XIIe siècle.

1100

# Bien que connu déjà dans l’Antiquité, le bleu de Chartres reste la référence particulière liée aux vitraux de la cathédrale de Chartres qui bénéficia des travaux menés initialement sur le chantier de la basilique de Saint-Denis, furent véritablement appliqués sur ce site eurélien. La Belle Verrière en la cathédrale en est l’exemple. Ce bleu est du cobalt qui, à partir de fusions, a donné ce bleu particulier faisant la renommée de la cathédrale dans le monde entier.

# Sur une ouverture ou lucarne du clocher vieux de la cathédrale de Chartres, on pourrait lire  » Harmandus 1164 NDD  ». Est-ce le nom d’un architecte ou d’un tailleur de pierre, ayant inscrit son nom, peut-être Harmand, pour être payé du prix de son travail, le mystère demeure de même l’existence de cette inscription.

# La lèpre est un mal récurrent qui affecte les populations, avec une première pandémie connue à Athènes au Vie siècle avant Jésus-Christ. Les mouvements de populations ont eu pour conséquence de porter cette maladie vers l’Europe, en particulier la France qui sera confrontée, comme d’autres pays, à trois autres pandémies, à savoir 1347, 1829, et 1894. Cette dernière année marqua la découverte d’un sérum qui va stopper enfin cette maladie morbide qui va certes continuer à provoquer des ravages mais de moindre mesure. Il faudra attendre 2017 pour marquer l’éradication, sauf quelques foyers ponctuels. A l’origine de ces pandémies, le rat qui véhicule des puces, donc qui touchent l’homme. En l’absence de moyens médicamenteux, toute peste provoque des millions de morts sans que les médecins ou supposés comme tels, soient incapables de soigner. Seule l’immunité arrête la propagation. Ainsi au XIIe siècle avec prolongement sur le siècle suivant, l’autorité religieuse décide de mettre en place des établissements destinés à recevoir les malades. Il s’agit ni plus ni moins de confinement sous l’autorité de l’église seule habilitée à autoriser ou non la sortie ponctuelle des pestiférés. Ainsi nait la célèbre léproserie du Grand Beaulieu sur la commune de Le Coudray. Donc l’Eglise s’organise, et décide péremptoirement que ces pestiférés seront destinés à une vie religieuse plutôt laïque. Les lépreux ne doivent pas porter d’habit religieux, et se trouvent  » soignés  » par des frères, assistés de frères et sœurs laïques. La maladie est alors considérée comme  » historiquement incurable  » et qu’il s’agit d’une manifestation divine. Donc à défaut d’un remède, on prie Dieu, seul recours vertueux espérant la clémence, avec le recours à des prières dénommées  » médici  » Ce recours de dernière espérance découle d’une prière du matin dont le rôle est d’aider, à l’origine, à guérir des vertiges (!) puis d’obtenir une guérison. A l’origine, un ermite du XIVe siècle, Rollande de Médicis, médici en italien auquel on se raccroche, considéré comme un bienheureux dans ‘l’église catholique, puisque ce religieux a fait sacrifice de lui-même pour être en communion avec Dieu en toute circonstance.Selon les textes, aucun autre moyen apparaît. Peut-être a-t-on voulu soigner ou soulager avec les plantes ? Toujours est-il qu’à cette époque, de nombreuses maladreries existaient dans la région de Chartres, environ une trentaine entre Dreux et Châteaudun, de plus ou moins grande importance. Maladrerie fut la première référence à cette désignation de la maladie, destiné à recevoir un groupe de malades, pour dériver par la suite par une désignation, plus appropriée : léproserie. Tirée du latin médiéval leprosaria, hospice où l’on  » soigne  » les lépreux emprunté au latin lepra signifiant  » maladie qui ronge  », lepra également présent dans la langue grecque. On s’est rendu compte que la maladie est terriblement infectieuse, comparable aux maladies sexuelles comme le chancre qui ronge les chairs. Cette maladie comme on le voit, est une pandémie qui revient d’une façon cyclique décimant les populations, écartant les malades pour les mettre dans des situations vexantes, afin qu’ils soient éloignés ou regroupés dans des lieux trop souvent infâmes. D’où la peste noire qui n’est ni plus ni moins une pandémie. Les léproserie vont rester présentes plusieurs siècles, une façon humaine de gérer cette maladie contre laquelle les instances médicales de l’époque ne peuvent rien. Au XVIIe siècle, on organisera d’une façon plus élaborée l’accueil pour gérer plus respectueusement ces malades. Voir le Grand Beaulieu au XVIIe siècle.

# De même, on peut citer la maladrerie du Puiset, l’une des plus puissantes en matière de rapport financier. Appelée Sainte-Ladre, les puissants seigneurs du Puiset vont alors être confrontés aux juges nommés par le Roi qui aurait voulu se voir octroyer ces biens. La justice dut s’incliner, la maladrerie n’étant pas de  » fondation royalle  », et qui est pas Dieu et Sainte Magdeleine étant garants de ces lieux. Ses biens sont tirés à la fois du fonctionnement de l’établissement, et des terres qui en découlent dont les exploitants versaient redevance, celle-ci étant établie à partir de la mesure des mines de terre, système complexe issu de la féodalité, et difficile à en comprendre les méandres.

# Margon. Les légendes ont ceci de particulier qu’elles puisent leur origine dans la croyance populaire qui s’ancre d’une telle façon, qu’elles traversent les siècles, et se forgent d’une telle notoriété que l’on finirait par les croire. Telle la légende (voir le site référencé en bibliographie) de La Bourbonnaise, en la personne de Marguerite du Radray, qui aurait voulu sauver sa fille promise au mariage avec un prétendant choisi par son époux. Tout ceci pour découler sur une tradition dans la commune qui consiste à brûler un mannequin pour dénoncer l’ignominie d’un époux qui revenu d’une croisade en Palestine, fit brûler le cadavre de son épouse, après procès, pour condamner sa désobéissance. Il ne saurait être question de commenter une histoire qui n’a de valeur qu’aux yeux de la distraction de la population à l’occasion des fêtes de la Saint-Jean d’Eté.

# Début XIIe, naissance à Châteaudun de Lambert Li Tort, personnage aux origines fort controversées bien que trouvère, donc appartenant à ces chanteurs du nord de la Loire. Serait-ce en réalité, vers 1130, Lambert Tortus, attaché au service de Geoffroy, comte de Châteaudun ou alors, ce qui et le plus vraisemblable un trouvère en langue d’oïl attaché à l’abbaye de la Madeleine de Châteaudun. Personnage mystérieux aux origines très incertaines, à part la référence littéraire à un Li Romans d’Alexandre ou l’Alexandriade ou Chanson de geste d’Alexandre Le Grand, écrite entre 1170 et 1180. Sous forme d’un poème épique en dodécasyllabes romans (vers de douze syllabes). Cette oeuvre s’intègre dans la grande tradition du Moyen-Age où tout repose sur le merveilleux, sur ce qui contribue aux exploits de chevaliers où réel et irréel se côtoient. Il aurait reçu l’aide d’un certain Alexandre de Bernay, Lambert Li Tort composant la partie historique. D’ailleurs, il raconte ainsi l’histoire d’Alexandre le Grand, en s’adressant aux chevaliers qu’ils côtoient, en leur donnant des conseils Certains prétendent que la rédaction en vers, pour partie, pourrait être accordée à un certain Godres, ce qui fait ce cet Alexandriade, une oeuvre collective. Néanmoins, le dernier reste l’apanage du Dunois, une certitude qui permet d’attribuer cette épopée à son initiateur.

