XIXe siècle

1800

# – De nombreux hectares de vignes disparaissent en raison du phylloxéra. 

# – Dans le courant de l’année, nouveau projet de voie d’eau navigable. On ne désarme malgré la succession d’échecs. S’inspirant de cette voie romaine qui traverse la plaine de Beauce de Chartres à Orléans, l’idée de créer un canal en ligne droite en vue du transport des grains et des céréales, fait son chemin dans l’esprit de deux opportunistes MM.Armand de Bouraine et Sellier, avec une possibilité d’irrigation des cultures. Projet trop ambitieux qui tombe à l’eau. L’avénement du chemin de fer coupe court à ce projet devenu obsolète, l’amélioration du réseau routier s’y ajoute, précipitant l’échec.

# En ce début de siècle, l’Eure et Loir va progressivement conquérir en matière gustative, le fruit d’un croisement de gallinacés. Un début de siècle qui, après différentes études menant des croisements de races, a permis de proposer tant à la ponte qu’à la chair, la poule dite la Faverolles, du nom de ce village situé à côté de Nogent-le-Roi. Un village de moins de 800 habitants dont certains agriculteurs se sont consacrés à l’élevage, et par voie de conséquence pour se rendre célèbres, sans le savoir sur le moment. Sans entrer dans le détail technique, reconnaissons à cette poule d’être un gallinacé aussi à l’aise en confinement relatif tout de même. Née à l’origine d’un croisement avec’une race voisine, celle de Houdan, elle s’est imposée dans les assiettes. Qui plus est, on lui accorde d’être agréable en compagnie, pas farouche, bien au contraire.. Une belle poule de références qui, par la suite, va être présentée dans les concours. Si bien qu’elle va semer en Europe ses caractéristiques, au point de retrouver d’identifier, par la suite, la Faverolles anglaise, la Faverolles allemande. Ainsi en deux siècles, ce beau gallinacé par son port, sa chair, ses œufs emporte le trophée d’une chair particulièrement goûteuse.

# 27 janvier – En raison du regroupement de certains détenus de la bande d’Orgères, des femmes appartenant à celle-ci sont transférées au château de Châteaudun. Pour la petite histoire, Charles Albert de Luynes en a fait l’acquisition (revendu en 1938), dont une partie est louée à la municipalité aux fins de prison, à savoir les parties basses du Temple Décadaire. A ce moment, les officiers municipaux chartrains chargés du transfert, apprennent par les concierges (gardiens de prison) qu’une évasion aux Carmélites a été évitée de justesse. Des membres éminents de la bande étaient entrain de se faire la belle. A savoir Sans-Pouce, le Rouge d’Auneau, le Borgen de Jouy, et les deux frères Leteigneux avaient confectionné une corde à l’aide de draps attachés à une croisée Les officiers municipaux interviennent, mais les détenus quasiment pris sur le vif se révoltent. Avec renfort policier, il faudra la force pour les maîtriser. Menottés fermement, ils sont transférés à la Maison de Justice à la Maison de Justice, et mis aux fers, à l’exception du Borgne-de-Jouy surnommé par ses complices  » Le Mouton  », et mis à l’abri. Mais l’atmosphère se tend, les autres détenus envoient des projectiles, cassent du matériel, des vitres. Ils seront mis très vite à la raison, retournant dans leur misérable détention.

# 28 janvier – Suite à la tentative d’évasion, on apprendra par le Directeur du Jury, qui instruit l’affaire criminelle que ces hommes éminents avaient été transférés dans des conditions plus clémentes espérant quelques révélations.

# 31 janvier – Exécution de Johan Deffy, chartrain de 29 ans, pour avoir commis un crime sur la personne du citoyen Nicolas Chevallier, cultivateur à Brunelles (Hors affaire d’Orgères) 

# 13 février – naissance à Chartres de François-Jules de Boisthibault. Tout en étant avocat, il se prononça contre la peine de mort, et étudia le régime cellulaire. De nombreux ouvrages de référence lui sont reconnus. Il s’éteint à Chartres en 1856 – 

# 16 février – Les 6 districts du département passent à 4 arrondissements .

# 14 mars (ou 23 Ventôse an VII). Alors que la loi du 17 février de la même année initiée par Napoléon pour nommer un préfet dans le chef lieu de chaque département, Jean-François Delaitre, ancien avocat, devient le premier préfet d’Eure et Loir jusqu’en 1813. Auparavant, en 1807, il avait institué un prix scolaire qui fut remporté à l’âge de 15 ans par François Isambert (voir 1792) pour avoir initié une  » Ode sur la Paix  ».

#  17 mars – ouverture du procès à Chartres de la bande d’Orgères qui durera quatre mois jusqu’au 27 juillet. L’acte d’accusation comporte 3 000 pages, et le jury aura à répondre à 7 800 question, les débats étant menés par le juge Liendon qui dira qu’il n’y avait pas qu’une seule bande d’Orgères mais plusieurs. 23 accusés seront condamnés à mort dont trois femmes, et 3 autres par contumace (Le Beau François, Charles de Paris et François le Serrurier). Deux des 23 se suicideront avant l’exécution. 

# En ce début d’année, une affaire pour le moins nébuleuse trouble Nogent-le-Rotrou. En fait une Ténébreuse Affaire, comme l’a écrite Balzac, s’inspirant de ce douloureux fait divers. Au centre, un Nogentais, parfaitement innocent des faits que l’on va lui reprocher, comme si la justice voulait trouver des coupables. Revenons sur les faits. Jean de Mauduison , neveu de François de Mauduison, est en 1800, propriétaire du château familial des Oursières, près d’Argenvilliers. Il a hérité de la demeure parce que son oncle a émigré. Il vit alors à Nogent-le-Rotrou tranquillement en son hôtel particulier. Royaliste convaincu, il n’exprime rien ouvertement ce qui va néanmoins causer sa perte. On connaît simplement ses opinions, mais il est fiché sans pour être autant agitateur en cette période du Consulat. Pendant ce temps, un fait troublant se déroule au château de Beauvais-sur-Cher en Touraine où demeure de temps en temps Clément de Ris, sénateur. Ce dernier est soupçonné de détenir certains documents compromettants, archives qui inquiètent Fouché, alors ministre de la police de Bonaparte. Il demande à ses sbires d’aller les voler qui, en fait, ne trouvent rien de bien compromettant, fouille effectuée devant le propriétaire. S’en suit une rocambolesque affaire qui va faire grand bruit, et remonter aux oreilles de Bonaparte. La rencontre inopinée des hommes de Fouché et Clément de Ris va confronter les cambrioleurs à prendre une décision, enfermer le sénateur durant une vingtaine de jours. La nouvelle du retour du sénateur dans le monde fait réagir Bonaparte, eu égard à la personnalité de l’homme politique. Le Premier Consul ordonne à Fouché de retrouver les coupables et de les châtier. Disons que dès lors les versions divergent. Toujours est-il que les enquêteurs remontent jusqu’à Jean de Mauduison pour des raisons obscures que seule une découverte de la vérité pourrait nous expliquer. Ce qui n’est pas le cas. L’enquête est rondement menée, et plusieurs suspects ou déclarés comme tels sont arrêtés pour leurs opinions royalistes, leur seul crime. Jean de Mauduison est appréhendé au petit matin dans son hôtel de la cité percheronne, et conduit aussitôt à Tours. Il a beau protesté de son innocence, posséder un alibi incontestable, on n’en a cure. De même ses supposés complices Gaudin, Auguste du Moustier, marquis de Cauchy sont également mis dans la même charrette. On affirme même qu’un borgne royaliste fut pris dans la nasse pour faire plus vrai, puisque Clément de Ris a affirmé qu’il y avait un borgne parmi ses assaillants. Bonaparte félicite Fouché, et la justice immanente lève le glaive qui va s’abattre sur des innocents. Le procès va être rondement mené, les accusés sont transférés de Tours à Angers pour des raisons assez obscures. Le 2 novembre, ils comparaissent à plusieurs car ont été ajoutés un ex-officier des chouans, le dénommé Renard qui sera condamné à la prison, et une dame Lacroix également qui exécutera sa peine de prison à Loches. D’autres complices imaginaires pour faire encore plus vrai sont également jugés. On ne fait pas dans la dentelle. La sanction tombe, et le lendemain Mauduison, Gaudin et Cauchy sont guillotinés. Mais ils auraient pu être sauvés, et sans aucun doute lavés de toutes accusation, si Clément de Ris avait eu le courage, sinon le devoir, de comparaître comme témoin. Il ne prit pas cette décision au grand désespoir de la défense –

# De nombreux hectares de vignes disparaissent en raison du phylloxéra. – 

# L’Eure et Loir compte près de 300 000 habitants. Chartres 18 234 h en 1851, et 24 103 en 1911- Point de départ de la fonderie de l’industriel Fontaine à Chartres.

#  20 avril – naissance à Châteaudun de Louis-Gustave Guérineau de Boisvillette, ingénieur des Ponts et Chaussées à qui on doit la réalisation de nombreuses routes en Eure et Loir. Mais ce qui le singularise, l’archéologie, notamment sa relation avec la mosaïque de Mienne (Marboué) dont il fit l’acquisition. Il obtint du Conseil Général de conduire des fouilles. Il est également l’un des fondateurs de la Société Archéologique d’Eure et Loir et nommé comme son premier président. Il s’éteint le 7 avril 1863. –

# 26 mai Pierre Beaumont, dit Longjumeau alors au cachot, comme membre de la bande d’Orgères s’étrangle. Pour l’anecdote, deux jours plus tard, le citoyen Cosme, professeur d’histoire naturelle à l’école centrale de Chartres, pratiqua une dissection du corps de Longjumeau en présence de nombreux personnes en leur expliquant les différentes parties du corps.

# 27 juillet – Fin du procès de la bande d’Orgères

# 12 septembre – Vente du Château des Comtes en fort mauvais état à Vincent Chevard pour la somme de 100 000 francs en assignat. La démolition aura lieu dans la foulée, emplacement qui deviendra plus tard le marché de la place Billard.

# 27 septembre – Le tribunal de cassation confirme le jugement du tribunal criminel. Tous les pourvois sont rejetés.

# 3 octobre- Au petit matin, les bourreaux et leurs assesseurs ont pris place près l’échafaud. Afin de cacher aux spectateurs les têtes et les corps des suppliciés, le dessous du plancher a été encaissé, pour jeter les tête dess guillotines par une trappe, un panier teint en routeétant prévu pour les recevoir, alors que les corps des suppliciés sont jetés dans une charrette.

# En deux heures, sur le coup de midi, devant une foule immense, avec des crieurs de journaux profitant de la circonstance, pour garder un  » souvenir  », l’exécution se déroule place du Marché-aux-Chevaux à Chartres (aujourd’hui l’Apostrophe) de 21 membres de la bande d’Orgères.  Deux se sont suicidés la veille. Trois femmes figurent parmi les condamnés à mort, et elles sont les premières à être exécutées.

# A deux heures de l’après-midi, Jacques Montage, officier public de l’état civil, vient constater les décès ( au cas où un supplicié sans tête aurait survécu ?) et entérine les déclarations faites par les citoyens Chambrethe, préposé aux inhumations, et Nicolas Adhemard, concierge de la mairie.

# Les autorités prendront le temps de faire réaliser des masques mortuaires des têtes guillotinées, confiés d’abord à la société archéologique, puis au Musée de Chartres. Une copie saisissante se trouve à Villeprevost,(Tillay-le-Péneux) le pigeonnier ayant été aménagé à cet effet comme un musée dédié à cette affaire criminelle de grande envergure.

# Nuit du 3 au 4 octobre – Chartres – Une scène hallucinante se déroule. Alors que les lieux se sont vidés du monde, et qu’il s’agit d’en finir avec le corps des suppliciés, si d’aventure quelque quidam avait marqué sa curiosité, il aurait pu voir le bourreau de Chartres et son collègue de Dreux, se battre sous l’échafaud dans le cloaque de boue et de sang, en déshabillant les cadavres pour se partager les vêtements, avant que leurs cadavres ne soient enterrés non loin de là, dans l’anonymat le plus complet bien entendu.

# 5,6,7, et 8 octobre – 24 condamnés aux fers et à la réclusion subissent pendant six heures, leur exposition à la vue du public, place aux Bleds (blés) à l’emplacement de la place des Halles de nos jours. Un pilori a été dressé avec un carcan, sous forme d’un collier de fer fixé à un poteau, dans lequel on glisse le cou des criminels qui ont été marqués au fer chaud sur une épaule, pour les identifier à jamais.

# 21 novembre – Un rapport de Fouché fait état de 47 départements nettoyés avec 300 brigands arrêtés, dont dix passés par les armes.

1801

# – Le Concordat de l’année 1801 fait disparaître l’évêché de Chartres au profit de celui de Versailles, et sera rétabli en 1817.

# – Chartres. André-Joseph Heleine Philidor, 39 ans, arrive de Paris pour devenir conseiller de la Préfecture de Chartres. Ce Philidor n’est pas n’importe qui, sans hériter pour autant du génie de son père, il n’en demeure pas moins le fils ainé de Philidor le Grand, joueur d’échecs et compositeur. En 1801, il devient conseiller à la Préfecture de Chartres, puis s’établit à Montlandon dont il va devenir maire de 1830 à 1841. Il achète une propriété à Frétigny ( commune devenue Santigny) dénommée  » La Philidorerie  » imprégné qu’il est au sein de cette grande famille des Philidor. Il revend ce domaine en 1843, et s’en retourne à Paris où il est né, et meurt en 1845.

# 8 avril – Exécution de François Le Serrurier, complice de la bande d’Orgères place des Halles à Chartres.

# 31 mai. Châteaudun. Naissance de Paul Auguste de Boisguion. Alors qu’il se trouve à Paris pour affaires, il découvre la photographie en 1858. Il en fait sa distraction puis la passion va le gagner que ses photographies vont lui permettre d’entrer à la Société Française de photographie. Il va exposer de nombreux clichés pris en Bretagne. En 1861, il revient en Eure et Loir, s’installant dans sa demeure dite le  » château de Fresne (Blandainville) qui va devenir en quelque sorte son atelier. L’importance de la demeure le conduit à engager un nombreux personnel ce qui atteste une passion fort lucrative. Il y meurt le 18 février 1892. Les auteurs, Yves Libres et Bernard Choque (voir bibliographie) dans leur ouvrage consacré aux photographes euréliens sur un siècle (1839/1939) nous racontent que le notaire chargé de la succession (pas de descendance) ne trouva rien concernant le matériel photographique, aucune photo. Le mystère le plus complet

13 juilletJean Auger (et autres noms suivant les circonstances), dit Beau-François qui s’est évanoui, dans la nature est brûlé en effigie par devant Armand Halgrin, huissier-audiencier, ceci place de la marché-au-bled à Chartres (place des Halles de nos jours) alors d’autres complices sont condamnés au bagne. Toutes les recherches qui ont été menée dans une large périphérie de la cité beauceronne par Vasseur et ses hommes ne donneront rien. Par la suite de nombreuses légendes et témoignages invérifiables Ce dernier est un peu  » vu  » partout, on affirme même qu’il aurait détroussé des diligences avec un certain Mignier dit Grand Gars, ce qui n’a jamais été prouvé, ce dernier ayant été exécuté. On en finit avec la bande d’Orgères, de nouvelles exécutions ponctuelles, des complices envoyés aux galères. La plupart va mourir sur les lieux de détention. Lors de cette éradication, la justice  » n’a pas fait dans la dentelle  », tant à l’égard des femmes subissant pour certaines le sort réservé aux hommes, et les nombreux enfants destinés à repérer les lieux, ont été envoyés en maison de redressement spécialement dédiées. trainé un peu partout, selon lesquels on l’aurait  » de nos yeux vu  ».

#  17 juillet – Naissance à Nogent-le-Rotrou de Louis Meunier, instituteur et journaliste, connu pour ses opinions avancées qui lui valurent de nombreux soucis. Il meurt à Evreux en 1864.- 

# 20 août – Naissance à Chartres d’Emmanuel Louis Robbe, médecin et poète. Spécialiste des maladies infantiles. Il meurt à Nogent-le-Rotrou le 2 juin 1842. –

#  23 septembre – Inauguration place Marceau à Chartres de l’obélisque dédié au général Marceau – 

# 1 novembre – Le préfet Delaître propose l’érection d’un monument à la gloire du premier Consul sur une place qui porterait son nom. Et Vincent Chevard, maire, et fort admirateur de cet homme qu’il juge providentiel, appuie ce projet  » La ville de Chartres va ainsi pouvoir acquitter une partie de sa dette envers le vrai fondateur de la République, le père du peuple, le pacificateur et bienfaiteur du monde, le héros immortel qui réunit dans un degré imminent tous les genres de gloire  ». Ne pouvait-on être plus élogieux envers Bonaparte. Pourtant, ce fut un projet qui tomba à l’eau, Marceau ayant été préféré à bien des égards. Ce ne fut que justice.

1802

#  – L’église Saint-Pierre à Dreux est rendue au culte. Datant du début du XIIIe, elle ne fut en réalité jamais achevée, tout en étant richement dotée de sculptures, de vitraux jusqu’au XVIIe. Elle connut les vicissitudes lors de la Révolution ayant été fortement dégradée. Ce n’est qu’en 1841 que de gros travaux de restauration seront entrepris.

# – Dessèchement du Loir sur une grande partie de son cours, en raison de fortes chaleurs.

1805

# 31 mars. Thiville. Naissance de Jean Chaussidier qui fut principal d’une étude notariale à Chartres, puis notaire à Ouzouer-le-Marché, commune dont il sera maire où il décède le 11 octobre 1863.

# 21 août – décès au château des Vaux (Saint-Germain-Saint-Maurice) de Louis d’Ussieux, en réalité pour l’état civil Dussieux. Né à Angoulême en 1744, devenu écrivain, journaliste, agronome, il fut l’un des fondateurs du célèbre Journal de Paris. Ses convictions politiques le tournèrent vers le parti des Girondins, et à cet égard, il fut déclaré proscrit. Il fut sauvé par Sergent (Sergent-Marceau). Il était le gendre d’Alexandre Bellier du Chesnay, dont il épousa la fille Marie-Alexandre, descendante par sa mère du général Marceau, dont cette dernière était cousine. En 1794, on le retrouve au château des Vaux cultivant la betterave, les carottes et le blé venant de Turquie (source Wikipedia). Précision, ce château des Vaux est déclaré appartenant au XIXe siècle. Il est vraisemblable que sa construction a débuté fin XVIIIe siècle. Propriétaire de ce château, Dussieux a choisi la particule pour être dans la note. Toujours est-il que sa veuve ne put trouver un acheteur. Depuis 1946, il appartient à la Fondation des Apprentis d’Auteuil.

1806

# 16 avril – Naissance à Chartres de Jean-Joseph Gallot-Blot, aquarelliste qui, parti au Brésil, devint directeur de musée. On lui doit une Vue de Chartres prise des hauteurs des Filles-Dieu.

# 24 avril. Décès à Versailles de Jacques Fremanger, 45 ans, député d’Eure et Loir à la Convention

# 1 maiChâteaudun, naissance d’Auguste Marceau Villeray, fils du demi-frère du général Marceau. Polytechnicien, il se tourne vers la marine. Enseigne de vaisseau, il participe à plusieurs expéditions scientifiques en Egypte, puis combat à Madagascar. Il quitte la marine en 1842, et refuse, pour raison de santé, un poste de gouverneur du Sénégal. Durant sa vie, il ne se sépara jamais de la carabine avec laquelle le soldat tyrolien tua son oncle.

