1er siècle avant Jésus-Christ

74 avant Jésus-Christ

# Une étrange histoire. Légende ou vérité ?. Naissance d’une jeune gauloise (ou celte) , dénommée Servilia. au sein d’une noble famille de Durocasses, alliés des Carnutes, à l’origine de la naissance de Dreux, bien qu’une autre version affirme que son père Arnos était tonnelier, et sa mère Levina, une simple nourrice.Ne serait-elle pas  » née  » au XIXe siècle lorsque la nation gauloise a été glorifiée dans un ouvrage dédié  » Histoire des Gaulois  », et quelques esprits opportunistes ont pu alors extrapoler un idéal attaché à la personne de Vercingétorix. Servilia découle du latin, serville signifiant esclave ou tout simplement servile, sans que l’origine romaine soit clairement établie. Le mystère reste entier, l’histoire se chargeant d’intégrer le mythe pour donner plus de piquant à son déroulement. Son existence ne serait pas, néanmoins, remise en cause. En revanche, on ne sait si elle avait des frères et des sœurs, ce qui peut apparaître vraisemblable dès lors que le Gaulois, en devenir, était soucieux de sa descendance. Dés son jeune âge, douée d’intelligence, elle détient la sagesse druidique dont elle tire toute son éducation lorsque sa famille a l’honneur de voir le chef Ambiorix, à la tête de la tribu des Carnutes ou celle des Durocasses, ce qui revient au même, et la prendre à son service pour lui servir de prêtresse. De fait, Ambiorix remarquant son sens profond du respect des usages et des croyances, la place à son tour au sanctuaire d’Autricum ( Chartres), omphalos celte ( centre du monde) où convergent de nombreuses tribus pour venir prier en ce saint lieu.Le temps de paix incertaine s’assombrit. Face à l’envahisseur romain, le vent de la révolte sonne au sein du peuple Carnute, de nombreuses castes aux alentours s’agitent également. On s’assemble. Servilia est désignée par Ambiorix pour suivre ses troupes qui descendent vers la Loire. Ce voyage n’est pas de tout repos. On doit se battre pour conserver l’unité qui se fait jour malgré les rivalités. Servilia, animée par son patriotisme naissant, encourage les combattants en participant aux coups de mains, aux embuscades. Ambiorix est arrivé en Auvergne, et l’assemblée gauloise intronise son chef en la personne de Vercingétorix. A ce moment précis, Servilia tombe sous le charme de cet homme, un étrange ressenti l’anime soudain.. Il est âgé de deux ans plus qu’elle. Cerise sur le gateau, Ambiorix la présente à Vercingétorix.. Le coup de foudre. Imberbe, beau soldat, volontaire, idéaliste que César désignera comme un adulescens, il émerveille Servilia. Le jeune chef Arverne en a tout autant à l’adresse de la jeune fille qu’il trouve jolie comme un cœur. C’est l’idylle la plus parfaite. Elle , dès à présent, le suivre sur tous les théâtres d’opérations, mais son amant la protège, lui écvite de trop s’exposer. Pourtant elle a son sang durocasse qui bouillonne, elle est de la race de ceux que l’épée est le moyen de se préserver puis de conquérir. Un si bel amour va alors être confronté à un sort tragique, lorsque le couple se retrouve dans l’enceinte d’Alésia. Elle est enceinte mais qu’importe, elle veut le suivre. Elle meurt le cœur percé par une lance romaine lors d’une sortie, bien qu’elle soit sur le point d’accoucher, au mépris des recommandations de Vercingétorix qui veut lui éviter de s’offrir en victime face à l’assaillant. Mortifié par la mort tragique de Servilia le grand chef gaulois, touché au plus profond de lui-même par cette disparition, va se rendre à César. En fait, ce récit n’est que le fruit d’une affabulation, car Servilia, fiancée de Vercingétorix, n’aurait point existé en réalité , ce qui reste à prouver car des Servilia, il y en eut un certain nombre. Parmi elles, une autre héroïne Servilia. César ne l’a jamais évoquée même dans La Guerre des Gaules, sans doute l’avait-il ignorée. Il est vrai que cet ouvrage met en avant le génie militaire de César, et parler des femmes, c’est s’abaisser ce qui ne pouvait que le desservir. Une page gauloise vient de se tourner.