# Thomas , abbé de Morigny est déclaré originaire d’Epernon,tout en le situant avant tout attaché à cet ancien monastère de l’Essonne. Il eut la particularité d’être autorisé à être abbé de l’abbaye de Coulombs, située dans le Thymerais, proche de Nogent-le-Roi, et assura sa gestion comme il l’avait fait à Morigny, et donnant ses lettres de noblesse à cette abbaye qui va prendre de l’ampleur au fil des siècles. C’est à Coulombs qu’il décéda à une date inconnue.

# Chartres. Place des Halles, se déroule le  » marché aux pierres  ». Une dénomination qui n’a rien à voir avec un commerce basé sur cet élément de construction. La pierre, dans ce cas présent, est en fait une dalle de pierre destinée à recevoir, selon l’expression de l’époque l’étalage du vendeur de  » draps, cuirs et menues denrées  ». Face aux intempéries, le vendeur disposait de petites échoppes en bois. Ce n’est que quatre siècles plus tard (1584) que la ville fit détruire ces  » sortes de chalets  » devenus vétustes, pourtant propriété de l’évêque

# Epernon – Construction d’une vaste salle avec trois nefs voûtées d’ogives qui aurait été destinée à l’usage de cellier par les religieuses du Prieuré de Haute-Brière, monastère sous l’Ordre de Fontevraud près de Saint-Remy-L’Honoré (Yvelines). Aujourd’hui connue sous renom de salle des Pressoirs.

# Chartres. Le cellier de Loëns date de ce siècle. On suppose que Loëns viendrait du latin location signifiant location, loyer, ferme, adjudication. Pourquoi Loëns alors que le latin prime, mot qui pourrait s’approcher de la langue d’oïl (nord de la Loire par rapport à la langue d’oc. au sud du fleuve royal), mélangée alors de patois. Le Chapitre de Notre-Dame s’y est installé pour traiter ses baux, adjudications et redevances (blé, vin…). Bien que le cellier soit sur de la terre battue, des fours, des boulangers adjudicataires, la justice du Chapitre, les prisons constituent tout un ensemble. Le marché de Loëns faisait alors autorité, si bien que des expressions populaires circulaient : blé de Loëns, mesure de Loëns. Par la suite, une partie des bâtiments est appelée  » La Grange aux dîmes  », le mot  » dîme  » signifiant contribution en soutien à une oeuvre (ou aux oeuvres) chrétienne(s). Au XVe siècle, le maire de Loëns sera mis en place.

# En ce siècle, début de la branche des comtes de Dreux. Le premier seigneur en référence, Robert de France qui prit la croix en 1147 pour aller à Jérusalem. Revenu dans ses terres, il meurt en 1188 en combattant les Anglais.

# Au cours de ce siècle, grâce à Fulbert, à Bernard et Thierry de Chartres, l’Ecole de Chartres rayonne sur toute la France, ses grands philosophes qui ont marqué leur temps. Le rôle plus particulier de Bernard de Chartres mérite que l’on s’y attarde. Philosophe platonicien et humaniste, il tint un rôle important au sein de l’Ecole de Chartres. Cet enseignement philosophique fut l’un des plus prestigieux au 11ème et 12 ème siècles. Les plus grands esprits de l’époque se rencontrèrent d’autant plus qu’ils étaient très attachés à la doctrine du platonisme. Influencé tout d’abord par Boece (philosophe latin du 5ème siècle) dont il adopte le platonisme, Bernard de Chartres s’attache à réconcilier les pensées de Platon et celles d’Aristote, ce qui fera de ce philosophe, l’un des plus grands penseurs de son époque. On lui connaît aussi cette citation  » Nous sommes comme des nains juchés sur des épaules de géants, de telle sorte que nous puissions voir plus de choses et de plus éloignées que ‘en voyaient ces derniers. Et cela, non point parce que notre vue serait puissante ou notre taille avantageuse, mais parce que nous sommes portés et exhaussés par la haute statue des géants  »

# En agriculture apparition du joug frontal pour les bœufs, et du collier pour les chevaux.

# Richard de Reviers, baron anglo-normand est jugé pour avoir commis un meurtre sur la personne d’un religieux de l’abbaye de Saint-Père-en-Vallée. Selon une coutume féodale singulière appliquée aux seigneurs de son rang, son jugement aboutit à une condamnation uniquement civile, consistant à céder 4 acres de terre (environ 200 ares), un cens annuel de blé (redevance foncière pour celui qui possède des titres), et quelques contributions complémentaires.

# Philosophe normand né dans le département de l’Eure, vers la fin du XIIe siècle. On rattache Guillaume de Conches à l’école capitulaire chartraine avec ses Gloses sur le Timée, ouvrage lié au platonisme médiéval, réputé pour cette ferveur qui dégagé de cette oeuvre se rapprochant d’une façon conséquente de l’Ecole de Chartres. Guillaume de Conches ne fut réellement découvert qu’au XIXe siècle grâce à Victor Cousin (1836) qui en publia quelques fragments.

1102

# Addan de Cherisy, vraisemblablement originaire de cette commune, présent au sein des Croisés, il est tué à la bataille de Ramla en 1102 lors de la Première Croisade.

1103

# Les comtes du Perche prennent pied en Angleterre grâce au mariage de Rotrou III avec Mathilde FizRoy, fille d’Henri 1er dit Henri Beauclerc, roi d’Angleterre, fils de Guillaume le Conquérant. La jeune fille figure parmi les vingt-quatre enfants illégitimes de ce roi, inlassable sur le plan sexuel, et dont tous les enfants nés en dehors du mariage ont reçu le nom de FitzRoy. Cette union permet à Rotrou III de se voir offrir par le roi, plusieurs manoirs anglais.

1106

# – construction de l’église Saint-Hilaire à Chartres. Elle sera démolie à la Révolution vraisemblablement par l’entrepreneur Laurent Morin

# Edification de la Porte Guillaume à Chartres qui tient son nom de Guillaume de Ferrières, vidame de Chartres, un laïc chargé de défendre les biens de l’évêque. ( voir 1180)

Mariage en la cathédrale de Chartres de Bohémond de Tarente, prince d’Antioche avec Constance, fille de Philippe 1er, roi de France.

1107

 # Yves, l’évêque de Chartres, reçoit en la ville la visite du pape Pascal II.

1109

#  – Suger de Saint-Denis est nommé prévôt de Toury, place forte qui dépend de la l’abbaye de Saint-Denis, déjà détentrice de nombreuses terres de Beauce. Louis VI lui demande d’organiser la défense face à l’agitation continuelle des seigneurs, notamment Hugues du Puiset qui sera vaincu par les deux hommes. Suger est considéré comme le créateur de l’art gothique qu’il va initier lors de la construction de la basilique de Saint-Denis (1140/1144 en trois ans, trois mois, trois jours).