# 25 juin – naissance à Chartres de Guy Doullay-Gilot, issu d’une vieille famille chartraine sur cinq générations. Il devint maire de Chartres, et au bout d’un an, il démissionna en raison de ses prisons de position insolites, s’élevant notamment contre l’utilisation des trottoirs (!) –

# 15 mai– Naissance à Chartres de Jacques Marin Garnier, auteur d’un ouvrage intitulé  » Histoire de l’imagerie populaire et des cartes à jouer à Chartres  »(1869). Fondateur et propriétaire du Journal de Chartres.Décès en 1882. 

# 14 octobre – Jean-Louis de Billy, général du 1er Empire trouve la mort à la bataille d’Iéna. Avant d’être aux ordres de Napoléon, il servit Marceau. Il était originaire de Dreux où il naquit en 1763.

#  22 octobre – Peut-être est-il né à à la proximité de Chartres. Poète, conteur,et marginal, Séverin Leduc est auteur des Diableries de Poisvilliers. Il meurt en prison en 1829 – 

# 22 octobre – Naissance à Bonneval de Louis-Jean Jacottet, artiste-peintre qui voyage en Europe, notamment peignant des paysages d’Ecosse. Revenu dans sa ville de naissance à partir de 1865, il se consacre à des  » vedute  » à savoir des vues sur la vie au quotidien. Outre quelques œuvres au hasard de ses voyages en France, il reproduit de nombreux paysages d’Eure et Loir. Ses détracteurs lui reprochèrent des œuvres sans caractère, dépourvues d’un style bien à lui. Il meurt à Paris en 1880 .

1807

# 18 novembre – Naissance à Chartres d’André Saturnin Morin, un anticlérical farouche, homme politique, et intellectuel respecté. Partisan de la séparation de l’Eglise et de l’État, et très critique contre la religion. Il est à l’origine du procédé de crémation. Il meurt en 1888. 

1808

# – 5919 hectares de vignes étaient exploitées en Eure et Loir. En 1866, 4 000, en 1876 774, en 1956 23 hectares.

# Cette même année, le Maréchal Ney, le brave des braves, fait l’acquisition du château des Coudreaux proche de Marboué. Il y viendra de très nombreuses fois, pendant sept ans, pour se reposer dans l’intervalle des campagnes napoléoniennes.

# – Décès de Joséphine Désirée Marceau, soeur du général Marceau, à l’âge de 31 as. Elle fut marié en 1796 avec Gérôme Guillard dit Guillard-Maisons, originaire de Chartres, âgé de 33 ans qui fut accusateur public au tribunal communal puis élu député au Conseil des Cinq-Cents, et procureur impérial. Il plaida contre Emira, pour la succession du général Marceau.

# 6 septembre – Naissance à Broué d’Henri Hureau de Senarmont, minéralogiste et physicien, directeur à l’Ecole des Mines, auteur de nombreuses études qui ont fait autorité, notamment la théorie de la double réfraction.Il meurt à Paris en 1862. 

# 14 octobre – Napoléon 1er de passage en Eure et Loir couche dans un hôtel de Courville situé au 58 rue Pannard. Pour célébrer cette venue, les pâtissiers du coin vont rivaliser d’imagination, et vont réaliser des pâtisseries à son effigie et à celle de ses soldats : ainsi naît lecochelin, sous forme d’une brioche, fourrée aux amandes, ou au chocolat, aux framboises selon l’imagination permettant de varier à l’infini avec un glaçage. Pour finir, la brioche est décorée sur le dessus par des pépites de couleur. Le seul problème réside dans sa datation et sa véritable origine, puisque certains historiens prétendent que cette sucrerie serait d’origine moyenâgeuse. Elle était distribuée lors des mariages. Toujours d’actualité dans ces occasions ou lors de la Nouvelle Année, elle est célébrée à sa juste mesure dans cette commune du Perche. 

1809

# 1 janvier 1809 – Naissance d’Achille Guénée à Châteaudun , entomologiste, et fondateur de la Société entomologique de France Auteur d’une étude de 1300 pages sur les Noctuidae dans le monde. Il s’éteint à Châteaudun en 1880

# 9 octobre – Naissance à Dreux de Charles Delescluze, homme politique, surnommé  » barre de fer  » qui prit part d’une façon très active aux révolutions de 1830 et 1848. Il sera plusieurs fois emprisonné, et surtout envoyé au bagne notamment de Cayenne. Revenu, il continuera à militer, et en 1871, on le retrouve sur les barricades où il meurt.

1810

1810 – Une année calamiteuse sur le plan des inondations dans le département.

1811

#– Démantèlement d’une machine hydraulique qui était destinée à monter l’eau au château de Crécy. Elle disparaîtra définitivement en 1848.

# Depuis sept ans, le château d’Anet est en proie aux pioches de démolisseurs faisant suite à sa vente en février 1798 en plusieurs lots. Tout sera motif pour le dépouiller de son passé d’antan, sans respect pour ce haut lieu de mémoire. Le parc est également en proie à des destructions, notamment celle de magnifiques arbres plusieurs fois centenaires. Qui plus est, un entrepreneur, un certain Demond, trouvant que les travaux de démolition ne vont pas assez vite, a recours en 1804 à des explosifs, mettant à mal les deux tiers de cette magnifique demeure. Donc depuis sept ans, les Anetais sont particulièrement remontés contre l’atteinte à ce patrimoine. Leur appel sera entendu, sauf par l’entrepreneur qui est sourd à leurs revendications. En effet, un ouvrier monté sur la toiture de l’aile gauche, entreprend de la démonter pour achever la besogne dans le but de voir le château disparaître à jamais. Cet homme chute et se tue. Les habitants excédés se rassemblent en nombre au pied du château menaçant à mort l’entrepreneur qui, devant cette émeute, décide de tout abandonner, et s’enfuit pour ne plus revenir. Le tiers du château sera ainsi sauvegardé pour la postérité. Il faudra encore un siècle pour que la demeure soit digne de recevoir des visiteurs, non sans avoir connu moult propriétaires.

#  21 mai – naissance à Châteaudun d’Adolphe Lemay, maire de Châteaudun, il fut grièvement blessé par un obus lors de la bataille de la ville. 

# 2 juin – Napoléon Ier et l’impératrice Joséphine sont reçus à La Loupe, y passant un court moment pour se reposer à l’auberge Saint-Thibault  

# 3 juin – Venue de Napoléon 1er à Chartres avec l’impératrice Marie-Louise, le couple venant de Cherbourg. Ils passent deux nuits à l’ancien palais épiscopal devenu siège de la préfecture d’Eure et Loir. On dansa à l’Hôtel de Ville face aux deux souverains assis sur un grand trône dressé à cet effet, avec tout l’apparat que requiert une telle visite. Le couple impérial repart le 4 juin. Lorsque Napoléon entre dans la cathédrale, il aurait prononcé cette phrase  » Un athée se sentirait bien mal à l’aise ici  »***

# 25 juinSaint-Luperce. Mariage civil, à l’âge de 19 ans, de Frédéric Mérode Westerloo à Marie-Antoinette Ducluzel, fille d’un lieutenant général, domiciliée au château de Blanville. Seul élément qui rapproche cette famille illustre et surtout Frédéric Mérode de l’Eure et Loir. Sa célébrité, il la doit à la Belgique lors de la Révolution de ce pays, rejoignant son frère Félix. Cet engagement de haute noblesse, en l’année 1930, va impressionner les insurgés belges combattant contre le roi des Pays-Bas, Guillaume 1er. Son héroïsme va le mener à être considéré comme un héros national, encensé par ceux-là même qu’il aida pour que le pays aspire à voir l’occupant s’en aller. Le 4 novembre de la même année, il trouve la mort à Malines. Il avait été gravement blessé à une jambe par un obus à la bataille de Berchème, ce qui entraîna l’amputation, mais ayant perdu trop de sang, il en meurt. La Belgique lui a consacré des stèles à sa gloire.

# 5 août Agathe de Châteaugiron, qui fut aimée du général Marceau, meurt en donnant naissance à un fils. Elle s’était mariée en 1802. Nota : une certain confusion de date semble apparaitre dès lors qu’une autre année de mariage est citée comme étant 1800, et sa date de décès 1802.

# 1 novembre – Naissance à Chartres d’Antoinette Gallas, mère d’Anatole France.

1812

# Douze ans après l’exécution des membres de la bande d’Orgères, Pierre Vasseur, élevé au grade de lieutenant, est décoré de la Légion d’honneur. Vasseur est considéré comme étant celui à qui la gendarmerie est devenue ce qu’elle est , succédant à la Maréchaussée. A sa retraite, il aurait été gratifié du grade de capitaine.

# Naissance à Dreux d’Idelphonse Favé .Général et écrivain, polytechnicien, officier d’ordonnance de Napoléon III, il participa à la défense de Paris en 1870. Il publia de des ouvrages sur l’histoire et la technique de l’artillerie. –

# Suite à un décret impérial signé par Napoléon le 19 janvier 1811, mise en place notamment à Dreux d’un cylindre de bois encastré dans un pilier de la chapelle de l’Hôtel-Dieu, dénommé  » Tour des enfants trouvés  » qui permet à certaines femmes d’abandonner leurs enfants dont elles ne peuvent assurer la subsistance. Ce recours à l’abandon avait été initié par Saint-Vincent-de-Paul en 1638. et légalisé pratiquement deux cent ans plus tard. Cette mesure avait été prise pour favoriser l’anonymat de l’abandon, faire diminuer les infanticides comme les avortements très nombreux à cette époque. Les femmes déposaient leur enfant en bas-âge dans ce cylindre, actionnaient une cloche ce qui permettait d’avertir à une soeur-tourière ( sœur chargée du service extérieur) de récupérer l’enfant avant de le conduire à l’Assistance publique. Ce dispositif a fonctionné jusqu’en 1837 permettant de recueillir tout de même 500 bébés. Classé aux MH. Ces tours d’abandon ont été supprimées définitivement par la loi du 27 juin 1904. – 

# Pierre Favre voit le jour à Janville. Spécialiste des civilisations orientales. Le premier en France, il entreprit l’étude comparée des langues malayo-polynésiennes et publia des dictionnaires ainsi que des grammaires consacrés au malais et au javanais. Il meurt à paris en 1887 

#  Mars – disette en France. Le pain est cher

# – La relation de Jean-Marie Hervegant avec l’Eure et Loir découle de son inhumation en la commune d’Abondant en cette année-là. Etrange destin pour cet homme qui profita de la tendance de certaines personnes malveillantes à vouloir profiter du manque d’éléments probants pour se faire passer pour le dauphin Louis XVII, mort au Temple, une certitude désormais. De nombreux ragots furent colportés, selon lesquels le fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette ne serait jamais mort là où l’histoire a toujours certifié qu’il ait rendu le dernier soupir. Ce jeune homme se présenta comme étant l’enfant du Temple à Madame de Tourzel, dame de compagnie de la Reine prenant en charge les enfants royaux. Cette dernière crut reconnaître en lui Louis XVII. En sa propriété d’Abondant,elle avait fait construire un monument souvenir dédié au dauphin. Finalement, le faussaire fut interné à Bicêtre en 1812. La duchesse impressionnée, et sans doute quelque peu soumise aux aléas d’une mémoire défaillante, fit transporter son corps dans sa propriété pour le faire inhumer dans un jardin du parc dénommé Le Jardin du Roi. Lors de fouilles, des ossements furent retrouvés et regroupés avec la toute la famille en un autre lieu.

1813

# 28 novembre – Naissance à Chartres de Noël Parfait, homme politique, journaliste, auteur dramatique et agitateur.En septembre 1833, en publiant son poème L’ Aurore d’un beau jour, il est accusé d’apologie à l’insurrection, ce qui lui valut deux ans de prison assorti d’une forte amende. S’en s’assagir pour autant, il entre en politique, élu député d’Eure et Loir siégeant à gauche.

1814

# 15 janvier  – Chartres. Naissance de Jules Hetzel, éditeur de référence de Jules Verne ce qui a permis à l’auteur de science-fiction d’atteindre la célébrité.Figure incontournable de l’édition, Jules Hetzel a édité d’autres écrivains Alfred de Musset, Balzac , Gérard de Nerval, Alphonse Karr, Victor Hugo, etc. Retiré à Monte-Carlo, il y meurt en 1886.

# 30 mars – Venue de Marie-Louise à Chartres avec son fils venant de Rambouillet. Un courrier de Napoléon en date du 1 avril lui apprend la reddition de l’empereur, abdication qui interviendra le 6 avril. L’impératrice quitte Chartres dans la foulée.

# 13 avril Jean Baubion, cultivateur, natif de Chaudon, 20 ans, affecté le 29 octobre 1813 au 5ème bataillon 4eme compagnie des armées napoléoniennes, déserte, sans que l’on sache ce qu’il est devenu.

# 24 mai. A une époque où la Franc-Maçonnerie est très présente dans le département, leur adhésion au courant napoléonien n’a pas toujours reçu un avis favorable, bien au contraire. Il suffit de se reporter à une histoire des obédiences rédigées par un historien, Yves Loyau d’Alleray, pour se rendre compte de l’image renvoyée par Napoléon sur certaines loges notamment celles du Grand Orient de France, sous la plume d’un Vénérable d’une Loge chartraine:  « Quel cœur français, quel bon maçon a pu rester spectateur indifférent des événements heureux qui viennent de changer d’une manière si miraculeuse la position de notre chère patrie. Nous étions en proie à tous les maux, la guerre ravageait nos fertiles guérets, des maladies conta­gieuses moissonnaient nos concitoyens, différentes contrées du royaume étaient menacées de famine et ces fléaux affreux l’au­raient totalement envahi… Un esprit de vertige s’est emparé du Dévastateur de l’Europe ; il n’a plus conçu que des plans erronés, il n’a plus fait que de faux calculs. Du faîte de sa grandeur, il est tombé dans le néant et du fond de l’abîme qu’il avait creusée, nous avons vu le descendant d’Henri IV, les enfants de l’auguste famille des Bourbons venir s’asseoir sur le trône… »

# 26 décembre  – naissance à Villeau de François Huet, philosophe, précurseur du socialisme libéral (refus du totalitarisme ) du socialisme utopique (société idéale). Dans son livre Le règne social du christiannisme (1852), il fait passer toutes ses idées où sa foi dans l’Evangile, dans la liberté, l’Egalité et la Liberté, devise de 1789 sont la base d’une société libérale qu’il défend ardemment avec toute sa foi. – 

1815

# 1814/1815 –Chartres occupée par les troupes coalisées qui luttent contre Napoléon,. Le général von Bülow qui commande les troupes, vient passer une nuit dans l’ancien palais épiscopal.

# – Décès à Longny-au-Perche (Orn) d’Honorée Suzanne Bertin Haussy, demi-soeur du général Marceau. Son père ayant refusé son projet de mariage avec Jacques Bertin d’hausse, ce dernier l’enleva. Hélas son mariage ne fut en rien l’union qu’espérait cette ouvrière en robes. Le décès de son époux en 1799 la délivra.

# 16 avril  naissance à La Bazoche-Gouët de Jean-Adrien Philippe, horloger, créateur à Genève de la célèbre maison Patek & Philippe (1851). Il fut également un inventeur reconnu, concepteur du remontoir sans couronne au pendant, à savoir sans clé. De même, il a mis au point la bride glissante – extrémité du ressort-moteur libre. Il meurt en 1894 en Suisse. 

# 30 juin – Napoléon passe en coup de vent et pratiquement incognito à Chartres, venant de Rambouillet, puis direction Châteaudun pour aller sur Vendôme et rejoindre Niort le lendemain, et s’embarquera sur un navire anglais pour Sainte-Hélène.

# 13 juillet – les troupes allées et victorieuses contre Napoléon occupent Dreux ceci jusqu’au 16 octobre de la même année. De nombreuses exactions par les troupes allemandes. Les Cosaques investissent Marsauceux.- 

# 26 septembre – naissance à Pontgouin de Louis-François-Désiré Pie, qui reçut la pourpre de cardinal des mains du pape Léon XIII.Ordonné prêtre à Chartres en 1839, il s’élève avec aisance dans les échelons religieux. En 1869, à la tête de la commission doctrinale, il prit une part prépondérante dans les travaux du concile œcuménique du Vatican qui débouchent sur une reconnaissance définitive de l’infaillibilité du pape. Il meurt à Angoulême en 1880. –

# Le Préfet de Breteuil, nouvel administrateur royal à Chartres se fait le chantre d’un excès de zèle.Il décide de débaptiser Place Marceau au profit de Place aux Herbes. Pourquoi cette nouvelle appellation ? Bien malin qui saura le dire. Peut-être en qualité d’adepte d’une contre-révolution. Allez savoir à moins d’avoir prévu de la transformer en jardin 

# 20 décembre – naissance à Dreux d’Honoré-Alexandre Dujarier qui se tailla une réputation, parfois obscure, dans le monde de la presse. Il eut comme maîtresse Lola Montès, et mourut en duel en 1845.

1816

# – naissance à Lanneray (près de Châteaudun) de Denis-Vrin-Lucas dit Vrain-Lucas, un faussaire hors du commun qui mystifia le mathématicien Chasles ridiculisé tant par l’escroc que par ses pairs. Il lui avait vendu une quantité invraisemblable de lettres émanant de personnages appartenant à l’histoire dont il était le seul auteur, avec des sujets tout à fait rocambolesques !. Leur contenu est un chef d’oeuvre dans l’art du faux. Raillé, Chasles contre-attaqua au point de produire une lettre de Pascal ( 31 ans) s’adressant à Newton( 12 ans ! ) ‘’ 20 may 1654. Au jeune Newton, estudiant à Grantham. J’ai appris avec quel soin vous cherchiez à vous initier aux sciences mathématiques et géométriques et que vous désiriez approfondir sciemment les travaux de feu M.Descartes. Je vous envoye divers papiers de luy qui m’ont esté remis par une personne qui fut un de ses vons amis. Travaillez, estudiez, mais que cela se fasse avec modération. Car moy aussi, dès ma jeunesse, j’avais haste d’apprendre et rien ne pouvait arrêter ma jeune intelligence. Je ne vous dis point cela, mon jeune amy, pour vous destourner de vos estudes mais pour vous engager à estudier modérément. Les connaissances viennent insensiblement avec le temps.’’ Vrain-Lucas lui extorqua près de 200 000 francs (approximativement plus de 650 000 euros de nos jours), pour diverses fausses signatures d’hommes de sciences et pour une lettre de Marie-Madeleine à Lazare ! Soit vingt sept mille autographes de toutes époques, tous rédigés en vieux français !

# – Naissance à Chartres de Ferdinand Dugué, dramaturge auteur de mélodrames. Il possédait le château, plutôt un domaine de Mainvilliers où il reçut de grands écrivains. Il meurt à Paris en 1913 victime d’un accident de tramway. Sa mère avait fait démolir le manoir qui précédait cette bâtisse, et datant du XVIe siècle, époque Renaissance. En 1940, l’ensemble immobilier subit l’occupation allemande.. En 1980, le domaine disparait voué à des constructions nouvelles. 

# 1 mai – naissance à Chartres de Camille Marcille, collectionneur d’oeuvres d’art, possédant des œuvres de peintres prestigieux comme Fragonard, Boucher, Géricault, et des toiles de l’atelier de Véronèse rapportées par le marquis d’Aligre. Il a été propriétaire du château de Oisème dit  » Le château du Goulet  », et fit construire un atelier  » Le Donjon  » non seulement pour peindre, mais également accueillir des oeuvres d’autres peintres. Avec cette ambition d’en faire en quelque sorte un musée Paris-Campagne accueillant également les collectionneurs.. Il était également un restaurateur reconnu, bien que vivant d’une façon recluse. Une anecdote nous revéle que lorsque son fils voulut se marier avec la petite-fille du préfet, le baron Walkenaer, le père eut pour condition que la future soit un amateur éclairé de la peinture. En 1863, le couple reçut Jules et Edmond Goncourt qui furent émerveillés par l’importance des collections du XVIIIe siècle. Il meurt le 19 septembre 1875 en sa ville de naissance.

