VIe siècle

500

# Les Beaucerons comme tant d’autres dans le royaume sont l’objet d’un impôt religieux ou versé au seigneur. Décidé au Concile de Tours, une contribution est demandée aux paysans en cédant une part de leur récolte afin d’aider les indigents, l’Eglise se servant éventuellement au passage. Charité bien ordonnée commence par soi-même. La dîme est un récipient en bronze dénommé le dixième découlant de l’adjectif disme pour dériver sur un nom générique : la dîme. Le récipient permettait d’évaluer les quantités imposées en faisant appel ainsi à la  » générosité  ». Un impôt qui sera aboli à la Révolution en 1789.

# En ce début de siècle , naissance en pays chartrain de Pappole, futur vingtième évêque de Chartres. En 527, Saint-Eman, venant de Cappadoce, vient en quelque sorte pacifier religieusement le pays chartrain. il s’établit à Chartres, y fait construire une petite chapelle pour que ses fidèles viennent se recueillir. Seize années plus tard, en 543, une vaste épidémie de peste touche toute la France. Plusieurs pandémies vont se succéder en 559,571,599 et 605 laissant désolation car la prophylaxie n’existe pas, les conditions d’hygiène sont à l’état embryonnaire, la médecine prouve ses limites. La pratique médicale a régressé par rapport à la connaissance romaine et grecque La population en subit les conséquences.

# – Saint Avit, abbé de Micy, ou Avitus, fonde l’abbaye de Saint Avit de Château-Dun qui fut occupé par des moines jusqu’à l’invasion normande. Avit a toujours été considéré comme un important personnage mêlé à toutes les affaires politiques et religieuses, qui eut une influence prépondérante sur ses contemporains, Eglise comprise. Orateur, poète et sénateur romain, issu d’une grande famille gauloise d’Auvergne, il fut également évêque de Genève et de Vienne. Parcourant toute la Gaule, son lien avec l’Eure et Loir découle de son passage remarqué à Chartres, et à Châteaudun où il fonde l’église de Poissy-lès-Châteaudun. Il a été inhumé en l’église Saint-Georges d’Orléans. De son côté, Gannelon, trésorier de Saint-Martin de Tours fit restaurer en 1045 l’abbaye, et y introduisit une communauté de femmes. La mense est alors de 4000 livres (140 000 euros). Après la Révolution, les moniales rejoignent Verneuil-sur-Avre.

# – Aimé,homme médecin à Chartres jouissait d’une grande réputation dans l’exercice de son art.

507

# 24 septembre. Décès de Solen, évêque de Chartres en 483. On le dit originaire de Chartres. Il accompagna Clovis lorsque celui-ci guerroya dans le sud du royaume.

528

# – Avant cette date, le village de Saint-Prest se nommait Saint-Jean-sur-Eure

557

# 14 mars  – Décès de Saint Lubin de Chartres de naissance poitevine..Connu également sous son nom latin Leobinus, d’abord moine à Poitiers, puis ermite au désert de Charbonnières, abbé-prêcheur de Brou en Perche. La vie de Saint-Lubin est également entretenue par la légende, et le fait que de nombreuses églises portent le nom de Saint-Lubin démontrent sa popularité. Né de basse extraction, au sein d’une famille très simple d’agriculteurs, on prétend qu’il possédait le sens inné de la lecture et de l’écriture dés son plus jeune âge. Huit années de vie monastique forgèrent l’homme dans ses convictions religieuses, et il devint une sorte d’ermite, parcourant le sol de la France naissante. Le Perche le vit venir prêcher la sainte parole, avant de le voir repartir sous d’autres cieux, notamment dans la région lyonnaise. Il ne put échapper aux luttes intérieures où la politique de la terre brûlée, les exactions affament, tuent la population, et il dut subir, à son tour, le supplice de la torture, et laisser pour mort. Il s’en sortit comme par miracle, grâce à une automédication et sa croyance en Dieu, et repartit vers de nouveaux horizons qui le rapprochèrent à nouveau du Perche et de la Beauce. A ce moment là, l’aura du futur saint confirme le respect que lui prodigue la population, d’autant que ses miracles auraient été à l’origine d’un coup d’arrêt à une invasion ennemie voulant s’emparer de Paris. Euthère, l’évêque de Chartres , apprenant les prodiges de Lubin, le fait venir dans ses terres, et le nomme diacre à Brou où se trouve un monastère, et dont l’église d’aujourd’hui porte le nom du saint homme. Ainsi cloîtré, en quelque sorte, contre sa volonté, il ne peut continuer son oeuvre de prêche, voir rejoindre des disciples soi dans des forêts, soit dans des monastères. A la mort de l’évêque, il est nommé évêque de Chartres (544), contre son gré du reste, et il assumera sa charge à la hauteur des attentes et bien plus encore, prenant place au sein des meilleurs prélats de l’histoire de Chartres. Avec l’âge, la maladie, il va continuer d’oeuvrer dans la prêche, et participe, malgré sa faiblesse physique, à deux importants conciles, celui d’Orléans (549), puis celui de Paris (552). Vénéré de tous, il meurt paisiblement, mais son tombeau sera profané, et sa dépouille sera miraculeusement sauvée et transportée à Blois. Il y avait sans doute dans cette profanation , une recherche de miracle dans la mesure où ce saint homme a accompli au long de sa vie de nombreuses guérisons par le seul contact avec sa personne. Cette sainteté fut telle qu’outre Brou, quatre autres églises portent son nom, sans parler d’autres paroisses en France, ce qui démontre sa popularité religieuse qu’il exerça. La cathédrale de Chartres honore sa mémoire par un vitrail. Saint-Lubin a été inhumé à saiint-Martin-au-Val

