Cécile Gouin, 25 ans, décédée d’une pneumonie suite à une grippe (réf.Radio-Intensité). Véritablement en octobre, la pandémie connut une forme plus grave, mortifère et très contagieuse. Il est vrai que les conditions sanitaires étaient fort précaires, et la pandémie fera plus de morts que la Première Guerre mondiale pourtant meurtrière. Et 100 ans plus tard (2019), une autre souche Covid-19 (SARS-CoV-2) réapparait avec les conséquences mortelles que l’on connaît

# 1914/1918 – Plus de 10 000 morts ou disparus euréliens lors de la 1ère guerre mondiale

1919

# 8 janvier  – Le sergent Auguste Monfrin, moniteur, s’écrase avec son avion, et décède le même jour à l’hôpital mixte de Chartres

1920

# 17 janvier – élection de Paul Deschanel à la Présidence de la République. Il fut sous-préfet à Dreux, puis député d’Eure et Loir.

# 29 février  – énorme explosion rue du Soleil d’Or à Chartres, vers 18 heures, provoqué par une bouteille d’acétylène dans un magasin des Messageries Melissard. S’en suivirent de gros dégâts, et on déplora le décès de deux victimes qui passaient dans la rue au même moment.

# 31 décembre  – venue de P.Deschanel en compagnie de M.Lhopiteau à l’hôtel du Grand-Monarque à Chartres, pour une réunion électorale.

1921

# René Aubert, originaire de La Loupe, peintre et lithographe, régale les lecteurs de l’Excelsior avec ses dessins de personnages pris sur le vif lors du procès de Landru qu’il suivit du premier et dernier jour de l’audience.

#  – publication d’un recueil de chansons beauceronnes sous le titre  Par la grand’route et les chemins creux par Maurice Hallé chansonnier, originaire du Loir et Cher

# – Le réalisateur André Antoine réalise un film muet intitulé La Terre, éponyme du célèbre roman d’Emile Zola, tourné entièrement sur la plaine de Beauce, et qui restitue point par point, cette histoire rude rapportant la condition des paysans de l’époque.

# 6 juillet  – Casimir Veignal condamné à mort pour avoir égorgé au cran d’arrêt une personne dont il voulait dévaliser la maison, est guillotiné à Chartres.

# 24 novembre – le boxeur Eugène Criqui vient s’entraîner à Villemeux alors qu’il allait devenir champion du monde des poids plume deux ans plus tard.

# 10 décembre – décès à Chartres de Francis Vovelle, directeur du théâtre de Chartres. Il avait été, par le passé, potier d’étain et balancier-ajusteur.

1922

22 juillet  – naissance à Anet de Bernard Léger qui fit partie des FFI et fut exécuté le 30 mars 1944 au Mont-Valérien

#  – De la famille des Pontrol-Pontcarré qui possède le château de Villebon depuis 1812, Pierre de la Raudière en hérite.

# 1922/1925 – Jean Vigo (1905/1934) est étudiant à Chartres. Son passage dans la cité beauceronne marquera tellement ce réalisateur qu’il en fera un film Zéro de conduite, d’abord censuré puis rétabli dans son bon droit.

1923

# – Le 22ème régiment d’aviation vient s’installer à Chartres.

# 23 avril – Paul Fort,(1872/1960)  » Prince des poètes  » dédie ce poème à son ami Roger Pillet*, figure chartraine. Et l’un et l’autre, étaient des poètes ce qui les rapprocha. A noter qu’une école maternelle chartraine porte le nom de Paul-Fort.

 » Antique et renommée épiscopale ville, Chartres, tu m’as aimé d’amour, cité civile, un instant, lorsqu’au mitan d’une conférence, je proclamai ton nom le plus beau de France.

Cri de Saint Louis, cri des Croisades, plus qu »au gui l’an neuf  », cri de Péguy sous le pennon du ciel vert qui tendent ces bras.

Mystiques, deux clochers, vu de Paris quasi, cependant que le cri de Chartres en est ouï ! Jaloux Reims ! Jalouse Orléans ! Oui, ! Jaloux Tours ! Soyez-moi confiants : vous aurez votre tour.

Mais ce jour, laissez moi gueuler opiniâtre, le cri de Chartres, au dessus des maisons de tous les alentours, comme pour rassembler son troupeau gueule un pâtre !

# 25 septembre  – naissance à Fresnay-l’Evêque de Jean Feugeureux, peintre emblématique de l’Eure et Loir dont l’oeuvre est immense. Il meurt à Chartres en 1993.

1924

# 9 février  – obsèques du duc de Montpensier en la chapelle royale de Dreux.

#  – première fouilles archéologiques sur le site de Changé (Saint-Piat) où il a été retrouvé une douzaine de squelettes supposés appartenant à des personnages de l’époque mérovingienne. Un site, à vocation sépulcralequi ne fait aucun doute, et qui sera exploité plus tard durant dix-sept ans sous la conduite de Dominique Jagu, et qui a permis de retracer 6000 ans d’historie, du premier âge des métaux à la réutilisation par les Mérovingiens pour en faire une nécropole. Le site aura à déplorer des vols de squelettes.

# – 2 avril – Cour d’Assises de Chartres. Albert Leclerc, après de nombreux vols et agressions dans l’Orne, se retrouve à Champrond-en-Gâtine. Suite à une vérification d’identité, il tire sur un chef de brigade de gendarmerie, A.Coeuret, 48 ans, qu’il blesse grièvement à la tête. Il aurait été condamné à perpétuité.

# 18 décembre. Chartres. Inscription à la liste des édifices protégés de la Chambre dite d’Henri IV.

# 24 décembre  – Arrou – Bois-Ruffin de même ses ruines sont classés au titre des édifices protégés.

1925

# Quittant Paris, Maurice de Wlaminck s’installe à Rueil-La-Gadelière  » La Tourillière  » là où viendra au monde sa fille Golieve.

# 13 mai  – Le lieutenant Henri Simon du 22ème régiment d’aviation, se tue en s’écrasant avec son avion à quelques mètres de la Maison du Saumon à Chartres..

# juin – dernière exécution capitale et publique à Dreux devant les grilles de l’ancienne gendarmerie démolie courant 2010. Le condamné à mort, Noël Charpentier, 27 ans, est guillotiné alors qu’il avait tué un cordonnier pour lui voler quelques sous. Le bâtiment de la gendarmerie datait du XIIe siècle, et dans la cour il y avait l’ancienne prison construite en 1824

# 22 juillet  – création de la chambre des métiers d’Eure et Loir

# 27 août  – célébration de l’arrivée de l’électricité à Chaudon

# 29 novembreAbondant. Deux polissoirs en forêt de Dreux classés au titre des édifices protégés.

1926

# Né à Châteaudun la présente année, Michel Breton fut tout d’abord un ébéniste de talent dans le Dunois. Sa rencontre avec l’artiste-peintre Tomas Divi s’avéra un tournant dans l’art de la sculpture, se mettant à travailler la pierre, le métal. Très rapidement ses créations vont franchir les limites de l’Eure et Loir.Il devient un artiste reconnu. En 2001, il se lance dans l’écriture, dans la poésie en particulier, notamment dans un recueil de son ami Tomas Divi. Initiateur du collectif Ibidem regroupant des écrivains euréliens, il publiera d’autres ouvrages, comme Le Neveu de Tante Gabrielle, une délicieuse romance québecoise, s’inspirant d’un pays où il n’était jamais allé. Franc-maçon, son engagement philosophique fut à la hauteur d’un homme aussi simple que respecté. Il s’éteint le 1 avril 2018.

# Epernon. Inscription à la liste des édifices protégés du Cellier dit Les Pressoirs.

# 9 juillet. Courtalain. Inscription à la liste des sites protégés du château de même ses dépendances.

# 26 décembre – Décret qui scelle dune façon définitive la fin de la navigation commerciale de l’Eure de la Seine jusqu’à Nogent-le-Roi soit quatorze kilomètres. Les écluses sont totalement abandonnées.

1927

# 21 janvier – disparition à Chartres d’Anais Roger, épouse du général de Sonis, héros de la bataille de Loigny. Elle avait 96 ans, et le couple eut 12 enfants.

# Fêtes mariales à Chartres qui se déroulent tous les vingt-cinq ans.

# – sucrerie de Toury – plein essor avec 900 ouvrier travaillant sur le site.

# 22 mars – Décès à Senonches de Charles Pitou, 78 anis, originaire de Bellême dans l’Orne, poète et nouvelliste, alors qu’il exerçait dans cette même commune le métier de greffier de juge de paix. Très prolifique, nombreuses sont ses poésies, ses nouvelles qu’il a publiées dans des médias aussi bien bien communaux, régionaux et nationaux. A cet égard, il fut surnommé le  » Mistral percheron  », un grand honneur pour ce poète dont les vers furent, pour certains mis en musique d’où son surnom. Lors de la guerre de 1870, il se couvre de gloire par son héroïsme ce qui valut d’être décoré. Il est inhumé aux côtés de son épouse à Longny-au-Perche, commune qui accueillit ses parents alors qu’il avait 4 ans. Nombreux sont les ouvrages qui sont parus. Un récent hommage paru dans la Gazette Beauce, Perche et Thymerais (n°49- Printemps-Eté 2020) nous permet de découvrir ses vers enchanteurs notamment pour cette relation qu’il entretenait avec la forêt de Senonches. Un beau rappel pour ce poète qui mérite que l’on s’attarde sur son oeuvre discrète et cependant magistrale pour cette référence avec Frédéric Mistral. Un rappel lorsque les troubadours chantaient nature et amour en langue d’oc (sud de la Loire), et les trouvères en langue d’oïl (Nord de la Loire).