56/57 avant Jésus-Christ

# – Les légions de César envahissent le territoire carnute. Une contrée imposante et orientée nord-sud couvrant de nos jours une partie des Yvelines, le quart-ouest de l’Essonne, d’Eure et Loir, du Loiret et du Loir et Cher, avec deux capitales, l’une administrative, Genabum (Orléans), l’autre religieuse Autricum (Chartres) ce qui situe la naissance de la cité beauceronne à cette époque. Dix-huit cents siècles vont s’écouler avant que l’Eure et Loir ne connaisse sa véritable indépendance d’identité et succède à l’Orléanais. Ce Chartres du passé n’a bien sûr rien à voir avec ce que nous connaissons aujourd’hui, la première et véritable mutation pouvant être située au bas Moyen Age. Autricum va devenir la référence celte en matière de sanctuaire en raison de sa position stratégique dominant la plaine de Beauce, aux portes du Perche, là où l’exploitation des forêts, du fer constituent un commerce florissant.

En ce qui concerne le nom d’Autricum, l’incertitude règne. Est-ce le lieu de prières qui semble rejoindre de nombreuses thèses parfois devenues affirmations. Ou alors, est-ce l’oppidum de vallée où la rivière joue un rôle prépondérant.Cette appellation vraisemblablement d’origine latine serait issue d’Autrikon, cité par Claude Ptolémèe, mort en 160 ap JC, géographe, mathématicien originaire d’Alexandrie, dont la célèbre Géographie témoigne de l’existence du très ancien Chartres. Autrikon pourrait être également issu du pré-gaulois, à forte connotation romaine, dérivant d’Autura ou port sur l’Eure, avec une colline défendant le port gaulois. Le plus vraisemblable est de considérer Autricum comme un centre druidique. Le tertre serait resté vierge de toutes inhumations puisqu’il était tenu comme sanctuaire de prières hors de la présence des morts. Des historiens, persuadés de leurs recherches, et nous ne saurions leur reprocher leurs thèses, désignent Saint-Benoit-sur-Loire comme sanctuaire incontournable. Bien d’autres régions ont fleuri dans les certitudes historiennes, mais Autricum reste pour une grande majorité d’historiens comme l’entité du monde celte.

Une autre certitude semble accréditer le lieu religieux puisqu’aucun combat n’a eu lieu aux abords, comme si César et ses légions respectaient l’importance stratégique de l’aspect sacralisé d’Autricum. Les thèses ont créé la confusion selon laquelle les pierres levées (dolmens et menhirs) auraient pu être associées au culte druidique ce qui semble utopique, ce qui revient à dire qu’elles n’ont rien à voir ou presque avec ce caractère religieux . Tout au plus, et encore avec parcimonie, ont-elles pu servir à quelques sacrifices.

Quant à aux Carnutes, il y a de vagues citations comme celle de Paulin de Perigueux, rhéteur du Ve siècle avant Jésus-Christ, qui mentionne Carnutena ou Magnus en Carnutenus. César relate le peuple des Carnutes mais ne  » parle  » pas d’Autricum. Les dérives latines ont été citées par la suite comme un modèle historique pour mieux en comprendre la finalité. Tout reste à démontrer, même encore de nos jours. Toujours est-il que les Carnutes sont bien présents,si bien que leur existence ne fait aucun doute. La nation gallo-romaine s’est chargée par la suite de contenir la noblesse carnute pour l’intégrer dans ce qui allait être la France de demain. Les Euréliens d’hier ont été de véritables Gaulois. Mais que reste-t-il chez les habitants d’Eure et Loir car il n’y a pas d’ADN possible pour être sûr de notre appartenance.

L’historien Camille Jullian précise à propos des Carnutes  » Autricum, leur métropole traditionnelle, est demeurée une petite ville loin des grandes routes, à deux jours des bords de la Loire. Elle ne comptait guère dans la vie de la Gaule et celle de son peuple, et moins que Genabum (Orléans), port sur le grand fleuve  ». Toujours est-il que cette dernière ville est plutôt considérée comme une capitale politique au contraire d’Autricum, centre religieux, lieu de rassemblement tribal pour juger des querelles des chefs. Sa situation en promontoire la rend visible à plusieurs lieues, avec pour seule importance stratégique, sa position religieuse. Respecté aussi par la suite par les Romains. Autricum a-t-il été choisi en raison de son orientation solaire comme à Delphes, ou en raison d’un point singulier du paysage : une hauteur, une grotte ou une source ou un emplacement sacrificiel. La croisée des axes cardinaux peut également définir le lieu comme référence à un rite funéraire., ou le mouvement des astres. Autricum pourrait-il tirer son étymologie de l’antre signifiant souterrain ou lieu retiré. De même, les Druides détiennent leur importance comme gardiens des institutions. Certaines études avancent la thèse selon laquelle un culte monothéiste était privilégié, consacrant une Vierge qui allait enfanter : virgini pariturae ou possibilité d’une Vierge Noire, issue du culte de la déesse-mère Cybèle symbolisant l’Eau et la Terre. Une terre, à l’avant-veille de l’évangélisation.