# Fondation du monastère de Tiron (Thiron-Gardais). A l’origine, Saint-Bernard, abbé de Saint-Cyrien se retire avec ses disciples dans le bois de Tiron. Tiron, comte du Perche, lui offre plusieurs terres.Devenu congrégation sous l’autorité de l’abbé de Tiron, un contexte qui va prendre rapidement de l’ampleur avec des ramifications avec de très nombreuses abbayes en Angleterre, et la possession de plusieurs prieurés. Les Bénédictins de Saint-Maur y introduisent la Réforme en 1629. A cette époque la mense ( revenu ecclésiastique) équivaut à 8000 livres soit 280 000 euros, et l’abbé de Tiron, comme l’ensemble des abbayes, verse une taxe au budget de Rome de 500 florins (conversion difficile). Nota Pour éviter la confusion, une autre abbaye de Tiron existe en Normandie, chère à Philippe Desportes, oncle de Mathurin Regnier, auteur emblématique chartrain du XVIe siècle. En 1120, l’abbaye reçoit du roi. Louis Le Gros, le pouvoir de haute et moyenne justice. En 1620, elle est la 32ème maison de la Congrégation de Saint-Maur.A ce titre, n’oublions pas la rôle des moines-chevaliers qui désignent les Templiers, outre cette particularité, il y a également le moine-soldat, somme toute des frères des ordres militaires et hospitaliers. Déigné de cette façon par Bernard de Clairvaux. Frères ou moines, ils obéissent à un engagement religieux sous règle monastique sous couvert de prendre également les armes. Les Hospitaliers vont voeu de chasteté, pauvreté et obéissance ce qui peut prêter parfois à confusion avec l’ordre des Templiers réputé riche, ayant, du moins le suppose-t-on sans pour autant prouver cette intervention, doté la construction de cathédrales. Ils sont néanmoins présents à Tiron et Sous.)

1110

# – Chartres – Fondation de la chapelle Saint-Etienne qui devint par la suite église de l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée en 1568, reconstruite en 1698 puis détruite par la suite.

# Selon toute vraisemblance, Hugues de Sainte-Marie serait originaire de Chartres. Moine de l’ordre de Saint-Benoît, on le dit pour avoir été très proche d’Ive, évêque de Chartres. Il est auteur en 1110 d’uneHistoire ecclésiastique qu’il a dédié à Adèle, comtesse de Chartres, de Meaux et de Blois. Par la suite, il rejoint le monastère de Fleury à Saint-Benoit-sur-Loire.

1111

#  – Louis VI le Gros, monté sur le trône de France trois ans plus tôt, lutte contre le brigandage dans le domaine royal notamment contre Hugues IV du Puiset, agitateur né. Certains textes mentionnent également Henri III du Puiset, considéré comme un tyran envers les églises avoisinantes et la population environnante. En matière de défense les seigneurs des lieux avaient plusieurs cordes à leur arc en piégeant les assaillants, en les faisant contourner par des cavaliers afin de contraindre les soldats royaux vers les fortifications. A ce moment, les défenseurs font voler quantité de pierres, si bien que les survivants plus ou moins blessés cherchent leur salut dans la fuite. Super a fort bien raconté ces scènes où la pouvoir royal était mis à mal. Une brèche finira par faire céder l’assiégé mais on sait que ce n’est que partie remise. On dira même qu’un  » seigneur du Puiset ne sera jamais épuisé pour combattre.  »

1112

# – Nouveau démantèlement du château du Puiset sur ordre du roi, et deux ans plus tard, l’édifice est à nouveau opérationnel en ouvrage de défense. Les seigneurs du Puiset ont toujours démontré une puissance régionale importante, avec pour objectif de rivaliser avec le pouvoir royal, tenter le mettre à mal également. Nés bâtisseurs et guerriers à la fois.

1114

# La lutte pour le  » pouvoir  » continue entre Louis VI le Gros et les seigneurs du Puiset. Le roi décide une fois pour toutes de faire raser le château jusqu’au fondements, fait combler les puits  » tel qu’un lieu dévoué à la malédiction divine  ».

1115

# 23 décembre – décès de Saint-Yves à Chartres, l’un des évêques les plus illustres de Chartres et inhumé en l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée. Il a été l’un des évêques chartrains des plus illustres, intronisé en 1092. Il se montra très ferme à vouloir combattre les mauvaises moeurs de ses contemporains ce qui lui valut des désagréments, et notamment d’être jeté dans la prison d’un donjon. Il en fut heureusement délivré, et put accomplir de nombreuses réformes, et rétablir la discipline qui fait défaut au clergé. Notamment, il s’éleva contre le divorce de Philippe 1er qui en 1092 se remarie avec Bertrade de Montfort après avoir répudié Berthe de Hollande. Le roi sera excommunié. Yves ou Ives de Chartres se consacra à l’écriture, et publia de nombreux ouvrages de liturgie qui furent publiés à Paris en 1647. Inhumé en l’église de l’abbatiale de Saint-Jean-en-Vallée.

1117

# – Fondation de l’abbaye de Josaphat – Santa Maria de Josaphat – à Lèves par Geffroy l’Evêque. Hélas, elle connut nombre d’invasions et de destructions jusqu’à la Révolution. Nota – Le nom de Josaphat a été choisi a été choisi en souvenir de la Vallée du même nom en Palestine. L’abbaye sera terminée en 1120 par Godefroy, évêque de Chartres. En 1645, elle était la 81ème maison unie à la Congrégation de Saint-Maur.

# Construction du prieuré de Bouche d’Aigre (Romilly-sur-Aigre). Les moines dans l’Ordre de Saint-Benoît vécurent jusqu’à la Révolution. Déclaré bien national, le prieuré fut acheté Henr-Charles Guerineau de Lamerie, capitaine de l’armée napoléonienne. A noter que ce prieuré dépend de la l’abbaye de la Sainte-Trinité de Thiron-Gardais, a connu de nombreuses destructions durant les guerres de religion. Au XVIe, il a connu la restructuration en style Renaissance, de sa façade ouest grâce à Louis 1er de Crevant, abbé de Thiron et Vendôm (1458/1529) grâce à ses qualités d’architecte, Une importante restauration a eu lieu au XIXe siècle pour sauvegarder les restes de ce prieuré depuis les dix siècles de son existence. (Nota.Pour plus amples informations, voir le site : http://www.romillysuraigre.com/index.php/decouvrir/prieure-de-bouche-daigre )

1118

# – Louis-le-Gros, roi de France, dit également le Batailleur, désarmé par la piété des Chartrains envers Notre-Dame, épargne leur ville. Par ailleurs, il s’en prend à Henri III du Puiset, et fait détruire son château une nouvelle fois.

# Charte de Toury accordée par le roi Louis VI le Gros en trois ^point

1.Permet l’abbaye de Saint-Denis d’y établir un marché tous les vendredis de chaque semaine et de percevoir tous les droits et profits qui en proviendront.

