XIIIe siècle.

1200

En ce début de siècle, mise en oeuvre du célèbre labyrinthe de la cathédrale de Chartres d’un diamètre de presque 13 mètres, et d’une longueur qui avoisine 256 mètres. Il est l’un des seuls constitué de pavement, et son emplacement représente un carré parfait. Deux versions veulent accréditer la présence de ce parcours. L’une opte pour ces pèlerins selon laquelle, n’étant pas en mesure d’aller en Terre Sainte, ils faisaient acte de pénitence en le parcourant, peut-être à genoux, plus vraisemblablement pieds nus. Ce but de persévérance est de sentir ainsi son corps calme et serein dans une communion parfaite avec le divin. L’autre version, selon des textes de référence, accréditerait l’existence de ce chemin comme celui de la vie, depuis la naissance jusqu’à la mort, le paradis étant au bout du chemin. Le labyrinthe, outil spirituel, était également appelé aussi Chemin de Jérusalem, censé détenir le fil d’Ariane qui permettrait d’atteindre la Jérusalem céleste.

Trois naissances d’importance : à Chartres, venue au monde de Geoffroy de Beaulieu, connu également sous le nom de Galgrid, confesseur du roi Saint-Louis et qu’il accompagna à deux croisades. De même en pays chartrain, naissance de Guillaume de Ferrières, poète et trouvère auteur d’une dizaine de chansons. Il a été Vidame de Chartres (défenseur – clerc de l’évêque). Naissance d’Adelman, évêque de Bresse, auteur de plusieurs ouvrages sur l’hérésie de Bérenger de Tours comme celle de Thomas de Morigny, né à Epernon, pensionnaire, un temps, de l’abbaye de Coulombs, et connu pour son très grand talent de prédicateur.

# Clément de Chartres a vécu sur les XIIIe et début du XIVe sans que sa date de naissance ne puisse être précisée. Peintre verrier, il est celui de ces artisans dont la signature la plus ancienne est conservée sur un vitrail de la cathédrale. Il a travaillé également sur les vitraux situés au pourtour du chœur.

Charles de Valois, quatrième enfant de Philippe Le Hardi, obtient de frapper monnaie, ceci pour compenser l’insuffisance des revenus qu’il tire de ses possessions de Beauce. Bien qu’ayant institué de nouvelles redevances et taxes, l’apport d’argent frais était devenu une nécessité, s’inspirant de son frère Philippe. Le côté licite de l’initiative étant taxé par les Chartrains de manœuvres dilatoires, ces derniers lui donnèrent un nom celui de  » flan de Chartres  » sans prononcer celui de fausse monnaie ce qui revenait au même.

# Si les loups hantent la Beauce, et que la population tente de se montrer prudente, un fait curieux est relaté selon lequel un porc aurait dévoré à moitié une petite fille. Pur quelles raisons ? L’histoire se tait, mais se montre si prolixe sur la suite que l’on apprend que la pauvre bête est pendue comme un vulgaire malandrin. Une loi du talion dans toute sa vérité, du dent pour dent. Une sentence exécutée en public, l’église appliquant à la lettre ce qui convient de prononcer lorsque la vie d’un humain a été interrompue, selon la loi féodale qui concerne tous types d’animaux.

# Fondation de l’hospice des aveugles à Chartres. A cette époque, à quelques années près, achèvement du labyrinthe de Chartres dont la destination constitue le recueillement.

# – Dominicain, Galgrid ou Geoffroy de Beaulieu fut confesseur du roi Saint-Louis qu’il accompagna lors de ses deux premières expéditions en Terre Sainte. Après la mort du roi survenue à Damiette le 25 août 1270 et qu’il assista jusqu’à son dernier soupir, il accompagna le corps de la Terre Sainte jusqu’à la basilique de Saint-Denis. On a de lui : Vita et santa conversatio pioe memoriae Ludovici IX, quondam regis Francorum. Sa mort est située vers 1274, sans plus de précisions.

# Chartres. – Le comte de Chartres homologue la corporation des Métiers de la Rivière composée de plusieurs métiers comme ceux des arçonneras (peigneurs de laines) et des tisserands.