# Mai – Première pierre posée pour la construction de la chapelle royale Saint-Louis de Dreux à l’emplacement de l’ancienne forteresse des comtes de Dreux.

1817

# Théodore Noël (ou un certain Depreux), entrepreneur, se charge de la destruction pierre par pierre de l’abbaye de Coulombs de même celle du château de Nogent-le-Roi avec un confrère, Laurent Morin, au titre des bâtiments vendus comme bien national(27 janvier 1791 puis 18 août 1798 ). Une partie des matériaux servira en complément à la construction de la Chapelle Royale de Dreux, celle-ci ayant débuté un an auparavant. Le château est alors remplacé par une habitation, le reste est laissé en friche.. Un marché juteux pour les entrepreneurs.. –

# Apparition de l’archange Raphaël au laboureur Martin de Gallardon pour l’inciter à demander audience au roi.

# – Chartres voit son paysager urbain bouleverser. De nombreuses portes sont supprimées le long de ce qui reste de remparts (portes saint-Michel, Châtelet, Morard, saint-Jean, le château comtal subit le même sort) –

# Le choeur gothique de l’abbaye de Thiron-Gardais s’effondre sans faire de victime.-

# La ville de Dreux doit beaucoup à Henry Tellot, archéologue et collectionneur, descendant par sa mère de la famille de Rotrou. Né dans la cité drouaise le 14 juin , il s’employa à réunir des archives disséminées lors de la Révolution française. Maire-adjoint de la ville, il eut l’insigne honneur d’accueillir en personne le général Mac Mahon qui le proposa pour services rendus à la Légion d’honneur qu’il refusa. Il meurt en sa ville de naissance en 1906. –

# Du 3 juillet au 2 août, René de Châteaubriand alors en villégiature chez la baronne de Montboissier à proximité de Bonneval, dans ce château démoli en 1795 dont il ne reste que deux pavillons, séjournant dans celui des Roses. Il rédige une partie de son autobiographie connue sous le nom de mémoires d’Outre-Tombe – 

# 23 août – Naissance à Nogent-le-Rotrou de Louis Moulin, artiste-peintre et dessinateur, à la carrière discrète, pourtant talentueuse, eu égard à sa collaboration avec des journaux d’importance comme le Monde Illustré, de même l’Illustration.

1818

# – Moins de 200 religieux pour une population de 14 000 chartrains.

# – Création de la place Billard prenant la place du Château des Comtes de Chartres, dénommé également Palais-Royal, qui renfermait dans son enceinte, les salles d’audience du Bailliage, de l’Election et le Prévôté ainsi que les prisons et cachots, en grand état de vétusté. 

# 12 janvier. Décès à Paris de Félicie Dupont à l’âge de 58 ans. Elle était l’épouse de Brissot de Warville.

# 18 mai – Un certain nombre de bâtiments de l’abbaye de Josaphat de Lèves ayant échappés à la démolition après avoir été vendus comme bien national,, connaissent une nouvelle vie grâce au marquis d’Aligre, chancelier et pair de France, qui fonde un asile destiné à recevoir  » trois cents malheureux du département d’Eure et Loir  ».

# 15 décembre – naissance à Beaumont-les-Autels d’Eugène Lejeune, peintre de portraits, et des scènes de vie. Artiste reconnu par ses pairs, même si parfois il exposa avec des peintures anonymes, ses nombreuses participations furent reconnues à leur juste valeur.

1819

# – 11 juin – Naissance à Chartres de Léon-Alfrède Chaboche, lithographe, auteur d’une configuration de Chartres au Moyen-Age.

1820

# 1820/1830 – Vogue des globes de mariées nés sous le Second Empire avec une apogée en 1890. Disparition vers 1935 au profit de la photo, de la carte postale. Un musée s’y consacra, à l’initiative d’une artiste-peintre, en sa gentilhommière de Vacheresses-les-Basses. Cette collection a été cédée au début des années 2000 à un collectionneur américain, et franchit définitivement l’Atlantique.

#  Naissance à Brou (ou Combres) de Firmin Gillot, lithographe et photograveur à qui on doit l’invention du premier procédé de transformation d’une épreuve lithographique en cliché typographique.

# 25 avril – Venue au monde à Chartres de Louis Auguste Rogeard, publiciste et surtout pamphlétaire. Profondément libéral, il montra son opposition au Prince-Président Napoléon III dont il critique la monarchie héréditaire. Ses pamphlets le poussent à quitter la France pour éviter la prison.Il meurt à Paris en 1896.

# juillet. Bonneval. Ayant fait l’acquisition de l’abbaye Saint-Florentin détenue précédemment par Julien Batteux, ancien maître de poste de Bonneval suite à sa vente comme bien national, Pierre Dutartre, négociant à Paris met en place une filature de coton qui va employer jusqu’à soixante ouvriers, hommes et femmes. Mais son exploitation va péricliter pour être vendue à cette date à MM.Demenou et Lambert qui lancent une fabrique de tapis qui va atteindre rapidement une certaine notoriété sous la désignation  » Tapis de Bonneval  » qui fait appel à une technique de préservation du tapis lui-même sous brevet dénommé  » Le Tricoteur français  ».Là encore, cette exploitation va subir la concurrence dans le créneau dit de luxe. La fabrique cesse ses activités trois ans plus tard, et venue au marquis d’Aligre.( Texte inspiré du Bulletin archéologique d’Eure et Loir – 1er trimestre 1955 – tome XX – feuilles 12 et 13 ).

# 25 octobre – Paris. Meurt à cette date Jacques Marie Rouzet, comte de Fomon(ou Folmont), 77ans, disparition qui n’aurait rien à voir avec l’Eure et Loir alors que le plus curieux découle de son inhumation qui a lieu en la Chapelle Royale de Dreux. Pour autant, il accomplit de brillantes études le menant à la carrière d’avocat, puis député de la Gironde lors de la Révolution. A ce titre, il est arrêté comme tous les députés de cette tendance, et fait la connaissance en prison, à 50 ans, de Louise Adélaïde de Bourbon Sicile, 40 ans, qui devient sa maîtresse. Après la Révolution, au cours de pérégrinations, le voilà bichonné par son amante qui le propulse comte, surtout qu’étant attaché à la royauté, et pour cause, il n’a d’yeux que pour elle. Cet attachement à la cause orléanaise le fait entrer de plain-pied dans cette famille monarchique, ce qui explique qu’il soit inhumé à Dreux. Sa maîtresse meurt moins d’un an après lui, et sera enterrée à ses côtés.

1821

# – Naissance à Chartres de Gaspard de Cherville, prête-plume d’Alexandre Dumas pour le compte de l’éditeur chartrain Jules Hetzel. Notamment pour écrire Le Chasseur de Sauvagine et Le Lièvre de mon grand-père, un conte fantastique. Il est vrai que pour le prête-plume, ses finances furent requinquées, hélas entamées par une amante et actrice dispendieuse. Il tentera, sans grand succès, de créer sa propre ligne de romans, et seule sa chronique  » La Vie à la campagne  » lui vaudra une certaine et éphémère reconnaissance littéraire. Mort dans sa ville de naissance en 1898. – 

# 16 janvier – naissance à Chartres d’Auguste Hoyau, fondateur et le dessinateur du Messager de la Beauce, du Perche et de la Basse-Normandie avec un financement reposant sur 45 000 lecteurs. Très jeune, il révéla des dispositions étonnantes pour le dessin. A 15 ans il reproduit d’une façon magistrale l’incendie de la cathédrale de Chartres, montrant les flammes dévorant la charpente. Au sein de sa collaboration avec le Messager, on lui attribue pas moins de 3000 dessins. Il est le créateur de bonshommes impayables (expression de l’époque) portant nom de Godichard, Bobolein et Gloutonnet. Décès à Chartres en 1911.  

# Les 2,3 et 4 juin, l’empereur Napoléon et l’impératrice Joséphine viennent séjourner à Chartres dans le bâtiment de l’évêché de Chartres auprès de la cathédrale de Chartres, et de nos jours musée des Beaux-Arts. Cette même année le rétablissement du diocèse amène la restitution du palais épiscopal à l’évêque

1822

# Le Baron de Bézenval, propriétaire du château de Beaumont-les-Autels ouvre une faïencerie grâce à une terre spéciale trouvée dans sa propriété.S’inspirant de faïences rustiques ou  » cailloux  » fabriqués dans la Sarthe et en Touraine, il crée sa propre ligne qui connut un certain rayonnement commercial. 

# L’église Saint-Aignan à Chartres est rendue au culte. Construire de plusieurs siècles, elle a connu des modifications au fil du temps. A l’époque de la Révolution, elle a bien failli disparaître car elle fut en quelque sorte réquisitionnée devant une prison, un hôpital, un magasin à fourrage, une écurie

# Quel parcours étrange pour Marie-Anne Frémont qui, par autorisation du tribunal civil de Nogent-le-Rotrou, reçut l’autorisation de porter des vêtements d’homme, cette année en référence. Depuis, elle est connue sous le sobriquet de Père Blaise. Au long de sa vie, en femme bien charpentée, elle fera partie de ses saisonniers qui offrent le service à la semaine comme batteur en grange, faucheur, calvanier, carrier, terrassier, somme toute des métiers réservés aux hommes. Mais la dureté de ces différents métiers eut raison de sa force physique, si bien qu’elle s’installa à l’Etang-Ferré, commune d’Authon du Perche, pour carder la laine, et assurer quelques menus travaux ne nécessitant pas grande force. Elle revint rendre le dernier soupir dans son lieu de naissance. –

# 18 mars – naissance à Nogent-le-Rotrou de Clara Filleul, artiste-peintre spécialiste de portraits et natures mortes.

# 30 mars – Décès à Chartres de Jean-François Lacombe, 78 ans, né en Belgique, compositeur typographe, fondateur en 1781 des Affiches du pays chartrain.

1823

# 10 Mars Montigny-le-Gannelon. Naissance de Pierre Charrier dont le père était régisseur du château de ladite commune. Il fut maire de Blois entre 1874 et 1878., Décède à Paris le 11 juin 1891.

# 21 août. Chartres. Voilà une affaire criminelle expédiée en moins de quatre mois. Dans la nuit du 21 au 22 juin de la présente année, un double assassinat est perpétré dans la cité beauceronne sur la personne de deux femmes, ceci pour le vol de deux montres en or. S’en suit le procès aux assises le 21 août. Les deux auteurs, André-François Bouin dit La Palette, portefaix (porteur de fardeaux),32 ans, né à Chartres et Charles Philippe Fréon, même âge, perruquier-parfumeur sont condamnés à mort. Le 13 décembre, toujours de la même année, ils sont guillotinés sur la place principale de Chartres.

# 30 octobre.Champseru. Naissance de Narcisse Anténor Leloup. Son aventure mérite qu’on s’y arrête. Cultivateur à Gasville-Oisème, il échange beaucoup avec son ami d’enfance Ferdinand Narcisse Jumeau qui évolue dans le même domaine (voir à ce nom en 1885). Epris peut-être l’un et l’autre d’horizons nouveaux, ont-ils évoqué la Nouvelle-Calédonie qui est devenue officiellement colonie française depuis 1860. Année où le gouvernement français, dans un souci de peupler l’île, fait appel à des condamnés de droit commun, libérés sous condition de s’y installer. Aurait-il voulu apporter sa compétence pour aider ces hommes nouveaux de la terre, rien n’est exclu. Ainsi en 1863, Narcisse-Aténor Leloup s’embarque avec sa femme et ses deux enfants. L’installation, le climat, l’ambiance, la réalité de la colonisation, l’éloignement du pays vont contribuer à lui atteindre le moral. De fait, il va échanger de nombreux lettres entre 1863/1867 avec son ami d’enfance, relatant la condition de vie de l’époque. En 2016, parait un ouvrage Narcisse Aténor Leloup, pionnier de Nouvelle-Calédonie 1863/1867. Malade, il meurt à Nouméa le 28 août 1869, ayant cru sans doute pouvoir apporter sa pierre dans un pays où les conditions étaient dures, loin des espoirs qu’il nourrissait.

22 ou 28 décembre – Décès à Chartres de Jean-Baptiste Chapelle, commerçant en épicerie. S’il n’avait eu que ce métier à son arc, il serait tombé dans l’anonymat le plus complet. Petit, bien enveloppé de sa personne à l’air stupide dit-on, il profita de son physique pour se produire dans des vaudevilles, avec art et humour. Il jouait d’instinct, et avait cette particularité de soupeser la partie du manuscrit qu’il devait apprendre, pour juger de la qualité du contenu. Sa notoriété fut grande sur toutes les scènes où il se produisait, plus particulièrement à Chartres, tout en continuant son commerce. Hélas, on profita de son air candide pour ne point le payer comme il aurait dû l’être, si bien qu’il tomba dans la misère car les épices ne lui rapportaient guère. Recueilli avec sa femme par un ami abbé, il fit pénitence de sa vie, chanta à chaque messe, et mourut d’une crise de goutte.

1824

# 10 novembre – On retrouve à proximité de Chartres (Propylées) le corps à moitié dévoré d’un mendiant que l’on identifie comme étant le Beau-François, ancien chef de la bande d’Orgères. Des témoins reconnaissent le bâton noueux propre à ces malandrins.  Solution de facilité à défaut de documents qui clôt cette affaire criminelle de grande envergure. Et pourtant des témoins continueront à affirmer qu’ils l’ont rencontré.

# 30 juin – Chartres– Naissance de Jacques Maunoury, qui a collaboré à la Compagnie du Canal de Suez de Ferdinand de Lesseps. Revenu à Chartres, il est élu député d’Eure et Loir jusqu’en 1889. Retiré dans sa ville de naissance, il y meurt en 1898.

1825

# Chartres. Arrêté du maire, NPD.Billard, déplorant que  » le Bras de la rivière à partir du lavoir du Pont de la Courtille jusqu’au Pont Neuf, longeant les fossés de la porte Morard et de la Porte Guillaume, est constamment encombré d’immondices, d’animaux morts qui répandent une odeur pestilentielle  » L’Eure était alors considérée comme un véritable égout, un constat récurrent au fil des années.

# 1 janvier. Chartres. Naissance de Désiré Gallas qui va inaugurer une longue lignée d’opticiens, au sein de la cité beauceronne. Outre ce métier, il va s’illustrer dans la photographie, la presse locale lui reconnaissant un réel talent notamment avec ses vues sur Chartres, la cathédrale en particulier. Dépositaire d’un brevet, il ouvre largement les portes de son magasin pour accueillir des confrères photographes pour exposer leurs oeuvres comme les siennes au demeurant, tout en vendant du matériel photographique. Après avoir adhéré à la Société française de photographie, il vend son commerce, et fait profession de la photo. De nombreuses expositions le rendent incontournable, et de très nombreuses fois récompensé. Il meurt le 1 décembre 1901. Entre temps, son fils Georges, né en 1853, s’inspire de son père, et publie un important ouvrage montrant de nombreux clichés sur Chartres. Son frère ainé Raoul Gallas n’est pas en reste, se consacrant autant faire ce que peut à la photographie, fixant à jamais la mémoire eurélienne. (Voir bibliographie).

# 24 novembre  – naissance à Louville-la-Chenard de Félix Masure, agrégé de sciences et inventeur. On lui doit l’invention d’un appareil de lévigation(réduction) des terres arables mis au point en 1859, à savoir séparation, par un entraînement dans un courant d’eau, des constituants d’un mélange préalablement réduit en poudre .Mort à Orléans en 1894 où il a accompli l’essentiel de sa carrière. En 1865, il avait reçu la Légion d’honneur des mains de l’empereur Napoléon III récompensant ses nombreux travaux en matière agricole.

1826

#  – Ancien notaire de Senonches, Pierre Nicolas Tastemain, perfectionne une machine dite à moissonner, l’engin étant muni de douze paires de ciseaux, en mesure de couper 12 arpents de blé par jour.(un arpent, ancienne mesure agraire, valait cent perches soit 20 à 50 ares ) . Pour la petite histoire, notons l’invention initiale de la moissonneuse en 1799 par un Anglais M.Boyle. En 1834, l’Américain McCormick  est, en réalitéà l’origine du premier brevet de moissonneuse mécanique.

# – Le célèbre imprimeur chartrain Garnier-Allabre fait venir le graveur et imagiste, originaire de Nancy, Antoine Thiebault, alors âgé de 19 ans, déjà connu pour son talent. Il restera deux ans dans l’atelier chartrain pour réaliser des planches qui vont marquer les esprits, d’autant que l’artiste savait manier la couleur. Le Calvaire de la Mission de Chartres, réalisé en 1827, reste la plus célèbre.

# 11 décembre – Naissance à Saint-Rémy-sur-Avre de William Henry Waddington, homme politique, numismate, archéologue et écrivain. Petit fils d’Henry Sykes, industriel dans la filature. Député, cinq fois ministre respectivement à l’Instruction Publiques et aux Affaires Etrangères, puis Président du Conseil. On lui doit de nombreux ouvrages sur la numismatique. Décès en 1894.

1827

# – Le marquis d’Aligre achète les restes de l’abbaye Saint-Florentin à Bonneval qui avait été vendue comme bien national en 1793, et les destine à une résidence  » humanitaire » devenant par la suite un établissement psychiatrique. (voir 1845)

# 25 novembre – Naissance à Béville-le-Comte d’Emile Labiche, avocat, sénateur et président du Conseil Général, et gendre du présidence de la République, Jules Grévy.

1828

#  – Fin de la fabrication et du commerce de l’imagerie chartraine dont le dernier représentant a été le gendre de Marin Allabre, en la personne de Garnier-Allabre.

# 1 novembre. Décès près de Chartres de l’abbé Jean Charles Poncelin de la Roche-Tillac, 82 ans, originaire de l’Aveyron. Il a accompli une carrière d’écrivain et de journaliste.

1829

# – Apparition de plusieurs loups, et des battues sont organisées.

# – Le Comte Henri de Quatrebarbes est sous-préfet de Châteaudun. Etrangement, pour des raisons difficiles à cerner, ce haut personnage du Royaume de France est victime des quolibets de chansonniers, dont on retrouve deux extraits dans le Parnasse satyrique qui méritent d’être cités en raison de la finesse de l’esprit de son initiateur. Il est possible que ce quolibet soit à l’origine du remplacement de ce sous-préfet l’année suivante : Le sous-préfet de Châteaudun / S’est fait jésuite et le confesse/ Il va jusqu’à s’en vanter. / Est-ce qu’il n’aurait pas le sens commun ?/ Que le bon Dieu l’en récompense !/ Mais sans critiquer son dessein,/ Avec quatre barbes, je pense,/ Il serait meilleur capucin. Charade/ Nombre d’un seul chiffre formé / Mon premier suit toujours ce nombre mystère / Dans les vieux siècles, renommé / Et qui brillait empreint d’un certain caractère, / Chez les hommes, seul estimé / Symbole de vigueur que blanchit la vieillesse./ Mon second, dés vingt ans, tombe et renaît sans cesse / Sous le rasoir accoutumé./ Mon tout à Châteaudun, ilote politique, / Par la poste, aux murs de Paris / Envoie avec son son sa prose jésuitique / Que les railleurs accueillent à grands cris./ On rit de ce sot nom de Lille jusqu’à Tarbes / De Loyola, ridicule valet,/ Il n’était qu’imbécile, il veut être préfet…. / On lui fera toujours la barbe.