2.Ote et supprime toutes mauvaises coutumes et méchantes exactions qui avaient été introduites sur les terres de l’abbaye en Beauce par les comtes du Puiset

3.Veut et ordonne que les garnisons du château de Toury demeurent pour s’en servir contre les ennemis du royaume.

Pour la petite histoire, Suger en tirera un avantage financier indéniable, puisqu’il verra ses gains multipliés par trois, par rapport à ses prédécesseurs.

# – Décès de Gervais, dit Gervais de Sorel, grand sénéchal de Philippe 1er, roi de France. Le titre de sénéchal est assimilé au rang Premier Officier de la Couronne. Il était seigneur de Châteauneuf-en-Thymerais, et possédait un donjon construit sur une motte féodale à Sorel devenu Sorel-Moussel.

# Sénéchal de France, Anseau 1er de Garlande,49 ans, trouve la mort tué d’un coup de lance par Henri III du Puiset, lors du troisième siège du château du même nom. Les Garlande sont une grande famille proche des rois Philippe Ier et Louis VI.

1119.

# Geoffroy (Geoffroi à l’époque) de Lèves fonde l’église Saint-Martin à Ourrouer(Illiers-Combray), construite sur un ancien site gaulois. A son époque, elle était proche d’un village qui connut les vicissitudes dues aux invasions. Sa particularité : être de nos jours au carrefour de sept routes, au milieu des champs, avec son cimetière qui lui est accolé. L’église subira de nombreux remaniements.

# Première apparition de la monnaie chartraine à l’époque de Thibaut IV dit le Grand (1102/1152), comte de Chartres et de Blois, ces deux comtés étant réunis administrativement. ( Nota : Un denier fut retrouvé en 1693 lors de fouilles(ou travaux) au Grand Beaulieu )

1123

# Les Grenet sont une vieille famille chartraine dont l’un des membres accompagna Baudoin II à Jérusalem et fut nommé en 1123 gouverneur de cette ville pendant la captivité du roi de la présente ville.

1124

# – L’abbé en poste en l’abbaye de Coulombs décide de l’affranchissement de la plupart des serfs chargés du fonctionnement de celle-ci, leur rendant ainsi la liberté. Il est vrai que le christianisme s’est toujours opposé à ce que des chrétiens (abbé ou seigneur) appartiennent à d’autres croyants. Le mot serf est issu du latin servus. Le serf est un vassal qui doit fidélité à celui dont il dépend et qui lui assure en échange sa protection.

# Cette même année, concile à Chartres sous l’autorité du légat Pierre Léon qui deviendra par la suite antipape (religieux qui se déclare pape alors qu’il n’a pas été élu suivant les règles de l’Église romaine) sous le nom d’Anaclet.

On défriche de plus en plus de terres pour les rendre cultivables car les besoins de la population augmentent, l’époque de l’open-field (champs sans haies ni clôtures propre au Moyen-Age). La Beauce est avant tout une région de production. Les exploitations sont petites, pour une surface moyenne de 3 à 15 hectares, plus rarement des fermes de + de 200 hectares. Un circuit des échanges entraîne une hausse régulière du prix de la terre.

# Mise en oeuvre de la taxe de mutation en argent sous forme d’une taxe fiscale prélevée à l’occasion de tout transfert de propriété, taxe reçue par les seigneurs, d’autant que toutes le guerres comme les croisades coûtent cher.

# 2 juin – Qu’il soit mort vers 1117 ou le 2 juin 1124, toujours est-il que Bernard de Chartres, dénommé aussi Bernard de Ponthieu ou de Tiron, fut un grand humaniste. Originaire d’Abbeville, il vécut d’abord en ermite, puis arrivant à Tiron, il en fit sa terre, et fut à l’origine de l’abbaye de la Sainte-Trinité. Elle est considérée comme fondée par ses soins en 1114, et respectée par les rois de France et d’Angleterre qui la dotèrent d’une façon considérable. Un domaine qui s’étendit très loi, avec plus de cent prieurés, et qui connut comme bon nombre d’édifices religieux, les conséquences des invasions, des guerres.

1122

# – Descendant d’une ancienne noblesse du canton, on retrouve Gervais de Châteauneuf, chanoine à Chartres puis élu évêque de Nemours en 1122. En 1204, on le retrouve à la prise de Constantinople,

1125

# Au cours de cette année – naissance au Puiset d’Hugues du Puiset qui fut, en son temps,ée l’un des hommes les plus puissants d’Angleterre. Tout en étant évêque, il fut membre de la Chambre des Lords et Justicier en chef, équivalent d’un Premier ministre moderne en tant que ministre en chef politique du monarque de l’Angleterre.

# Aux alentours de cette date.Cinquième fils de Louis VI le Gros et d’Adèle de Savoie. En 1152, Robert 1er de Dreux dit Le Grand reçoit l’apanage le comté de Dreux, appartenant au domaine royal, privilège accordé aux cadets de la Maison de France en compensation de leur exclusion de la couronne. Il gardera ce territoire durant 32 ans avant de la transmettre à son fils, une famille qui s’éteindra dans le courant du XVIe siècle. Il fit construire un château à Bû (proche de Dreux). Il s’éteint le 11 octobre 1188..

1128

#  – Arrou – Guillaume Goet prend le titre de Seigneur de Bois Ruffin, Courcelles, La Bruyère et Anay, en vue de son départ pour la croisade. Il réunit tout ce que l’Abbaye de Thiron peut posséder sur ses terres afin de recueillir suffisamment de fonds pour rejoindre les Croisés. Plus tard c’est Guillaume Goet III en prévision de son départ pour la croisade, confie la garde de son château de Bois Ruffin aux seigneurs Nivelon et Ursion, ainsi qu’à un autregentilhomme des environs de Vendôme du nom de Jérémie de l’Isle. Il paraît que ces augustes personnages remplirent dignement la tâche qui leur avait été confiée. La légende dit-on leur attribue la reconstruction de la vieille tour alors à demi ruinée. L’utilité de cette tour de défense se manifesta avec une particulière évidence au moment des querelles de Louis VII et de Philippe Auguste avec les rois d’Angleterre Henri Plantagenet et Richard Cœur de Lion. Sa situation, en effet, entre Fréteval et Montmirail lui donnait une extrême importance, comme le rappelle du reste la route qui, de nos jours encore porte le nom de chemin d’Henri II, passe devant la ferme et se dirige vers la forêt de Bois Ruffin.

# Bullou. Un certain Simon de Bullou (?) s’en va pour la Terre-Sainte.

1131

#  – Henri 1er, dit Beauclerc (1068/1135), plus jeune fils légitime de Richard Coeur de Lion, roi d’Angleterre, promet obéissance au pape Innocent II en l’église Notre-Dame de Chartres.

# – Charlemagne serait fondateur du monastère de La Madeleine de Château-Dun, ayant reçu les privilèges cette même année du pape innocent II. Elle fut possédée par des chanoines Réguliers de la Congrégation de France.

1132

# – Mort en Terre Sainte d’Hugues III du Puiset, seigneur particulièrement belliqueux, opposé à l’ordre royal exercé par Louis VI. Bien que l’autorité religieuse se soit ému de ces vues notamment sur le comté de Chartres, il se fait construire une forteresse à Toury. Le roi viendra la détruire. Le seigneur feint de se soumettre, et il sera battu une seconde fois. De guerre lasse, il opte pour des rivages plus lointains.