# – Alcherius est cité comme mime au Catulaire de l’Abbaye de Saint-Père-de-Chartres, passant pour avoir exercé son art de la rue et de la scène 

# Chartres. Existence d’une tradition qui se déroulait le lendemain de l’Assomption, à savoir milieu août, dénommée lamprede, sous forme d’un partage qui se déroulait entre les chanoines provenant de revenus fortuits, maintenu jusqu’à la Révolution. Il semblerait que ce mot dérive du mot lamproie désignant un poisson de rivière, particulièrement goûteux, consommé à partir d’une sauce au vin. On peut supposer que les religieux se partageaient le fruit financier de la pêche à laquelle ils s’adonnaient.

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1201

# Châteaudun. Création de la Foire aux Laines sise en cette ville par Geoffroy V (v.1180/1218), vicomte de Châteaudun et autres lieux. Il est vrai que ce moment de convivialité et de commerce va de pair avec une activité textile où la laine prend une part importante. Des tonnes de laine vont s’y vendre, chaque mois de juillet, véritable concentration commerciale, répondant à un besoin réel dans la mesure où la laine habille, protège, et en découlera l’industrie du drap. Ceci jusqu’à la fin du XVIIe siècle. Le mot  » laine  » date de 1120 s’inspirant d’une méthode datant de la préhistoire, dénommée par la suite  » welna  » signifiant arrachement de la laine sur la peau, avant que les techniques évoluent pour les rendre moins douloureuses aux moutons en particulier. Le commerce de la laine s’étant étendue, la foire n’a plus connue le succès qui était la sienne. Nota : il faudra attendre le XXe siècle, plus précisément 1995 (voir à cette date). pour la voir relancée.

# Mai  – Guy abbé de Saint-Père, se rend à Châteaudun pour supplier Louis, comte de Blois, d’exempter les villages de Mainvilliers et Champhol appartenant à son monastère, des droits de taille ainsi que la levée de toutes les contributions auxquelles la région de Chartres est soumise. Il obtient satisfaction.

1204

# Philippe Auguste, éternel adversaire d’Henri II d’Angleterre, récupère la Normandie si bien que la vallée de l’Eure n’est plus stratégique pour observer l’ennemi juré, que constitue l’Anglais.

# Louis, fils de Thibaut V, présent à la prise de Constantinople, trouve la mort au siège d’Andrinople, de même plusieurs seigneurs chartrains.

# (ou 1209) – Décès d’Amaury de Chartres (ou de Bennes) à Bennes situé entre Ollé et Chauffours (Illiers-Combray), hameau où il serait né vers 1150.. Abbé, philosophe et théologien, surnommé  » Libre-Esprit  » ses traités de sciences naturelles connues sous le nom de Physion, estimées d’avant-garde n’eurent pas l’heur de plaire à ses contemporains. Deux conciles l’un à Paris, l’autre à Latran condamnèrent cece qu’ils considéraient comme une hérésie au sein du panthéisme, doctrine selon laquelle  » Dieu est tout  » minimisant l’idée d’un dieu créateur. Condamné par le pape Innocent III, Amaury fut obligé de se rétracter publiquement. L’Eglise d’alors n’admet guère d’autre croyance que la sienne. Néanmoins, il eut de nombreux disciples dénommés les Amauriciens qui furent jugés après la mort d’Amaury. Après avoir été excommunié, ses ossements furent exhumés en 1210, jetés à la voirie sur un tas de fumier, et finalement brûlés avec ses disciples dont certains originaires de sa région de naissance, pour d’autres de Paris.

1210

# – Violentes émeutes à Chartres alors que la cathédrale est en pleine construction. Les Chartrains excédés par la démesure financière pour construire la cathédrale, contribue à une forte agitation par tout ce qui les contraint à vivre chichement. Tout est prétexte pour s’en prendre au pouvoir, mais tout sera fait pour aplanir les revendications de la population. Quand Dieu est en jeu, les malheureux ne le sont plus.