# 9 mars. Chartres. Venue au monde d’Henri Garnier, inventeur, à l’âge de 21 ans, du procédé mécanique d’impression : l’héliogravure. Par la suite, il part exercer le métier de photographie à Paris où il meurt en 1888.

1830

# – Monarchie de Juillet : l’entretien des routes est plus systématique, les routes royales sont achevées, le réseau se parfait et remplacement des chemins caillouteux et mal entretenus. Entre . Entre 1830 et 1850, l’entretien passe de 150 à 500 km.- 

# En cette année de troubles, connus sous le nom des Trois Glorieuses, le peintre Jean-Baptiste Camille Corot, 34 ans, vient se réfugier quelque temps à Chartres. Il peint la cathédrale de Chartres, une toile qui connut quelques avatars, coupée, agrandie, puis perdue, et retrouvée quarante ans plus tard.

# 19 janvier –Parution du premier numéro du journal Le Glaneur d’Eure et Loir à l’initiative d’Adelphe Chasles associé à Jean-Baptiste Sénèque.- De même peut-on également lire l’Abeille de la Beauce.

# 20 février – naissance à Sainville d’Eugène Farcot, ingénieur horloger, et aéronaute au sein de la Compagnie des Aérostiers avec notamment un transport de courrier en septembre 1870.

# 7 juillet – Meurt à Dreux, Antoine Desmousseaux de Givré à l’âge de 73 ans. Avocat au Parlement de Paris lors de la Révolution française, il occupe plusieurs postes administratifs dans la capitale. Embrassant la cause bonapartiste, le Premier Consul lui accorde sa confiance puisqu’il le nomme préfet. En 1815, il est député de l’Eure et Loir.

# 24 juillet – Décès au château d’Esclimont, propriété de la famille, de Gionne (ou Guyonne) Josephine Elisabeth de Montmorency-Laval, duchesse de Luynes, 75 ans, femme de lettres, talonnière, traductrice et imprimeur. Elle fut également Dame du Palais de la Reine jusqu’en 1789.

#  3 août – Détrôné, l’ex-roi Charles X couche à Maintenon. Le lendemain, il repart pour Dreux via Cherbourg, terme de son voyage. Le carrosse, entouré de gardes, était attelé de huit chevaux précédant un autre carrosse dans lequel se trouvent la duchesse de Berry et deux enfants.- 

# 15 septembre – naissance au Château de Maintenon d’Emmanuel, marquis de Noailles, diplomate et historien. Successivement ministre plénipotentiaire à Washington, puis ambassadeur à la cour d’Italie, puis à Berlin. Décédé en 1909. – 

# 19 septembre – Naissance à Pré-Saint-Evroult de Théophile-Adrien Ferron, général de division et ministre de la Guerre. Il se distingua au siège de Sébastopol (1855). Après différentes affectations, il sera sous-chef d’État-major général., puis ministre de la Guerre. Il meurt à Lyon en 1894 suite à une chute de cheval.

# 29 novembre – naissance à Marboué de Jules-Emile Péan, chirurgien et fondateur de la gynécologie moderne, inventeur des pinces hémostatiques.Ce chirurgien fascinait en opérant en habit, les manches de chemise retroussées, une serviette nouée autour du cou et retombant sur la poitrine, tout en démontrant une habilité exceptionnelle. L’élan qu’il apporta à la chirurgie de l’époque fut considérable. Il meurt à paris en 1898.

#  20 décembre – Le roi Louis-Philippe et la reine se rendent à Auneau. Ils sont reçus par le député d’Eure et Loir François-René Isambert avec une revue de la Garde Nationale de la commune.

1832

# – Le choléra tue à Chartres 156 personnes, et se répand dans l’ouest du département causant de nombreuses autres victimes.. L’épidémie va réapparaître en 1849 et 1854. –

# Construction des abattoirs à Chartres alors que la Porte Saint-Michel, construite en 1613, est déclarée n’être plus adaptée, parce trop resserrée en fonction de la circulation de l’époque.-

# Population d’Eure et Loir : 278 820 habitants. –

# Entre 1832 et 1847, destruction d’une grande partie des remparts. – 

# 9 février – Ferdinand Hédiard voit le jour à La Loupe. Il est le fondateur de la célèbre Maison Hédiard , place de la Madeleine à Paris.

# 26 août – Tillières. Michel-Denis Forges, 27 ans, cordonnier, blesse gravement un modeste journalier à qui il vole argent, son couteau et sa montre. Le coup porté avec un bâton sur le visage est si violent que des os du nez resteront incrustés dans le bois de  » l’arme  ». Alors que l’agresseur avait déjà purgé six ans de prison pour un autre fait violent, le délit en question va peser sur la décision de justice. Qui plus est, la victime se trouve gravement handicapée par la perte d’un oeil, et des troubles de mémoire. La Cour d’Assises de Chartres, le condamne à mort, et guillotiné en la même ville le 1 juin 1833.

# 3 octobre. Prunay-le-Gillon. Naissance de Zénaïde Leclerc, tout en tenant une boutique chartraine de toile de coton de toutes les couleurs, très prisée à cette époque, s’adonne avec une certain talent, à la photographie. Elle se rapproche de Désiré Gallas, une alliance de circonstance qui va très vite s’effilocher, une rivalité de circonstance va les opposer. L’oeuvre de cette femme comporte de nombreuses photographies consacrées à des personnages.

1833

#  –  » Schisme de Lèves  » au cours duquel l’abbé Ledru préconise l’élection des curés par le peuple et la messe en français auxquelles l’évêque de Chartres s’oppose formellement.

# – Démolition à Chartres de la porte Châtelet.

#  28 janvier – Loi Guizot sur l’obligation de chaque commune à entretenir au moins une école primaire, et si elle dépasse 6 000 habitants, une école primaire supérieure. Une école normale primaire par département doit assurer la formation des instituteurs. Cette loi marque la création de l’enseignement d’Etat.

# 15 mai – A l’initiative d’un passionné, un certain capitaine De Villiers, création du musée de Chartres. En réalité, il fut dénommé  » Cabinet des curiosités  » en vue de réunir des collections municipales et privées. Dans un premier temps, il s’installera à l’Hôtel de Ville pour être ouvert au public le 18 mai 1834. Il faudra attendre l’année 1904, après la séparation de l’Eglise et de l’Etat, pour que le musée soit transféré dans l’ancienévêché om il se trouve toujours.

#  31 mai – Création des comices agricoles – 

# Juillet – Alors qu’on répare une maison très ancienne à Chartres qui passait pour avoir été l’école des enfants de choeur, située au bout de la rue du Cheval-Blanc, à l’angle d’une petite rue qui conduisait au marché à-la-Filasse au Cloître Notre-Dame, appartenant M.Desguiraud, marchand lithographe, une quinzaine de belles en plomb sont extraites d’un mur, projectiles dont l’authentification leur donne pour date le siège d’Henri IV en 1591, rejoignant un boulet trouvé dans un mur du côté de la butte Saint-Michel le tout remis à la bibliothèque de Chartres.

1834

#– Découverte à côté de Bonneval (Mienne) des restes bien conservés (une grande mosaïque) d’une ancienne villa gallo-romaine, sans aucun doute très luxueuse, sans doute une villa urbana, habitation du maître associée à un temple dédié à Mars.

# Naissance à Chartres de Georges Duplessis, historien d’art, iconographe, fils de Pierre-Alexandre Grattet-Duplessis*, il accomplit l’essentiel de sa carrière à Paris en qualité de conservateur des estampes à la Bibliothèque nationale. Il publie de nombreux ouvrages, de même les œuvres des plus grands graveurs. Il est également l’auteur de dessins coloriés empruntés à des tableaux comme Le Titien. Il meurt dans sa ville de naissance en 1899.

# Décès à Chartres de Martin de Gallardon. Ayant sombré quelque peu dans la folie, jurant dans son délire être poursuivi par le personnage mystérieux, affirmant, à qui voulait l’entendre, que celui-ci insistait pour qu’ils continuent à faire ensemble cause commune pour défendre la cause royale.

# Chartres. Septembre. Gabriel Delessert est nommé Préfet d’Eure et Loir. Bien que son mandat soit court durant les deux années qu’il fut préfet, sa femme, plus connue sous son nom de jeune de fille, Valentine de Laborde, gagne la sympathie de la population chartraine. Très belle jeune femme, descendante d’une ligne de noblesse prestigieuse, elle a 28 ans. Son mari, vingt de plus. Homme droit, quelque austère prête-t-on à son endroit, il est tellement préoccupé par sa charge – on le serait à moins- que son épouse file le parfait amour avec un autre personnage d’actualité, en la personne de Prosper Mérimée, une liaison qui va s’amorcer cette année, pour durer huit ans. Se sont-ils connus à Paris, sans doute, car Valentine déjà rayonnait de toute sa beauté, puisque son époux était en poste dans la capitale. A 31 ans, Prospère Mérimée a été nommé inspecteur général de Monuments Historiques. Il est follement amoureux, la retrouve à Chartres, et entre ses inspections dans toute la France, parfois avec elle, ils se retrouvent à Chartres. La population n’avait d’yeux, dit-on, pour cette jeune femme qui faisait connaître la mode parisienne à leur regard de provinciaux ébahis.Certaines âmes bien nées auraient manifesté leur déception à son départ forcé puisque l’époux préfet fut nommé ailleurs. Et ainsi de suite…

9 février – Création à Brou d’un commissariat de police.

# 17 février – décès à Chartres de Baptiste Poret de Morvan, Baron d’Empire, et l’un des grands officiers supérieurs des guerres napoléoniennes. Lors de la bataille de Dresde (août 1813), l’Empereur l’élève au grade de général. Il se couvre de gloire car il n’est pas homme rester derrière. Au contraire, il fait le coup de feu, charge à la baïonnette. Ce comportement lui vaut d’être plusieurs fois blessé. Son dernier combat : Waterloo. Janvier 1816, il est arrêté à Paris sur ordre royal accusé  » d’avoir soulevé l’ex-garde contre le roi  » ce qui est faux. Qu’importe, il est traduit devant un conseil de guerre. Son épouse décide de le faire évader alors que son époux est transféré à Strasbourg. Son évasion a lieu dans une auberge, où le convoi militaire s’arrête pour une pause. Un endroit rempli d’hommes de main de Madame Poret de Morvan. Le mari arrive alors à déjouer la surveillance et s’enfuit ce qui confronte sa femme à une situation périlleuse car elle est soupçonnée d’être complice. Elle sera relâchée déclarant qu’elle était seule. Par la suite, il sera totalement amnistié.

# 18 mars – Naissance à Illiers d’Adrien-Achille Proust, professeur de médecine, et père de l’écrivain Marcel Proust

# 28 mars – Pose de la première pierre de la nouvelle halle de Brou, en remplacement de celle d’origine construite en bois. Sur le socle du pilier sud-ouest, une petite boite a été enfermée contenant deux pièces de 5 francs à l’effigie du roi Louis-Philippe, et une copie du procès-verbal signé par les notables de Brou.

#  18 mai – Naissance à Nogent-le-Rotrou de Camille Simon Silvy . Après une belle carrière diplomatiqueil se fixe à Londres, pour devenir photographe, puis ouvre son propre laboratoire. Sa boutique va devenir en très peu de temps un lieu incontournable de la société anglaise, pour ses portraits  » cartes de visite  », un commerce lucratif, avec plus de 700 000 réalisations car tout le monde veut se faire tirer le portrait. A la retraite en France, il meurt en 1910. – 

# 18 mai – Ouverture du Muséum d’Histoire naturelle et d’Antiquités à l’initiative de M.de Villiers dans l’une des salles de L’Hôtel de Ville de Chartres, consacrée à une collection de papillons et de médailles. –

# 2 juin – Décès à Chartres d’Albert Quévannes, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées à qui on doit un Mémoire sur la navigation sur l’Eure (1801). Une curiosité à son sujet : avoir imaginé et travaillé sur un projet de  » Jardin à l’anglaise  » sur la Butte des Charbonniers.

# 7 juillet – Décès à Chartres de Jacques Pierre Garnier, successeur de la famille d’imagiers Allabre. Dans la deuxième partie du XIXe siècle, la boutique deviendra une librairie, accessoirement un éditeur.  

15 août. La lutte pour l’abolition de la lutte contre l’esclavage et de la traite des noirs renait grâce à l’initiative de deux personnages de l’Eure et Loir où ils sont nés, qui vont se battre bec et ongles durant seize années avec les difficultés insoupçonnées qu’ils vont rencontrer. Un épisode peu connu lorsque François-André Isambert (voir 1792) et Claude-Henri Jumentier (voir 1840) vont jeter, à cette date, les bases de la fondation de la Société Française pour l’abolition de l’esclavage, ayant rassemblé à cet égard de nombreuses personnalités qui les ont encouragés. Oh ! Certes, on se souvient de l’échec relatif de Brissot de Warville qui, au final, alors qu’il a été décapité (1793), ne connaîtra pas la loi de la Convention. Une date marquante. Une lutte incessante pour obtenir enfin une abolition définitive. Avec les autres fondateurs, force de propositions de lois sont déposées toujours remises en question. Comme Brissot, Isambert s’associe à d’autres initiatives notamment la Société britannique et étrangère pour l’abolition. La Fondation d’Isambert fait des émules en France. Le front s’organise, mais il faudra attendre QUATORZE ANS pour le vote de ce décret d’abolition(27 août 1848) qui aura connu les vicissitudes liées aux problèmes politiques. Ainsi se termine une longue histoire qui connaîtra par la suite d’autres problèmes, les stigmates de la colonisation s’inscrivant dans les interrogations historiques. Heureusement Isambert connaitra le vote de cette loi avant de mourir neuf ans plus tard.

# 15 septembre – Double exécution à Chartres. Pour avoir tué à coups de fusil, hachette et clous un couple et leur fils à Saint-Eliph, Louis-François Henry et Marie-Marguerite née Germond, son épouse, sont guillotinés.

1836

# 4 mars – Décret royal établi par Louis-Philippe, roi des Français qui, à ce titre, transforme en commune autonome, Lucé qui était jusqu’à présent un hameau de Mainvilliers  » La limite entre la nouvelle commune de Lucé et la commune de Mainvilliers est fixée par le tracé du chemin d’Amilly à Chartres et la vallée des Vauroux. » Lucé n’est alors qu’un petit village composé de cinq hameaux. De 1901 à 1930, la commune entame un début de transformation avec l’arrivée de l’électricité et la mise en place de réserves d’eau potable. Le gaz arrive en 1935

# – 4 juin – Incendie de la toiture de la cathédrale dû à l’imprudence de deux ouvriers qui laissent un brasero sans surveillance. La charpente en bois appelée  » La Forêt ‘‘ disparaît en fumée. Heureusement le tocsin permet de faire parvenir plus rapidement les secours. Le plomb fondu se répandit dans la rue. Le toit fut alors équipé d’une charpente métallique. Les travaux débutèrent à partir de 1837, et la cathédrale passa sans encombre l’hiver 1836/1837.

# – 25 août – Naissance à Romilly-sur-Aigre de Georges, comte de Tarragon, descendant d’une vieille famille espagnole installé en partie dans le Dunois. Capitaine, il fera, entre autres, la guerre de 1870 au sein de la 1ère armée de la Loire. Puis élu maire de son village en 1871.

1837

# 1 janvier– Chartres –  L’ingénieur Fontaine crée une fonderie aux Filles Dieu pour répondre aux besoins d’une mécanisation des moulins à eau en particulier. – 

# 24 mars – Pierre-Simon Robert, 21 ans, garçon meunier, tue un maire et sa domestique à coups de fusil pour une sombre affaire immobilière. Il est guillotiné à Chartres. – 

# 13 avril– Condamné à mort Victor Davoust, 25 ans, auteur de trois crimes en Seine et Oise, est guillotiné à Chartres. –  

# 25 avril – naissance à La Bazoche-Gouet d’Emma Valadon dite Theresa, chanteuse de café-concert, surnommée La Diva du ruisseau. Elle connut un succès phénoménal, joua l’opérette, puis arrête sa carrière à 76 ans, fort riche, et se retire à Neufchâtel-en-Saosnois (Sarthe), consacrant sa fortune aux déshérités. Elle meurt en 1913, et enterrée au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

1838

#  – Fondation du Journal de Chartres par Chasles père et fils, et considéré comme la voix du pouvoir régional. –

# 2 août – Naissance à la Ferté-Vidame du magistrat Paul Vigneau. Après été à Dreux, il fut nommé juge d’instruction à Paris mais sera rétrogradé simple juge à la suite d’une sombre affaire de décorations fictives. Il meurt à Paris en 1910 .

# 13 décembreChartres – Naissance de Marie-Alexis de Castillon de Saint-Victor, d’une famille originaire d’Usés, installée en Eure et Loir lors de l’achat du château de la Grève à Saint-Bomer (Authon-du-Perche) par son père Felix, ancien garde militaire de la Maison militaire de Louis XVIII. Compositeur français, Alexis de Castllon fut un élève remarqué de César Franck ( 1822/1890) compositeur et organiste français d’origine belge. Castillon figura parmi les fondateurs de la Société nationale de musique. Il a laissé un psaume pour chœurs et orchestre, de la musique de chambre ainsi que des mélodies. Il servit comme officier de cuirassiers lors de la guerre de 1870.

1839

# – Le roi Louis Philippe fait agrandir la chapelle de Dreux pour accueillir les corps de sa famille et des descendants, devenant du même coup le  » Saint-Denis des Orléans  ». Cette chapelle appartient de nos jours à la Fondation Saint-Louis. 75 sépultures sont présentes, réparties dans plusieurs chapelles, avec de nombreux gisants remarquables. –

# Toujours à Dreux, la cloche du beffroi est refondue d’après un moulage datant de 1581, qui reproduit la Procession des Flambarts. –

# Guillaume Briard, marchand mercier à Brou, hérite, en 1837, d’une briqueterie installée faubourg Saint-Jean à Brou. L’idée lui vient d’adjoindre une faïencerie (1839), les carrières locales lui permettant d’avoir la matière première pour réaliser ce qui convient à l’usage quotidien des habitants de la région. Il va devoir faire face à une concurrence sauvage de la part de la faïencerie de Beaumont-les-Autels , une lutte où chacun  » pique  » les employés de l’autre et alternativement. En effet, Guillaume Briard n’hésite pas à débaucher le contremaître de son concurrent pour parvenir à ses fins Il est vrai que le concurrent en question bénéficie d’un apport d’argile blanche exceptionnel grâce au gisement du  » Houx  » aujourd’hui dénommé  » La Faïencerie  ». De 1840 à 1870 plus de 100 000 pièces chaque année furent imaginées et conçues avec une trentaine d’ouvriers , et à la clé, une importante clientèle à la fois normande et perchoise. Cette faïencerie avait la particularité de produire des pièces de couleurs brunes et blanches, souvent ornées de motifs floraux, voire géométriques selon les lignes de fabrication du moment. Celles de Brou, en revanche reposent sur le brun, le vert, le jaune et l’orange. En 1855, il passe le relais à son fils Pierre dont la sœur a épousé le peintre Augustin Barbichon, lequel prend ensuite la direction de cette même affaire. Durant dix ans, cet artiste va s’inspirer des faïenceries de renom, telle de Nevers, pour créer, par exemple, des pichets anthropomorphes qu’il signe. Mais l’établissement ne se montre guère rentable du fait que Barbichon favorise la qualité et en petites quantités ce qui laisse la part belle au concurrent qui répond à la demande en produisant la quantité requise. En 1893, la faïencerie broutaine ferme. 