L’historien Camille Jullian précise à propos des Carnutes » Autricum, leur métropole traditionnelle, est demeurée une petite ville loin des grandes routes, à deux jours des bords de la Loire. Elle ne comptait guère dans la vie de la Gaule et celle de son peuple, et moins que Genabum (Orléans), port sur le grand fleuve ». Toujours est-il que cette dernière ville est plutôt considérée comme une capitale politique au contraire d’Autricum, centre religieux, lieu de rassemblement tribal pour juger des querelles des chefs. Sa situation en promontoire la rend visible à plusieurs lieues, avec pour seule importance stratégique, sa position religieuse. Respecté aussi par la suite par les Romains. Autricum a-t-il été choisi en raison de son orientation solaire comme à Delphes, ou en raison d’un point singulier du paysage : une hauteur, une grotte ou une source ou un emplacement sacrificiel. La croisée des axes cardinaux peut également définir le lieu comme référence à un rite funéraire., ou le mouvement des astres. Autricum pourrait-il tirer son étymologie de l’antre signifiant souterrain ou lieu retiré. De même, les Druides détiennent leur importance comme gardiens des institutions. Certaines études avancent la thèse selon laquelle un culte monothéiste était privilégié, consacrant une Vierge qui allait enfanter : virgini pariturae ou possibilité d’une Vierge Noire, issue du culte de la déesse-mère Cybèle symbolisant l’Eau et la Terre. Une terre, à l’avant-veille de l’évangélisation.

# Qui voudrait connaître d’une façon plus élaborée les Celtes dans leur généralité, plusieurs manuscrits non traduits en France existent. En Irlande, les Poèmes d’Amergis – Le Livre des Invasions – Le Livre de la Vache Brune (Irlande), et Les 4 Branches de Mabinogion – Le Livre Noir de Cormather – Le Livre Blanc de Rydderch (Pays de Galles) pour ne citer que les principaux. dans ces deux pays.Ce qui ne doit pas faire oublier que les Celtes, peuple amalgame de plusieurs pays d’Asie, entre autres, sont à l’origine de bon nombre invasions, dont certains historiens situent les mouvements dès le VIIIe siècle avant Jésus-Christ, en raison de certains cultes qui en découlent.

Le territoire des Carnutes est très important, soit un quart de l’Essonne, une bonne partie des Yvelines, Le Loiret et le Loir et Cher, et surtout l’Eure et Loir avec l’immensité de la plaine de Beauce la forêt d’Orléans. Une région de conquête alors traversée par une route en ligne droite en Chartres et Orléans.Un territorialisme qui aurait tendance à élargir leurs frontières au delà de la Sologne, jusqu’au Cher.

A noter que certains chercheurs avancent une thèse selon laquelle l’origine des Carnutes serait puisée dans celle des Pictes (Poitou), considéré comme le plus ancien peuple celte. Chacun puise ses convictions selon la prospection qu’il mène.