1211

# – Fondation de l’abbaye de Saint Vincent aux Bois près de Châteauneuf-en-Thymerais, gérée par la Congrégation des Chanoines Réguliers.K’abbé commendataire reçoit 4 000 livres de revenus (140 000 euros), et verse 60 florins à Rome.

1212

# – Un moment à la fois important et déroutant quand survient la célèbre croisade des enfants, initiée et animée par un jeune berger des environs de Vendôme en la personne d’un petit pâtre dénommé Etienne, originaire de l’humble bourgade de Cloies, appellation de Cloyes à cette époque. Il avait abandonné son troupeau un certain jour pour suivre une procession à l’initiative du pape Innocent III pour prier le Tout-Puissant d’intervenir pour favoriser la victoire sur les Maures d’Espagne. Son absence l’amena à connaître une sérieuse mésaventure dans la mesure où il ne retrouva plus les bêtes qu’il avait sous sa garde. La légende prétend qu’il se mit à prier, et subitement tous es animaux revinrent en courant, et s’agenouillèrent pour certains, d’autres se coucher. Plusieurs témoins auraient assisté à la scène si bien que la nouvelle extraordinaire fut propagée dans tout la région. On cria au miracle, on jugea le berger comme un envoyé de Dieu en ces moments où les croisades étaient l’objet de toutes les discussions aussi bien dans les églises que chez soi. Cloyes se trouvait dans une telle effervescence, que de tous jeunes hommes, des enfants aussi, vinrent à lui les uns après les autres, arrivant de toutes parts, parfois après avoir accompli des centaines de lieues. Etienne était Jésus, chacun en était tellement convaincu que tout ce qui pouvait être transmis à son sujet, était le fruit des croyances dument ancrées en Beauce. Etienne était un envoyé de Dieu, et un bruit courut selon lequel, le roi Philippe-Auguste lui aurait confié d’entreprendre sa propre croisade pour apporter un sang neuf à tous ces Croisés qui allaient et revenaient de Jérusalem. Etienne comme une sorte de gourou, ne connut pas grand peine à former une troupe certes hétéroclite mais résolue. Pourtant le roi de France n’avait rien à voir dans cette entreprise qu’il jugeait inopportune, et aurait même refusé une demande d’audience du jeune berger. Il est vrai qu’il y avait lieu de s’inquiéter car des mères de famille n’avaient pas hésité à se joindre à cette troupe, emmenant même des enfants en bas âge. Un suicide avant la lettre. Etienne était arrivé à convaincre, à se croire le Messie, rassemblant entre trente et quarante mille  » croisés  » Pour résumer cette utopie, notons qu’un certain nombre parvint à Marseille, ils furent l’objet de trafiquants qui profitèrent de l’aubaine pour vendre leur cargaison à des Sarrazins. Quelques rares captifs purent s’en retourner en France, alors qu’Etienne disparut corps et biens sans que l’on sache ce qu’il lui était arrivé. Les deux vendeurs d’esclaves furent pendus haut et court.

1215

#  – L’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée est entièrement brûlée.(Chartres)

# Exécution par pendaison à Chartres d’un domestique accusé de vol (!) peine exemplaire initiée par Thibaut VI, comte de Chartres, ses officiers faisant office de bourreaux. Les fourches patibulaires (gibet) avaient mises en place en dehors de la ville sur le bord du chemin menant de Chartres à Paris par le gué de la Voise.

1217

# – Geoffroy III, comte du Perche, cousin de deux rois de France et celui d’Angleterre, est tué à la bataille de Lincoln le 20 mai 1217 entre le futur Louis VIII et Henri III d’Angleterre.

# – 8 septembre  – décès de l’évêque Regnault de Mouçon, connu pour sa piété. Il participa à la croisade contre les Albigeois. Il fit reconstruire en dur le palais épiscopal de Chartres.

# – 4 novembre – mort de Philippe de Dreux, évêque de Beauvais, appartenant à la branche des comtes de Dreux. Deux fois croisé, et prisonnier à deux reprises (Saint-Jean d’Acre, puis contre les Anglais). Il luttera ensuite aux côtés de Philippe-Auguste, notamment à Bouvines en 1214. A son sujet, une anecdote mérite d’être précisée. Philippe de Dreux a toujours montré de la répugnance à lutter avec des armes tranchantes, choisissant une lourde de masse de fer pour assommer les ennemis, pour se conformer aux droits canoniques qui défendent aux prêtres de verser le sang.