# 25 avril – Naissance à Fismes (Marne) d’Albert Uderzo qui est mort à Neuilly-sur-Seine le 24 mars 2020. Son lien avec l’Eure et Loir passe par un fil ténu et pourtant particulier dans la mesure où il résidait dans la toute petite commune des Yvelines, Le Tertre-Gaudran, 32 habitants. On peut considérer que sa demeure était à cheval sur l’Eure et Loir, eu égard à l’importance du terrain, et des diverses habitations. Faverolles, tout à proximité, a connu les honneurs de son nom qui a été donné à l’école de cette commune (2018). A son tour, Nogent-le-Roi, à sept kilomètres, bénéficia du célèbre auteur de bandes dessinées, et son nom fut accordé à la Bibliothèque  » Parenthèse  » en 2014. Quel Nogentais n’a-t-il pas rencontré le co-créateur d’Astérix dans les rues de la cité nogentaise, venant partager un verre ou un café. On peut être célèbre et humble à la fois. Pour la petite histoire, Albert Uderzo et René Goscinny vont créer en 1959, dans la région parisienne, le fier Gaulois qu’est Astérix. Au bout du compte 380 millions d’albums que des lecteurs du monde entier se sont arrachés à chaque sortie d’une nouvelle histoire. Goscinny est mort en 1977, son complice a entretenu sa mémoire. Uderzo se révéla, à 19 ans, en gagnant un concours avec une bande dessinée de son cru, et un héros Clopinard, un grognard de Napoléon, s’identifiant particulièrement avec sa jambe de bois à ressort. Dans sa demeure yvelinoise-eurélienne, il entretenait sa passion pour les Ferrari, s’étant fait construire un espace dédié, tout comme son attachement à l’aviation, en particulier les avions de chasse, possédant un exemplaire d’un Mirage 2000, hélas perdu lors d’un incendie dans sa propriété. Uderzo s’est éteint dans son sommeil.

# 5 novembre – Inscription au titre des édifices protégés des vestiges des fortifications. A ce sujet, un grand nombre de façades en ville ont été classés au fil des années ce qui démontre l’intérêt historique pour cette cité en particulier, véritable appel à la découverte de la ville, tant à pied que par l’eau.

1928

# – Les Pressoirs d’Epernon sont inscrits aux Monuments historiques.

1929

# 11 mai – Naissance à Châteaudun de Guy Boissière qui sera l’entraîneur emblématique de la natation française, et qui découvrira de nombreux talents comme Alain Mosconi, Stéphane Caron, Michel Rousseau.

# – naissance à Auneau de Maurice Fanon,auteur-compositeur mal aimé. L’auteur de l’Echarpe n’a jamais eu la reconnaissance qu’il était en droit d’attendre. Il meurt en 1991 après une tournée au Japon.

# Dreux– Le docteur Henri Beaufour crée un premier laboratoire destiné à la recherche de médicaments traitant des troubles digestifs qui deviendra plus tard Ipsen. L’initiative de ce médecin va se concrétiser en pôle Propharma accueillant de nombreux laboratoires en point dans la recherche médicale.

# 15 mars.Béville-le-Comte. Décès à l’âge de 83 ans d’Emile Narcisse Millochau, qui fut député d’Eure et Loir, et sous-préfet.

1930

# La 4e escadrille du 22e basée à Chartres se voit décerner ma Coupe Military des avions de bombardement

# 26 février – naissance à Lutz-en-Dunois de Maurice Dousset, exploitant agricole et surtout homme politique, à l’origine de la création de la Maison de la Beauce à Orgères-en-Beauce (1995).

1931

# A cette époque, l’intégralité du territoire eurélien est couvert par le chemin de fer. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, on peut prendre le train pour se rendre dans de nombreux points du département, comme on peut se rendre dans de nombreuses gares parisiennes. Une carte que l’on peut découvrir grâce à l’ouvrage du Chartrain Jacques Offe, paru en 2012, relatant 160 années de Chemin de Fer en Eure et Loir. (voir bibliographie)

# 31 mai – A l’initiative de l’aviateur Maurice Finat pour le compte de la société de développement de l’aviation, plusieurs concours de planeurs sont organisés à Chartres, entre autres.

# 23 septembre ChartresEugène Roi, 19 ans, est guillotiné pour avoir tué un couple de tailleurs, les époux Klein à Courville, le 3 novembre de l’année précédente, pour lui voler 500 francs (310 euros de nos jours). Pour la petite histoire, Anatole Deibler, venu de Paris, était l’exécuteur. Lorsque le meurtrier fut réveillé vers 5 heures du matin alors qu’il dormait à poings fermés, il rassura le procureur qui l’exhorta à conserver son sang-froid  » Que voulez-vous, il ne faut pas s’en faire pour cela  ».

1932

# – les cours du blé s’effondrent. Les cultivateurs qui ne peuvent stocker sont acculés à la faillite en attendant la remontée des cours.

#  Nogent-le-Roi – un certain Monsieur Dreyfus fait démonter une bâtisse datant du XVI e siècle située à Blévy et la fait reconstruire pièce par pièce dans le respect de son ancienneté, et qui prend le nom de Blévinière. Une maison qui existe encore de nos jours dans son aspect originel.

# 3 juin – Une voie du 20e arrondissement à Paris porte désormais le nom de Noël-Ballay

# 7 juillet – décès à Châteaudun de Victor Debrée, dit Penel, chansonnier. 

1933

# 14 janvier. Vent de révolte à Chartres, entretenu par le Parti Agraire, fondé six ans plutôt, pour venir en aide au monde agricole, fondé par Fleurant Agricola en cette période en raison de l’effondrement du prix du blé. une foule immense composée de paysans, accessoirement de saisonniers et personnel de ferme, s’en prend à la Préfecture, arrive au cabinet du préfet. le haut fonctionnaire est insulté, et la force publique viendra l’isoler. Augustin Jouve, ce préfet, installé depuis six mois à peine, est rapidement débordé, et ne veut pas être associé à un climat qui risque rapidement de se dégrader. L’essentiel de la manifestation se déroulera place des Halles, quelques vitrines brisées, et du fumier déversé sur la chaussée. La tension va monte, l’Action Française étant entrée dans le jeu. La garde mobile à cheval , sur ordre du Préfet, intervient sur la place des Epars , et en autres lieux, pour chasser plusieurs milliers de manifestants. Heureusement, le bon sens l’emporte, et tout se calme, seulement un temps. Plus tard, les grèves de 1936 viendront pimenter ls revendications comme des ouvriers de la sucrerie de Toury, et tant d’autres manifestations sporadiques qui se dérouleront dans le département. (Origine. SAEL. Voir bibliographie + Faits divers en Eure et Loir- Médiathèque l’Apostrophe avec en complément dessins, photographies, coupures de journaux).

# mai Saumeray. Découverte de monnaies carolingiennes qui auraient pu être enterrées à la fin du IXe siècle. Un rappel à la loi n’est pas inutile notamment avec l’article 716 du Code Civil. Toute chose cachée ou enfuie sur laquelle personne ne peut justifier sa propriété, et qui est découverte par le pur effet du hasard (…) La propriété d’un trésor appartient à celui qui le trouve dans son propre fonds : si le trésor est trouvé dans le fonds d’autrui, il appartient pour moitié à celui qui l’a découvert, et pour l’autre moitié au propriétaire du fonds Ce qui signifie également que le trésor doit avoir été découvert par hasard et non pas au titre de fouilles non déclarées sur un terrain ou avec un détecteur de métaux.Le trésor doit être déclaré auprès des autorités administratives. En effet, l’article L514-14 du Code du patrimoine dispose que la personne qui découvre les vestiges ou objets et le propriétaire de l’immeuble où ils ont été découverts doivent en faire la déclaration immédiate au maire de la commune.# Ceci n’est qu’un aperçu d’une réglementation stricte qui sauvegarde ce qui est relié au patrimoine, à, charge d’en définir la réelle propriété, l’Etat, étant à priori, sauf dispositions particulières, propriétaire de droit.

# 6 févrierGallardon. Naissance de Michel Vovelle, considéré et reconnu comme l’une des grands spécialistes du XVIIIe siècle, surtout de la Révolution française. Son oeuvre est immense avec une portée internationale. Il publia Ville et campagne au XVIIIe siècle à propos de Chartres et la Beauce, véritable recueil de la condition de la population à cette époque. Il s’éteint le 6 octobre 2018 à Aix-en-Provence.