568

# – règne de Clotaire 1er, roi mérovingien, le plus cruel au demeurant. A sa mort en 561Chartres est rattaché à Caribert, roi de Paris qui meurt en 567.

# Formation, par tirage au sort, des trois royaumes francs dénommés Austrasie, Neustrie et Bourgogne. Le pays chartrain se trouve alors en Neustrie administré par Chilpéric 1er , avec pour capitale Soissons, à l’époque mérovingienne d’abord ensuite carolingienne , tandis que le Dunois (avec le Vendômois) est en Austrasie (territoire de Metz) où règne Sigebert 1er qui souhaiterait voir cette région en évêché siégeant à Châteaudun. Ainsi le royaume franc est érigé en trois régions (regnum francorum), la troisième étant celle de Bourgogne (avec Orléans).

569

# Entre la présente année et 575 , de nombreux raids des Lombards dans toute la Gaule. La Beauce est dans le lot et connaît la politique de la terre brûlée car ces envahisseurs ne font pas dans la dentelle. Venus de Germanie, ils s’installeront par la suite en Italie, n’ayant pas trouvé dans le royaume franc le refuge souhaité. Il est vrai que les Francs ne goûtant guère leur présence, de même les habitants d’Austrasie, les avaient repoussés avec perte et fracas.

570

# Des mercenaires n’obéissant à aucune autorité, s’en viennent des régions de Blois ou remontent de la région orléanaise pour aller dévaster les récoltes, puis se portent sur Châteaudun qu’ils incendient.

573

# – le roi Sigebert arrive à ses fins, et parvient à imposer Châteaudun en évêché. Pour diriger, il installe un certain Promotus dont l’action va être rapidement contestée, puis destitué avant même d’avoir pris réellement ses fonctions, par décision d’un concile qui s’est déroulé à Paris

574

# – Affrontement à proximité d’Ablis entre Chilpéric, roi de Neustrie et Sigebert, roi d’Austrasie.

576

# – Alluyes. Les Mérovingien continuent à s’entre battre. Chilperic 1er, roi de Soissons et de Neustrie subit les attaques de ses  » frères  » Gontran, roi d’Orléans de Bourgogne et toujours de Sigebert. Il se réfugie derrière les murs d’Alluyes – ce qui n’était pas encore un château – , et obtient une paix qui sera signée en ce même lieu. L’époque mérovingienne, et cette lutte de clans fratricides, n’est pas évidente à en comprendre la finalité d’autant que les prétendants se succèdent, la guerre étant un moyen d’assouvir ses prétentions dans un environnement incertain ou querelles, morts subites sont autant d’événements dans un pays qui forge sa destinée.

580

# – des intempéries importantes ravagent les terres et les récoltes. La plaine de Beauce en subit conséquemment les retombées qui vont mettre à mal la culture de même l’élevage.

584

# – Chilpéric 1 er ayant été assassiné. Clotaire II lui succède en qualité de roi des Francs de Neustrie puis de d’Austrasie. Cette même année, conflit entre les pagii orléanais et blésois d’une part, dunois et chartrain d’autre part. Conséquence : la Beauce toute entière est confrontée à nouveau aux pillages. Les comtes interviennent alors pour faire cesser les combats, avec pour mission d’enquêter sur l’origine de ces troubles incessants, d’établir les torts et désigner ceux paieraient les dégâts. Les villes de Chartres et de Châteaudun disposent alors d’un comté  » comes luci  » chargés de conduire les opérations afin que la région retrouve la paix. Quatre siècles plus tard, les deux villes seront réunies en un seul comté dont le siège sera mis en place à Blois, alors que Chartres devient le siège de l’évêque.

591

# Le Pays Chartrain passe sous la houlette de Gontran roi d’Orléans et de Bourgogne, suite à un traité d’échange avec Childebert II, roi d’Austrasie.

593

#  – La Neustrie avec le pays chartrain passe sous le règne de Frédégonde qui meurt quatre ans plus tard, disparition qui va mener sur un conflit incessant entre Austrasiens et Neustriens, en forme de prise de pouvoir, chacun voulant le détenir. Chartres n’est qu’un pion comme tout le pays de Beauce, et subit les débordements propres à ces rivalités qui touchent les territoires proches.

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