1218

# 22 avril  – Thibaut V, comte de Chartres, meurt de la lèpre. Son corps est transféré en l’église de la Maladrerie du Grand-Beaulieu.

Décès de Robert II, comte de Dreux, fils de Robert de France. Présent aux côtés de Philippe de Dreux lors du siège de Saint-Jean d’Acre.

1220

#  – première phase terminée de la construction de la cathédrale associée au style gothique flamboyant, un chantier colossal qui finalement, étant habitable si l’on peut dire, a connu cette chance d’être achevé dans un temps relativement court. A cette époque, on cite le chanoine Pierre de Bordeaux qui aurait offert aux Chartrains, une Vierge d’argent aussi scintillante qu’imposante, et placée en la cathédrale de Chartres. Par mesure de précaution comme le précise Gilles Fresson, recteur de la cathédrale Chartres, cette statue fut placée dans un endroit inaccessible des dévots.

1225

# A l’initiative de Babon, grand-chantre de l’église de Chartres est à l’origine des léproseries de Saint-Georges-la-Banlieue qui vient en complément de celle de Saint-Maur de Pont-Tranchefêtu (Nogent-Sur-Eure) qui seront toutes deux réunies à l’hôtel Dieu en 1698. Nota : maladrerie ou léproserie concernent la lèpre. A l’origine de maladrerie, maladir signifiant être malade, tout en étant articulé avec ladre désignant la lèpre, apparue à la fin du XIIIe siècle dérivée elle-même de liepre citée au début de ce même siècle. En ce qui concerne léproserie, cette signification apparait au XIIIe siècle pour devenir léproserie seulement au XVIe siècle.

# 19 maiChartres – Consécration de l’église Saint-André, à l’origine une église primitive mise en oeuvre vers 960, incendiée en 1134. Elle subira de nombreuses améliorations avec des voutes en bois au XVe siècle, des verrières fin XVIe siècle peintes par le maître parisien Marin Le Vavasseur. En 1624, un certain Nicolas Panier réalisera des peintures murales.

1226

# – Fondation par Isabelle, comtesse de Chartres, d’une abbaye de filles obéissant à l’ordre des Citeaux.

# 8 novembre, Louis IX connu sous le nom de Saint Louis, monte sur le trône de France, succédant à Louis VIII dit Le Lion. Son attache avec Chartres le mènera à plusieurs reprises en la cité beauceronne pour y accomplit ses dévotions. On lui prête qu’il aurait fait à plusieurs reprises le chemin à pied. D’ailleurs du côté de Nogent-le-Roi, on note l’existence du ‘’ chemin dit de Saint-Louis ‘’

1227

# – Le Perche dans sa totalité, position stratégique en raison de sa situation proche de la Normandie est inclus dans le domaine royal français.

1228

# – A Brunelles proche de Nogent-le-Rotrou, , aux environs de la forteresse des Vieux Murs, Blanche de Castille, régente de France, doit faire face au sire de Coucy et de ses partisans, dont l’ambition est de vouloir enlever le jeune roi, et prendre sa place. Une bataille a lieu en cet endroit. La reine l’emporte, et son adversaire n’a d’autre alternative que de s’enfuir et rejoindre la Bretagne.

1229

# Janvier – Comme en Beauce, Thymerais et Perche, le royaume connaît un froid très vif. Tout gèle à pierre fendre, des bêtes meurent. Chacun cherche son salut, celui de sa famille, de son bétail comme il peut.

Le comté de Chartres est transmis à Saint-Louis, par Thibaud VI, de Blois lequel a participé financièrement à la construction de la cathédrale de Chartres.