Les troupes romaines installent ce que l’on dénomme à l’époque un comptoir. César adoube Tagestios, citoyen de haute naissance, vraisemblablement de descendance royale, qui règne à la fois sur Autricum (Chartres) et Dreux (Durocassis). Le système carnute repose sur l’oligarchie, à savoir, on gouverne à partir d’un petit groupe de personnages en situation privilégiée et restreinte. Sans doute des magistrats et peut-être un Sénat, c’est-à-dire un conseil souverain , système politique que l’on retrouve dans d’autres peuples celtes comme les Eduens, les Sénons etc. Ce système crée bon nombre de rivalités, de tentatives de  » putsch », disons de déstabilisation d’une unité qui a du mal à se faire. Il n’est point facile d’articuler plusieurs tribus en une seule. Chacun veut sa part de dirigisme, voulant imposer son chef, même si la sectorisation demeure l’une des clés de voûte. Chaque chef a besoin de se faire connaître, de s’imposer. L’envahissement romain va les conduire à se regrouper, puisque ces peuples partent d’un même idéal : se fixer donc sortir vainqueur par rapport à ceux-là même qui contestent leur présence. Ces caciques, en quelque sorte, vont constituer la colonne vertébrale qui aurait pu les conduire à triompher. Il n’en fut rien, mais ils gagnèrent leur identité : gauloise. Dénomination restant fixée à jamais dans notre mémoire, les Celtes ayant disparu en quelque sorte, même si la race de base demeure. Les historiens du XIXe siècle comme certains auteurs ont été les artisans de notre connaissance d’une civilisation, les Celtes. Encore que de nos jours, la référence celte semble se référer aux bases de notre population. Elle définit des règles souveraines liées à notre histoire.

César, après les campagnes en Gaule sur la partie Belgique (d’aujourd’hui), fait reposer ses troupes en territoire carnute. Raison pour laquelle il doit solliciter l’aide de personnages sûrs sur ce territoire. Le danger est incessant. Quelques escarmouches sans affrontement réel. Chaque camp mesure ses forces comme ses faiblesses, jauge un adversaire uni alors que les Gaulois sont dans la recherche d’une unité indispensable.

Le pays est divisé en trois  » régions  » : les Belges, les Aquitains et les Celtes., chacune avec ses coutumes et ses lois, sous le pouvoir d’une Civitas ( ou pagi ) à savoir une 4ème division lyonnaise regroupant dans sa partie celtique, 29 peuples dont les deux tribus régionales.

Les Romains pensent pouvoir asseoir leur autorité dans une région instable, en situation d’insécurité notoire, si bien que le seul Carnute rallié en la personne de Tagestios est assassiné. Les Carnutes débarrassés de cet espion encombrant, commencent à se sentir  » pousser des ailes  ». Le Carnute se révèle un élément fort du monde celtique, armé pour se construire seul. Pourtant le Romain pourrait lui apporter bien des avantages mais pour le moment, il n’en a que faire. En se cherchant un véritable chef de guerre, il se donne toutes raisons de nommer un interlocuteur maître de son terrain où il évolue. On s’en tient là pour le moment.

Dans ce contexte d’aménagement de territoire, 1265 semble marquer un recensement des routes romaines, et qui sera plus affiné en 1494 grâce à la carte de Peuttinger. Il est également bon de se référer à la carte des étapes de Castorius ou Table théodésienne (Peuttinger) mentionnant des villes représentées par une à deux maisons. Une sorte de point qui situe certaines références à quelques noms romains donnés à des situations particulières à l’origine des villes d’aujourd’hui.

Deux années passent dans l’agitation constante.

54 avant Jésus-Christ 

# – Tagestios, est un chef carnute, appartenant sans doute à la tribu des Durocasses. Il a cru bon  » tourner casaque  » lors de l’invasion romaine, en prenant parti pour les troupes romaines. Mal lui en pris. Il meurt assassiné par ses pairs.

52 avant J-Christ 

# – Les Carnutes donnent le signal de la grande révolte. Sous le commandement de Cotuatos et de Conconétodumnos, ce peuple massacre les commerçants romains installés à Genabum (Orléans). On ne sait pas grand chose sur ces deux chefs, qui n’étaient sans doute pas inconnus de César. On peut supposer qu’ils étaient de la réunion ( à côté de Maillebois – Châteauneuf-en-Thymerais – semble-t-il) où tout aurait été décidé. Ce qui reste à prouver, l’emplacement de ce conciliabule n’étant que le fruit d’un rassemblement ethnique. D’un seul élan et portés par un enthousiasme délirant, les deux alliés Carnutes et Durocasses. rassemblent leurs troupes au long du périple les menant au grand lieu du rassemblement. Une telle ferveur est à la base d’une amorce d’unité où ils invitent les peuplades limitrophes les rejoindre. Une avant-garde est dépêchée pour aller aider aux confins du futur Orléanais, les alliés de la première heure qui vivent à Genabum. Ces émissaires les invitent à se révolter ce qu’ils vont accomplir sans coup férir. César leur fera payer cher en détruisant et brûlant cet oppidum, un carrefour névralgique pour ce peuple dont les déplacements et le commerce reposent sur la Loire et la Seine qui bordent leur territoire. Il leur en faudra plus pour les faire renoncer bien qu’humiliés par un envahisseur qui entend assoir sa force.. Les Carnutes ne seront pas en reste pour pallier cet échec relatif, rien ne les arrête, bien au contraire. La future Gaule est en marche.