1134

#  – nouvel incendie de la ville de Chartres qui est très touchée, le feu se propageant à la façade de la cathédrale. L’église du monastère de Saint-Père subit un si grave dommage par les flammes, qu’elle n’est plus que ruines. Sa reconstruction est entreprise très rapidement, mais ne sera achevée en fait qu’en 1165.

Mise en œuvre du déambulatoire et de l’abside de l’église Saint-Pierre de Chartres sous les ordres du moine Hilduart. De nombreuses éloges saluent cet homme de l’art figurant parmi les plus habiles de son temps.

1135

#– Thibaut IV de Blois, comte de Chartres, Châteaudun et autres villes, accepte pour allié le duc de Normandie qui lui a proposé de devenir son suzerain. Il se sent  » pousser des ailes  », s’empare de Bonneval, puis Chartres dont les habitants préfèrent la soumission que la résistance, échappant ainsi au sort qui avait été réservé aux Bonnevalais, eux passés au fil de l’épée.

# – Geoffroy dit le Gros, est un religieux appartenant à l’abbaye de Tiron, auteur d’une vie de Saint-Bernard.

# Naissance de Guillaume de Champagne dit Guillaume de Blois ou Guillaume aux mains blanches. (Lieu?). Son père était le frère d’Adèle de Champagne, épouse de Louis VII, et mère de Philippe-Auguste. Destiné à une carrière ecclésiastique, et bénéficiant de hautes protections, il franchit rapidement de nombreux échelons, et c’est à seulement 29 ans qu’il fut évêque de Chartres de 1164 à 1176, et confirmé dans cette position par le pape Alexandre III. A la suite de ce sacerdoce, il fut nommé à Reims où il a été le premier duc et pair de Reims. Il accorda en 1182 une charte, dite charte Willelmine, aux bourgeois de Reims, sur le principe des libertés. Cette charte resta en usage pendant plus de cinq siècles. Il est également l’initiateur de la loi de Beaumont, loi qui affranchissait, entre autres, les habitants des localités de toute servilité envers le seigneur. Décédé en 1202..

1137

#– Le roi, Louis VII le Jeune donne en apanage le fief de Dreux à son frère Robert de France pour le remercier de son aide pour contenir les Anglais. Le monarque, alors en proie aux querelles intestines, a besoin d’asseoir son trône. Il confie à l’évêque de Chartres, le soin d’assister Aliénor d’Aquitaine qu’il vient juste d’épouser. De fait, Robert devient le premier comte de Dreux, chef d’une lignée qui va durer trois siècles sous la bannière des rois de France. La ville devient une place militaire importante confrontée aux affres des luttes incessantes entre les Français et les Anglais. La ville cessera d’être ainsi au milieu des conflits lorsque la Normandie sera reconquise.

# Des chanoines séculiers desservent l’abbaye de Saint-Chéron, après avoir été dotée par Clotaire II ce qui suppose sa fondation aux alentours du VIIe siècle.

# 11 mars – Décès en Bourgogne d’Adèle de Normandie et Blois Blois à l’âge de 70 ans., et fille de Guillaume le Conquérant Elle était l’une des femmes les plus lettrées de son époque. Son rapprochement avec Chartres, tient au fait qu’elle reçut l’appui d’Yves de Chartres, et qu’elle fut régente de la principauté Blois-Chartres, en raison de son titre de princesse. Elle a été la mère du roi Etienne d’Angleterre.

1140

# – construction d’une maison, rue Sénarmont à Dreux, qui va résister au temps au point de devenir dans les années 2000 la plus vieille bâtisse de la cité drouaise.

# – création à Chartres d’une foire en référence à deux saints Saint Simon et Saint Jude

1145

– Rehausser les clochers de leurs églises devient un objectif pour les Chartrains, qui font appel aux maçons de Haute Normandie, réputés pour leur art. Ces artistes de la pierre vont se mettre au travail, aidés en cela par les habitants de la cité beauceronne pour oeuvrer à travailler de jour comme de nuit contre gîte et repas et sans salaire. Seule la bénédiction de Dieu leur est réservée. Avec cette particularité, hommes et femmes vont travailler de concert pour aboutir rapidement à cette réalisation.

1146

# – Est-ce une légende ? Des hommes de la terre qui partent pour aller combattre à des milliers de kilomètres de chez eux, font partie de notre histoire. Comme ce supposé Maximilian Sequa dont on dit qu’il participa à deux croisades. Un engagement parfaitement plausible sur dès lors que le rude labeur des champs peut être compensé par un solde autrement plus motivant. Né à Coltainville, du moins le pense-t-on, il se serait couvert de gloire en portant un coup mortel à un sultan. Là s’arrête cette relation aussi au domaine de la fiction que celui de la réalité. Peut-être le bouche à oreille car d’écrit, sans doute il n’y en eut point. Seule l’imagerie populaire nous a permis de découvrir cette fable qui pourrait détenir sa part de vérité.

# 11 avril – Concile à Chartres à l’initiative du pape Eugène III pour y ordonner une seconde croisade. Saint-Bernard, à l’époque Bernard de Fontaine, abbé de Clairvaux, très proche de ce pape dont il est le maître à penser, est désigné comme général de l’expédition afin d’organiser les préparatifs, porter la bonne parole dans le royaume afin de trouver hommes et subsides, en mesure de l’accompagner dans ce grand projet à moyen terme.

1147

#  – création de la corporation des Taverniers à Chartres considérée comme la plus ancienne des métiers connus par la cité beauceronne. Un tavernier serait aujourd’hui un barman.

Saint-Bernard, après avoir prêché à Vezelay, se rend à Chartres pour effectuer la même démarche, en espérant que les seigneurs sauront le suivre.

Les confréries prennent de plus en plus d’importance. Comme celle qui célébrait la Conception de la Vierge. Elle se déroulait à Chartres, et prendra, par la suite, le nom de la Grande Confrérie des Bourgeois en raison de la densité importante de ses adeptes. Etablie en l’église Saint-Serge et Saint-Bache

1150

# – début de la construction de la chapelle abbatiale du monastère de Saint-Pierre-la-Vallée. Achèvement des travaux, vers 1310, selon les les archives la rue de la Sellerie. Parallèlement, mise en oeuvre en style romande la chapelle attenante à l’initiative du moine Hilduard, et deviendra par la suite l’église Saint-Pierre. Y fut enterré Simon de Bérou mort en 1201, apparenté à l’Ordre des Templiers, et dont la pierre tombale aurait été réalisée en 1301.

# Thierry de Chartres, décédé entre 1150 et 1155, est le frère de Bernard de Chartres. Considéré comme l’un des plus grands philosophes de l’ Ecole de Chartres. On le connaît également sous le nom de Thierry le Breton. Théologien, il rédige le In Hexaemeron sur les six jours de la création, et le Heptateuque, un traité sur les arts libéraux.