1230

#  – Prémices de construction du château de Bois-Ruffin (commune d’Arrou) à l’initiative des seigneurs du Perche-Gouët.

1231

# Installation hors la ville de Chartres, à l’époque rue du Grand Faubourg ou faubourg des Epars, des Frères Mineurs dits également Franciscains ou Cordeliers. Il faudra attendre le 31 mai 1358 pour qu’une lettre patente émanant de Charles, duc de normandie, fils aîné de Jean Le Bon, donne ordre de leur trouver un lieu qui deviendra alors le couvent des Cordeliers. Craignant que les Anglais ne viennent s’arroger les lieux à proximité de Chartres, puis les Huguenots un peu plus tard, la décision de raser l’ancien couvent fut prise d’autorité. Il faudra cependant attendre encore quelque temps – tradition bien française même à cette époque- , pour voir accélérer la destruction, se situant dans la partie qui sera occupée par la célèbre brasserie Hornung.

1233

#– Pose en la cathédrale de Chartres du vitrail de la rose nord.

# Robert III comte de Dreux rend l’âme en cette année. Il prit part à la défense de Nantes face aux Anglais qui l’attirèrent dans une embuscade pour ne le libérer qu’en 1214. Libéré, il continuera à se battre, et sera aux côtés de Saint-Louis

1236

# 8 août  – Inhumation à Chartres d’Hughes de la Ferté, évêque de cette même ville. Il avait fait construire le Couvent de Jacobins où il est enterré.

1240

# Mort en la cité beauceronne en 1240 où il a été enterré, Thibaut IV de Champagne ou le Posthume, dit Thibaut le Chansonnier aurait nourri une grande passion pour la reine de France, Blanche de Castille. Celle-ci lui inspira 37 chansons d’amour et poésies qu’il fit représenter sur ses murs des palais de Troyes et Provins ce qui en fait l’un des trouvères les plus célèbres de sons temps. Devenu Thibaut 1er de Navarre,(1201/1253), il abandonne à Saint-Louis ses droits de suzeraineté sur les comtés de Chartres, Blois et Sancerre qui font leur retour dans le domaine royal, sans cesser toutefois d’avoir leurs seigneurs particuliers. Celui de Chartres, Jean de Montmirail, comte de Chartres en est une vive représentation. Il a été un personnage important du royaume, et proche de Saint-Louis. Très croyant, il fit un don de vitraux à la cathédrale de Chartres et dédiés à Saint-Martin. 

# Entre 1240 et 1250, construction du château d’Alluyes, dont il ne reste, de nos jours, qu’une tour et une poterne, ce qui permet néanmoins de se faire une idée sur cet ensemble médiéval faisant partie des cinq baronnies du Perche Gouët.

# 6 juillet  – décès du frère de Robert III de Dreux, Henri de Dreux, archevêque de Reims, se brouilla avec Saint-Louis, tint concile à Senlis pour excommunier le roi. En vain. Le reste de sa vie se passa à fulminer contre les interdits, les excommunications et les anathèmes.

1249

# 12 janvier – Le doyen du Chapitre de Chartres oblige les maîtres et jurés de la communauté des bouchers de Chartres à jurer qu’ils n’ont pas fait de pacte ou de cotation pour lesquels ils se seraient engagés à ne pas vendre leurs viandes au chapitre en dessous d’un certain ou à révoquer cet accord.

1250

# – Pierre de Dreux, surnommé Maucler, frère d’Henri et de Robert III, refusa d’être présent au sacre de Saint-Louis à qui il fit la guerre. Le roi victorieux lui enleva la régence du duché de Bretagne pour lui rendre ce bien qu’il l’administrait en raison du jeune âge de son fils. Finalement Pierre de Dreux lui rendit tous ses Etats, accompagna le roi en Palestine, fut fait prisonnier avec lui mais parvint à s’échapper mais mourut lors de la traversée alors qu’il revenait en France.

# Guillaume de Chartres qui a accompli une grande partie de ses humanités(collèges) en la cité beauceronne, et chapelain de Saint-Louis à Paris, participe avec Robert de Sorbon à la fondation de la célèbre école qui va devenir par la suite La Sorbonne. On suppose sans pouvoir l’affirmer qu’il serait né à Chartres. En 1249, il avait accompagné Saint-Louis en croisade, et avait partagé sa captivité à Damiette. Il est auteur d’une biographie sur le roi. Il serait décédé vers 1282.