# 4 mars – nouvelle manifestation, et les gardes-mobiles doivent disperser les manifestants. Naissance de la Ligue des Croix de Feu (association d’anciens combattants nationalistes – dissoute en 1936) qui recrutent dans les milieux aisés

# – Création de l’Office du Blé par le Conseil Général.

1934

# – création du camp d’aviation de Châteaudun sur un terrain de 20 hectares.

# 19 mars Berchères Saint-Germain – Inscription au titre des édifices protégés du tunnel dit de l’Arche de la Vallée dépendant de l’aqueduc

# – 16 juin. Châteaudun. Jules Tripier, 38 ans, manoeuvre, égorge au rasoir sa femme qui venait de lui signifier qu’elle le quittait. Condamné à mort, le jugement est cassé, mais condamné à perpétuité.

# 30 novembre  – Eurélienne d’adoption puisqu’une bonne partie de sa famille a vécu près de Yermenonville, Hélène Boucher s’écrase au sol à Guyancourt et se tue. Personnage mythique des ailes françaises féminines, elle avait seulement 26 ans. Toute la France la pleura.

1935

#. Naissance de Marc Garanger, photographe et cinéaste, et Prix Niepce 1966. Ce fut au long de sa vie, un militant du droit d’auteur. Appelé cu contingent en Algérie, il fut un observateur de la femme algérienne, saisissant, dans son objectif, le regard dans la dignité et la douleur. De nombreuses ouvrages photographiques qui ont fait de lui un témoin de l’actualité. Il décède à Lamblore, le 27 avril 2020.

# 20 janvier. Chartres. Les Jeunesses Patriotes venant de Paris en autocars, représentant l’extrême droite mêlant un antiparlementarisme fort développé dans le mouvement, se mêlent aux paysans, mécontents d’une situation économique qui se dégrade. Un parti créé par le Bonapartiste, Pierre Taittinger qui sera dissous l’année suivante. Le nombre des chômeurs a pratiquement doublé en deux ans, il est alors estimé à 500 000 personnes sans emploi. Qui plus est une chute de la natalité pèse depuis quelques années sur la recherche de main d’oeuvre destinée au monde agricole. Un contexte très difficile qui conduit à la venue de travailleurs étrangers. Plusieurs coups de revolver seront très par ces manifestants, ne faisant, par miracle, qu’un seul blessé léger, touchée à une cheville. Un véritable miracle qui va calmer la foule.

1936

#  – les grèves et manifestations de cette époque poussent le prolétariat rural vers l’extrême-droite.

# Houx – Installation de l’Atelier Plasse-Le Taisne, l’un des grands spécialistes en tapisseries de grandes dimensions.

1937

# 1 août. Naissance de Philippe Régnier, créateur et administrateur du présent site. Attaché à l’Eure et Loir, terre de son enfance à Brou, celle de ses ancêtres également. L’histoire régionale a été le plus souvent au centre de sa curiosité. Les études, le service militaire notamment en Algérie, le retour à la vie civile l’ont accompagné au long de sa vie. Jusqu’au moment de la retraite, revenant dans cet Eure et Loir qu’il n’avait jamais quitté tout à fait, il s’installe dans le Thymerais, se consacrant à l’histoire du département avec une bonne quinzaine d’ouvrages à son actif. Sans oublier qu’il est également auteur de trois ouvrages à titre professionnel évoluant ponctuellement dans le journalisme d’investigation, spécialiste de la sécurité dans le tertiaire. Une carrière émotionnelle intense, nourrie par ce désir de recherches pour mieux comprendre et transmettre. A 83 ans, une page se tourne. L’écriture d’ouvrages s’arrête, et le présent site prend le relais (2020). Malgré son âge, Philippe Régnier continue d’alimenter inlassablement les pages de cette mémoire eurélienne. Un investissement permanent avec une mise à disposition gratuite pour les internautes, reposant sur une indépendance totale au sein de son contenu, vis-à-vis de l’histoire également. Partant du principe que celle-ci ne reste jamais figée.  » Le passé est plus important d’une certaine façon que l’avenir, il nous apporte quelque chose.( Jean-Paul Sartre – La cérémonie des adieux (1981)  »

# 10 juin – le premier train électrique s’élance remorqué par une locomotive de 135 tonnes et d’une puissance de 4 000 chevaux capable d’atteindre les 130 km/h sur la ligne Paris-Le Mans.

1938

# – le château de Châteaudun est classé Monument historique ayant été acquis par l’État.

#  – Michelin, propriétaire de Citroën,achète 812 hectares de terre au château de la Ferté-Vidame (l’un des plus grands domaines privés de France), pour en faire un centre d’essais de véhicules prototypes ou non. Hautement sécurisé où plus de deux cents personnes travaillent, le site est ceint de 12 km de murs, de caméras pour éviter tout espionnage et regards indiscrets pour préserver tout ce qui contribue à l’univers commercial de la marque. En 2015, le site a changé de mains pour être transféré à une société privée qui agit pour compte du groupe PSA, et destiné aux mêmes essais. Plus de trente kilomètres de routes privées mais aucune voie publique ne traverse ce vaste parc.

# – Alors que certains événements pouvaient laisser présager une guerre, de nombreuses personnalités s’inquiétèrent de la dangerosité d’un aérodrome comme celui de Chartres pour l’intégrité de la cathédrale de Chartres, les avions pouvant attirer les foudres d’un adversaire qui pourraient quelque peu ébranler cet édifice, et les trésors qu’elle contient. A cet effet, la revue l’Illustration, réunit la pétition de plusieurs grandes signatures sans lendemain. 

# 26 novembre. Chartres. Décès d’Henri Vilain, originaire de Châteaudun où il vit le jour le 20 juin 1878. Il fut illustrateur et peintre de paysages, cherchant toujours la nouveauté si bien qu’il se mit à voyager en Hollande, Italie, et surtout en Algérie, s’installant quelques temps dans un souci de perfectionnement spirituel, tout en proposant ses oeuvres.

1939

# 29 janvier 1939/8 février 1939, plus de 2000 réfugiés espagnols suite au succès de Franco lors de la guerre d’Espagne, vont arrivés en Eure et Loir, en majorité femmes et enfants, et répartis dans nombre de villages obligés de les accueillir. Un millier restera en France.

# 1 août – le dernier train siffle en gare d’Ablis. La ligne Paris-Chartres passant par Gallardon a cessé. Elle existait depuis 1931, et connut les premiers essais de Micheline, et elle servait à convoyer charbon et céréales vers Chartres.

# Septembre 1939. Saint-Georges-Motel. Consuela Vanderbilt, richissime héritière, philanthrope et son époux Jacques Balsan reçoivent en leur château sis en la commune, le couple Clémentine et Winston Churchill. Invité sans nul doute pour s’y reposer, celui que l’Angleterre va nommer Premier Ministre en mai 1940, prend du bon temps, pêche avec son éternel cigare, aurait peint également avant de reprendre la direction vers son pays. La déclaration de guerre du 1 septembre doit déjà le mettre en garde, et sans doute a-t-il voulu attendre l’évolution des hostilités. Apparemment, il n’y aurait pas d’existence d’un des nombreux tableaux (aujourd’hui côtés) dont il a été l’auteur, notamment avec des paysages en France. (Saint-Jean-Cap-Ferrat, Nice, Cannes, etc).

# 20 décembre fondation par Jean-Pierre Daninos, frère de l’écrivain Pierre Daninos, de la société   » Forges et Ateliers de construction d’Eure et Loir  » autrement dit Facel, une marque de voiture de sport prestige sous le nom de Facel-Vega entre 1954 et 1964. Une première usine voit le jour à Courbevoie, et une seconde à Dreux . Les usines fermèrent leurs portes le 31 octobre 1964 avec plus de 3000 voitures produites sur dix années.

# Décembre  – hiver très rude

1940

# Lors de l’occupation allemande de Chartres, de militaires allemands n’ont pas manqué de traduire leurs pensées à la l’égard de la population, surtout que les premiers actes de résistance commençaient à se manifester  » Chartres, ville calme mais habitants peu sympathiques  ».

# Mai  – premiers bombardements sur l’Eure et Loir

# 5 mai – Venue du Maréchal Pétain à Maintenon.

# 31 MaiPierre-Auguste Thouron, originaire de Toury, sergent-chef et radio mitrailleur au groupe de bombardement 1/11, se trouve à bord d’un Léo 451 n°56. Son avion est abattu en combat aérien par la chasse allemande, et s’écrase à Plessieur-Rozainvilliers (Somme). Les quatre membres d’équipages sont tués. Pierre-Auguste Thouron avait 23 ans.

# 12 et 19 mai  – premier bombardement à Châteaudun par la Lutwaffe (avec sa base aérienne et ses 264 avions) (bombardé à nouveau en mai 1944) puis 2ème bombardement en une semaine, ainsi que la base de Chartres.