# 28 février – Arrêté du maire de Chartres interdisant aux parents de laisser les enfants jouer à proximité de la cathédrale de peur de porter atteinte au bâtiment, et à ses sculptures. –

# Plusieurs violents orages causent d’énormes dégâts sur ChâteaudunDreux etNogent-le-Rotrou. On releva maints grêlons gros comme des œufs. Beaucoup d’animaux furent tués, des arbres déracinés et des récoltes perdus.Certains paysans accusèrent le clergé d’être à l’origine de la grêle. Un villageois affirma qu’il avait recueilli ces grêlons dans un vase, et n’y avoir retrouvé que des cheveux, les tenants de l’accusation y voyant une affirmation de leurs dires quant à la pratique de la sorcellerie.

1840

# Dreux. Inscription à la liste des sites protégés de l’ancien Hôtel de Ville dit le Beffroi.

# – 9 janvier- naissance à Garancières-en-Beauce de Louis-Charles Vinet, agriculteur et sénateur-maire. Fondateur du Syndicat agricole de Chartres et de la Caisse régionale du Crédit agricole. 

# 17 janvier – Naissance à Chartres d’Albert Piche, plus homme de science et inventeur qu’avocat. On lui doit l’invention de l’Electrophore à rotation(migration de particules) ( 1866) et l’Evaporomètre(mesure de la quantité d’eau dans l’atmosphère) ( 1872). Secrétaire du Préfet des Pyrénées, outre ses fonctions, il publia une réforme sur la réforme pénitentiaire qui fit autorité en 1872. 

# 16 mars – Pierre Marie dit Renoult, 20 ans,condamné à mort pour avoir violé et étranglé à Francourville, une jeune fille de 19 ans, condamné à mort, est guillotiné à Chartres.

# 8 août. Chartres. Décès à Chartres de Claude Adrien Jumentier, 91 ans, vicaire épiscopal, député suppléant du maillage de Chartres aux Etats généraux de 1789. Il sauva la Sainte. Chasse en 1791, menacée de destruction ou d’appropriation des révolutionnaires. Il est le frère d’Etienne Jumentier (voir à 1846)

# 30 décembre – naissance à Chartres de Georges de Vaux, comte de Rochemur, ministre plénipotentiaire.

1841

# – L’église Saint-Pierre à Chartres est classée monument historique – De nombreuses industries commencent à rayonner en Eure et Loir, employant une main d’oeuvre importante comme la filature de Waddington à Saint-Rémy-sur-Avre (450 ouvriers) –

#  Dans l’arrondissement de Dreux , on dénombre de nombreuses papeteries et fonderies de cuivre à Senonches et Dampierre-sous-Blévy (pas plus de 100 ouvriers) – imprimerie Firmin-Didot à Mesnil-sur-L’Estrée. –

# Naissance à Marsauceux, d’Eliska Girard connue sous le nom de La veuve Vincent pour son militantisme et son action de suffragette. Initiée franc-maçonne au Droit Humain.

# 3 janvier – En raison de la fonte des neiges, l’Eure déborde à Chartres. 

# 14 avril. Châteaudun. Naissance de Léonce Brault qui qui fut avocat à la Cour impériale de Paris, et ensuite procureur de la République en Haute-Marne. Décédé, à Paris le 19 juin 1895.

# 7 mai – Naissance à Nogent-le-Rotrou de Gustave Lebon, médecin et sociologue. Un temps, il connut une liaison avec la psychanalyste Marie Bonaparte, il se fit une réputation par l’intérêt qu’il porta à la  » psychologie des foules  », et considéré à cette effet comme une précurseur à la fois génial et naïf. Sa démonstration en ce domaine le place en référence dans cette approche particulière, toujours étudiée de nos jours. Ces ouvrages sont nombreux. Il s’éteint à Paris en 1931. 

# 20 septembre – Naissance à Ozoir-le-Breuil de Georges Morisset, artiste-peintre. Ayant fondé un atelier , il va se rendre célèbre à Paris en peignant à partir de photographies, des portraits pour réduire le temps et le nombre de poses. Cela vaut aux deux artistes une réputation telle que de nombreuses personnalités, notamment des têtes couronnées, vont venir se  » faire tirer le portrait  » Décès à Beaugency en 1899. Il est le père du célèbre peintre Henri Morisset.- 

# 20 octobre – Gustave Isambert voit le jour à Châteaudun. Journaliste d’avant-garde, il connut une réputation élogieuse en matière de presse pour la jeunesse. Fondateur du journal La République Française. Elu député d’Eure et Loir de 1889 à 1898. Décédé dans sa ville de naissance en 1902.

1842

# 25 septembre – Naissance à Arrou de Gustave Sainsot qui fut prêtre du diocèse de Chartres, et membre imminent de la Société Archéologique d’Eure et Loir. On lui doit, entre autres, une Bibliographie de la cathédrale de Chartres parue en 1887. Il peut à Chartres 1 février 1929.

# Brou. Une motte féodale encore existante est rasée. Les quelques rares vestiges d’un château permettaient alors de s’imaginer ce que fut ce château, connu sous le nom de château Gouêt; dont la construction fut entreprise au XIIe siècle à l’initiative d’Elisabeth, épouse de Guillaume Gouêt, et soeur de Rotrou III du Perche. Par la suite, le château fut vendu à Robertet. A noter que l’étymologie de Brou s’inspire de fangeux, boueux. Brou était alors à l’plue l’une des cinq baronnies du Perche Gouët.

# Chartres. Décès à l’âge de 88 ans de Nicolas-Pierre Paillard, homme politique qui représenta l’Eure et Loir au Conseil des Anciens, puis au Conseil Législatif jusqu’en 1803. Auparavant, il avait été directeur de la Régie Nationale de l’enregistrement en Eure et Loir, après avoir tenu ce poste en d’autres lieux.Il est le père de Pierre-Aubin Paillard (voir ce nom à l’année 1795)

1843

24 mars  – Naissance à Senonches d’Alphonse Foucault qui deviendra évêque de Saint-Dié (Vosges), et surtout fit achever la basilique de Domrémy consacrée à Jeanne d’Arc.

# 6 août. Cherisy. P.F.Pollet, un journalier de 23 ans, noie dans l’Eure son beau-fils, Amédée Mauduit, 13 ans , apprenti-boulanger dont le corps sera repêché quatre jours après. Condamné à mort, son pourvoi est rejeté, et il se suicide en prison.

# 11 novembre. Arrêté préfectoral enjoignant, sous peine d’amende, de changer les toits de paille en toits d’ardoises ce qui a pour conséquence de révolter une partie de la population en précarité incapable de subvenir à cette obligation. D’autres arrêtés vont suivre jusqu’en 1849, date à laquelle cette disposition va être abrogée. Pour autant de nombreux incendies trop souvent d’origines criminelles ont paniqué la population aussi peu argentée que peu ou mal assurée. Progressivement, en fonction de l’évolution des constructions, le toit de paille va disparaitre. Ne serait-ce, la référence à l’incendie du 28 septembre 1837 au Gué-de-Longroi qui prouve l’efficacité de l’ardoise, puisque les maisons ainsi équipées, furent sauvegardées par les flammes, peut-être endommagées, alors même que celles couvertes de paille, furent entièrement détruites.

# 6 décembre – naissance à Chartres de Charles-Jules Robert, dessinateur et graveur, ayant accompli l’essentiel de son métier à Paris. Sa notoriété comme illustrateur, lui vaut d’être contacté par la Banque de France dans le but de contrecarrer les faussaires. Il réalise de deux nouveaux billets de banque de 50 et 100 francs, puis de 500 francs. Et surtout celui de 1000 francs qui deviendra le 5000 francs Victoire 1918, devenant un billet très recherché par les collectionneurs.

1844

# – L’Entreprise Fontaine-Baron prospère à Chartres, et présente à l’Exposition Universelle de cette même année à Paris. Le roi Louis-Philippe remet aux industriels une médaille d’argent.

# Mise en œuvre de la construction du chemin de fer Paris-Chartres. Lors des travaux, on combla une vallée avec le dépôt d’ordures jetées depuis plusieurs siècles. Ce furent alors des découvertes assez extraordinaires pour les archéologues qui purent analyser l’histoire des monnaies et de la céramique au Haut Moyen-âge.  

# 11 février – Naissance à Chartres de Georges Fessard, qui prit part à la guerre de 1870, puis devint notaire et l’un des fondateurs de la Dépêche d’Eure et Loir.

1845

#  – Création à Bonneval de la Colonie agricole, œuvre destinée à recueillir les enfants trouvés, fort nombreux à cette époque. L’abbaye fut désignée comme lieu d’accueil. Cette aide à l’enfance cessa son activité le 31 décembre 1861. A cet égard, saluons le travail d’auteur d’investigation en la personne de Michel Aradan, historien-éditeur chartrain qui nous fait découvrir d’une façon détaillée cette initiative peu connue. (voir bibliographie).

# De nouvelles cloches sont mises en place en la cathédrale de Chartres. L’une d’entre elles sera baptisée du nom d’Anne, faisant référence à Anne de Bretagne qui était venu, entre autres, en 1510 en pèlerinage, faisant le don d’un bourdon. A l’évidence, la mise en oeuvre de cloches était devenue nécessaire, sachant qu’elles avaient subi en grande partie les affres de la Révolution. A part deux cloches, les autres furent fondues pour en faire des canons. L’incendie de 1836 ne fit qu’aggraver la situation, si bien que ce remplacement nécessitait une urgence.

1846

# – Naissance à Chartres de Léon-Louis Oury, peintre de a vie rurale tout en étant reconnu pour détenir l’art de la décoration entreprenant les plafonds du Grand-Escalier de l’Opéra-Garnier. Il peignit également la porte Guillaume.

# 12 Janvier. Chartres. Décès à l’âge de 87 ans d‘Etienne Jumentier, juriste, agronome et homme politique. Il occupa divers postes notamment député aux Etats Généraux de 1789. En 1797, il devient suspect en raison de son soutien aux émigrés. En 1810, on le retrouve avocat, puis en 1830, préside le Conseil de Préfecture, et président de la société d’Agriculture.Il est le frère Claude Adrien Jumentier (voir à 1840)

1847

# – Signature d’un contrat pour l’éclairage au gaz de la ville de Chartres alors que la Porte Morard subit les pioches des démolisseurs. –

#  6 juillet – décès à Chartres de François de Villiers, originaire de l’Hérault, à l’âge de 57 ans, officier, amateur de monnaies et de papillons, fondateur du musée municipal de Chartres

# 17 décembre – naissance à Maintenon de Joseph Maunoury, maréchal de France. Participa à certaines batailles de la guerre de 1870, rappelé en 1915, participe à la bataille de la Marne. Gravement blessé sur le front de l’Aisne,il perd la vue. 1915, gouverneur de Paris, et reçoit sa dignité de maréchal de France. Il meurt à Artenay en 1923.

1848

# L’avocat Morin, sous-préfet de Nogent-le-Rotrou décrète l’immersion des enfants interdite. En effet, il était de coutume tant pour les mères que les nourrices de plonger les bébés malades dans l’eau glacée d’une fontaine qui a pris le nom de  » Fontaine miraculeuse  ». S’ils survivaient, ils étaient déclarés viables. Notons, en passant, qu’en 1834, le docteur Robbe, exerçant dans cité nogentaise s’était déjà ému dans un article dans le journal le Glaneur de ses pratiques meurtrières.-

# Napoléon Louis Bonaparte reçoit le suffrage de ses électeurs, Beauce et Perche font cause commune pour favoriser également cette élection. Notables et hommes politiques assurent une main mise sur l’électorat qu’ils sauront satisfaire pour assurer calme et satisfaction au niveau de la population en général.

# Suppression du pilori placé dans un coin de la place des Halles de Chartres. Nombreuses sont les communes d’Eure et Loir qui ont connu cet instrument de torture montrant le(s) condamné(s) au bagne ou aux galères, ou pour des délits moindres. Certains de ces condamnés étaient maqués au fer rouge suivant la nature de leur condamnation par la justice, comme GAL pour galérien, TP pour travaux forcés à perpétuité, etc. Des places du pilori existent encore de nos jours par le nom. Cet événement fait suite à l’abolition de cette pratique le 28 avril 1832.

# Naissance à Anet d’Edouard Michon, artiste-peintre, qui, en 1914, participe à la création de la Société des Amis du château d’Anet dont il fut le premier président. Maire de sa ville de naissance, il s’opposa aux troupes allemandes en 1940 pour que sa ville et le château soient épargnées. Spécialiste des peintures murales, il peignit de nombreux endroits de Dreux avec notamment des portraits des comtes de Dreux.- 

# Le souvenir de Marceau est encore bien présent dans les mémoires aussi bien en France que dans son département de naissance. Cette année-là, on joue à Paris, un drame en cinq actes intitulé Marceau ou les enfants de la République au théâtre de la Gaité.

# 24 février – La monarchie de Louis-Philippe cesse après de nombreuses émeutes (+ de 350 morts à Paris). Naissance de la II e République.Après son abdication, Louis-Philippe et la reine Marie-Amélie de Bourbon-Sicile quittent la capitale en diligence anonyme, voyageant dans un premier temps sous le nom de monsieur et Madame Lebrun, rejoignent Dreux après cinq heures de route. Ils resteront pour s’y reposer la nuit, et reprennent la route, direction Le Havre.

# 28 février – Naissance à Fontenay-sur-Eure de Noël Ballay. A l’origine médecin de marine, et attiré par l’Afrique, sa rencontre avec Savorgnan de Brazza va précipiter sa vocation pour aller à la découverte de ce continent, et notamment le Congo. Il devient premier gouverneur de la Guinée,et administrateurrigoureux. Entamant de nombreux chantiers, il se consacre à moderniser le pays, rendant les accès plus faciles. Nommé gouverneur de l’Afrique occidentale, il doit lever le pied d’une façon conséquente. Usé,il meurt en 1902. 

# 11 juin -naissance à Châteaudun d’Emile Corra qui rejoint le positivisme en 1875 (un mouvement né dans la seconde partie du 18 ème siècle), une idée selon laquelle, il s’agit d‘expliquer les progrès de l’esprit humain par le développement des sciences positives comme les mathématiques, la physique, la chimie, pour ne citer que les principales sources à l’origine du mouvement. 

# 13 juillet – Obsèques du garde national chartrain, Henri Gabriel Lemaire, 23 ans, qui a trouvé la mort en juin sur les barricades à Paris.

# 18 août – Jean-Louis Curot 27 ans reconnut de l’horrible assassinat à Ouerre accompagné d’un viol d’une fillette de 8 ans est condamné à mort et guillotiné à Chartres.

# 1 septembre -Mise à jour dans le site des carrières de Saint-Prest de nombreux vestiges d’une faune dont la datation remonte entre 800 000 et 1 000 000 d’années qui a permis de définit un nom commun à la recherche archéologique : le Saint-Prestien. Des restes de mammouths, d’hippopotames, de rhinocéros et cervidés n’exclut en rien l’éventuel caractère anthropique du lieu, donc associé à la conséquence d’une présence ou d’une intervention humaine.

1849

 # 1 janvier – Apparition du premier timbre-poste –

28 janvier – naissance à Chartres de Gustave Maroteau, journaliste versant dans l’anti-cléricalisme notoire notamment dans le journal La Montagne dont il aurait été l’un des fondateurs. Il crée en suite La Feuille de Chou qui le mène en octobre 1871 devant le Conseil de guerre pour délit de presse et condamné à mort. Peine sur pourvoi commuée en 22 ans de travaux forcés. Atteint de tuberculose, il meurt au bagne en 1875 –

# 20 mars – Décès à Chartres d’Edouard Person-Collard, enseignant à l’Ecole Normale de Chartres. Toujours à la recherche du bien-être de ses élèves, il mit en place une sorte de pensum sous forme de preuve qu’une chose est telle qu’elle doit être, c’est-à-dire un critère, définissant les bonnes méthodes, soulignant qu’il faut foi et persévérance. L’environnement de cette école bénéficiait d’une pièce d’eau. Il amorçait la nuit, puis le jour invitait le jardinier à aller pêcher, les élèves à la récréation, les plus méritants étant élevés à la dignité de  » pêcheur en chef. Il inventa un filet de pêche permettant d’amener à terre sans coup férir les plus grosses pièces.  » .

#  10 avril  – Premier convoi de chemin de fer en provenance de Paris arrive en gare de Chartres, un trajet de près de trois heures. 

# Mai – Echec de la gauche aux législatives. Seul Noël Parfait est élu, ce qui prouve que l’Eure et Loir est bien à droite du pouvoir. Les fermiers beaucerons sont fidèles aux institutions, et la prospérité économique reçoit le soutien des populations rurales.

# 9 mai – Le Prince-Président préside les fêtes du grand concours agricole de Chartres.

#  5 juillet – En vue de de la cérémonie qui officialise la gare de Chartres, est initié un dessin représentant un train avec des reproductions du fameux pâté de Chartres. – 

# 12 juillet – Inauguration de la ligne de chemin de fer Paris-Chartres, en présence de Napoléon Bonaparte, prince-président de la IIe République, ligne prolongée jusqu’à Nogent-le-Rotrou en 1854, celle de Paris-Tours passant par Châteaudun sera achevée en 1865. Il en profite pour visiter le concours hippique, et une exposition industrielle, tout en s’étant tenu en la cathédrale, accueilli par Mgr Renault, évêque de Chartres.

# 4 novembre – Inauguration d’une partie de l’éclairage au gaz de la ville de Chartres.

1850

# Un cambriolage eut lieu dans la commune de Faverolles avec pour cible le presbytère. A ce moment, rien de banal. Mais l’abbé Vénard, alors en poste, entretenait une correspondance avec Lamartine et Victor Hugo. Il relata à ce dernier le vol dont il avait été l’objet. Cette information donna une idée à Victor Hugo lorsqu’il rédigea les Misérables puisqu’il fait soupçonner Jean Valjean d’un vol de couverts, de chandeliers et de pain, à l’identique de ce qui s’est passé à Faverolles.

# Un ouvrier à Chartres et agglomération,, sans préciser dans quel forme de travail il évoluait gagnait en moyenne 2,40 Frans (7,84 euros) pour huit heures de travail en été, et 1,60 francs (2,61 euros) en hiver.

# Aux alentours de la présente année, il y avait une sorte de coutume près de Frazé sous forme d’une pèlerinage vers un houx ou tremble à qui on accrochait des rubans aux branches, cet arbuste pour guérir certains maux, notamment contre la fièvre qui fait trembler.

# Panique à Nogent-le-Rotrou. Une épidémie de choléra s’abat sur la cité percheronne si bien que la municipalité, à défaut d’avoir les moyens médicaux pour lutter, prend l’initiative de faire arroser le devant des maisons, ceci chaque matin. C’était sans compter sur une rumeur qui s’est répandue dans la ville selon laquelle cette pandémie régionale viciait l’air de même l’eau, et continuait à se répandre. Les commerces se vidèrent, les marchés également, et il eut fallu toute l’insistance des élus pour faire entendre raison à la population avec l’appui médical, et celles des autorités régionales pour calmer l’inquiétude qui se tassa assez rapidement.