# Saint-Bernard vient de nouveau prêcher la seconde croisade à Chartres. Etienne du Perche, fils de Rotrou III, de retour avec le cerveau de l’apôtre Jean-Baptiste,  » butin  » obtenu après la prise de Constantinople. Il fait déposer la précieuse relique en l’église Notre-Dame de Nogent-le-Rotrou.

# (ou en 1155) Naissance située sans doute à Chartres de Guillaume de Meslay qui ferait partie d’une famille de la cité beauceronne ayant détenu la vidamée. Abbé et poète, il est rangé dans les trouvères de langue d’oïl, et compositeur de Huit chansons d’amour en langue romane composées en 1180 et 1200 envers une dame pour laquelle il nourrit des sentiments et qui ne fait grand cas de lui. Par dépit amoureux, on suppose qu’il soit parti à la quatrième croisade où il trouve la mort. (1210).

1152

#  – Conflit entre le roi de France, et Henri II d’Angleterre dont les troupes ravagent les possessions de l’autre à la limite du Perche chartrain. Des villes comme Epernon tombent entre les mains anglaises par le jeu de trahisons de nobles sans scrupules.

# – Année de grande chaleur.

1153

# Thibaut V de Blois, suzerain de Hugues IV de Châteaudun dit le Beau, fait arrêter par ce dernier son gendre Sulpice II d’Ambroise qui est détenu dans de dures conditions, le fait supplicier avant de le faire mourir dans une tour du château de Châteaudun.

1154

# Vers cette présente année, naissance à Dreux de Robert II de Dreux. Marié à Yolande de Coucy, le couple eut, entre autres, Pierre de Dreux, à l’origine, fait curieux, du drapeau breton. Ce dernier est époux d’Alix, duchesse de Bretagne. Celle-ci n’ayant aucune armoirie, Philippe-Auguste suggéra à Pierre de Dreux de la composer ce qui constitua en quelque sorte les prémices de ce fanion éloigné certes du drapeau actuel. Il a le mérite d’avoir donné l’idée de poursuivre cette forme de reconnaissance d’une région qui allait marquer l’histoire de France.

# 4 septembre. Décès de Gilles de Porrée,78 ans théologien scholastique, on le retrouve à Chartres dont il suit l’école réputée sous le professorat de Bernard de Chartres. Après ses études, il quitte la cité beauceronne pour Laon, puis revient à Chartres pour une quinzaine d’années où il enseigne la philosophie, et obtient le titre de chancelier, s’imposant à son poste par sa rigueur. En 1142, il est nommé évêque de Poitiers.

1155

# – Louis le Gros nourrissant un profond ressentiment envers le comte de Chartres assiège Bonneval appartenant à ce dernier, fait raser la ville sauvegardant néanmoins l’abbaye pour ne point s’attirer la foudre divine. Même roi, la prudence dicte toute initiative qui pourrait s’avérer fâcheuse et réductrice des ambitions royales.

1157

# Comtés de Dreux.Le début de cette branche se situe avec Robert de France, devenu comte de Dreux, 5ème fils de Louis VI dit le Gros, et qui reçut en 1157 de son frère Louis le Jeune, le comté du même nom, et ainsi qui passa à la postérité. Il fut l’un des premiers français à prendre la croix pour aller à Jérusalem (1147). Avec son frère, roi, il combattit les Anglais et meurt en 1188. – Philippe de Dreux, évêque de Beauvais, mort le 4 novembre 1217 se fit croisé par deux fois et fait prisonnier en 1190 au siège de Saint-Jean d’Acre, puis revenu en terre de France, il est fait prisonnier par les Anglais en 1196. Par la suite, il lutta, pour son propre compte, contre les Albigeois, et ensuite aux côtés de Philippe-Auguste, notamment à Bouvines en 1214. A ce sujet, une anecdote montre la répugnance à lutter avec des armes tranchantes, choisissant une lourde de masse de fer pour assommer les ennemis, pour se conformer aux droits canoniques qui défendent aux prêtres de verser le sang. – A cette même bataille, on retrouve Robert II comte de Dreux, fils de Robert de France qui auparavant était parti combattre en Palestine au siège de Saint-Jeand’Acre. Il meurt en 1218. – Lui succède Robert III, comte de Dreux qui défendit la ville de Nantes face aux Anglais qui l’attirèrent dans une embuscade et le firent prisonnier pour ne libérer qu’en 1214. Il continua à se battre notamment au siège d’Avignon, et présent au sacre de Saint- Louis qu’il suivit en Bretagne et au Poitou. Il meurt en 1233. – Son frère Henri de Dreux, archevêque de Reims, se brouilla avec Saint-Louis, tint concile à Senlis pour excommunier le roi, et le reste de sa vie se passa à fulminer contre les interdits, les excommunications et les anathèmes. Il meurt le 6 juillet 1240. – Un autre frère Pierre de Dreux, surnommé Maucler, refusa d’être présent au sacre de Saint-Louis à qui il fit la guerre. Le roi victorieux lui enleva la régence du duché de Bretagne pour le lui rendre alors qu’il l’administrait en raison du jeune âge de son fils. Finalement Pierre de Dreux lui rendit tous ses états, accompagna le roi en Palestine, fut fait prisonnier avec lui mais parvint à s’échapper mais mourut lors de la traversée de retour en France (1250)

1158

#  – Initiée par Robert 1er, comte de Dreux, frère du roi Louis VIII, début de la construction du château de Bû, prévu pour être intégré dans la ligne de défense face à la Normandie. Sa construction va durer une quarantaine d’années.

1159

#  – Des seigneurs de Normandie, de Montfort et de Champagne, alliés d’Henri II, roi d’Angleterre, portent la guerre dans cette région dénommée de nos jours Ile de France, et parviennent à réduire plusieurs places fortes comme celles d’Epernon et Gallardon, et les livrent aux Anglais.

1160

# – Mariage à Chartres entre Bohémond,prince d’Antioche, figure emblématique des princes chevaliers de Jérusalem avec Constance, fille de Philippe 1er. De grandes festivités furent organisées à l’initiative d’Adèle, comtesse de Chartres, fille de Guillaume le Conquérant.

1165

# – Découverte du tombeau de saint Guildin de Dol en l’église Saint-Père-en-Vallée. Homme d’église, apparenté à la famille du Puiset, sa mère étant la fille d’un vicomte de Chartres, il est décédé à Chartres en janvier 1077. Rappelons que revenant de Rome avec l’intention de faire pèlerinage en la cité beauceronne, un sérieux coup de froid lui a été fatal à l’âge de 25 ans, alors qu’il allait retourner dans sa Bretagne natale. Il est considéré comme le saint patron des pèlerins.

# On peut supposer par son nom que Mabille de Lèves soit originaire de Lèves. Elle épousa Guillaume de Ferrières, vidame de Chartres, trouvère à ses heures, descendant d’une famille attachée à la terre de Normandie. Onze années environ après le décès de son mari, elle convole en secondes noces avec Geoffroy de Meslay à qui elle transmet le titre de vidame de Chartres. Rappelons que cette vidamé est une dignité au titre titre de noblesse qui permet de recevoir des redevances féodales découlant du clergé en provenance de riches domaines. Des biens transmis en suite ininterrompues jusqu’à la disparition de cette vidamé Il détient également le pouvoir temporel en matière militaire et de justice. Cette nomination, celle de Chartres en l’occurence, était dépendante du domaine de la Ferté-Vidame. Décès avant 1226.