#  9 juin  – bombardement de Dreux , 88 morts, plus lourd bilan de la guerre en la matière

# 14 juin  – deux trains bondés de civils sont la cible de mitraillages des avions à La Taye : 17 morts

# 15 juin – 7 à 800 chartrains sont restés confinés dans la ville, des vieillards en majorité, selon le constat fait par Jean Moulin, alors même que la population de la cité beauceronne est de 23 000 habitants

# – A Lèves, le curé dénombre une cinquantaine d’âmes qui sont restées alors même que la commune compte 1 100 âmes –

#- A Dreux, c’est une simple affiche qui annonce le nombre fort restreint de Drouais encore présents dans la ville – 

# Entre le 12 mai et le 16 juin – Ce ne sont pas moins de 600 victimes de bombardements le plus souvent parmi les Euréliens voulant fuir l’occupant.

# 16 juin. Aunay-sous-Auneau. Hedhili Ben Salem Ben Hadj Mohamed Aman, 27 ans, originaire de Tunisie (Hergla Caïdat) est tué à l’ennemi pendant la campagne de France. Soldat au 4ème régiment de tirailleur tunisiens, il a été inhumé avec quinze autres morts pour la France au Mémorial de la France combattante au Mont Valérien. Il a été élevé Compagnon de la Libération.

#  24 juin  – Premier acte de résistance à l’initiative d’un électricien de Bonneval Georges Gauthier qui perce les pneus de quatre véhicules allemands. Ce résistant sera à l’origine de la formation des FTP régionaux en 1942.

# 2 juin  – une escadrille de chasse dite groupe de chasse de Varsovie s’installe avec 31 appareils Caudron-Renault 714 s’installe sur l’aérodrome de Dreux-Vernouillet. Un peu plus tard, elle sera remplacée par 27 Heinkel 111 au titre de la chasse allemande dans la perspective de la bataille d’Angleterre.

# 16 juin  – des combats opposent le 26ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais aux forces allemandes dans un pourtour situé à Berchères-la-Maingot et autres villages proches causant plus de 600 morts. A Bouglainval, onze tirailleurs sénégalais sont tués

# 20 juin  – Etienne Achavanne, originaire de la Framboisière,où il est né le 27 juin 1892, sabote des lignes téléphoniques à Rouen. Il sera fusillé par les Allemands le 4 juillet.

juin 1940 – Ymonville perd un troisième moulin ( sur les 4 qui s’y trouvaient avant 1870). En effet, un avion allemand visant des tirailleurs sénégalais lâche une bombe incendiaire sur le moulin où s’étaient réfugiés les soldas en question

# 1940 – La commune de Feucherolles, située à proximité de Néron, est le théâtre de violents combats.

# 17 juin –  Les troupes allemandes entrent au matin dans Chartres. Elles y resteront jusqu’à la mi-août 1944. le soir de cette journée, les Allemands veulent signer à Jean Moulin, le Préfet, un document selon lequel des tirailleurs sénégalais auraient mitraillé des civils, ce qui est évidemment faux. Il refuse, et tentera de se suicider. De ce jour-là, il entrera en résistance. L’armée allemande occupe les principales métropoles d’Eure et Loir, et surtout les terrains d’aviation. La résistance s’organise, et peu de personnes désirent collaborer avec l’occupant. Le marché noir, la pénurie des vivres sont autant de sujets qui préoccupent la ruralité.

# Une anecdote à propos de Jean Moulin pour revenir sur une partie de sa vie d’homme. Antoinette Sachs est une artiste-peintre de son état à la quarantaine agréable en 1936. Petite et de visage agréable, tous les hommes tombent devant elle et notamment Paul Geraldy, poète de l’amour. On lui présentera également Jean Moulin, mais le courant passera mal malgré l’insistance de ce dernier, futur préfet et résistant, lui demandant de faire un enfant.

1941

# 18 mars  – Décès à Prunay-le-Gillon d’Henri Cornet qui fut le plus jeune vainqueur du Tour de France (1904) à l’âge de 20 ans, ceci grâce au déclassemernt des quatre coureurs le précédant.

1942

# Février – . Un petit livre d’à peine cent pages circule à couvert en France, sans aucun doute en Eure et Loir. Son auteur, un anonyme, dessinateur et illustrateur dans la vie civile, un résistant au moment de la publication de ce livre Le Silence de la mer, rédigé en octobre 1941, par Vercors, le nom de résistance de Jean Bruller qui est âgé de 39 ans. Il a trouvé un éditeur, les Editions de Minuit, et ce fut, dit-on, un succès mondial. Une fiction inspirée de faits réels. Un ouvrage qui a suscité un désir de le lire comme jamais racontant l’histoire d’un officier allemand pour qui on a réquisitionné une chambre dans une petite maison tenues par un homme et sa nièce, Jeanne. Un long monologue où l’officier allemand parle de son amour pour la France, de sa culture. Il parle seul. Pas un mot des deux occupants  » bouche cousue  », en forme de résistance. Un ouvrage qui symbolise aux yeux de la population une forme de lutte silencieuse où les raisons patriotiques l’emportent, et sont peut-être des engagement dans les réseaux de résistance. Un Silence de la Mer où l’auteur  » donne la parole » à cet officier allemand qui parle de Chartres, alors qu’il vient d’évoquer Nuremberg, la ville qui dilate son cœur  » Je crois que les Français doivent éprouver la même chose devant la cathédrale de Chartres. Ils doivent aussi sentir tout contre eux la présence des ancêtres, la grâce de leur âme, la grandeur de leur foi, et leur gentillesse. Le destin m’a conduit sur Chartres. Oh vraiment quand elle apparaît, par dessus les blés mûrs, toute bleue de lointain et transparente, immatérielle, c’est une grande émotion ! J’imaginais les sentiments de ceux qui venaient jadis à elle, à pied, à cheval ou sur des chariots…Je partageais ces gens, et comme je voudrais être leur frère ! (…) Cela est dur à entendre sans doute d’un homme qui venait sur Chartres dans une grande voiture blindée…Mais pourtant c’est vrai. Tant de choses remuent ensemble dans l’âme d’un Allemand, même le meilleur ! Et dont il aimerait tant qu’on le guérisse  ».Nota : Cette écriture ne vous fait-elle pas penser à Charles Péguy décrivant  » sa  » cathédrale de Chartres,  » son vaisseau amiral  ». Deux belles plumes qui auraient pu se rencontrer.

30 avril  Chavannes (Lèves)Hoche Allard, Raymond Brousse, Jean Cormier et Maurice Maugé, militants communistes et syndicalistes CGT sont fusillés pour avoir multiplié des actions contre l’occupant allemand : distribution de tracts et de journaux, incendies de baraquements et de matériel électrique.

# 30 avril  Chavannes (Lèves)Hoche Allard, Raymond Brousse, Jean Cormier et Maurice Maugé, militants communistes et syndicalistes CGT sont fusillés pour avoir multiplié des actions contre l’occupant allemand : distribution de tracts et de journaux, incendies de baraquements et de matériel électrique.

# 1942/1943 – hiver rude

1943

1943 – bombardement de Châteaudun par l’aviation américaine

# 9 juillet – Le résistant Jean Moulin, préfet d’Eure et Loir, meurt dans le train qui l’emmène en Allemagne dans des circonstances qui resteront mystérieuses. Il avait 54 ans.

# 26 octobre  – décès à Bonneval, sa ville de naissance, d’Albert Sidoine, bibliothécaire et auteur d’un ouvrage de référence sur sa commune. Il avait 73 ans

1944

# janvier  – destruction pratiquement complète du terrain d’aviation de Châteaudun par l’aviation américaine

# 7 janvier – un bombardier américain B-24 Liberator s’écrase à Bouville (Bois de Feugères) après une attaque de FW-190, l’avion éclatant en vol, tombant en quatre morceaux. Un seul membre de l’équipage a réussi à sauteur en parachute, et il fut caché et évacué par la suite.

# 18 févrierGare de Maintenon. La Résistance fait sauter quarante wagons de munitions , les détonations seront entendue jusqu’à Chartres

# 2 mars  – nouveau violent bombardement de la base aérienne de Châteaudun, écrasée sous les bombes par 81 bombardiers américains B17, déversant leurs bombes au cours de plusieurs vagues, détruisant bon nombre de bâtiments militaires et civils aux alentours.

# 28 mars  – lors d’une réunion secrète à La Loupe, le colonel Jarry, délégué militaire pour la zone nord de l’armée secrète, fait accepter Sinclair – de son vrai nom Maurice Clavel – comme chef de la Résistance en Eure et Loir. Agrégé de philosophie, cet homme de 22 ans, est un gaulliste de la première heure. Avec sa compagne, Silvia Montfort, ils seront au fait des combats pour la Libération, quittant le département en novembre 1944.