# Aux alentours de cette année, un fait divers s’est déroulé dans l’agglomération de Chartres connu sous le nom des  » Diableries de Poisvilliers  ». Comment un enfant de 14 ans ridiculise ses parents comme d’autres personnes en lui faisant croire à des manifestations démoniaques avec menace de sortilège, s’exprimant sous la forme d’étranges sons comme des tintements provenant du plancher, des murs sans pouvoir les situer. D’autant que ces bruits étant entendus surtout dans le silence de la nuit ce qui avait pour conséquence d’effrayer, alors même que l’enfant se riait de voir son entourage prier, allant même mander le curé du village. Le pauvre ne put rien faire, nulle prière ne vint arrêter ces étranges manifestations jetant le désarroi. Ce fut un chat qui permit de découvrir l’origine de ces bruits. Chassant le rat dans cette ferme, il en tua deux qu’il ramena fièrement à ses maîtres ce qui révéla la supercherie. Les deux rats en question avaient un collier de grelots autour du cou. Le garnement fut sérieusement réprimandé, mais la correction ne suffit guère à le calmer, bien au contraire. Il quitta un jour le domicile familial pour exercer de coupables délits qui vont le mener en prison bien au delà de l’Eure et Loir, de Poisvilliers en particulier où il était  » personne non grata  » . Il mourut à l’âge de 23 ans en la prison de Clairvaux, ancienne abbaye à l’époque où la privation de liberté est devenue une peine systématique. Les abbayes délaissées par les moines dûment expulsés à la Révolution, ou alors désargentés pour assumer l’entretien des bâtiments, vont servir dés le début du XIXe siècle à des prisons, Clairvaux étant, de nos jours, celles des longues peines.

# Dés 1850 jusqu’en 1870, Jules Amyot, oncle de Marcel Proust est à l’origine de la mise en oeuvre du Pré-Catalan à Illiers. Marchand aisé, il consacre une partie de sa fortune à la création d’un jardin à l’orientale et exotique, en le dessinant à partir de ses souvenirs de séjour en Algérie. Un espace plein de charme et de détente que Proust désigne sous le nom de Parc de Tassonville dans  » A la recherche du temps perdu  ». Le cadre enchanteur du parc passe être l’espace idéal et reposant pour lire ce chef d’oeuvre de la littérature.

# – Naissance à Frazé d’Henry Isidore Souchay qui ouvre sur une longue lignée d’armurier, exercera son métier à Beaugency, découlant des anciens arquebuziers dont le métier est apparu avec l’apparition du fusil à mèches vers 1450 –

# – 12 février – La majeure partie de la ville de Chartres est désormais éclairée au gaz de ville.

#  5 octobre – naissance à Chartres de Gabriel Maunoury, frère du maréchal. Médecin et chirurgien à l’ Hôtel-Dieu de Chartres. Elu député d’Eure et Loir, il interviendra au jet des pensions résultant des blessures de guerre, ainsi que celles des armées de terre et de mer comme il est à l’origine de méthodes modernes d’antiseptiques et aseptiques. Il s’éteint à Chartres en 1926

# .En ce milieu du XIX e siècle, la noblesse possède 1/5 du sol beauceron. La bourgeoisie citadine 1/3, la bourgeoisie rurale (fermiers, marchands, et propriétaires) 1/6, et le reste se partage entre salariés, artisans et commerçants. – remplacement de la faucille par la faux – augmentation de la production d’orge et de froment – l’élevage s’intensifie (remplacement de la race des ovins) – assolement triennal (jachère et culture de prairies artificielles) – On déplore le manque notoire de manufactures en raréfaction, leur seule présence en Eure et Loir n’occupe que 2 % des personnes euréliennnes en mesure de travailler – La population chartraine passe de 18 000 à 23 000 habitants,avec une évolution en demie-teinte jusque dans les années 1940/50.

1851

# – Le département d’Eure et Loir en état de siège à la suite du coup d’État de Napoléon III

# – Naissance à Nogent-le-Rotrou d’Achille Manceau, architecte de renom ( mairies, établissements scolaires et champs de courses). Décédé en sa commune en 1935.

# 4 janvier – Décès d’Hyppolite Clausel de Montals, évêque de Chartres. Il était un théologien ultramontain, à savoir proche de l’église italienne, donc du pouvoir absolu du Pape.

# – 29 juillet – Décès à Chartres du chanteur beauceron, Jean-Baptiste Alexandre de Morainville qui avait la réputation de faire des chansons sur commande, mises à disposition dans les douze heures. Des chansons du crû. Le chansonnier et sa femme, parcourant les plaines de Beauce, en fin observateur s’adaptaient à la demande. Hélas, il perdit de sa notoriété, fut oublié de tous, au point de mourir dans la plus grande misère.

#  21 septembre – Erection sur la place des Epars à Chartres de la statue du général Marceau. Noël Parfait, alors député de l’Eure et Loir, promoteur de cette initiative, se voit refuser de prendre la parole.

1852

# – Illustrateur d’almanachs à ses moments de détente, Auguste Hoyau se voit une opportunité d’être à la base du Messager de la Beauce et du Perche, succédant à celui du Catholique de la Beauce et du Perche. Une initiative qui va permettre à ce support de prendre un virage qui va marquer les esprits. La page de garde représentant le messager coiffé d’un pâté de Chartres. Une aventure qui se terminera en 1911 avec la disparition de son initiateur. 

# Pose des rails jusqu’à La Loupe. Le chemin de fer s’étend en Eure et Loir.

# – Mise à la disposition de la population chartraine du télégraphe électrique

# – 8 octobre – Décès au Château de Bouville (Cloyes) de Charles d’Argent de Deux-Fontaines, lieutenant des gardes du corps du roi dans la compagnie écossaise, il servit sous Louis XVIII et Charles IX durant seize années, puis maire de Cloyes (1841), député (1852).

1853

# 18 mai  – Nouvel arrêt préfectoral pour les toitures interdisant la couverture en chaume comme procéder au remplacement des toitures défectueuses. Les maisons neuves devront se soumettre à l’obligation datant initialement de 1843.

1854

#  26 avril Pierre Auffray, 54 ans, tue à Champrond-en-Gâtine, un maquignon à coups de couteau et de bâton dans une sombre affaire. Il est guillotiné à Chartres.

# 18 mai.  Manifestation à Chartres et autres communes contre l’interdiction d’utiliser le couvert de paille( et autres matériels inflammables) sur les toits des maisons en cours de réhabilitation, à fortiori lorsqu’il s’agit de maisons neuves.. L’armée doit intervenir sur Nogent-le-Roi à la suite de troubles très graves alors qu’au Boullay-Mivoye le préfet est malmené. Propriétaires, cultivateurs, et les professionnels liés à la couverture, frappés dans leurs intérêts, manifestent. Des crédits seront débloqués pour les plus pauvres.

# – Le chemin de fer relie désormais Chartres au Mans

#  27 juillet – Désiré Dejames, 28 ans, jardinier, après de multiples séjours en prison, et libéré, tente d’étouffer un cafetière de Dreux pour lui voler sa caisse en vain, et non content de son forfait, s’en va commettre plusieurs cambriolages. L’addition de tous ces faits lui vaut d’être condamné à mort et guillotiné à Chartres.

# 13 août – Par décret, l’avenue Marceau est ouverte sur les départements des VIIIe et XVIe arrondissements de Paris.

1855

# – Début de l’exploitation de l’entrepôt de machines à vapeur à la gare de Chartres, et jusqu’en 1908, l’activité se portera sur une trentaine de celles-ci.

1856

# 14 avril – Naissance à Nogent-le-Rotrou de Camille Gaté, sculpteur. On lui doit la statue de Rémi Belleau (1887), détruite pendant la guerre (1943). Décédé dans sa ville de naissance en 1900.

# 16 mai. Fondation par Paul Durand et Louis Merlet de la Société Archéologique d’Eure et Loir. (SAEL)

# – 12 juin – Décès de Léon Frédéric Née, gendre du conventionnel Hébert, officier de santé, pasteur durant 46 années jusqu’à sa mort au sein de la communauté de Marsauceux , temple protestant qui avait été inauguré en 1821.

# – 25 juillet – Incendie partiel de la Porte Guillaume, les parties atteintes devant être détruites.

1857

# 26 janvier  – François Guérin, 42 ans, charretier de profession massacre à coups de marteau un couple et les égorge au hameau des Essarts (Saint-Symphorien le Château). Condamné à mort, il est guillotiné à Chartres.

# 18 avril. Chartres. Naissance d’Henri David qui fut avocat à la cour d’appel de Paris, journaliste, dramaturge et poète. Sous le pseudonyme de Henri d’Arsy, il a écrit, en collaboration, plusieurs pièces de théâtre à succès. Auteur également de romans qui connurent un grand engouement. Il collabora également à de nombreux journaux politiques et littéraires. Il s’éteint à Arville (Loir & Cher) le 7 août 19147.

# 2 août – Naissance à Ouarville de Félix Chapuiseau, instituteur et écrivain, auteur d’un célèbre Folklore de la Beauce et du Perche , un ouvrage de références sur les coutumes sectorielles, qui a fait l’objet d’une réédition moderne sous la conduite d’Alain Denizet. Exerçant à Paris, Félix Chapiseau y meurt le 26 octobre 1927

1858

# Chartres.Premier numéro de l’Union Agricole, créé par des cultivateurs chartrains, et dédié aux gens de la terre. La parution s’arrêtera, en 1889.

# 20 août – Pose de la première pierre par le Préfet Jaubert, du nouvel Hôtel-Dieu de Chartres.

1859

# 30 novembre  – Naissance à Châteaudun de Charles Brennus, maître-graveur, qui donna son nom au fameux bouclier de Brennus, trophée qui récompense le vainqueur de la finale du Championnat de France de rugby à XV. Décès au Mans en 1943.

1860

1# Eugène Mesquitte, proche du baron Haussmann, ayant racheté l’ancien château-fort de Nogent-le-Roi après avoir été vendu comme bien national, entreprend de faire construire une demeure dans le style Louis XIII, et aménager un immense parc. Il fut maire de sa commune durant trente-quatre ans.

# – Erection à Châteaudun sur la place du 18-octobre d’une fontaine érigée dans le style Renaissance, ceci pour commémorer la première alimentation en eau potable de la ville. La fontaine a été couronnée d’une lanterne surmontée d’un phénix (oiseau légendaire), emblème de la ville dont les armes portent la devise EXTINCTA REVIVISCO qui signifie  » Eteinte, je renais  » en références à l’incendie de 1723 et des conséquences de la guerre de 1870 qui a martyrisé la ville.

# – 2 octobre – naissance à Neuvy-en-Dunois de Laurent Rivierre, journaliste qui a fondé sa propre maison d’édition pour assurer la publication du Grand annuaire administratif, commercial et agricole de l’Eure et Loir, un ouvrage de 1000 pages, véritable bible contenant l’essentiel sur le département.

1861

1860/1861 – Bonneval –  L’asile départemental d’aliénés, qui deviendra au XXe siècle centre hospitalier Henri-Ey, s’installe dans l’ancienne abbaye bénédictine Saint-Florentin à Bonneval

# – Chartres – Au cours de ce Second Empire, restauration et agrandissement de l’Hôtel de Ville , inauguration du théâtre en 1861, développement de nouveaux quartiers autour de la gare.

# 11 juin. Chartres. Incendie du magasin aux fourrages entreposés dans l’église désaffectée Saint-André. Le culte de celle-ci avait cessé d’être célébrée depuis 1791. Son clocher avait été abattu.

# 8 décembre  – Naissance à Brou de Victor Tanquerel des Planches, licencié ès sciences qui collabora à l’organisation de nouvelles galeries de paléontologie au Muséum de Paris. Décès : 1928.

1862

# Chartres. Inscription à la liste des sites protégés du Cellier de Loens, de même la Maison du médecin au 10 rue Noël Ballay.

# 2 février. Châteaudun. Décès à l’âge de 61 ans de Georges Marescal, originaire de Chartres qui, en 1848, investi commissaire du Gouvernement, fut préfet conjoint avec Antoine Barthelemy (voir 1886) lors d’une très courte durée, avec l’arrivée du Préfet nommé en poste.

1864

# Octobre Découverte sous le badigeon d’une danse macabre en l’église de Meslay-le-Grenet, fresque qui aurait été peinte au début du XVIe siècle.

1865

#  – Disparition à Chartres de Jean-Marie Larrieu, ouvrier cordonnier ambulant venant des Hautes-Pyrénées. Lorsque sa bourse était vide, il chantait en public, de sa voie puissante et agréable, interprétant les louanges de Dieu. Arrivant à Chartres, il fut impressionné par la cathédrale.Sa voix et sa foi firent merveille. Bien que chanteur à gages, il décide d’entrer en religion, et fut ordonné prêtre. Il sera successivement curé de quatre paroisses euréliennes (Mignières, Chassant, Fessainvilliers et Louvilliers-au-Perche). 

# 25 mars – Naissance à Epernon de Laure Claire Blandine Labiche, fille du Préfet Emile Labiche. De constitution fragile, elle meurt à Béville-le-Comte, lieu de résidence de son père le 30 janvier 1833. Sur sa tombe en cette même commune, l’épitaphe suivante :  » J’ai passé comme la fleur. J’ai séché comme l’herbe des champs.  »

1866

#– 4 janvier – Naissance à Tremblay-le-Vicomte d’Alfred-Achille Gendrot dit Jean Drault, journaliste et dessinateur de bandes dessinées notamment avec son héros Chapuzot. 

# – juillet – Venue à Chartres pour une simple journée de Gustave Flaubert afin de mieux situer l’ambiance d’une cette ville de province pour son célèbre ouvrage L’Education sentimentale, puisque son héroïne Madame Arnoux habite la cité beauceronne, avec quelques imprécisions.

# 16 octobre – Naissance à Chartres de Charles Lorin qui succéda à son père Nicolas dans son atelier de Chartres.Il épouse la fille d’un architecte chartrain, Etienne Piebourg. Restaurateur de nombreux vitraux, et réalisa les vitraux modernes de la basilique de Jeanne d’Arc à Domrémy et les verrières de Saint-Antoine de Padoue. Décès à Chartres le 23 avril 1940.

# – 25 novembre – Naissance à Dreux d’ Henri Lucien Jumelle chercheur en biologie animale, et renommé dans la spécialité botanique. Botaniste de référence, il publie de nombreux ouvrages sur des plantes qu’il a collectées en Afrique de l’Ouest et Madagascar. Il meurt à Marseille en 1935 où il avait obtenu une chaire de botanique agricole.

1867

#– Ouverture de la ligne de chemin de fer Dreux-Maintenon.

1868

#– 16 janvier  Jean-Pierre Breckler, 22 ans, vendeur de peaux de lapin, alors qu’il est militaire, tue à Ver-les-Chartres, une femme pour la voler et égorge le facteur qui venait au secours de la victime.Condamné à mort pour être guillotiné, Napoléon III ordonne que le criminel soit fusillé, étant militaire au moment des faits, ce qui fut fait à Chartres.

# 24 janvier La Loupe. Un homme fort excité se précipite dans l’église, interpelle le curé, demandant à être pris immédiatement pour être confessé. Comme l’homme d’église lui dit d’attendre, l’homme s’énerve, sort un couteau qu’il plante dans la cuisse du curé, l’atteignant à l’artère fémorale, provoquant une hémorragie qui va entrainer la mort de ce dernier. Sans un regard pour sa victime, l’homme se précipite dans un café. Mais l’alerte a été donnée. la maréchaussée arrête l’agresseur. Interrogé, ce dernier justifie son geste, expliquant que le curé ne voulait pas le délivrer d’un sort dont il était atteint. On jugea que l’assassin devait être particulièrement dérangé, et la justice crut bon l’interner sans autre forme de procès.

# – 17 juin – Naissance à La Bazoche-Goüet d’Etienne Houvert (mort en 1949), guide de la cathédrale, et auteur d’un guide de la cathédrale qui a fait l’objet de plusieurs rééditions.

1869

# 9 mai  – Chartres – Venue de Napoléon III et de la reine Eugénie pour présider les fêtes du concours agricole.

# 12 août. Chartres organise sa première compétition de vélocipède, encensé par la presse, notamment le Journal de Chartres, en ces termes  » Le vélocipède est le véhicule à la mode, il fait fureur, il envahit les promenades et les rues de nos villes.  » Les compétitions sont organisées au Clos Saint-Jean (Parc André-Gagnon). Une foule vient découvrir ce nouvel objet du plaisir. La course principale sur une longue de 1290 mètres est remportée en quatre minutes vint neuf secondes par un coureur anglais, James Moore, 20 ans, dont la famille est installée à Paris depuis 1853. Sa récompense : une carabine de luxe de salon… L’honneur de l’organisateur est sauvé par le Chartrain Desandre qui termine second. Il reçoit pour le prix de sa performance des  » cigares de luxe  » qui semble guère compatible avec l’esprit du sport, fort discret à l’instant. Mais bon, il s’agit du tout début des courses cyclistes qui vont faire des émules, surtout qu’un Chartrain sera à l’origine du Tour de France. Pourtant, à l’issue de ces premières courses, des esprits se sont mis à douter de l’avenir de ce moyen de locomotion, persuadés que l’indifférence générale plongera les adeptes dans l’oubli. Ils se trompaient lourdement.

1870 

# Eugène Casimir Lebreton (1791/1876) qui était propriétaire terrien en Eure er Loir, devient Président du Conseil Général d’Eure et Loir, puis Préfet et maire de Luigny.

# 19 juillet – La France déclare la guerre à l’Allemagne, et l’Eure et Loir est loin de s’attendre à être au coeur du conflit qui va mener notre pays à une cruelle désillusion. Le département connaît les horreurs de cette guerre perdue d’avance, et en paiera le prix. Des réquisitions (nourriture, fourrages, bétail, chevaux) s’en suivent au grand dam des habitants qui tentent de résister .- 

# 27 août -Le lieutenant-colonel de Beaurepaire, commandant le régiment provisoire des gardes-mobiles du Calvados, monte sur le dôme de la chapelle des Princes à Dreux pour observer le mouvement des troupes ennemies. Malencontreusement il passe à travers la verrière, et s’écrase trente mètres plus bas, et se tue sur le coup. – 3 septembre – Naissance à Janville de Maurice Viollette, plusieurs fois ministres, maire de Dreux. Fondateur du journal l’Action Républicaine. Surnommé  » Pisse-Vinaigre  » à la Chambre des députés car il ne supportait la contestation. Il meurt à Dreux le 9 septembre 1960.

# – Nuit du 19 au 20 septembre. La Vierville(Alluyes). Profitant du désordre de la guerre, quatre hommes en mal de forfait lucratif, anciens gardes nationaux, s’en prennent à un couple âgé fort riche qu’ils étranglent jusqu’à ce que mort s’en suive. Ils retournent la maison, et volent 4500 francs, et en billets d’or, soit au bas mot quinze mille euros de nos jours. Ils sont alors arrêtés, et jurent être étrangers à ce crime. Etonnamment, où à défaut d’éléments probants, la justice prononce un non-lieu. L’affaire aurait pu en rester là, mais le vieil adage  » Le crime ne paie  » sera en partie appliqué. L’un des quatre complices, quelques mois après, se vante, lors d’une beuverie, révèle être l’auteur de l’assassinat, profitant aussi de régler quelques dettes avec l’argent récupéré. Arrêté, il sera comme étant le seul coupable, condamné à mort, et guillotiné en 1871. Pourquoi n’a-t-il pas dénoncé ses complices, mystère.

# 25 septembre – A Dreux, à la stupeur de la population intriguée, un ballon aérostier atterrit. Les ballons étaient tout spécialement utilisés pour transporter les messages –

#  4 octobre – Epernon – Le Commandant Lecomte trouve la mort avec 22 gardes-mobiles lors de la défense de la ville face aux Prussiens. –

#  Nuit du 7 au 8 octobre – lors des combats dits La Surprise d’Ablis, Athanase Barbier (1828/1908), futur maire de la commune, au péril de sa vie, intervient pour sauver des otages mais plusieurs seront néanmoins fusillés par les Prussiens. 

# 10/14 et 15 octobre –  Les habitants des deux communes de Civry et Varize résistent héroïquement aux troupes prussiennes. En représailles, les deux villages seront presque totalement incendiés. 