1169

# – Le château de Châteauneuf-en-Thymerais (Chastel-neuf) est pillé par le roi d’Angleterre, Henri Ier. Quelques années plus tard, Henri II Plantegenêt brûle la forteresse. La reconstruction de cette dernière se fera vingt ans plus tard (1189)

1170

# Boisricheux (Maintenon) – Ce hameau comporte une ferme qui a été fondée en la présente année destinée à assurer la pérennité des exploitations agricoles appartenant au chapitre de Chartres. Au XXe siècle, cette ferme a été réhabilitée, et la mise en oeuvre d’un jardin médiéval permet de découvrir toutes les plantes utilisées au Moyen-Age tant au niveau alimentaire que médical.

1173

# Qui aurait pu supposer qu’Aliénor d’Aquitaine, alors reine d’Angleterre, soit passée juchée cheval à quelques encablures de Chartres, et sous bonne garde. En effet, la reine complote contre son époux Henri II Plantagenêt. Elle entend rejoindre son ex-mari Louis VII, roi de France, mais l’époux anglais ne l’entend pas de cette oreille. Il sait qu’il est préférable de l’intercepter surtout que cette femme ambitieuse et intelligente qu’est Aliénor( Eléonore) alors âgée de 51 ans environ, a obtenu le ralliement de ses trois fils dont le fameux Richard Coeur de Lion, de même des barons normands ainsi que le roi d’Ecosse Guillaume 1er. Mais Henri II est en situation de force, et charge des hommes d’armes déguisés en seigneurs pour faire plus vrai, d’aller arrêter l’agitatrice. Il s’agit d’être discret en la plaine de Beauce Comme ils sont dans l’axe de Chinon, rien de plus facile de l’y emmener, puis direction l’Angleterre pour être emprisonnée seize années au cours d’une captivité aménagée. Elle ne retrouve la liberté qu’à la mort d’Henri II le 6 juillet 1189 justement à Chinon, ceci grâce à Richard Coeur de Lion devenu roi d’Angleterre qui avait pourtant rallié Henri II, son père au détriment de sa mère. Ainsi Chartres aurait pu être une étape. Que nenni !!! l’urgence de la situation imposait un emprisonnement conséquent. Pour indication, Aliénor est décédée à Poitiers le 1 avril 1204 à 82 ou 84 ans. Une longévité extraordinaire por l’époque.

1174

# – 4 octobre. Condé (Hauts de France).Mort brutale si l’on en juge ce qui va suivre, de Robert d’Aire, déclaré natif de Chartres ou environs. Sa vie beauceronne fut celle de sa naissance puisque plus tard, il est devenu un prélat qui aspirait à être un haut dignitaire de l’église. De condition humble, il prit la grosse tête après avoir tenté d’être évêque d’Arras, avant d’être celui de Cambrai, avec des méthodes pas toujours en règle avec l’église. Qu’importe, l’ambition l’habite. Mais en homme vaniteux, imbu de sa personne, aspirant au luxe, il entre dans une telle spirale que s’immiscer dans des affaires séculières, c’est-à-dire en dehors de l’église, est devenu chez lui une sorte de sacerdoce qui n’exclut pas de s’en prendre à ses contemporains, à se lancer dans des affaires criminelles vis-à-vis des uns, d’injurier et mépriser d’autres. A force se dresse une conjuration populaire puisqu’il est tué, piétiné sans vergogne avec aux commandes un certain Jacques 1er d’Avesnes contre qui, il n’y eut aucune poursuite, mais qui prit l’initiative de faire saisir tous les biens de ce prélat peu scrupuleux.

1177

# – Traité de Saint-Rémy-sur-Avre entre la France (Louis VII) et l’Angleterre ( Henri Plantagenêt) et pour se préparer pour la croisade. Par la suite, bon nombre de traités de paix seront rompus par des conflits.

1180

# – Alors qu’il a fait construire des remparts (1180/1185) à Chartres entre le quartier Saint-Michel et celui des Epars, Thibault V le Bon est alors un puissant seigneur, beau-père et beau-frère de Louis VII dit Louis le Jeune (1120/1180). Grand sénéchal de France, il trouvera la mort en croisade à Saint-Jean d’Acre en 1191.

# Pierre de Lorraine, abbé de Celles et de Saint-Rémi de Reims, évêque de Chartres fait paver les rues de Chartres, et contribue à financer la mise en œuvre des remparts. Une amorce de ce que va être une ceinture fortifiée, ayant obtenu du comte de Chartres une enceinte totale de la ville. Les premiers travaux vont tout d’abord concernés la partie comprise entre la porte du Châtelet et celle de porte Saint-Michel. Les travaux vont alors durer deux ans, et achevés en 1182, année où meurt Pierre de Lorraine. Regnault de Lousson continue l’oeuvre de son prédécesseur.

# Paraît en quelque sorte un recueil intitulé Inventarium d’un auteur inconnu, écrit en langue romane comportant 6414 vers qui cite trente deux miracles de la Vierge de Chartres. Notamment le 29ème raconte l’histoire du siège de Chartres par Rollon, et l’exposition de la Sainte Chemise.

Sur commande de Thibaut V, comte de Blois, de Chartres et Châteaudun, pose d’une pierre du futur château de Châteaudun reposant sur la mise en œuvre d’un donjon d’une hauteur de 31 mètres et 17 mètres de diamètre sur le promontoire. La construction s’appuie sur la butte médiévale qui avait été édifiée une dizaine d’années auparavant.

# Décès à Chartres de Jean de Salisbury, philosophe et historien, évêque de Chartres. Inhumé à l’abbaye de Josaphat à Lèves, quelques pierres de son tombeau étant encore visibles. Ses restes furent transférés. la cathédrale de Chartres. Parcours religieux étonnant pour cet homme dans la mesure où il naquit en Angleterre vers 1115. Proche de Thomas Becket qui s’est exilé un temps suite à un conflit avec le roi d’Angleterre dont il sera proche lorsque les deux hommes suivront un parcours identique.

1181

# – Des troupes de mercenaires licenciés, se répandent dans le royaume. Qu’ils soient Brabançons ou Cottereaux, Routiers, Ecorcheurs, ils se signalent par leurs pillages et autres exactions dans le Dunois.