1255

# – Saint Louis et le roi d’Angleterre, Henri III, scellent une paix.

1256

# – Saint-Louis, de retour de Terre Sainte, accomplit ses dévotions à Chartres, prétexte à un banquet royal qui marquera les esprits. La raison principale s’explique dans le cadre de la préparation du synode de Sens prévue l’année suivante. Il reviendra plusieurs fois, accomplissant parfois une partie de son parcours à pied, par le chemin dit de Chartres, en parallèle avec l’Eure, une autre voie que celle qu’il empruntait initialement.

1259

# – Saint-Louis décharge les évêques chartrains du droit, entre autre, de gîte qu’ils étaient tenus de payer au souverain de France

1260

# 12 avril  – gigantesque incendie à Chartres, l’église Saint-André est miraculeusement sauvée. Les chanoines voulurent la faire ceindre de murs pour la sauvegarder en cas d’un nouvel incendie ce qui déplut aux Chartrains. S’en suivirent de nombreux incidents conduisant la population à détruire les murs au fur et à mesure qu’ils étaient construits. Le futur roi Philippe le Hardi crut bon donner raison aux chanoines, mais la population obtint, en dédommagement, la mise en œuvre d’une horloge aux seuls frais de construction et d’entretien du chapitre.

Donation du fief de Champseru aux Templiers par Hughes IV de Châteauneuf.

# 1 septembre – Première foire de la Saint-Gilles à Bonneval. La veille et le jour de la foire, les habitants étaient tenus de se rendre en armes dans la grande cour de l’abbaye en raison du droit de justice que détenaient les religieux. Les officiers de la maison étaient chargés d’effectuer le comptage ou l’appel des citoyens pour participer à la sécurité des marchands et des marchandises à partir de 5 heures du soir. Ce dispositif était dénommé  » la chevauchée  ». Les habitants étaient tenus de mettre devant leurs portes, du feu et de l’eau pour parer à toute éventualité.

# 24 octobre  – consécration de la cathédrale en présence de Saint-Louis par l’évêque Pierre de Moncy ou Mincy, 76ème évêque de Chartres.

Le Cellier de Loëns à Chartres existe déjà sous forme d’une grange dimière (ou cellier) exploitée par les chanoines. Un lieu où sont stockées les recettes en nature provenant des impôts et de la dîme. La dîme correspondait à 10% de la récolte d’un paysan Un lieu où sont entreposées également les tonneaux, on stocke les baux des fermiers, et en cas de litige, un petit tribunal s’y trouve pour statuer.

1262

#– Saint-Louis vient à nouveau Chartres afin d’imposer la monnaie royale, et autoriser la ville à frapper monnaie par l’intermédiaire de son haut justicier qui en détenait le pouvoir. Jusqu’à présent, les comtes et seigneurs des alentours battaient monnaie qui pouvaient s’aligner sur les cours de la monnaie chartraine.

# 10 juin – Chartres connaît à nouveau de vastes incendies, l’église Saint-Aignan est entièrement détruite.

1269

# – Saint-Louis venant de Thimert, se rend à Châteauneuf à l’occasion de la fête de la Saint-Arnoult.

# – Nicolas de Chartres, supposant qu’il soit originaire de la cité beauceronne, est auteur d’un Olim, nom donné aux anciens registres du Parlement de Paris. Un travail accompli de la présente année jusqu’en 1298, sachant que l’année de départ des Olim se situe à partir de 1254 jusqu’en 1318. Ce recueil regroupe les décisions, les arrêts, les enquêtes et jugements écrits en majorité en latin, parfois en français. Un document qui présente un intérêt indéniable sur les droits et l’organisation de la justice royale permettant de se faire une idée sur le fonctionnement du Parlement. Hélas, une grande partie a été perdue.

1270

– Louis IX plus connu sous le vocable de Saint-Louis meurt à Tunis assisté par son chapelain Guillaume de Chartres, originaire de la cité beauceronne comme son nom l’indique. Pourtant, rien n’est moins sûr, dès lors que les seigneurs ont pour habitude de se parer de titres attachés aux terres qu’ils se sont octroyées ou que le pouvoir leur accorde.