# 18 octobre.Châteaudun est incendiée par les Prussiens (22 ème division, commandée par le général de Wittich sous les ordres d’Albert de Saxe qui vient de la Loire avec 12 000 hommes et 24 pièces d’artillerie ce qui a eu pour conséquence de détruire plus de 200 maisons.- De nombreux combats de rue se déroulent, la résistance désespérée est quasi héroïque dans une ville retranchée derrière 28 barricades. Ils 700 francs-tireurs et trois cents gardes nationaux de Châteaudun sous les ordres du commandant de Lipowski – Les combattants dunois subissent 6 heures de bombardement  puis neuf heures de combat à 1 contre 10 – La ville tombe, et sera décorée de la Légion d’honneur pour sa résistance . La ville a été pillée. De nombreux habitants ont été tués ou pris en otage – On s’accorde à dire que de tous les départements les Prussiens envahirent, les exactions les plus graves furent commises en Eure et Loir. – Citons le courage d’une jeune fille de seize printemps, Laurentine Proux qui, au mépris de la mitraille et des obus, n’a de cesse de faire des allers et retours pour porter de l’eau et des cartouches aux défenseurs. En l’honneur de cette résistance, de nombreux rues en France portent le nom de la ville.

#  21 octobre – combat à Jouy entre la Garde nationale et 5 000 Prussiens dont 1 500 dans Jouy : 9 morts et 23 blessés chez les Français Les Prussiens, les uhlans et autres soudards eurent dans leurs rangs des reporters chargés de transmettre  » la bonne nouvelle  » comme Hans Waschenhusen, véritable correspondant de guerre pour la Gazette de Cologne, et qui connut un moment de désarroi lorsqu’il fallut raconter les atrocités commises par ses compatriotes.  » Voici ce qu’il écrit ….Voilà quatre semaines que nous passons dans des contrées entièrement ravagées. Les derniers huit jours, nous avons traversé des villes et des villages où il ne restait absolument plus rien à prendre où sur chaque seuil nous étions reçus par des malheureux qui nous criaient  » Plus rien, plus rien  » ou  » Nicht Brott, nicht fleish  » (Pas de pain , pas de viande) tant la détresse de la population a su lui faire apprendre notre langue.  ». Un journal de Bruxelles l’Etoile belge, écrit, le 28 octobre 1870 qu’il se refuse à reproduire les faits horribles à la charge des Prussiens, sans parler des exactions en tous genres, des pillages systématiques, surtout les fermes. Des scènes de désolation. Pourtant le Général Chanzy a tout tenté pour contrer, quelques succès suivis de batailles perdues corps et biens. A Dreux, occupation de la ville par les troupes allemandes du duc de Mecklembourg qui, avec ses 15 000 hommes, trouve une résistance composée de3 000 mobiles. dans une moindre mesure. Pillage et surtout des mesures de rétorsion s’en suivent notamment contre la ferme de la Mésengère qui fut incendiée à proximité de Houdan. 

# 17 novembre – Berchères-sur-Vesgre. Pendant trois heures, 100 gardes mobiles de l’Ardèche, 28 francs-tireurs et 100 gardes nationaux de Berchères et de Rouvres résistent sans lâcher pied face aux troupes prussiennes. Sur le point d’être encerclés, ils reculent, assistés des francs-tireurs de l’Iton, sous les ordres du commandant Houdelière. 15 combattants y laissent la vie, sans oublier les exactions commisses par l’envahisseur qui assassina douze personnes dans les fermes environnantes. – 

#  18 novembre – 1000 soldats français, sous les ordres du commandant Mollard combattent au delà du village de Torçay face 10 000 Allemands, ceci pendant cinq heures. 36 français du 36è régiment de marche ont été inhumés sur les lieux par les habitants, et à quelques pas huit soldats allemands.- Combats d’Ardelles et de Digny entre les troupes du général prussien Wittich et les troupes françaises du colonel Marty de l’armée de la Loire, celle-ci étant prévue pour aller libérer Paris assiégée mais ne put le faire.

#  21 novembre – Combats de La Fourche qui précipitent la prise de Nogent-le-Rotrou par les troupes prussiennes. 

# 23 et 27 novembre – Un témoin de commune des Autels Villevillon raconte : Comme tant d’autres, la commune a eu à souffrir de l’invasion des Prussiens qui déferlèrent le 23 novembre. Ivres depuis le dernier soldat jusqu’à son chef, les nouveaux venus – des cuirassiers blancs –se livrèrent pendant toute la nuit à des orgies sans nom, principalement chez les débitants dont les boissons et liqueurs furent absorbées ou gaspillées. Le27 novembre, l’ennemi ayant opéré son mouvement tournant par le Perche, se précipite sur le 17e corps à Châteaudun. Le flot nous arrivait par les routes d’Authon et de la Bazoche et s’engouffrait par celle de Brou ; le défilé des troupes dura quatorze heures. Six semaines après, le 6 janvier, le mouvement s’opérait en sens inverse. Enfin dans les premiers jours de mars, nous revîmes pour la troisième fois l’armée du duc de Mecklembourg : le dimanche 12 mars, le flot fut plus compact. Heureusement ce fut pour nous le dernier jour de l’invasion. Les 27 novembre, 6 janviere 12 mars rappellent les grands passages de l’armée ennemie et aussi les jours de pillage et de dévastation. Le bourg étant situé à la bifurcation des routes de Chartres à Saint Calais et de Brou à La Ferté Bernard, il arrivait très souvent que deux colonnes se présentent en même temps à la jonction de ces routes : force était à l’une de s’arrêter ; mais de cette colonne stationnaire sortaient un grand nombre de soldats maraudeurs et pillards qui se répandaient par tout dans le bourg et les hameaux voisins, fouillant les habitations de la cave au grenier, entrainant tout ce qui était à leur convenance, détériorant tout ce qu’ils ne pouvaient pas emporter. Pour donner une idée de leur capacité, il suffit de dire que dans une seule ferme, au Château, ils enlevèrent 9 chevaux, 8 vaches, quantité de moutons, les fourrages et l’avoine.Outre les trois grands passages, nous étions journellement visités et rançonnés par de nombreux détachements, et au mois de février, nous dûmes héberger, pendant huit jours, 500 chasseurs à pied Les pertes de la commune s’élevèrent a 53.727 francs. Si des déprédations et des pillages nous passons aux mauvais traitements des personnes, nous devons citer en première ligne M. le curé.Celui –ci, indigné de leur vandalisme, ayant dit à un colonel : « Vos soldats sont des brigands, et vous, vous êtes un chef de brigands » fut appréhendé au corps, menacé des baïonnettes et conduit au poste ou il passa la nuit. François Lecomte, maréchal à Villevillon, en plein hiver, fut attaché nu-pieds, nu-tète, à la queue d’un cheval et traîné à Chapelle Royale, distant de cinq kilomètres, puis lié à un poteau et fustigé. Leroi, gouverneur de bestiaux, revenait du marché de Brou, le 22 février, lorsqu’il rencontre de plusieurs Prussiens ; ceux-ci montèrent dans sa voiture, frappèrent le cheval qui partit brusquement au galop lançant Leroi hors de sa voiture, ou il se tua instantanément. La commune des Autels Villevillon a sacrifié pendant la guerre bon nombre de ses enfants à la patrie  : Dolléans, sergent au 17e de ligne, blessé mortellement à Sedan, le 30aout 1870 ( combat de Beaumont- Ardennes )- Jacques Girouard, soldat au 30e de marche, disparu à Loigny, le 2 décembre 1870(Combat de Lumeau ) – Pierre Heuline, cavalier au 9e régiment du train d’artillerie, décéde, prisonnier de guerre, à Freyssing, le 28 décembre 1870 – François Boudet, soldat au 77e de ligne, décédé à Pau le 4 juillet 1871, des suites d’infirmites contractées dans l’armée de l’Est  

# – Le 2 décembre, à Loigny, qui deviendra Loigny-la-Bataille, ultime résistance du Général Sonis, combats héroïques dans l’enfer d’un rude hiver , et qui consomme la défaite française. 9000 morts chez les Français, constat humiliant malgré l’héroïsme des combattants sous la bannière du Sacré-Coeur. Des Prussiens mieux armés prennent le dessus. La veille, un affrontement s’est déroulé à proximité du château de Villepion, héroïquement l’armée de la Loire commandée par l’amiral Jaurèguiberry a repoussé un corps d’armée de 20 000 allemands

# – 2 & 3 décembre, Le général Barry s’empare de Loigny mais l’évacue le lendemain débordé par l’adversaire victorieux à Patay. Les Zouaves de Charrette, les francs-tireurs de Tours, les Mobiles des Côtes du Nord tentent de reprendre le terrain conquis. Ymonville qui avait quatre moulins sur sa commune déplore alors la disparition de deux d’entre eux, puisque des soldats pris par le froid intense qui règne à ce moment, ne trouvent rien de mieux que de mettre des bottes de paille au pied des deux moulins en question.Ce qui devait arriver arriva puisque les deux moulins se consumèrent. – Le général de Sonis, blessé gravement, soigné tant bien que mal à Villepion, est amputé d’une jambe. Un combat d’arrière-garde pour une défaite consommée, Napoléon III défait irrémédiablement malgré le sacrifice français. Même l’occupant va humilier les communes euréliennes en imposant un impôt d’occupation. Des épisodes qui restent ancrés dans la mémoire d’histoire de l’Eure et Loir.

# Ce qu’il reste reste de cette guerre de sacrifice, de nombreux monuments aux morts rappellent la mémoire de ces hommes morts au Champ d’honneur. Comme un rappel, citons les communes de Chartres, – Châteaudun – Croisilles – Jouy – Loigny-la-Bataille – Lumeau – Marville-Moutiers – Brûlé Ouerre – Varize Civry – Villemeux. Un souvenir certes lointain qui permet de ne point l’oublier. A noter que six soldats euréliens sont morts pour la France. Pour tout renseignements complémentaires, se reporter au site : https://public.opendatasoft.com/explore/dataset/morts-pour-la-france/table/?flg=fr&sort=date_deces

1871

# – Démolition des dernières maisons encore présentes sur les ponts chartrains –

#  1 avril – naissance à Arrou de René Lelong, aquarelliste et coloriste de talent qui a reproduit des scènes de plages, de champs de courses, plus spécialement celui de Longchamp. Illustrant également des ouvrages d’écrivains de références comme Guy de Maupassant, Colette. Créateur d’affiches sur demande. Il meurt à Paris en 1933.

# Naissance à Pierres de Marcel Langlois, prêtre du diocèse de Chartres, historien et bibliographe, puis bibliothécaire en chef de l’ institut catholique à Paris dès 1908. Il est auteur de nombreux ouvrages notamment sur Madame de Maintenon, de même sur le siècle de Louis XIV, une oeuvre importante dans son ensemble. Il meurt en 1941.

1872

# Chartres est relié à Voves par le chemin de fer.

1873

# – Lucien-Louis Manceau voit le jour à Nogent-le-Rotrou, décorateur de théâtre et en 1904, l’Opéra de la Haye fait appel à lui, un virage important. Il réalisa de nombreux dessins à la plume, des aquarelles, des peintures à l’huile représentant des fleurs, celles-ci particulièrement remarquées sur la précision et des couleurs. Il meurt en 1937 aux Pays-Bas où il s’était marié. –

# La gare de Chartres est reliée à celle de Dreux par le chemin de fer

#– 10 mars – Naissance à Nogent-Le-Rotrou de Raymond Jean Verdun, artiste-peintre, connu pour la qualité de ses paysages. Eternel voyageur, il sera toujours à la recherche de nouveaux thèmes, humant la couleur au fil de son affectivité pour mieux la reproduire. Il meurt en 1954 à Lumbres (Pas-de-Calais) 

# – 11 octobre – Jean-Pierre Hulans condamné à mort à Chartres pour avoir tué à la Fringale un homme pour lui voler sa montre et de l’argent est guillotiné à Châteaudun.

# – 30 décembre – Naissance à La Bazoche-Goüet d’Homère Robert. Etant installé à Paris avec sa famille, il connaît l’apprentissage dès l’âge de 13 ans. Lors de son service militaire, il apprend la mécanique, l’électricité, le travail du bois. Très attaché à ses origines, il s’intéresse à ses concitoyens, et sera élu maire-adjoint, puis à l’origine de la création de la commune de Villeneuve-la-Garenne dont il sera le premier maire , élu par la population. Il s’éteint en 1934.

1874

# La Société Vermandoise de sucrerie démonte son usine en Lorraine, et la transfère en Eure et Loir sur le site de Toury en cette région propice à la culture des betteraves. Cent quarante six ans plus tard, elle ferme en raison d’un marché du sucre souffrant d’une concurrence importante venant d’Inde et de Thaïlande. Deux pays qui profitent de la chute des cours du sucre en 2017 en Europe qui a coïncidé avec la fin des quotas sucriers.

# Renouveau de l’église Saint-Luçain de Loigny-la-Bataille. En mauvais état après les événements de la guerre de 1870, elle est reconstruite et terminée en cette année en style néoroman. Elle contribue avant tout au souvenir à cette guerre désespérée, et du sacrifice de ces hommes. Un musée est consacré à la mémoire des combattants. Un haut-lieu à visiter qui inspire respect et recueillement.

# Louis Aubert, né la présente année dans le Cher, s’est illustré dans de nombreuses photographies consacrées à Chartres, à des lieux qui ont disparu depuis, avec l’aide de son fils François qu’il avait formé. La qualité de ces photographies lui a valu de nombreuses récompenses, et il est considéré comme un témoin de l’ancien Chartres.

# 1 juin. Convention ignée entre l’Etat et la ville de Châteaudun, récompensant la cité danois de son acte d’héroïsme de 1870, la ville étant désignée pour devenir caserne de cavalerie permanente. Quatre ans plus tard, la future caserne Kellerman reçoit le 20ème chasseurs avec 5 escadrons, son état-major, soit environ 800 hommes plus les chevaux. Il y eut par la suite de nombreux régiments, puis l’Armée de l’Air prendra ses quartiers. En 2020, l’ancienne caserne sert à différents accueils administratifs, de loisirs, infirmerie et écuries ayant été réhabilitées. Une page a été tournée, l’histoire conservant l’image militaire.

# 14 août. Sancheville. Marie-France Bigot met le feu à sa propre maison où meurt ses filles en bas âge. Condamnée à mort, elle est graciée en mai 1875, et terminera ses jours en prison.

# 27 août Sylvain Poirier condamné à mort pour avoir tué successivement trois personnes au Gault (Loir et Cher), à Brou et à la Bazoche-Gouët est guillotiné à Chartres. Cette affaire suscita la présence d’une foule considérable venant de tous horizons, de Paris également.

# – Plus que 774 hectares de vignes exploitées en Eure et Loir.

1875

# – La sucrerie s’installe à Toury, l’usine ayant été transférée de Nancy. Le bâtiment avait été démonté brique par brique, transporté et remonté.

1876

# – La gare de Chartres est reliée à Brou et à Auneau par le chemin de fer – 

# 20 février & 5 mars – Victoire républicaine aux élections législatives ( après celles de 1871 aux cantonales et municipales) n’inversent en rien la tendance modérée, et les députés appartiennent à la bonne société, celle qui tire les ficelles. L’Eure et Loir sera marqué également par de grandes figures politiques nés en ce siècle comme Maurice Viollette, William Henry Waddington, tous deux ministres, Paul Deschanel, président de la République, Maurice Bourgès-Maunoury, président du Conseil).

# 6 mars – Naissance à Dreux d’Emile Buré qui connut une carrière de journaliste politique fort dense, et directeur de nombreux journaux. Décès en 1952

#  12 septembre – Commémoration du millénaire de la Relique insigne de la Sainte Vierge à Chartres depuis 876.

# 21 décembre. Naissance d’André Mercier à Chartres qui figure parmi les pionniers chartrains de la photographie. Tout en étant imprimeur de métier, son oeuvre est importante. Notons un cliché souvenir lors de la venue le 26 octobre 1913 dans la cité beauceronne, de Raymond Poincaré à Chartres, accompagné de Paul Deschanel, tous les deux pris dans une calèche.

1877

# – Grande fête à Chartres, comice agricole, différentes célébrations, et notamment une présentation de races d’animaux de ferme à la Butte des Charbonniers. En cette occasion, la municipalité décide de faire référence à la visite de Marie Stuart 329 ans plutôt.

# – 3 octobre – Publication du décret par le général Mac Mahon, président de la République, qui autorise la ville de Châteaudun à porter une croix de la Légion d’honneur sur ses armoiries, consécutivement à sa défense héroïque le 18 octobre 1870.

1878

# – 24 mars – Naissance à Lucé de l’architecte Raoul Brandon, concepteur de l’Hôtel des Postes à Chartres devenue médiathèque en 2008 . Devenue député à Paris, il se montre comme un ardent défenseur des habitations à bon marché (HBM) 

# – 31 mars – Naissance à Chartres de Raymond Gilbert, qui sera sénateur. Le 10 juillet 1940, il refusera de donner les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain et se retire de la vie parlementaire. Il meurt à Chartres en 1956. – 

# Août – Louis Pasteur et son équipe entreprennent des expériences contre la maladie du charbon (infection charbonneuse) chez les ovins dans l’élevage de M.Maunoury de Saint-Germain-la-Gâtine, aujourd’hui Berchères-Saint-Germain.Cette maladie dangereuse pour les ovins décima de nombreux troupeaux avant que l’illustre chercheur trouve la parade et soulage considérablement l’inquiétude des éleveurs.

# – 7 septembre – Naissance à Brou de Jean Valadier, sénateur-maire de sa ville et ministre du Travail en 1934.

1879

# – Berchères-l’Evêque prend le nom de Berchères-les-Pierres, commune rendue célèbre pour sa carrière qui a fourni les pierres pour la construction de la cathédrale de Chartres, et autres édifices. Cette pierre est un calcaire très dur, à grains très très fins. Les pierres étaient transportées par carriole à partir de Gellainville. La carrière fut exploitée jusque dans les années 1970/1980 par la marbrerie Martin, et, et de nos jours, seule l’entreprise Quelin utilise le ban de pierre pour y tailler le matériau nécessaire à la restauration du patrimoine. Une partie du parcours des carriers a été restituée., semble-t-il, un temps.

# – 26 mars – naissance à Chartres de Georges Cochon, ouvrier tapissier et syndicaliste, connu pour être à l’origine des habitations à bon marché (HBM). Surnommé  » Le Robin des bois du 20ème siècle  » . Il se distingua avec des déménagements à la cloche de bois, pour aider les familles sans abri. A force d’être présent partout où il était nécessaire, son combat sera reconnu par le pouvoir en place qui votera une loi (1912) pour favoriser la construction de 20 000 logements à faible loyer. Il fut également un objecteur de conscience lors de la guerre de 14/18, et condamné à trois ans de travaux forcés. Retiré à Pierres, il est à l’origine du journal Le Raffût qu’il publia à Maintenon entre 1917 et 1922. Il meurt en 1959.

# – 2 juin – Naissance à Nogent-le-Rotrou de Paul Tirard, maître des requêtes au Conseil d’Etat, et haut commissaire de la République dans les pays rhénans. Auparavant en 1912, il assure la mise en place du Protectorat français au Maroc dont il devient le secrétaire général l’année suivante. Il meurt à Paris en 1945.

1881

# – 60 exploitations agricoles sur la commune de Jouy. Un siècle plus tard (1998), elles ne seront plus que 6.

# – 1 mai. Le Journal de Chartres publie un article en forme d’hommage à Henri Garnier, Chartrain de naissance, pratiquement inconnu de la population, graveur de son métier, qui a déposé plusieurs brevets d’invention, notamment en 1858 à propos de l’aciérage des planches de cuivre gravées, notamment taille-douce pour leur donner plus rigidité. Il fut récompensé en 1867 à l’Exposition Universelle à Paris. Par ailleurs, il est auteur de plusieurs eaux-fortes consacrées à Rembrandt. Il meurt à Paris le 29 janvier 1888 à l’âge de 63 ans.