La thèse selon laquelle le peuple Carnute pourrait être à l’origine de la désignation de Vercingétorix comme futur commandant en chef des futures armées gauloises, semblerait un fait que certains historiens avancent. Rien n’est exclu, ni prouvé. En descendant vers le sud, l’Auvergne n’étant plus loin, les tribus semontrent de plus en plus nombreuses pour rallier les Carnutes avec leurs alliés du Nord. Un tel engouement rapproche les chefs de tribus pour désigner celui qui sera en mesure d’être le meneur emblématique. César comme nous allons le voir ci-après, apporte un témoignage vivant sur la force que représente, à cet instant présent le peuple Carnute. Certes ce témoignage est le fruit d’un homme ambitieux aux rêves politiques incontestables. Ce journal de bord constitue son capital pour obtenir le soutien populaire et noble au sein de Rome. Il interprète à sa façon, ménageant  » la chèvre et le chou  » pour se donner plus d’importance. Pour l’instant, il est chef de guerre, et va se révéler un excellent stratège reposant avant tout sur une unité qui n’est pas le point fort de l’adversaire. Certes, ce dernier, avec plus de cohésion, moins de chefs ambitieux, aurait pu triompher sans coup férir. Combattant né, un statut découlant des longues chevauchées au travers de l’Europe, son triomphe eut été indiscutable. Il n’en a rien été car de l’ambition ne peut naître la cohésion. Ce Celte a démontré des qualités indéniables, autant sur le plan guerrier qu’économique. Malheureusement, César s’est dressé devant lui, en homme de patience, déterminé et fin stratège qui a su employer des techniques modernes de guerre. Tellement modernes que de nos jours, on s’en inspire encore. Ainsi en lisant ce qui suit, à chacun d’entre nous d’accorder l’importance qui en découle, l’interpréter aussi, et vivre une bien belle page d’histoire. Surtout celle de l’Eure et Loir dont le peuple carnute est l’auteur, même s’il a fondu dans le futur peuple gaulois.

Notamment au Livre VI – chapitre 13 .  » Tous ces Druides obéissent à un chef unique qui jouit parmi eux d’une grande autorité. À sa mort, si l’un d’entre eux se distingue par un mérite hors ligne, il lui succède, si plusieurs ont des titres égaux, le suffrage des druides, quelquefois c’est même les armes qui en décident. Chaque année, à date fixe, ils tiennent leurs assises en un lieu consacré dans le pays des Carnutes qui passe pour occuper le centre de la Gaule. Là de toutes parts affluent tous ceux qui ont des différends, et ils se soumettent à leurs décisions et à leurs arrêts.  »

Cette caste particulière repose avant tout sur les Nobles, puisque l’élitisme druidique incite à recruter chez les aristocrates censés offrir une potentialité plus grande, donc de meilleure souche, et plus apte à recevoir l’enseignement. A assurer également la sérénité de la caste. De là, à écarter le peuple semble être une hérésie, les Druides étant largement ouverts vers les paysans qui fournissaient les guerriers, tout en laissant à la terre l’essentiel des agriculteurs et leurs familles. Qu’il n’y ait pas eu d’esclavage vis-à-vis du peuple ne peut être exclu ipso facto. Le peuple était servile, donc soumis à la caste qui dicte la ligne de conduite, et la soumission au nom d’un principe religieux souverain. Certes César n’a pas manqué de faire des commentaires sur cette certaines pratiques auxquelles il associe le mot barbarie. Une façon pour lui de justifier sa politique rigide, avec ce désir d’enlever aux Druides toute leur autorité. Cependant, on s’accorde à dire que le culte druidique est resté présent là où son autorité ne pouvait être atteinte. L’omphalos chartrain, en est peut-être la quintessence. Le druide, par la suite, deviendra le pèlerin de la pensée du Christ.