# 29 mars – 31 résistants d’Eure et Loir sont fusillés au Mont-Valérien

#

# 30 mars. En ce lieu de mémoire qu’est le Mont-Valérien, des milliers d’hommes ont été fusillés dans une clairière devenue  » clairière des fusillés  » entre 1941 et 1944. Ce jeudi 30 mars, l’Eure et Loir a payé un lourd tribut. Le Mémorial inauguré par le général de Gaulle le 18 juin 1960 est un rappel nominatif de ces héros de l’ombre otages et résistants. Y figurent : Pierre Boutier, mécanicien au Coudray (né en 1900), Roger Calbris, boucher à Pierres (né en 1924), Marcel Cartron, garagiste à Courville (né en 1912), Maurice Cléret, maçon à Septeuil (né en 1921), Gilbert Damas, manoeuvre à Illiers (né en 1913), François Dargent, journalier à Saint-Pellerin (né en 1920), Jean Delorme, cultivateur à Harleville (né en 1920), Maurice Dumais, cultivateur et maire de Saint-Luperce (né en 1885), Paul Espéret, horloger à Courville (né en 1896), Élie Gallou, ajusteur et sabotier à Illiers (né en 1903), Albert Gautier, menuisier à Pierres (né en 1911), André Gillet, ouvrier agricole à La Touche (né en 1920), Joseph Girard, ouvrier agricole à Bonneval (né en 1924), Spada Girard, maréchal-ferrant à Illiers (né en 1917), Maurice Honoré, bûcheron à Bonneval (né en 1920), René Le Gall, bûcheron à Broué (né en 1917), Bernard Léger, étudiant à Dreux (né en 1922), Pierre Martin, boucher à Gallardon (né en 1913), Maurice Peltiez, boulanger à Saint-Martin-de-Nigelles (né en 1909), René Rion, charron à Maintenon (né en 1904), Marcel Roblot, couvreur à Marboué (né en 1923), Pierre Sadorge, commerçant à Maintenon (né en 1906), Noé Sadorge, cultivateur au Bois-de-Fourche (né en 1912), Omer Sadorge, ajusteur-mécanicien à Maintenon (né en 1913), Roger Saget, contrôleur laitier à Saint-Georges-sur-Eure (né en 1919), Jean Saliou, employé SNCF à St-Pellerin (né en 1911), Louis Savouré, cultivateur à Saint-Martin-de-Nigelles (né en 1905), Pierre Sédillot, cultivateur à Illiers (né en 1916), Edmond Signoret, plâtrier à Ézy-sur-Eure (né en 1913), JulesRené Varin, mécanicien à Villiers-le-Morhier (né en 1905) et Clovis Vigny, charpentier à Ézy-sur-Eure (né en 1896).

# Nuit du 30 avril au 1 mai – 116 Lancaster de la RAF bombardent la gare de Maintenon, en raison de la présence du plus grand dépôt de munitions de la Lutwaffe. Le pilonnage dura quarante minutes. On dénombre dix-huit morts parmi la population et de nombreux blessés. le château trembla sous les coups de butoir ce qui eut pour effet – heureux – de mettre à jour des papiers peints de grande valeur de l’époque posés du vivant de l’épouse morganatique de Louis XIV

# 5 au 6 mai – 42 internés du camp de Voves s’évadent après avoir creusé un tunnel, ce qui inspirera le film La Grande évasion(1963) à moins que cela ne soit un stalag en Pologne où s’est déroulé ce même genre d’évasion. Les Allemands se sont appropriés ce site, le faisant garder, comble d’hérésie, par des Français, sous la férule de Vichy, qui surveillaient d’autres Français marginalisés et pourtant idéalistes au rang desquels les combattants communistes composaient la majorité de cette population carcérale, dans la mesure où ils étaient destinés à d’autres camps de concentration de sinistre mémoire. Une présence cruelle que restituent deux auteurs dans Voves 1942-1944 à découvrir en bibliographie.

# 20 mai  – Près de Cloyes-sur-le-Loir, dans la forêt de Fréteval, est installé par le résistant Omer Jubault, gendarme dans la dite ville, un campement d’aviateurs alliés qui ont été descendus par la DCA allemande. Le réseau  » Comète  » était chargé d’évacuer ces aviateurs alliés récupérés par la Résistance vers l’Espagne, puis le Maroc. Ce furent pas moins de 152 aviateurs alliés qui furent recueillis ainsi, ravitaillés par la Résistance et les fermes aux alentours, et renvoyés sur le théâtre des opérations, à l’exception d’une qurantaine qui ne purent en réchapper.

# 21 Mai. Joseph de Ferrières de Sauveboeuf, 26 ans trouve la mort à Pontecorvo (Italie) lors de la bataille du Garigliano, alors qu’il était affecté au sein de la légion Etrangère. Il a été inhumé à Gilles.

# Châteaudun subit de nombreux bombardements comme Chartres où la bibliothèque est gravement endommagée (26 mai 1944) perd une grande partie de ses archives inestimables suite à l’incendie. Ce jour-là, l’aviation alliée avait pour mission de bombarder le camp d’aviation. La DCA allemande engage le feu, et les avions alliés lâchent prématurément leurs bombes. On connaît la suite, et 56 personnes perdirent la vie, 30 furent blessés. Dix siècles d’histoires avec des livres inestimables disparaissent dans l’incendie.

# – Courant juin capital avec la mise en oeuvre du maquis de Plainville, des résistants de tous âges vont se regrouper sous cette entité, avec une majorité de très jeunes engagés, venant de partout en France, se plaçant sous la bannière de deux chefs emblématiques Duroc et Sinclair, surnoms de combattants, et qui vont jouer un rôle emblématique. Le maquis de Plainville, celui de Beaumont-les-Autels s’organisent avec l’envoi de chefs. on déboulonne les rails en l’absence d’explosifs – déraillements – les cheminots sabotent les locomotives (représailles – nombreux fusillés pour des actes de sabotage – une liste très longue – parachutages– on renseigne les alliés pour des bombardements d’objectifs – récupération et cache d’aviateurs alliés). Une longue liste de ces combattants vont perdre la vie dans les combats pour la libération. La nécropole de Fleury-les-Aubrais( Loiret) est un haut lieu symbolique de tous ces hommes qui ont sacrifié leur vie. Nombreuses sont les plaques commémoratives qui honorent leur mémoire, afin de ne point les oublier. Citons parmi tant d’autres, Henri Marais, 18 ans, tué aux combats de Luisant le 16 août, de même Jean Rouget, même âge, lors des affrontements autour du cimetière de Saint-Chéron, appartenant au maquis de Beaumont-les-Autels. Pour plus amples précisions sur Plainville et ses 172 maquisards, se reporter à l’ouvrage éponyme d’Annette et Yves Brissard, remarquablement documenté.(Voir bibliographie).

# nuit du 7 au 8 juin – 44 avions anglais bombardent la base aérienne de la Lutwaffe à Châteaudun.

# 17 juin – 72 morts civils à La Loupe bombardé  » par erreur  » par l’aviation américaine qui se serait trompé de cible. La ville a reçu la Légion d’honneur.

# 18 juin – A Maintenon, un train allemand de munitions explose

# 23 juin  – deux résistants du maquis de Prasville exécutés.

# La Luftwaffe réquisitionne le château de Baronville, proche de Béville-le-Comte, pour y créer un terrain d’aviation de campagne où sont entreposés des Messerschmidt qui décollent pour aller combattre pour la bataille de Normandie. Les pilotes sont installés dans le château, tandis que le parc est occupé par tout le matériel inhérent aux missions de l’aviation allemande. Les propriétaires se résignent à demeurer dans des resserres tout en donnant des informations à Londres qui avait prévu de bombarder la zone. Heureusement, le groupe de chasse eut la bonne idée de quitter les lieux, eu égard aux avancées des troupes américaines. Le château proprement dit a connu les affres de l’armée allemande en 1940, puisque le général Von Paulus ayant investi la demeure, va la piller, emportant tout ce que ses hommes ont pu trouver, ce qu’il va connaître à nouveau avec cette nouvelle occupation, laissant la demeure saccagée.