1882

# Chartres. Décès de Nicolas Lorin,49 ans,maître-verrier. Originaire de la Meuse, son mariage fut l’occasion pour venir s’installer en la cité beauceronne, et créer son atelier de verrerie sur le domaine d’une ancienne tannerie. Son oeuvre a été importante avec de réalisation de vitraux pour Chartres, Ablis et Brezolles, de même dans le département de l’Essonne.Il est le père de Charles Lorin.

1883

# – D’énormes ballastières sont mie en œuvre pour la fourniture de cailloux sont ouvertes à Chandelles en vue de la construction de la ligne de chemin de fer Dreux-Maintenon.

# – 10 juillet – Hubert Latham voit le jour à Maillebois. Il aurait pu être avant Louis Blériot, le premier aviateur à franchir la Manche, mais il échoua à quelques kilomètres des côtes anglaises. Il mourra au Tchad en juin 1912 chargé par un buffle.

1884

# Guillonville – Cette charmante petite commune de moins de 500 âmes dan l’arrondissement de Châteaudun fut un berceau du protestantisme. En cette année-là, est construit un temple protestant que l’on dit unique en France. Trente trois ans auparavant, la population à majorité protestante, pour la plupart des journaliers, ayant subi par le passé ce que la présence huguenote a connu, a constitué un flot particulier dans cet endroit de la Beauce en se constituant en église. Un seul but : une liberté de conscience pour exercer leur culte, être libre de lire la Bible, pouvoir se réunir sans subir les affres d’une religion mise au banc des accusés d’être contraire à la foi chrétienne. En quelque sorte, être un refuge pour celles et ceux qui veulent vivre leur croyance face à une répression aveugle. Un. clergé qui ne supporte pas une forme de concurrence religieuse. En fait, ce regroupement démontre le désir que s’unir dans un endroit programmé, permet de faire front. Guillonville-en-Dunois en est un exemple frappant sur cette terre de Beauce

1885

# Chartres. Décès de Charles Jean-Baptiste Sellèque, 89 ans, ancien journaliste au Glaneur, conseiller de Préfecture puis Préfet d’Eure et Loir, par intérim.

# – Alexandre Voisin, pâtissier et traiteur chartrain, exerçant rue du Soleil d’Or à Chartres, porte au sommet la notoriété du pâté de Chartres, et reçoit la médaille d’or de 1ère classe à l’occasion d’un concours culinaire à Paris en raison de l’excellence de ses pâtés. Voisin fut surnommé le  » Napoléon du pâté de Chartres  »

# 23 Mars. Nogent-le-Phaye. Décès à l’âge de 61 ans de Ferdinand Narcisse Jumeau, cultivateur, licencié en droit, originaire de Boisville-la-Saint-Père où il était né. Il fut un conférencier spécialiste des engrais chimiques. Il participe à la fondation de l’Union Agricole (1858), déca par le refus du Journal de Chartres de ne point accepter les articles qu’il entendait leur proposer. Il a été l’ami d’enfance de Narcisse-Anténor Leloup (voir ce nom en 1823)

# – 28 juillet – naissance à Nogent-le-Rotrou de Louise Lanna, artiste-peintre de talent qui meurt accidentellement par asphyxie chez elle le 12 juillet 1972. Elle a participé à de très nombreux salons.

# – 30 septembre – Maurice Brandon voit le jour à Chartres. Sportif de haut niveau spécialisé dans le cross-country, il est de ceux qui fait partie des sportifs euréliens morts pour la France, tué dans la Meuse au tout début de la guerre, le 26 août 1914.

1886

#  – Création du Syndicat agricole

# 21 janvier – Naissance à Pontgouin d’Alphonse Foucault, instituteur, qui a participé à de nombreux combats, Verdun, les Eparges, la grande offensive en Champagne. Lors de la guerre 39/45, il échappe aux griffes allemandes, tout en aidant de jeunes réfractaires au STO. 

# 14 avril – naissance à Mainvilliers de Louis Deneau, brillant pilote avec quelques exploits à la limite de l’imprudence qui lui ont procuré une certaine notoriété. Par exemple se poser dans le cimetière de Mainvilliers pour déposer une gerbe sur la tombe de son frère.Si sa célébrité repose avant tout sur sa carrière de pilote, il eut une autre facette moins connue mais qui eut l’heur de plaire aux Chartrains lorsque rue Félibien, à quelques pas de la gare, il installa le cinéma Le Palace, à l’emplacement des dépendances de l’Hôtel de Paris, plus précisément dans les jardins du café Beaumont. Une salle rimant avec confort, luxe et éclairage qui fut inauguré en octobre 1913 et cessa son activité en 1939 pour être démoli après la Libération. Durant la période estivale, il avait même prévu une projection de plein air rue du Ravin. Il meurt à Chartres en 1971.

# mai. Emile Zola (1840/1902) et l’Eure et Loir ont en commun le quinzième roman de l’écrivain dans la série des Rougon-Macquart, paru en 1887. En mai 1886, Zola vient visiter la Beauce confortablement installé dans une calèche, une approche de la paysannerie qui s’effectuera en six jours pour plonger dans la réalité beauceronne, venant tout de même à la rencontre des notables et agriculteurs dans de brèves conversations. C’est en s’inspirant d’une affaire criminelle qui s’est déroulée dans le Loir et Cher, que Zola s’en est allé planter son décor en Beauce, plus précisément à Romilly-sur-Aigre, une petite commune située au sud de Châteaudun, un ouvrage intitulé La Terre. Il lui donnera un autre nom celui de Rognes, et fait entrer dans le concert Jean Macquart, un ancien soldat qui a combattu lors des campagnes militaires du Second Empire, et notamment à la bataille de Solférino. L’homme se fait engager comme commis agricole dans une des ces fermes disséminées dans l’immense plaine céréalière. Il devient valet du fermier Hourdequin, âpre au gain, et Zola évoque dure condition paysanne de l’époque avec ce besoin de posséder encore plus de biens comme de femmes dans un univers presque primitif. Zola sera critiqué d’autant qu’on lui reproche d’être assez éloigné de l’univers beauceron dont il reproduit très approximativement le parler de la région, les échanges verbaux étant plutôt ceux du Loir et Cher. Le livre souleva également l’indignation face à la bestialité des faits sur un fond criminel dont le  »héros  » sortira indemne repartant pour de nouvelles aventures. Il est certain que Zola a frappé les esprits dans cette histoire, permettant à la Beauce en faisant parler d’elle au niveau national. A l’évidence, Romilly-sur-Aigre, petit village d’à peine 500 habitants, n’en tire aucune gloire, si ce n’est peut-être d’avoir vu passer en coup de vent Emile Zola dans le cadre de son futur ouvrage. Ce n’est pas Rognes qui fera penser à Romilly-sur-Aigre dont les environs sont éloignés des plaines de Beauce mais s’ils en sont limitrophes, des environs qu’une nature chaleureuse au rythme de l’Aigre incite à se démarquer de la vie trépidante.

# 27 août. Bailleau L’Evêque. Décès d’Antoine Auguste Barthélemy, 84 ans, originaire de Paris qui, commissaire du Gouvernement, fut investi, une très courte durée, comme Préfet comme le fut son alter-ego Julien Marescal (voir 1862)

# 17 octobre – Décès en son château d’Abondant de Geneviève Perusse des Cars, duchesse de Vallombrosa qui donna son nom à deux roses.

# 1 novembre. Incendie du moulin de Longsaulx (Lèves)

1887

#  – Inauguration du lycée de Chartres. Une époque où l’exploitation agricole s’est adaptée. Le fruit des récoltes circule plus facilement, les rendements augmentent. La révolution industrielle est en marche, et avec elle les engrais chimiques. Les gros exploitants sont ceux qui en profitent le plus augmentant leurs profits d’une façon considérable. Les comices agricoles se multiplient où se mêlent toutes les classes paysannes. On découvre de nouveaux débouchés dans l’élevage (moutons mérinos), et on s’instruit des procédés du battage du blé, de la mécanisation à outrance

#  12 février – Naissance à Chartres de Géo Lefèvre, un nom indissociable du Tour de France. Journaliste sportif à l’Auto, en 1902, il a l’idée d’une épreuve cycliste de grande envergure. Il se confie à son rédacteur-en-chef, Henri Desgranges. Un an plus tard, le Tour de France est officialisé. Le vélo comme le journaliste sportif vont sortir grandis de cette initiative. Premier vainqueur : Maurice Garin au terme de six étapes et 2428 km à une vitesse moyenne de 25,679 km/h. Géo Lefèvre disparaît en 1961, toujours auréolé par son idée qui en fait aujourd’hui la plus grande course cycliste au monde.

# 30 mars. Berchères-sur-Vesgre. Inscription à la liste des édifices protégés du Menhir dit de la Ville-Lévêque.

# 31 décembre. Quatre-vingt sept ans après les faits, le journal Le Petit Beauceron, dont le siège est à Chartres, parait dans un petit format 55 x 38. Il a pris pour thème la Bande d’Orgères sous forme d’une bande dessinée très marquante.Un crieur de journaux interpelle les passants en leur criant  » Dormez en paix, Beaucerons ! Les temps ont changé, et ces épouvantables drames qui terrorisaient vos grands-père, vous pouvez les les lire pour 5 centimes dans Le Petit Beauceron.  » Un succès énorme pour un lancement dans une affaire qui n’avait jamais disparue pour autant des mémoires, et restant vive au siècle suivant et ainsi de suite. Le Petit Beauceron connut un succès éphémère sur deux ans, puisque reposant sur le sensationnel, il aurait fallu d’autres affaires de cette dimension.

1888

# 25 janvier –  Digny – naissance de l’artiste-peintre Georges Joubin, spécialiste des paysages, et qui remportera de nombreux prix de prestige. Il participe à la fondation de l’Ecole de Montmartre. Ses œuvres rassemblent également des nus, des portraits, des dessins à la mine de plomb et au fusain. Il détient encore de nos jours une côte importante. Il meurt en 1983.

# Langey (devenu commune d’Arrou). Naissance de Raymond Amiot, qui connut une remarquable carrière de vétérinaire spécialisé en biologie animale à qui de nombreuses récompenses furent attribuées pour ses travaux de recherches. Il décède dans le Loir-et-Cher en 1968.

# 15 décembre. Chartres. Décès à l ‘âge de 81 ans de Jacques Delacroix, homme politique. il sera maire de Chartres et destitué en 1874, quatre ans plus tard. puis sénateur représentant la Gauche républicaine.

1889

# Chartres. Inscription à la liste des sites protégés de la Maison dite de la reine Berthe.

# Corancez. Inscription à la liste des sites protégés du polissoir dite pinte de Saint-Martin

# 20 juin – Naissance à Béziers de Jean Moulin, personnage emblématique de L’Eure et Loir, héros de la Résistance nommé en 1939 préfet d’Eure et Loir. A l’arrivée des Allemands à Chartres, il refuse de signer une déclaration à propos de tirailleurs sénégalais ayant commis des atrocités. Dès lors, il se pose en résistant, sera révoqué par le gouvernement de Vichy. Dénoncé, arrêté à Caluire (Rhône), il meurt dans des conditions mystérieuses lors d’un transfert vers une prison allemande (1943).

# 3 août Louis Regnault, évêque de Chartres (1852), décède en cette même ville à l’âge de 89 ans.

# 26 novembre. Est jugé et condamné à mort, Henri Terneau,18 ans, pour avoir assassiné de plus de vingt coups de couteau à Maintenon, une dame âgée pour lui voler le peu d’argent qu’elle possédait. Malgré la sauvagerie de l’agression mortelle, le criminel sera gracié en janvier 1890, et emprisonné. Sans doute son jeune âge a-t-il influencé le jugement.

1890

# Début juillet  – Décès à Mainvilliers du soldat napoléonien Algrain. Engagé à l’âge de 15 ans, il fit la campagne de France et celle des Cent jours. Médaillé de Saint Hélène.

# – 4 août – Naissance à Aunay-sous-Auneau d’Henri Perronneau, pilote et as de la guerre 14/18 avec dix victoires homologuées.

# – 19 août – Fondation du musée de Chartres

# 6 novembre. Châteaudun.Naissance de Franck Prudhomme dont le père était directeur-rédacteur-en-chef du journal Le Patriote de Châteaudun . Après avoir tenu d’autres commerces, il devient électricien et se passionne pour la photographieSes nombreux clichés consacrés aux cavalcades à Brou et dans l’agglomération seront édités encartes postales. Il meurt en 1975.

# – Célèbre famille de potiers, les Le Gué exerçaient leur métier depuis la fin du XVIIIe siècle au hameau de la Poterie dépendant de la commune de Coudreceau. Ce village a connu une industrie de poteries très florissante puisqu’à cette époque, une quinzaine de familles en vivait, et en 1891, 33 foyers se consacraient à cette fabrication pour une population de 655 habitants en cette année là. Les Le Gué sont parmi les plus connus, et le dernier de la lignée Louis (1879/1954) fut le plus inventif avec une grande maîtrise de la technique exprimant tout son talent ce qui n’enlevait rien à sa façon de commercer. Le premier à initier cette lignée fut François Le Guée, installé en 1786 comme  » potier en terre  »

# – Selon un décompte effectué dans le département, on a dénombré 42 752 chevaux, 79 mulets, 4898 ânes, 107 578 vaches, boeufs et veaux, 594 388 moutons, 23 256 porcs, 2 717 chèvres et 20 698 ruches.

# – 18 juin– Calvalcade représentant Chartres à travers les âges, de même Théâtre ambulant, qui reprend une tradition interrompue en 1877.

# –  18 août – Tempête qualifiée de cyclone à l’époque à Dreux provoquant de gros dommages du fat de l’énormité des grêlons.. Le quartier Saint-Thibault subit la grande majorité des dégâts connus par la ville.De nombreuses maisons détruites.

1892

#. Le pont de Douy emporté par la violence des eaux suite à un orage et des pluies diluviennes l’accompagnant.

27 juin  – Naissance à La Framboisière de Maurice Achavanne qui sera fusillé à Rouen le 4 juillet 1940 pour acte de sabotage. Il est le premier résistant eurélien qui passe au peloton d’exécution.

1893

# – Mise en œuvre d’une église néo-romane à Loigny-la-Bataille dédiée aux 1200 tués de la guerre de 1870/1871

#  7 janvier  Jacques Gautron voit le jour à Sours, dont il fut maire, et de conseiller général. Élu sénateur, il refusa de voter les pleins pouvoirs à Pétain. Il meurt à Cours le 3 janvier 1974 après 33 ans de mandat de maire.

# – Création du Mentchikoff, une confiserie sous forme d’un noyau de chocolat enrobée de sucre, somme toute une meringue suisse. Un façonnage imaginé par un certain Daumesnil, pâtissier chartrain, tenant échoppe rue de la Pie à Chartres, fervent de la Russie. Cherchant comment le dénommer, il eut vent de l’existence d’un prince russe, Alexandre Mentchikov.

1894

# – 27 juillet – Duel entre MM.Deschanel, député d’Eure et Loir, et M.Clémenceau à propos d’un article outrageant publié dans la Justice sous la plume de ce dernier. M.Deschanel est légèrement blessé.

#  17 septembre – Réception par la municipalité de Chartres des officiers étrangers venu pour assister aux grandes manœuvres.

# – 20 septembre – Grande revue à Châteaudun passée par le Président de la République Casimir Périer.`

# – 19 décembre – Naissance à Chartres de de Madeleine Castaing, fille d’un ingénieur, maître d’oeuvre de la gare de Chartres. Bienfaitrice des arts, et protectrice du peintre Chaïm Soutine en sa célèbre maison de Lèves. Surnommée  » la petite Madeleine des décorateurs  », elle s’éteint en 1992.- En cette fin du XIXe siècle, la population chartraine est évaluée à 23 000 âmes.

# – Naissance à La Loupe de René Aubert, peintre et lithographe, directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Versailles. Il se signala comme illustrateur pour le compte de la presse, notamment pour ses coups de crayon illustrant le procès de Landru (1821). Il s’éteint à Versailles en 1977.

1896

# Chartres. Décès de Sosthene Auguste Desprez, 56 ans, conseiller de Préfecture, et trois fois sous-préfet dont une fois à Chartres.

# 5 avril. Fondation de la Société photographique d’Eure et Loir.

1897

# – naissance à Saint-Loup-en-Beauce (La Bourdinière) d’Ephraim Grenadou, héros d’un roman sorti en 1978 sous la plume d’Alain Prévost.Toute la vie de cet homme avec ses illusions, ses désillusions, son métier, la terre, le village. Charretier dans un premier temps, puis éleveur de veaux ensuite de cochons, il se sera engagé à 18 ans dans l’artillerie et combattra au Chemin des Dames. Il se marie en1909 avec Alice dont il aura trois filles. En 1930, il s’engage pour la défense des agriculteurs, en 1944, il s’engage chez les FFI. Il s’éteint en 1979.

13 janvier – Le marquis de Tarragon offre à la ville de Châteaudun sa collection de 2500 oiseaux naturalisés provenant du monde entier. 

1898

# – 27 février – Chartres – un réseau de tramways est déclaré d’utilité publique.

#– 27 avril – Naissance à Châtillon-en-Dunois de Germain Delatousche qui, d’abord élève du maître-verrier chartrain Lorin, révèle plus de dons pour la peinture, plus spécialement les paysages, puis douze gravures sur bois qui vont lui valoir une notoriété publique. Une partie de son enfance à Chartres se passe à Chartres, ce qui va l’inspirer en réalisant un bois gravé reprenant la Porte Guillaume. Il meurt le 31 octobre 1968 à Bouguenais (Loire-Atlantique).

# 17 mai.Dreux.Henri Lozeray voit le jour. Il fut député du Cher de 1945 à 1950 en qualité de représentant du Parti communiste Français, fonction dont il démissionne en raison de son état de santé. Il meurt en 1952.

# 18 mai. Chartres. Foire aux Barricades place des Epars. En cette occasion, les débuts du cinématographe furent particulièrement appréciés par une foule de visiteurs de ce stand.

# 20 mai. Le hameau du Puit-Drouet, situé à 1500 mètres environ de la Porte Morard connait un incendie très grave. Ce petit village regroupe à l’époque des cultivateurs comme des vignerons au sein de vingt-six constructions typique de la construction beauceronne faisant appel à la bauge (terre + paille) avec une base composée de pierres et de silex, et surtout des toits de paille à une époque où la réglementation impose des toits d’ardoise. Hélas, suite à une querelle de voisinage, dix-sept maisons vont s’enflammer vers 22 heures 30, occasionnant la mort de cinq personnes dont quatre enfants, comme le commente le journal Le Petit Parisien. Les pompiers eurent beau entailler la bauge recouvrant les murs, ils arrivèrent trop tard.Quatre personnes soupçonnés de cet incendie criminel furent arrêtées dont trois femmes. Le père des enfants morts qui était absent au moment des faits, retrouvera le principal incendiaire, et le tuera à coup de fourche.

31 décembre Frétigny (Santigny). Naissance d’Ernest Pavée, maire de sa commune, ancien combattant à la guerre 14/18, et surtout résistant en 39/45 au sein du maquis de Plainville dont il fut l’initiateur. Maintes fois décoré et cité notamment par Jean Moulin et le Général Eisenhower. Il meurt en 1985.

1899

# 9 janvier  – Ouverture de la 1ère ligne de tramway en Eure et Loir entre Dreux et Brezolles longue de près de 24 km.

# Construction de la ligne Lèves-Bonneval.

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