1182

# 22 février – Pierre de Lorraine, évêque de Chartres, apprécié de la population, meurt. Il est enterré à Josaphat.

1183

# 19 février – Décès à Chartres de l’évêque Pierre de Celle. Deux ans avant sa mort, il fait construire une muraille de la Porte des Epars jusqu’à l’église Sainte-FoyTout ceci ses frais. Il la fera prolonger jusqu’à la Porte du Châtelet, comme il a fait paver quelques rues de Chartres, avec l’aide financière de certains riverains. La cité est alors fermée. L’église Saint-André et l’abbaye de Saint-Père qui étaient précédemment ceints dans le Bas-Bourg, font désormais partie de la ville de Chartres. Le comte de Chartres, pour ne pas perdre les bénéfices qu’il prélevait autrefois. sur les impôts d’entretien des fossés, établit un droit de trois sous par poinçon sur le vin vendu au détail dans l’intérieur de la cité. Mais voilà les aubergistes ne l’étendent pas de cette oreille, et veulent se soustraire de la nouvelle imposition. N’osant pas augmenter leur prix de vente, demandent et obtiennent l’autorisation de diminuer la capacité de la pinte, tout en maintenant l’ancien prix. Par dérision ou par rancune, le peuple donna le nom de Courte-Pinte à une grosse tour élevée, à cette époque, près de la porte du Châtelet. Les fortifications étaient percées de sept portes : les portes Drouaise, de Saint-Jean, du Châtelet, des Epars, de Saint-Michel, Morand et Guillaume. Cette dernière fut la mieux conservée, mais 750 ans, plus tard…

1185

# – début de nouveaux remparts et de fossés, ceci pour augmenter la ceinture de protection. Les habitants de Chartres viennent compléter la main d’oeuvre.

1187

# – Offensive d’Henri II d’Angleterre, né au Mans ( 1133/1189), roi d’Angleterre, duc de Normandie qui pratique en France une politique expansionniste.

Visite de la reine Isabelle de Hainaut, femme de Philippe-Auguste pour accomplir ses dévotions, selon ses vœux durant sa grossesse. Une légende prétend que s’étant rendue devant l’image de la Vierge, l’enfant qu’elle portait se mit à remuer fortement. Dans le même instant, quatre bougies s’allumèrent comme par magie ou volonté divine. Une façon de rassurer la future parturiente.

1188

#  – siège de Dreux, proche de la frontière normande et route des Anglo-Normands lesquels pillent et détruisent la ville.

1191

# Première charte d’affranchissement de Chartres, s’inspirant de la loi de Beaumont (1182), à propos de la propriété et de ses servitudes, parmi d’autres articles qui régissent une ville en rapport avec l’autorité religieuse.

# 1 mai. Nogent-le-Rotrou. D’aucuns assurèrent avoir obervé dans le ciel des météores que les visionnaires assimilèrent à une grande armée qui descendait en terre (sic) ! Le lieu aurait conservé le nom de Croix-des-Batailles, à proximité de l’église Saint-Jean. Dans un autre registre, on dit qu’à cet endroit, se joua le jeu de longue-paume très populaire tout au long du Moyen-Age. Un jeu qui ouvrira sur d’autres jeux évolutifs classés à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel en 2012. (Voir Wikipedia pour ce jeu).

# 29 au 30 juin – un incendie accidentel anéantit l’œuvre chartraine de saint Fulbert, de Thierry et de saint Ives, à l’exception de la crypte et des clochers. La cité chartraine revit alors des processions de pèlerins apportant leurs pieuses contributions sur de lourds chariots.

Un trouvère du XIIe siècle, Jean (Jehan) Le Marchant, né prétendu chartrain, cite ces processions dans un poème Récit des Miracles de Notre-Dame de Chartres dont le manuscrit est conservé à la bibliothèque de Chartres et qui a été imprimé par M. Gratet-Duplessis en 1855. Ce poème est intitulé Inventarium, en langue Romano-latine, composé de 6414 vers, et citant trente-deux miracles de la Vierge de Chartres. On le considère comme l’un des plus anciens textes, de la poésie française. Pour autant, il semblerait qu’un doute s’inscrit quant à l’auteur, car Jean Le Marchant aurait pu en être le traducteur, mais le nom d’origine s’est dilué au point qu’aucun historien n’a pu déterminer le poète d’origine.

Cette même année, Rotrou IV meurt au siège de Saint-Jean d’Acre.

1192

# Philippe-Auguste, au titre des Ordonnances du Louvre, accorde aux habitants d’Anet de ne point payer ni péages, ni impôts.

# Thibaut V, de la longue lignée des comtes chartrains, participe à la Troisième Croisade sous Philippe-Auguste. Il trouve la mort au siège de Ptolemais.

1194

#    » La Chemise de la Vierge  » échappe à un incendie des 9 et 10 juin. Cet épisode fut interprété comme un signe divin qui incita à construire une plus grande église. La cathédrale au demeurant, une construction achevée en moins de 30 ans. Un chantier énorme qui fait appel à différents bâtisseurs et corps de métier. La pierre dans son essentiel viendra de Berchères-sur-Vesgre (anciennement Berchères-l’Evêque), d’origine calcaire dénommée la Berchères, très dure, sans fissures, constituée de fossiles, prenant une belle patine au soleil. Un gisement important qui répondra à cette immense exploitation. Sans doute financée par les Templiers pour la partie murs et les toits, sans que cet apport soit clairement établi, la future cathédrale bénéficie la participation des artisans et commerçants particulièrement pour les statues que les vitraux. Le sable comme le bois provenaient de Tardais situé dans la forêt de Senonches.

# Chartres connaît une forte expansion artisanale qui va se répandre tant le pays chartrain qu’en Beauce, Thymerais et Perche. Aux abords du futur édifice, comme en basse ville, de nombreux ateliers se sont installés présentant différents métiers, de même les tanneurs au long de l’Eure. Egalement l’industrie du drap qui va être très florissante.

1195

# Novembre. Cession avec sceau royal d’un moulin situé à Anet à l’initiative des religieux de Saint-Père-en-Vallée en faveur du roi Philippe Auguste moyennant une rente annuelle de six livres parisis.(environ 2000 euros ce qui n’est pas certain en conversion de valeurs)

1197

# – La charte de commune est la base de l’histoire de toute cité. Celle de Châteaudun est datée du mois d’octobre 1197 et émane de Louis, comte de Blois. Elle fut confirmée au mois de février 1281 par Pierre, comte d’Alençon, et Jeanne, sa femme. Son original esten parchemin, avec sceau équestre en cire brune du comte d’Alençon. Le comte de Blois l’accorde à tous les hommes demeurant à Châteaudun, excepté à ceux du bourg de Chamars, avec exemption de taille et servitude. Cette charte permet d’élire douze d’entre eux pour administrer les affaires de la cité, de même le jugement des simples délits. Il se réserve toutefois la haute justice, stipulant, par ailleurs, le droit d’appeler les habitants pour le servir dans toutes les expéditions qu’il pourrait entreprendre. Par contre la charte ne précisait en rien qui était visé nommément par ces dispositions, si bien que les Dunois purent échapper aux querelles particulières des comtes de Blois, les Dunois dépendant de leur seigneur immédiat, le vicomte de Châteaudun. Sur sommation de celui-ci, ils devront partir en 1214 afin d’aider Philippe-Auguste dans sa guerre contre les Flamands. De même à la bataille de Bouvines, puis en 1225 pour combattre les Albigeois. En raison de l’instabilité de la paix souvent rompue à la moindre occasion, les seigneurs dunois vont devoir revenir pour défendre leurs propres terres face aux invasions sans cesse de retour pour semer mort et désolation.

# A la fin de la siècle, Robert 1er, comte de Dreux, entreprend la construction du château-fort d’Abondant, nommé La Robertière, ce qui est un peu logique, soit dit en passant.

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