# 27 juin. Jacques Voyer,21 ans, résistant, est fusillé au lieu-dit Chavannes à Lèves. Son lien avec l’Eure et Loir, tient au fait qu’il fut interpellé par deux policiers allemands alors qu’il surveillait les mouvements d’un convoi allemand. Il avait été parachuté dans l’Indre avec pour mission de mettre en place le réseau Sussex du département eurélien. Il tente de s’enfuir, mais il est blessé de deux balles. Sous le nom de Lucien Boyer, son pseudonyme de guerre, il est emprisonné à Chartres, torturé, mais il ne parlera pas. le 26 juin, il est traduit devant le tribunal militaire allemand de la dite ville (références FK 544). Après son exécution, il est inhumé sur les lieux-mêmes. Son corps sera transféré à Toulon, Jacques Voyer étant originaire du Var. Il est Compagnon de la Libération.(Sources fusillés-40-44.maitron.fr )

# 12 juillet – bombardement de Chandelles (Nogent-le-Roi) qui a détruit 14 maisons faisant 4 morts.

# 14 juillet- Un résistant Alphonse Bouvier, 21 ans, est fusillé à Lèves. Condamné à mort par le tribunal militaire allemand de Chartres pour intelligence avec l’ennemi, il avait été arrêté dans l’Eure au château de Chambray, alors qu’il menait des missions de renseignements. Il appartenait au réseau Turma-Vengeance, important dispositif de résistants en région Centre-Val-de-Loire avec des interconnexions avec des résistants d’Eure et Loir et du Loiret. Nota : A cette occasion, le Musée de la Résistance à Lorris (Loiret) est un rappel à tous ces actes héroïques de Résistance qui met en avant celles et ceux qui ont, pour un grand nombre, sacrifié leur vie pour la Liberté. Ce Musée agit comme un devoir de mémoire qui reste ancré dans l’esprit d’une France résistante, et qui montre aux générations futures que le sacrifice fait de ces femmes et hommes, des héros à ne jamais oublier. Ce Musée en est l’illustration.

# 18 juillet – bombardement de Coulombs. La mairie sera reconstruite et inaugurée le 4 novembre 1951.

# 23 juillet – Un Lighting P 38, piloté par le lieutenant Wens s’écrase à 19h45 dans le cimetière de Bréchamps, abattu après un affrontement avec des F.W.190

# 28 juillet – Un Lancaster MKIII de la Royal Air Force s’écrase près de Yèvres. Deux hommes d’équipage meurent, et six autres ont sauté préalablement en parachute.

# 31 juillet au 1 août  – la Résistance fait sauter le pont de Marboué, et dés le lendemain les troupes allemandes attaquent le PC des FTP surnommé L’Espérance, à proximité de Gohory. Le seul occupant, André Gilet, résiste pendant plus d’une heure, avant d’être blessé, arrêté puis abattu par les Allemands aidés de la milice.

# 1 août  – Un bombardier B17 touché par la flak allemande alors qu’il venait de bombarder la base aérienne de Chartres, s’écrase avec la totalité des hommes de l’équipage à proximité d’Amilly .

# – La Maison du Saumon subit un incendie, la charpente est gravement endommagée.

# Ce même jour, Joachim Evenot dit Michel, est blessé grièvement par deux gendarmes à la Bazoche-Gouët alors qu’il tentait de se procurer des tickets de ravitaillement et de tabac. Il meurt de ses blessures le lendemain.

# 7 août  – un adjudant SS est tué à Neuville alors qu’il était entrain d’établir un camp pour son groupe alors en retraite. Quelques jours après, 10 hommes faisant partie du maquis du bois de Neuville sont exécuté par les nazis.

# 7 août  André Gagnon, figure emblématique de la Résistance en Eure et Loir, intervient auprès du général américain Sylvestre pour le dissuader de faire sauter la ville de Chartres, croyant la cité beauceronne infestée de soldats allemands.

# 11 août  – Nogent le Rotrou est délivrée notamment à l’aide du maquis de Plainville, puis Bonneval.

# 11 août  –Par miracle le village de Prasville échappe au sort funeste qu’a connu Oradour-sur-Glane deux mois auparavant, seul le café ayant été incendié, ceci grâce à l’intervention du maire qui sauva la vie de ses habitants au détriment de sa propre vie. Pour autant, les Allemands en viennent à des représailles comme ils en ont l’habitude, puisque sept résistants sont tués d’une balle dans la tête dans une ferme de Moutiers, par un officier de la Gestapo venu de Chartres : un instituteur, René Foussard, chef du réseau, Marcel Bigot, 45ans, Georges Lejars 36 ans, Claude Loiseau, 19 ans, Georges Houdard.

# 11 août – dix résistants exécutés par les Allemands près de Chataincourt

# 14 août  – La ville de Brou est libérée par les GI’s.

# 15 août – Cloyes-sur-le-Loir , à son tour, est délivrée de l’occupant, puis c’est le tour de Châteaudun non sans résistance de l’occupant et ses chars Tigre face à la 35ème division américaine, un affrontement sans merci, le 17, les chars allemands avaient déserté le centre-ville où ils étaient retranchés. L’armée américaine reçoit l’appui des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) et FTP (Francs Tireurs Partisans)

# Originaire de Saint-Martin-de-Nigelles , Georges Léger tombe sous les balles allemandes à Saint-Rémy-sur-Avre. Son réseau FTP mèn de nombreuses actions de sabotage, et passe entre les mailles du filet tendu par la Gestapo. Ses effectifs fondent comme neige au soleil. Néanmoins, il persiste et signe, mais trouve la mort lors d’un accrochage.

# Nuit du 15 au 16 août – 3 heures du matin, le pont Fontaine à Chartres est dynamité par les Allemands et à 3h20, la Porte Guillaume est, à son tour, l’objet d’une destruction qui la conduit à s’écrouler après 600 ans de présence chartraine ce qui suscite une émotion profonde dans la cité beauceronne. Les troupes d’occupation mettent également le feu à l’ancienne église Saint-André où étaient entassées des réserves alimentaires.

# 15 août – Le Puits-Drouet ( quartier Saint-Chéron à Chartres) connaît des moments pénibles, dés lors que deux inoffensifs chiffonniers suspectés par les Allemands sont fusillés, alors qu’ils vivaient tranquillement dans une cabane. Le 16 août, l’armée allemande fouille le quartier, et trente-sept otages sont conduits dans une cave. Heureusement, le courage d’une habitante, Madeleine Colas, va les sauver, puisqu’elle gagne la Préfecture au péril de sa vie, pour aller prévenir les autorités. Sous le coup de l’émotion, elle surévalue la présence allemande dans son quartier, l’estimant à un millier de soldats. L’armée américaine va alors pilonner cette poche de résistance allemande, et quatre chars Sherman arrivent, et font feu. Les Allemands surpris par cette intervention éclair, préfèrent évacuer les lieux non avoir résisté, mais ayant oublié les otages comme monnaie d’échange. Les otages seront libérés par Madeleine Colas qui sait où ils se trouvent. Elle recevra, 39 ans après !, la médaille d’honneur de la ville de Chartres, ce qui était un moindre mal pour cette femme qui n’écouta que son courage au mépris de sa propre vie.Pour avoir également soustrait au péril de sa vie, un résistant recherché par la police allemande. Cette héroïne de l’ombre s’est éteinte le 10 septembre 1996

# vers le 15 août – Jean Chauveau est alors un résistant qui, au mépris de vie, fournit en faux papiers d’identité le camp de Frétéval où étaient recueillis les aviateurs alliés descendus par la DCA allemande ou en combat aérien. Alors qu’il revient de Douy où il a aidé une unité américaine confronté à un enlisement, il est capturé par les Allemands entre Cloyes et Châteaudun. Il est alors emmené manu militari au collège de Châteaudun, situé rue de la République. N’entendant plus parler de lui, ses camarades se persuadent qu’il a été déporté en Allemagne. Ce n’est qu’en 1947, en remuant un tas de charbon dans le collège où il a été retenu prisonnier, que son corps est retrouvé, mâchoire et bras cassés. Il a été torturé et exécuté sans doute au moment où les Allemands ont quitté la ville.

# 16 août – Robert Capa, reporter de guerre américain, prend une photo avec son Leica, instantané qui fera le tour du monde, montrant une femme à qui on rase la tête à proximité de la cathédrale de Chartres en raison de sa collaboration avec l’occupant. Simone Touseau, 23 ans, est alors considérée comme collaboratrice horizontale pour avoir eu un enfant avec un soldat allemand qui tenait la librairie de la rue Noël Ballay. Par ailleurs, au matin du 16 août, trois collaborateurs exécutés dans la cour de la préfecture.

# 16 août – à midi, la 5ème division américaine se présente à La Fourche à Vernouillet. Pendant trois heures, les combats sont acharnés, et une vingtaine d’Américains sont tués. Ensuite plus de 500 allemands se replient face à la progression américaine qui arrive très vite dans le centre de Dreux, débusquant les tireurs allemands qui tentent de retarder l’avance inexorable des Américains. Grâce au remarquable ouvrage bilingue, Michel Merckel,  » le Prix de la Liberté  » (2017), consacré à la Libération de Dreux paru aux Editions du Colombier, citons quelques noms parmi ces GI’s qui sont tombés. Tousin Demarest, originaire de la Louisiane, 23 ans, 1ère classe, un nom bien français, tué rue Saint-Thibaut à Dreux. JJ Connor,26 ans, chef de char, premier américain tué dans ces affrontements, avec Georges Opincar, Edward Garland Dillon, 27 ans à La Fourche, comme Edouard D.Dymeck, 28 ans, Thomas J.James gravement blessé, qui meurt le lendemain des suites de ses blessures, Charlie Napier, 29 ans, fauché dans la première heure, Edwin Julius Bockwoldt, 23 ans et tant d’autres. S’incliner devant leur sacrifice, et les citer, un devoir de mémoire.

