Ve siècle

400

# Une tradition propre à l’église de Chartres, se déroulant 63 jours avant Pâques (Septuagésime), à l’occasion de l’Alleluia, un enfant de choeur jetait un objet en forme de toupie qu’il poussait avec un fouet jusqu’à la sacristie, geste dénommé l’Alleluia fouetté. Parmi les fidèles, on avait coutume de se purifier le sang avec des feuilles fraîches issues de Trèfle de l’alleluia(Oxalis acetosella)ou Trèfle de Pâques qui passait également pour être un puissant diurétique, de même un remède anti-infectieux.

406

# – Les Suèves envahissent la Beauce.

409

#  – Incursion des Vandales. Les populations subissent les conséquences de ces bandes qui dévastent tout sur leur passage. A leur tour, les Alains voient certains éléments s’installer dans la partie sud. D’où l’origine de toutes ces communes avec pour suffixe le nom d’Alain ou Allain. : Allainville par exemple.

412

#  – Déferlement des Wisigoths, peuple germanique, relayés par les Huns, peuple venant d’Asie, envahissant le sud de la Beauce. Puis, apparaissent les premiers Francs, en forme de confédération de plusieurs peuples. Ils arrivent en Beauce en conquérants, tentent de prendre Orléans et Chartres qui, bien protégées, les repoussent. Dans ce contexte indécis, certains éléments se fixent et vivent de rapines compte tenu du désordre au sein d’un empire romain en véritable déliquescence. Le futur peuple de France commence à ancrer ses racines au sein de ce pays gallo-romain. La population s’organise, s’identifie, se nomme des chefs.

457

# De la présente année à  481 – L’alliance qui en découle favorise les prémices d’une identité, pierre d’achoppement de cette unité favorisant l’implantation de véritables monarques. Le règne de Chilpéric 1er, dynastie mérovingienne, qui succède à Mérovée lequel a hérité de Clodion, première moitié du Ve siècle, inaugurant la branche mérovingienne. Certes, la situation est encore bien floue à cette époque où les invasions mêlent plusieurs peuples.

481

# Entre cette année et 511 – Avénement de Clovis I, accrédité comme premier véritable roi de France bien que la notion de roi de France ne soit pas encore tout à fait ancrée dans un peuple en devenir. La constitution de la France prochaine est indécise et soumise aux aléas des prises de pouvoir successives. Le futur pays se dessine.

486

# – Clovis vient faire le siège de Chartres pourtant christianisé. Rapidement, les portes de la ville vont s’ouvrir en signe d’allégeance. Le Roi est accueilli à bras ouverts par les moines de Saint-Père-en-Vallée qui vont prétendre, par la suite, que leur monastère a été fondé par ce roi, plus vraisemblablement par Clovis II, successeur de Dagobert.

Chartres devient place mérovingienne incontournable, dont la population dans son ensemble est acquise au Roi de France. La cité beauceronne devient également surtout la première puissance épiscopale du nord de la France d’alors. Son évêché comporte 950 paroisses, domaine qui restera intact jusqu’en 1697. Pour autant , les invasions ne sauraient cesse car le pays de Beauce orléanaise est idéalement placé par rapport à ces mers, et un tremplin pour aller conquérir d’autres territoires. L’Eure de l’époque, demeure un passage pour découvrir d’autres rivages. La navigation par les rivières n’est pas sans risques, des troubles divers s’en suivent au long du périple.

Chartres est alors une petite ville formée de quatre bourgs, le Maret que l’on peut situer à la Porte Drouaise, le Château à proximité du Grand Pont, Saint-Sire ou Haut Bourg et le Châtelet

# Comme par le passé, des groupes instables issus de belligérants de tous horizons tentent de s’arroger un pouvoir royal qui, au contraire, entend les mettre à la raison. Un continuel va-et-vient d’envahisseurs rend la situation très complexe. En cette fin de Ve siècle, l’Empire romain n’est plus en mesure de maintenir qu’il assurait jusqu’à présent. Il est même en perte de vitesse notoire, surtout que les futurs Francs de même les Burgondes, des rivaux de taille, règnent presque en maîtres malgré les rivalités latentes et les querelles intestines pour la prise de (ou des) pouvoir(s).

# Lassolement triennal commence à faire son apparition mis en oeuvre, il est vrai, par la vie ecclésiastique qui prend le pas sur la domination seigneuriale qui tente de demeurer effective. Une opposition qui va vite tourner à son désavantage. La richesse future de l’Église va aller de pair. A cette époque, Solemnius est l’un des premiers évêques à la base de la religion chrétienne. En 543 Childebert 1er a fondé l’abbaye de St-Germain des Près à Paris affirme sa puissance sur une grande partie du pays. Le seigneur doit néanmoins se plier à l’ordre religieux, et l’obligeant à se soumettre aux abbés, et les assurer de sa fidélité. Le pays commence à se construire toujours sous la menace des chevauchées venant de toutes les contrées avoisinantes voire de pays lointains. D’ores et déjà le pays attire les étrangers, alors même que la contrée se trouve en pleine construction. La richesse ecclésiastique n’y est pas étrangère, et attire les convoitises.- Les moines de Chartres se voientoffrir les terres de Bois-Ruffin à l’initiative de Clotilde, femme de Clovis.

Du Ve au Xe siècle, la Beauce subit à nouveau les invasions qui ne cessent de tous les coins de l’Europe, en particulier des Vikings. Un peuple qui vient par la mer, aborde par la Seine, bifurque au Pont de l’Arche où l’Eure se jette dont il remonte le courant et arrive en Beauce attaquant sans vergogne monastères et abbayes, détenteurs de trésors monnayables.

# Mise en œuvre de la dîme, du latin decima ou dixième, sous forme de redevance en nature ou en argent portant principalement sur les revenus agricoles, ce qui favorise les ressources du clergé. Cet impôt devient obligatoire, et les Mérovingiens, fort croyants tout en voulant se faire pardonner de leurs crimes, dotent l’épiscopat de grands domaines sous forme de dizaines de milliers d’hectares notamment en Beauce. Ces évêques doivent néanmoins obéir aux comtes qui représentent le pouvoir royal. Le territoire du clergé est estimé un moment à 30% du territoire national. Une richesse que vont s’approprier plus tard les tenants de la Révolution française

L’arrivée des Francs se situe véritablement au début du Ve siècle.

# Le pouvoir procède au découpage du territoire en raison des rivalités entre les familles princières qui prétendent à un domaine qui ne fait qu’identifier leur force. Apparition des  » pagi  » ( circonscriptions) dirigées chacune par un comte ( une sorte de Préfet ).

#Les rois considèrent l’Eure et Loir (Orléanais en réalité) comme une terre stratégique et sentinelle avancée pour faire face aux ducs de Normandie toujours très actifs pour s’arroger partie du royaume voisin. L’objectif de ces derniers : conquérir la Normandie jusqu’à Calais, une base essentielle à leurs yeux dans la conquête espérée du royaume de France. Le Moyen-Age à venir la connaîtra.

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