Concernant le soulèvement carnute, César nous révèle dans le livre VII – chapitre 2)  » Après mainte discussion sur leurs projets, les Carnutes déclarent que pour le salut de la patrie, il n’est pas danger qu’ils acceptent (…) Ils promettent d’être au premier rang des révoltés (…) Puisque pour le moment, on ne peut se garantir mutuellement par un échange d’otages car cela risquerait d’ébruiter leurs projets, que du moins, disent-ils, on s’engage par des serments solennels autour des étendards réunis en faisceau – cérémonie qui est chez eux le plus secret des liens – pour ne pas abandonner une fois les hostilités commencées (…) On félicite à l’envi les Carnutes : le serment est prêté par toute l’assistance et on se sépare après avoir fixé la date du soulèvement.  »

César va alors démontrer un sens inné de la mise en œuvre de ces légionnaires pour faire face à ces tribus celtes regroupées et déterminées. Avec Vercingétorix à leur tête, le peuple gaulois de la première heure tente de juguler l’extraordinaire force de frappe que constitue l’envahisseur romain. Les soldats de César vont opposer une véritable muraille de fer avec des boucliers serrés les uns contre les autres sur lesquels les flèches adverses se brisent.

En cette époque moderne que nous vivons, cette disposition de combat face à l’adversaire, ne vous rappelle-t-elle pas des images de compagnies républicaines de sécurité (CRS) s’opposant derrière leurs boucliers de même certaines unités de la Police nationale.

L’armée gauloise se lance à corps perdus. Les ouvrages de défense constitués de pièges divers vont vite semer le doute au sein de l’armée gauloise. Si des espérances de victoire ont pu faire circuler un certain optimisme parmi les Carnutes, alliés de bien d’autres tribus, hélas, Alésia va sonner le glas de leurs espoirs et triompher. Battus et amers, ils reviennent dans leurs terres, et tentent de combattre l’envahisseur romain, mais rien à faire. Une véritable capitulation pour se soumettre d’une façon définitive. Alesia ou ailleurs a démontré leurs limites. Leur esprit combattif n’a pas suffi.

Été 51 av JC

# – César soumet les Carnutes, après avoir fait exécuter un certain Gutuater en représailles, encore que ce nom pourrait correspondre à un titre religieux, sans doute un druide. Etonnement, les Carnutes, vont être traités d’une autre façon qu’a pu l’être leur chef suprême, comme nous allons le voir. Vercingétorix sera alors la victime d’un César revanchard, et décidé avec cette prise de guerre d’en faire sa pièce maîtresse pour asseoir son autorité de chef militaire à Rome.

L’ère d’une nouvelle vie gauloise se fait jour en la terre eurélienne de l’époque.

Rèmes, Lingons (est de la Gaule) ) et les Carnutes reçoivent le nom de foederati, à savoirliés par traité avec les Romains. Ils sont indépendants, tout en s’engageant à leur fournir des soldats si la nécessité se fait sentir. Les Carnutes, ainsi soumis, sont intégrés dans la Celtique qui prendra le nom de Lyonnaise, appartenant plus précisément à la IVème Lyonnaise – Chartres ( Autricum ou Autrikon ) sanctuaire celte ( omphalos et locus consecratus ) qui devient gallo-romain, et centre du marché des céréales. l’empereur Auguste

  28 av Jésus-Christ,

#  L’empereur Auguste confirme la division de la Gaule chevelue (celle des Gaulois) en trois provinces dont la Lyonnaise. Au sein des Carnutes, les Durocasses avec Dreux pour capitale. Deux aqueducs fournissaient en eau Chartres l’un venant d’Houdouenne, l’autre de Landelles. On a seulement retrouvé une très infime partie des ouvrages maçonnés. Cette découverte a permis de supposer l’importance des travaux et leur direction. Bien des légendes se sont alors succédé à leurs propos, donnant lieu à toutes sortes d’allusions et de croyances à leur endroit.

A propos de sanctuaire, un fait établi, les Celtes sont venus de différents pays de l’Est y compris l’Asie. Certains sont passés à Delphes, haut lieu des divinités grecques, plus communément dénommé omphalos ou centre du monde. En s’installant dans Autricum, les Carnutes décident d’en faire l’omphalos  » beauceron  ». Un léger promontoire permet de voir ce sanctuaire de loin, et les pénitents viennent se recueillir dans ce haut lieu divin. Quid de l’existence d’archives, puisque le Druide au sein de la classe sacerdotale rejette l’écriture, privilégiant la tradition orale.