# Deux FFI, Germain Bonvallet et Henri Vallée sauvent le pont de la Porte Morard à Chartres en désamorçant les explosifs placés par les Allemands pour le faire sauter. Leur geste se fait alors qu’ils sont pris sous le feu de l’ennemi. Ils trouveront tous deux la mort lors des combats de fin de soirée aux environs du cimetière Saint-Chéron. Leur héroïsme permettra à Patton de progresser. Un point intégré dans la Voie de la Liberté.

# Jeune résistant, André Tuvache 16 ans, fait alors partie d’un groupe de FFI qui participe à la Libération de Chartres. Avec trois autres, il est en file indienne angle rue de Reverdy et avenue Maunoury en direction de Luisant. Soudain, une Simca apparaît, et le passager allemand de cette voiture tire sur le groupe, et le jeune Tuvache est fauché

#Armand Lhuillery, l’un des cadres de la Résistance eurélienne, capitaine des FTP. Cheminot, il s’engage très rapidement pour combattre l’ennemi. Il est capturé par les Allemands, qui le recherchait pour ses nombreux coups de »armée américaine, lorsque sa traction se trouve face à face à un char Tigre alors que la voiture se dirigeait sur Nottonville. Il est capturé, torturé, exécuté avec ses cinq camarades. (voir ci-dessous)

# Les troupes allemandes incendient l’église Saint-André à Chartres où ils stockaient vivres et matériels. La charpente est totalement détruite

# au matin du 17 août – La 35ème division d’infanterie US s’est postée autour de Châteaudun, les chars Tigre allemands quittent la ville faisant route vers Janville, alors que la FTP (Francs Tireurs Partisans) prennent leur place. Chartres : Duroc et ses hommes, une quarantaine environ, arrivent aux Trois-Ponts, et traversent l’Eure jusqu’à mi-corps, alors même que la rivière est parsemée de trous de bombes. Des combats acharnés vont s’en suivre, faisant de nombreux morts et blessés. Six hommes de Duroc y laissent leur vie.

# Fernand Cipière, ingénieur SNCF, meurt à Chartres alors que la veille à Maintenon, alors qu’il tentait de réparer un pont, une grenade lancée par un soldat allemand l’avait blessé grièvement.

# Charles André, 22 ans, connu sous le surnom de Jean, lieutenant des FTP est torturé et fusillé à Cormainville, de même Guy Fortière dit Marcel, 22 ans, sous-lieutenant des FTP, subit le même sort comme Paul Fénin dit Paul, originaire de Courtalain, 24 ans, lieutenant des FTP

# Francis Fer dit Lucien, 21 ans, originaire du Finistère, qui avait mené des sabotages à Paris se trouvait dans la traction qui a été interceptée à Cormainville avec ses compagnons. Son corps sera retrouvé criblé de balles.

# 18 août– les combats continuent à Beaulieu, quartier de Chartres.La bataille fait rage.

# –Jean-Michel Herault, agronome, et résistant, né à Tréon en 1920, participe à la libération de Dreux le 16, puis avec un camarade, deux jours plus tard, alors qu’ils se trouvent tous deux à la Couture-Boussey, sont interceptés par une patrouille SS. Ils seront lâchement assassinés à coups de talon de brodequins et de crosse. On suppose qu’ils ont été enterrés encore vivants par leurs bourreaux. Jean-Michel Hérault a été inhumé à Tréon.

# 19 août – les Allemands font sauter la Porte-Guillaume à Chartres. Libération de la ville de Chartres à laquelle participe Sylvia Montfort (1923/1991) qui a rejoint la Résistance en 1939, et plus tard le Réseau Résistance d’Eure et Loir du commandant Sinclair (Maurice Clavel). Après la guerre, elle deviendra une grande comédienne. Chartres est officiellement conquise , les Allemands abandonnant force de matériel et allumant de nombreux incendies.

# 20 août – le Clos-Pichot ( aujourd’ui Parc AndréGagnon) à Chartres devient provisoirement un lieu de sépulture, puisque ce jour-là 20 victimes des combats pour la Libération y sont inhumées, en présence de nombreuses personnalités comme André Le Troquer, commissaire délégué du gouvernement provisoire pour les régions libérées, Jean Chadel, préfet d’Eure et Loir, le général Valin, et le docteur Haye, maire de Chartres, ainsi qu’Emile Vivien, maire de Châteauneuf-en-Thymerais. Les trois premières inhumations furent celles de trois fusillés dans la cour de la Préfecture au matin du 16 août.

# Dix-huit femmes soupçonnées d’être des  » collaboratrices horizontales  » avec les Allemands sont tondues à Nogent-le-Rotrou, et ultime humiliation, le postérieur plongé dans un baquet d’eau pour calmer leurs ardeurs sexuelles. Comme le précise Gérard Leray – les tondues de Nogent-Le-Rotrou (voir bibliographie), ces femmes jugées criminelles de guerre, étaient des mères de famille, travaillant pour l’occupant comme domestiques pour subvenir à leur quotidien, certaines étant mères de famille. Sans aucun doute craignaient-elles d’être fusillées par des combattants en furie à leur égard. Certaines ont pu être obligées à aller au delà. La crainte, et parfois la séduction ont pu les amener, à une attitude qui pourrait justifier la sanction dont elles ont été l’objet. De même les tondues de Chartres, avec la célèbre photo de Capa, comme les vingt mille tondues de France. Un vent de folie a parcouru la France pour en finir avec tous les collabos, souvent des sorts justifiés, d’autres sans discernement.

# Originaire de Châtillon-en-Dunois, Eugène Delabrière participe avec la Résistance à un coup de main contre un convoi allemand. Il est capturé, et son corps sera retrouvé le lendemain atrocement mutilé.

# Lors de la Libération de Chartres, nombreux ont été les résistants tombés au champ d’honneur. Citons : Germain Bonvallet (Chartres), 35 ans, qui trouve la mort à Saint-Chéron, Maurice Beaufrère (Chartres) , 18 ans, aux Trois-Ponts, Michel Cauty (Chartres), 32 ans, à Vausevin, Alainde Caupène (Auneau), à La Cavée, Gaston Drapier (Chartres), 41 ans, Porte-Morard, René Foisy (Chartres), 30 ans, Saint-Chéron, Jacques Garnier (Corancez) aux Trois-Ponts, Fernand Goulard (Chartres), 45 ans, aux Trois-Ponts, Jean Grabe (Meurthe et Moselle), 18 ans, SaintChéron, Michel Havet (Maintenon), 20 ans, Saint-Chéron, Emmanuel Hémonet, 21 ans, La Cavée, Jean-Louis Kervazo (Morainville) La Cavée, Désiré Klein (Auneau) La Cavée, André Lemoine (Hauts-de-Seine), 39 ans, rue Chanzy, Raymond Minet (Nogent-le-Rotrou), 27 aans, aux Trois-Ponts, Raymond Maurer (Chartres), 60 ans – avenue Maunoury, Roland Momureau (Chartres), 40 ans, Porte-Morard, Roger Pépineau (Chartres), 17 ans, aux Trois-Ponts, Marius Poujol (Chartres), 46 ans, avenue Maunoury, André Tuvache (Chartres), 16 ans, avenue Manoury, Henri Vallée (Chartres), 31 ans, à Saint-Chéron, Georges Vallée (Lucé), 43 ans, aux Trois-Ponts, Ahacène Zekara, 25 ans, La Cavée.

# 23 août – Se rendant de Nogent-le-Rotrou à Chartres, le Général de Gaulle qui suivait la 2ème DB, est reçu triomphalement dans la cité beauceronne, salué par une foule immense. Un Magnificat est célébré devant Notre-Dame du Pilier. Il se rend au Clos Pichot et s’incline devant les tombes provisoires de combattants morts pour la liberté. La foule est alors en délire quand le Général annonce que Paris a été libéré le matin même. Des tonnerres d’applaudissements vont durer de très longues minutes. Maurice Clavel, Sylvia Montfort, parmi bon nombre de résistants accueillent le Général de Gaulle sur le parvis de la cathédrale de Chartres, un événement qui a marqué l’histoire de la cité beauceronne, déjà tant honoré par le passé par le prestige royal.

# 25 août Jules Martinet, dont la seule attache avec l’Eure et Loir est issue de son mariage avec une postière de Dreux, prend part à la libération de Dreux. Lieutenant, il est responsable de ce secteur, et continue dans sa lancée en allant participer à la libération de Paris où il trouve la mort à 11 heures du matin, alors que l’armée allemande allait capituler le soir même. Il est enterré au carré militaire du cimetière de Dreux.

# 27 août – Instituteur, Maurice Glédel, originaire de Coulombs, est entré en Résistance quelque temps auparavant. Il est arrêté le 12 août sur dénonciation alors qu’il cache des aviateurs tombés dans la région. Son corps horriblement mutilé, défiguré sera retrouvé ce même jour à Villiers-le-Morhier sur les bords de l’Eure. Il avait 21 ans. Cité à l’ordre de la division par De Gaulle.