1280

# Le comté de Chartres acquis par Philippe le Bel est incorporé dans le domaine royal.

1286

 – Jeanne de Blois-Châtillon, veuve du comte d’Alençon, vend à Philippe le Bel, monté sur le trône de France l’année précédente, le comté de Chartres qui est alors réuni à la couronne.

Un nouvel incendie à Chartres qui touche très partiellement la cathédrale. L’église Saint-Aignan est à nouveau détruite.

1291

#  – René Barbou , bourgeois de la ville de Chartres, fonde par lettres patentes l’hôpital des aveugles dont il fut le premier administrateur. L’hôpital sera détruit en 1567 lors d’un siège de Chartres et reconstruit. A sa mort en 1325, ses deux fils qui lui succèdent, avaient reçu auparavant le droit de Philippe le Long, second fils de Philippe le Bel, de porter un croissant d’argent avec une fleur de lys en ornement. En 1350, il y avait 126 aveugles, en 1710 plus que 70, chiffre qui descend à 15, et en 1790 cinq personnes privées de la vue étaient encore présentes.

Cette année se situe la naissance de Mathieu Freteval, musicien et poète, auteur de neuf chansons. Il est cité comme vidame de Chartres, et panetier de France pour le roi Philippe le Bel.

1292

# Chartres – Construction de l’hôpital des Aveugles, situé près de l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée. Nota : Les aveugles sont pris en charge dès le XIIIe siècle, et sont alors les seuls infirmes à bénéficier d’hôpitaux et/ou fondations d’accueil dédiés à leur intention. Dans une société où l’influence divine dicte la vie de tous les jours, cet handicap constitue une inquiétude. Leur prêter assistance, évite, dans l’esprit, la colère de Dieu, surtout que ces infirmes se tiennent dans des lieux fréquentés comme les églises faisant appel à la générosité publique. Qui plus est, la médecine est impuissante face à ces problèmes oculaires.

1296

#– Charles de Valois et son épouse Marguerite d’Anjou reçoivent en privilège le pays chartrain, confirmation d’une décision royale de Philippe le Bel, trois ans plutôt, concernant tout spécialement le comté de Chartres. L’histoire nous apprend que le fils de Philippe le Hardi aurait voulu se séparer de cette charte pour en tirer de l’argent en la proposant aux bourgeois chartrains. Une façon bien curieuse de ne point honorer un cadeau de son frère le roi.

1297

# – Charles de Valois, comte de Chartres, et frère de Philippe Le Bel, moyennant 12 000 livres tournois accorde aux Chartrains une Pancarte municipale, comportant, entre autres, le tarif des marchandises et leur donnant le droit de s’assembler.

# Chartres reçoit sa charte communale d’affranchissement. Les Chartrains ont un hôtel-de-ville (situé alors à l’emplacement de la place Marceau, plus précisément à l’hôtel du Cygne(1412) avec des échevins (magistrats). La ville, pour se défendre et organiser la sécurité, dispose d’une compagnie de 120 archers.

# Son école épiscopale, due à Fulbert, n’a plus le même rayonnement, concurrencée par les universités parisiennes et orléanaises, ce que confirmera l’histoire ultérieure.

En cette fin de Moyen-Age, le roi (dés Philippe-Auguste) exerce son pouvoir par le truchement de bailliages (circonscriptions administratives, financières et judiciaires) sous la gouvernance d’un bailli (sorte de grand argentier régional) qui disposait de personnel suivant le degré de la charge qui lui était attribuée. Le mot bailliage (circonscription d’un bailli, agent qui veille à l’autorité seigneuriale dans les affaires liées aux dispositions qui sont les siennes) est utilisé dans le nord de la France, et la sénéchaussée pour le sud. Le bailliage est lui-même divisé en prévôté. A la veille de la Révolution, le découpage du bailliage (400 en France) fut utilisé pour l’attribution des circonscriptions électorales dans le cadre des Etats Généraux

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