Heureusement, César s’est fait notre  » journaliste  » de l’époque pour nous instruire, et nous faire imaginer ce que pouvait être cette  » cathédrale » celtique. Positionnement qui expliquera plus tard la construction d’églises chrétiennes sur les lieux de culte païen y compris la cathédrale de Chartres. Une façon comme une autre de balayer la mémoire  » hérétique  ».

Mais tout mise en œuvre d’une nouveau mode de vivre, comme obéir aux règles du vainqueur n’est pas sans conséquences. Ici et là, on tente de se révolter sans se faire trop d’illusions. L’éternel raison de croire à soi-même s’inscrit dans notre sang. Mais la guerre n’est plus à l’ordre du jour, la pacification suit son cours ce qui signifie une phase de pax romana (paix romaine). La noblesse gauloise est obligée de se rallier à Rome ce qui signifie que nos ancêtres deviennent des gallo-romains au sein d’une province romaine. Chaque division doit payer un lourd tribut sous forme d’une indemnité de guerre versée à l’occupant, non sans profiter de l’avantage d’une civilisation plus évoluée ne serait-ce sur le plan architectural. Les grandes fermes gallo-romaines apparaissent, la terre prospère. Les huttes et demeures précaires se transforment en riches domus avec chauffage central et adduction d’eau ( Bouglainval et bien d’autres lieux. On retrouve encore des tessons de céramique et tegulae, briques romaines recouvertes par une tuile semi-cylindrique dénommée imbrex). Les noms celtiques de l’époque disparaissent ou se confondent avec la langue romaine.

La période faste carnet ne durera qu’un temps relativement court, puisque leur statut spécifique de cité libre et fédérée accordé par César, va les conduite à se mêler aux Gallo-Romains, fer de lance d’une civilisation en devenir. Fait extraordinaire : les Carnutes seront exemptés d’impôts. peut-être se sont-ils inspirés de ce précepte d’Eschyle (Vie siècle avant J-C)  » Nul mortel ne doit se nourrir de pensées au dessus de sa condition mortelle. La démesure, en mûrissant, produit l’épi de l’erreur et la moisson qui lève n’est fait que de larmes  ». Ils ont négocié pour une reconnaissance de prestige au sein de la nation gauloise. De rare vestiges ne permettant pas de se faire une idée pour matérialiser un moment de l’histoire carnute et durcisse. Quelques lieux renseignent évasivement, des noms de communes comme Allainville avec pour initiateur la peuplade des Alains fort éloignés des Celtes du moins dans leurs conquêtes, alors que Dreux tient son nom des Durocasses. Hélas l’héritage celte des Beaucerons est fort mince, presque inexistant. Dommage car les Celtes, en d’autres lieux, ont laissé des vestiges qui font comprendre ce qu’était leur vie d’homme et de guerrier.

L’agriculture se développe. La Beauce devient en quelque sorte le grenier à blé de Rome, du moins pour l’occupant. De cette époque, on pourrait voir de nos jours un temple gallo-romain de type celtique (fanum)de  (29 m70 de long – 19,60 m de large – composé d’une cella ( avec présence vraisemblable d un décor mural. Des fragments d’enduit polychrome auraient été identifiés ) et situé dans le sanctuaire des Bois du Four à Chaux. Hélas, ce lieu a été pris cible par des gens peu regardants, si bien que la dégradation mettant en péril ce qui reste de ce lieu où étaient célébrées les divinités, a eu pour conséquence de le mettre à l’abri. Certaines croyances actuelles auraient voulu relayer le culte ancien surtout à l’époque de la Saint-Jean, et en faire profession de foi. Le lieu en a subi les conséquences de dérapages et excès, d’où une décision sage de ne point éveiller une curiosité fâcheuse pour l’avenir de ce précieux site.

Un grand réseau routier se forme ( 100 000 km en plusieurs siècles ) reprenant des routes gauloises, rendues plus larges de 4 m, légèrement bombées sur un sol soigneusement tassé pour pallier pluies et faciliter leur écoulement. Les bornes milaires que l’on peut encore voir, par exemple au long de la RN154, en sont les témoins au long d’une voie exploitée par nos ancêtres et que l’on a conservées comme tracé, du moins dans certaines parties.

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