# 13 septembre – premier numéro de l’Echo Républicain qui a remplacé la Dépêche d’Eure et Loir ( en 1929, il était hebdomadaire sous le nom de l’Echo Républicain de la Beauce et du Perche )

1945

1945 – Ce qui reste du château de la Ferté Vidame devient centre de réinsertion des femmes détenues qui fonctionnera durant vingt- cinq ans, interrompu par le décès du Révérend Père Courtois, son initiateur.

# Remi Gaschet, appartenant au 1er Régiment de marche d’Eure et Loir, trouve la mort à Marans (Charente-Maritime). Il avait 24 ans.Une rue de Chartres, sa ville de naissance, porte son nom.

# – Une suppression pour le moins insolite avec la disparition d’une barrière d’octroi à Epernon. Un péage dont la recette était destinée à la réparation des églises, en taxant les viandes, les alcools, les vins ordinaires ou de pays de Hanches ou de Gas à l’exception de ceux d’Epernon. Charité bien ordonnée commence par soi-même !

# – Nota à propos des crashes d’avions de toutes nationalités sur le sol d’Eure et Loir. A part quelques citations ponctuelles, il eut été fastidieux de tout comptabiliser, surtout que des sites de recherches se sont spécialisés, comme pour notre département, Force Landing particulièrement pointu en la matière. La curiosité de chacun sera largement pourvue.

# 29 avril Lanneray. Gilbert Tranchard 25 ans, avec la complicité de son frère Louis, 22 ans étrangle un septuagénaire, et lui vole une importe somme d’argent. Tous deux sont condamnés à. perpétuité. A la sortie de cette guerre, nombreux sont ceux qui ont pratiqué le marché noir dans lequel d’inscrivait Gilbert Tranchard. Au début de l’année il avait tué un commerçant de l’Orne dans un guet-apens pour lui proposer un marché juteux. Ce fait s’ajoute à l’affaire de Lanneray. Il est condamné à mort, et gracié, puis condamné à perpétuité.

# 1 septembre. Fontaine-la-Guyon. La commune connait une effervescence importante en raison de la présence de l’armée américaine dont les services de l’intendance mettent en place l’une des stations de pompage affectées sur le pipe-line gigantesque. Celui-ci part de Cherbourg en traversant la France jusqu’à Mayence (Allemagne), l’Eure et Loir étant traversé d’une façon importante. Le pipe-line passe par Nogent-Le-Rotrou, Courville, Chartres, et Fontaine-la-Guyon. Les besoins de carburant comme celui pour l’aviation (octet 100), sont gigantesques, ne serait-ce également au niveau du matériel routier comme les Jeep qui consomment 15 litres aux 100, les chars Sherman 400 litres/100km. Un ouvrage militaire non sans conséquences car qui dit pompage, dit pompage non autorisé alimentant le marché noir. En fait l’utilisation de ce pipe-line s’arrêtera en fin d’été 1945, avec la fin du conflit.

1946

# – nomination comme conseiller de la République du département de l’Eure et Loir d’un Eurélien d’adoption en la personne de Charles Brune qui fut également un proche de Jean Moulin. Il sera par la suite plusieurs fois ministre.

# – Naissance de Joëlle Deroubaix, sculptrice et céramiste. Diplômée des Beaux-Arts de Bourges (Cher), elle va alors travailler moult matières suivant son inspiration du moment, sculptant plus particulièrement des déesses-Nature, s’inspirant de  » Mimir  », divinité gauloise des eaux. Installée dans son atelier de Vieuvicq où elle décède le 5 avril 2019. On note qu’elle était fort attachée à l’image de Proust, avec de nombreuses références à l’auteur de cet ouvrage emblématique  » A la recherche du temps perdu  ».

28 février – il est tombé tellement de neige qu’il est impossible de circuler dans la région. Entre 30 et 100 cm de neige par endroit.

# 25 août- inauguration à Saint-Symphorien-le-Château d’une borne de la voie de la Liberté, grâce à l’initiative de Guy de la Vasselais, ancien maire et sénateur, et qui fut chef de la mission militaire en qualité d’aide de camp auprès de Patton. Il faut rappeler que la commune fut la dernière commune à être libérée en Eure Loir.

# 31 octobre – décès à Berchères-sur-Vesgre de Gabriel Gabrio,59 ans, chanteur puis acteur notamment dans les Visiteurs du Soir (1942) qui sera en fait sa dernière apparition.

1947

# 28 Janvier. Décès en Cochinchine du Lieutenant André Troussard, originaire de La Ferté-Vidame où il vit le jour le 25 avril 1920. Il venait de combattre lors de la guerre d’Indochine, fut fait prisonnier, et s’évada.

5 juin 1947 -fermeture du séminaire des Barbelés au Coudray qui était alors dirigé par l’abbé Stock depuis 1945

# été – le thermomètre monte à 56° – de nombreuses bêtes meurent d’insolation alors que l’hiver 1946/1947 a connu de très nombreuses chutes de neige.

# 14 juillet – Le général de Lattre de Tassigny se rend à Chartres et Châteaudun.

1948

# 24 février  – Décès à l’âge de 44 ans de l’abbé Franz Stock qui fut aumonier allemand des prisons lors de la Seconde Guerre mondiale, et accompagna bon nombre de condamnés à mort sur leur lieu d’exécution au Mont-Valérien. Ce poste qui lui a été conféré, provient du fait qu’il a été ordonné prêtre en 1932. Sa relation avec l’Eure et Loir tient au fait qu’il fut chargé de diriger au titre de supérieur le Séminaire des Barbelés au Coudray, après été prisonnier des forces américaines. Il est chargé d’amener au sacerdoce des théologiens allemands prisonniers. Ce centre a été fermé en 1947.

11 juillet– Georges Bidault et Jules Moch sont réunies à la Préfecture à Chartres au milieu de nombreuses personnalités de tous bords pour assister à l’inauguration de l’hommage gravé dans la pierre en l’honneur de Jean Moulin.

# 24 novembre. Frazé. Inscription à la liste des édifices protégés du château et de ses communs.

1949

# 25 avril  – Décès à Chartres d’Etienne Houvet, 90 ans, originaire de Cercottes (Loiret). Chargé de l’entretien de la crypte de la cathédrale de Chartres, il va se prendre de passuin pour la photographie. D’amateur, il va se comporter en véritable professionnel avec des centaines de clichés sur ce haut lieu de la chrétienté, des photographies sans déformation. Certaines deviendront des cartes postales. Auteur d’une monographie remarquable de la cathédrale de Chartres, puis sur les vitraux.

# Naissance de Michel Jeffrault, acteur, metteur en scène. Eurélien, il était l’artiste de la comédie de boulevard. Ses succès ne se comptent plus comme Le Canard à l’orange. Avec ses  » complices  » de la scène comme Bernard Menez, Evelyne Leclercq, il a fait rire la France entière.Homme d’humour et de simplicité, il détenait cet art de se sentir bien avec tout le monde. Comparé par moment avec Raymond Devos, son registre lui a permis d’aborder l’humour sous différents aspects. Il fut un remarquable Monsieur Pignon dans Dîner de cons. Son attache indélébile avec l’Eure et Loir était à bien des égards son chemin de vie, certains Euréliens se retrouvaient en lui. Il s’éteint le 2 mars 2019 des suites d’une longue maladie à son domicile de Ouerre.

1950

#– Création du musée d’histoire à Dreux par Marcel Dessal dont il fut le premier conservateur. En juin 2013, le musée est débaptisé pour devenir  » Musée d’Art et d’Histoire  ».

# 7 mai Georges Leroy, ouvrier agricole, originaire de Moléans, pour une sombre affaire de dettes, se rend dans une ferme proche de Fontenay-sur-Conie, et tue à coups de hachette un fermier et sa fille. Condamné à mort à deux reprises, il échappera à à la guillotine et sera au final condamné aux travaux forcés à perpétuité. Une attitude très fruste le sauvera du couperet dès lors des experts psychiatres estimeront que le sujet étant atteint de troubles mentaux, ce qui influencera le verdict final après un pourvoi en cassation.

# 1950/1953. Guerre de Corée. Un conflit lointain et oublié, alors même qu’un contingent français de volontaires (3720) est parti se battre. En son sein, des Euréliens, et deux trouvèrent là-bas, à des milliers de kilomètres. Simplement pour la mémoire, en forme d’hommage, citons le 2ème classe Marcel Billon, tué le 13 février 1951, et le caporal Michel Hecquet le 29 juin 1953. Le nom de ce dernier figure sur le Monument aux Morts de Saint-Germain-en)Laye, bien qu’il soit originaire d’Eure et Loir. Une guerre dont le souvenir est diffus, et dont on peut aisément retrouver bien des informations sur la toile, et plus particulièrement : https://www.soldatsdefrance.fr/Listes-des-tues-blesses-et-disparus-en-Coree_a210.html

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